Le Maroc retrouve la France, le Mondial retient son souffle !
Quatre ans après la demi-finale historique de Qatar 2022, le Maroc recroise la France en Coupe du monde. Cette fois, ce sera en quart de finale, jeudi 9 juillet à Foxborough. Les Lions de l’Atlas arrivent portés par une nouvelle génération, une force collective intacte et une victoire nette contre le Canada. Les Bleus, eux, ont souffert contre le Paraguay, mais restent debout, guidés par un Kylian Mbappé encore décisif.
Publié : 13h04 par La Rédaction
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Il y a des affiches que le calendrier transforme en événement. France-Maroc en fait partie. Le 14 décembre 2022, à Al-Khor, les Bleus avaient brisé le rêve marocain en demi-finale du Mondial qatari. Victoire 2-0, buts de Théo Hernandez et Randal Kolo Muani, et fin d’une épopée qui avait bouleversé le football africain et arabe. Le Maroc était alors devenu la première sélection africaine à atteindre le dernier carré d’une Coupe du monde.
Quatre ans plus tard, les deux sélections se retrouvent. Pas au même stade, pas avec les mêmes visages, pas avec la même histoire immédiate. Mais avec une charge émotionnelle immense. Ce quart de finale de la Coupe du monde 2026, prévu jeudi 9 juillet au Boston Stadium de Foxborough, à 22h00 en France, ressemble déjà à l’un des grands rendez-vous du tournoi.
Pour le Maroc, ce match est une chance de poursuivre une histoire qui n’a plus rien d’un accident. Pour la France, c’est un nouveau test de caractère dans un Mondial où elle a souvent impressionné.
Le Maroc, de l’exploit de 2022 à la confirmation
Le Maroc n’est plus la belle surprise que l’on regarde avec sympathie. Il est devenu une équipe que l’on craint, que l’on étudie, que l’on respecte. Sa Coupe du monde 2022 avait ouvert une porte. Celle de 2026 confirme que le pays s’est installé parmi les grandes nations du football mondial.
La transition n’était pourtant pas simple. En mars 2026, Mohamed Ouahbi a succédé à Walid Regragui à la tête des Lions de l’Atlas, trois mois seulement avant le Mondial. La FIFA avait alors présenté ce changement comme une nouvelle étape, après le cycle historique mené par Regragui.
Le risque était réel. Changer de sélectionneur si près d’une Coupe du monde peut fragiliser un groupe. Au Maroc, cela a produit l’effet inverse. Ouahbi n’a pas effacé l’héritage de 2022. Il l’a prolongé autrement. Le Maroc garde sa discipline, son agressivité défensive, son goût du sacrifice. Mais il joue aussi plus haut, avec plus de liberté dans les transitions et davantage de variété offensive.
Une phase de groupes solide, sans défaite
Le ton a été donné dès le premier match. Face au Brésil, le Maroc a tenu le choc et arraché un nul 1-1. Ismael Saibari a répondu à Vinicius Junior dans une affiche qui rappelait déjà que les Lions n’étaient pas venus pour défendre un souvenir, mais pour écrire une suite.
Contre l’Écosse, le Maroc a gagné 1-0 grâce à Saibari. Un match moins spectaculaire, mais important.
Puis il y a eu Haïti. Un match piège, plus compliqué que prévu. Le Maroc a été mené, a répondu, a encore été bousculé, puis a fini par s’imposer 4-2. Achraf Hakimi, Ismael Saibari, Soufiane Rahimi et Gessime Yassine ont permis aux Lions de valider leur billet pour la suite. Avec sept points, le Maroc a terminé deuxième du groupe C, derrière le Brésil à la différence de buts.
Cette phase de groupes a raconté une équipe complète. Capable de tenir tête au Brésil. Capable de verrouiller contre l’Écosse. Capable de réagir contre Haïti. C’est souvent cela, une vraie équipe de tournoi.
Les Pays-Bas, le moment qui a rappelé Qatar
Le premier grand frisson est arrivé contre les Pays-Bas, en seizième de finale. Le Maroc a été mené par un but de Cody Gakpo. Beaucoup d’équipes auraient plié. Les Lions, eux, ont attendu leur moment.
Issa Diop a égalisé dans le temps additionnel. Puis le match est allé jusqu’aux tirs au but. Là encore, le Maroc a tenu. Victoire 3-2 dans la séance, avec un dernier penalty transformé par Ismael Saibari.
Ce match a rappelé l’âme de Qatar. Le Maroc peut souffrir. Il peut être dominé par moments. Mais il ne disparaît jamais. Il reste dans le match. Il attend la faille. Il croit jusqu’à la dernière minute.
