Laurent Nuñez conditionne son déplacement à Alger à deux signaux clairs !

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a réaffirmé, mardi 3 février, les préalables posés par la France avant toute visite officielle à Alger. Paris conditionne ce déplacement à deux avancées jugées essentielles : la reprise des reconduites d’Algériens en situation irrégulière et une évolution du dossier du journaliste français Christophe Gleizes.

Publié : 12h25 par La Rédaction

France - Algérie
Crédit : D.R.

Une position inchangée ! Face aux interrogations sur un éventuel dégel diplomatique, Laurent Nuñez se montre ferme. « Non, je ne renoncerai pas à mes conditions », a-t-il martelé sur TF1. Le ministre rappelle que sa venue à Alger ne pourra intervenir qu’en cas de signaux concrets sur deux dossiers précis : la situation de Christophe Gleizes, détenu pour « apologie du terrorisme », et la reprise effective des éloignements d’Algériens sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français.

Sur ce dernier point, le constat est sans appel. « Que le flux (des OQTF appliquées, NDLR) se réamorce, ce n’est pas le cas », souligne le ministre, estimant qu’une simple promesse ne suffirait pas.

« Ma visite aura lieu, mais avec des conditions »

Laurent Nuñez se veut toutefois confiant. « J’attends qu’il y ait une évolution sur ces sujets, je me rendrai à ce moment-là en Algérie. J’ai bon espoir, je sais que j’irai », assure-t-il. Le locataire Place Beauvau insiste sur la nécessité de sortir d’une relation gelée, tout en refusant une normalisation sans contrepartie. « On ne peut pas continuer à être dans cette absence de relation. D’ailleurs, les discussions techniques sécuritaires, elles, ont repris », précise-t-il.

Ces échanges techniques, maintenus malgré la crise, constituent selon lui un socle minimal de coopération, en attendant des avancées politiques plus larges.

Les propos de Ségolène Royal en toile de fond

Cette position intervient au lendemain des déclarations de Ségolène Royal, de retour d’Algérie, où elle a notamment été reçue par le président Abdelmadjid Tebboune. Invitée elle aussi sur TF1, l’ancienne ministre socialiste a pressé le locataire de la place Beauvau de se rendre à Alger, estimant qu’« il faut y aller, c’est évident ». Elle ajoutait : « Quand on pose des conditions, c’est qu’on ne veut pas y aller ».

Laurent Nuñez lui a répondu sans détour. Il affirme que la France a « suffisamment tendu la main » et qu’il n’y a « pas de suspicion » quant à une continuité avec son prédécesseur, pour lequel il dit avoir une « grande estime ».

Une mission « hors gouvernement »

Le ministre de l’Intérieur a également tenu à clarifier le cadre du déplacement de Ségolène Royal. Selon lui, la « mission effectuée » par la présidente de l’Association France-Algérie« n’était pas pour le compte du gouvernement français ». Une précision destinée à rappeler que la diplomatie officielle reste du ressort de l’exécutif.

Pour sa propre visite, Laurent Nuñez évoque des conditions qu’il qualifie de « minimalistes». Elles se résument à deux exigences : un redémarrage des reconduites et des progrès tangibles sur le cas de Christophe Gleizes, « qui nous préoccupe ».

Une crise toujours en arrière-plan

La reprise des éloignements d’Algériens, interrompue depuis plusieurs mois, est présentée comme un test de bonne volonté. « Il faut que le flux se réamorce. Il faut qu’il y ait une amorce », insiste le ministre. À ses yeux, cette exigence relève d’un pragmatisme assumé : maintenir le dialogue, sans valider une situation qu’il juge bloquée.

En attendant ces avancées, Paris et Alger poursuivent des échanges sécuritaires discrets, sur fond de tensions persistantes. La visite du ministre de l’Intérieur reste donc envisagée, mais suspendue à des gestes concrets, dans un climat diplomatique encore fragile.