Des parlementaires alertent sur la précarisation des étudiants étrangers !

Dans un courrier adressé le 8 juillet 2026 au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, Akli Mellouli et plusieurs parlementaires alertent sur les conséquences de récentes mesures réglementaires visant les étudiantes et étudiants étrangers. Ils demandent le retrait des textes concernés et l’ouverture rapide d’une concertation avec les acteurs de l’enseignement supérieur.

Publié : 12h47 par La Rédaction

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Crédit : Vidhyarthi Darpan - Pixabay

Logement, frais d’inscription, titre de séjour : trois sujets majeurs concentrent aujourd’hui les inquiétudes d’une partie des parlementaires. Saisi par l’Union nationale des étudiants de France, Akli Mellouli, sénateur du Val-de-Marne, a cosigné un courrier adressé au ministre de l’Intérieur avec 30 autres élus. Le texte dénonce une série de décisions qui, selon les signataires, rendent plus difficile le parcours des étudiants étrangers venus poursuivre leurs études en France.

Les parlementaires estiment que ces mesures ne doivent pas être analysées séparément. Elles s’ajoutent les unes aux autres et risquent, selon eux, d’alourdir le coût des études, de réduire l’accès aux aides sociales et de compliquer les démarches liées au droit au séjour.

Trois mesures directement visées

Le courrier cible d’abord le décret n° 2026-385 du 19 mai 2026. Celui-ci réduit les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires. Pour les signataires, cette évolution pourrait conduire davantage d’étudiants étrangers à payer des frais beaucoup plus élevés, alors que ces exonérations permettaient jusque-là à certains établissements de maintenir l’attractivité de leurs formations.

Deuxième texte visé : le décret du 27 juin 2026, entré en vigueur le 1er juillet, concernant les aides personnelles au logement. Les élus critiquent une restriction de l’accès aux APL pour une partie des étudiants étrangers boursiers. Selon eux, certains dispositifs de bourses ou programmes spécifiques ne permettraient plus de bénéficier de cette aide, pourtant essentielle face au coût du logement.

Enfin, les parlementaires dénoncent le décret n° 2026-526 du 22 juin 2026. Ce texte relève le niveau de ressources exigé pour obtenir ou renouveler un titre de séjour étudiant. Il prévoit aussi une indexation automatique de ce seuil sur le Smic. Les signataires y voient un obstacle supplémentaire pour des étudiants déjà confrontés à des contraintes financières importantes.

Un risque de précarisation accrue

Pour Akli Mellouli et les autres signataires, l’accumulation de ces mesures pourrait fragiliser des milliers de parcours universitaires. Le courrier met en avant un risque concret : celui de voir des étudiants renoncer à leurs études, interrompre leur formation ou basculer dans une précarité plus forte.

La question du logement occupe une place centrale dans cette alerte. Les élus rappellent que les étudiants étrangers représentent une part importante des résidents en logements étudiants. Dans un contexte déjà tendu, la réduction des aides pourrait, selon eux, aggraver les difficultés matérielles.

Les parlementaires défendent aussi une vision plus large de l’accueil universitaire. Ils rappellent que les étudiantes et étudiants internationaux participent à la vie des universités, à la recherche, aux territoires et au rayonnement de la France. Dans le courrier, ils affirment ainsi que ces étudiants « ne peuvent devenir les variables d’ajustement de politiques budgétaires ou migratoires ».

Une demande de retrait et de concertation

Les signataires demandent au ministre de l’Intérieur de revenir sur les textes concernés. Ils réclament le retrait du décret du 27 juin 2026 sur les APL, celui du décret n° 2026-526 du 22 juin 2026 sur les conditions de ressources pour le séjour étudiant, ainsi que l’abrogation des dispositions du décret n° 2026-385 du 19 mai 2026 limitant les exonérations de droits d’inscription.

Ils demandent aussi l’ouverture rapide d’un dialogue avec les organisations étudiantes, les établissements d’enseignement supérieur et les acteurs concernés. L’objectif affiché : garantir aux étudiants étrangers des conditions de vie, de séjour et d’études compatibles avec les ambitions universitaires et scientifiques de la France.

Dans sa publication, Akli Mellouli résume l’enjeu en une formule claire : les étudiants internationaux doivent pouvoir étudier en France « dans des conditions dignes ». Pour les signataires, l’enseignement supérieur doit rester « un espace d’ouverture, d’égalité et d’émancipation ».