Canada-Maroc : la maturité d’un grand
Face au Canada, en huitième de finale, le Maroc a montré autre chose : la froideur d’une équipe qui sait tuer un match. Le début de rencontre a été délicat. Le Canada, pays hôte, a poussé fort, avec l’énergie d’un public derrière lui. Mais les Lions ont laissé passer l’orage.
Puis Azzedine Ounahi a frappé deux fois en seconde période. Soufiane Rahimi a ajouté le troisième but dans le temps additionnel. Score final : 3-0.
Fait historique : le Maroc atteint les quarts de finale d’un Mondial pour la deuxième fois, une première pour une sélection africaine. C
La France, un parcours presque parfait avant le Paraguay
De son côté, la France a avancé avec l’autorité d’un favori. Les Bleus ont gagné leurs trois matchs de groupe. D’abord contre le Sénégal, 3-1, avec un Kylian Mbappé déjà décisif.
Ensuite, la France a battu l’Irak 3-0. Puis elle a dominé la Norvège 4-1, avec notamment un triplé d’Ousmane Dembélé et un but tardif de Désiré Doué. Ce troisième succès a validé la première place du groupe I, avec neuf points.
En seizième de finale, les Bleus ont encore impressionné contre la Suède. Victoire 3-0, doublé de Mbappé, but de Bradley Barcola. La France semblait alors lancée dans un tournoi de puissance, avec une attaque riche, rapide, et capable d’étouffer l’adversaire.
Puis est venu le Paraguay.
Paraguay-France : les Bleus ont changé de registre
Face au Paraguay, la France n’a pas brillé. Elle a résisté. Le match s’est joué à Philadelphie dans une chaleur extrême, autour de 39°C selon Reuters. Les Paraguayens ont fermé les espaces, durci les duels et cassé le rythme. Les Bleus ont longtemps eu le ballon sans trouver l’ouverture.
La décision est venue à la 69e minute. Désiré Doué, entré en jeu, a provoqué une faute dans la surface. Kylian Mbappé a transformé le penalty. Un but, un seul, mais suffisant. La France s’est imposée 1-0 et a rejoint le Maroc en quart de finale.
Mbappé, encore au centre de tout
Impossible de raconter la France sans parler de Mbappé. Depuis le début du tournoi, le capitaine des Bleus porte une grande partie du danger offensif. Contre le Paraguay, son penalty a encore débloqué la situation. Reuters rapporte qu’il s’agissait de son 19e but en Coupe du monde, dans une compétition où il continue de courir après les records.
Mais la France ne se résume pas à lui. Dembélé a marqué les esprits contre la Norvège. Barcola a confirmé contre la Suède. Doué a changé le match contre le Paraguay. Olise, Rabiot, Koné, Upamecano, Maignan : chacun a eu son rôle dans un parcours jusque-là maîtrisé.
Un remake, mais pas une répétition ?
Comparer ce quart de finale à la demi-finale de 2022 est naturel. Mais ce serait une erreur d’y voir le même match. En 2022, le Maroc découvrait ce niveau. Il portait une émotion immense, mais aussi une fatigue énorme. La France avait frappé très tôt, puis avait géré avant de tuer le suspense en fin de match.
En 2026, le contexte est différent. Le Maroc n’arrive plus comme un invité surprise. Il arrive comme une équipe installée. Il a éliminé les Pays-Bas. Il a balayé le Canada. Il a pris sept points en phase de groupes. Il connaît le poids de ces rendez-vous.
La France, elle, reste favorite par son effectif, son expérience et sa capacité à répondre aux grands soirs. Mais elle a aussi montré contre le Paraguay qu’elle pouvait être gênée par un bloc discipliné, agressif et patient. C’est exactement ce que le Maroc sait faire.
Le match des héritages
Ce France-Maroc sera aussi un match d’héritages. Celui de 2022, bien sûr. Celui de Regragui, dont la trace reste forte dans la mentalité des Lions. Celui de Ouahbi, qui tente d’ajouter une dimension plus offensive. Celui de Deschamps, toujours là, toujours compétitif, toujours capable d’amener la France dans les grands rendez-vous.
Il y aura aussi une histoire humaine. Des joueurs marocains formés en Europe. Des liens avec la France, la Belgique, les Pays-Bas, l’Espagne. Une diaspora marocaine immense, qui fera de ce quart un match mondial dans le Mondial.
Le Maroc veut plus qu’une belle histoire
C’est peut-être la grande différence avec 2022. À Qatar, le Maroc écrivait une page historique. En 2026, il veut prouver que cette page était le début d’un livre.
La France, de son côté, sait ce que signifie accélérer le jeu, l’expérience et survivre dans une Coupe du monde. Elle a l’habitude de ces matchs où tout bascule sur un duel, une erreur, un penalty, un arrêt. Elle arrive avec plus de certitudes individuelles.
Deux histoires se croisent. Une seule continuera son chemin dans ce Mondial
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