L’Algérie vue du cœur par Yann Arthus-Bertrand !
À la croisée de la culture, de la mémoire et du dialogue entre les peuples, Yann Arthus-Bertrand retrouvera le public parisien autour d’un film qui occupe une place particulière dans son parcours : L’Algérie vue du ciel. Invité de Beur FM, le photographe et réalisateur a raconté la longue naissance de ce projet, son attachement au pays et sa conviction que l’image peut encore rapprocher les deux rives de la Méditerranée.
Publié : 21h36 par La Rédaction
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Entre le ciel algérien et les pavés parisiens, une même promesse se dessine : celle de regarder l’autre avec beauté, mémoire et fraternité. L’événement « Vivre ensemble » consacrera un temps fort à l’amitié franco-algérienne à la Place de la Concorde, au cœur de Paris. Le rendez-vous est fixé au dimanche 3 mai, de 14h à 19h, avec un programme pensé comme une invitation au partage.
L’après-midi mettra en avant plusieurs facettes de la culture algérienne : tenues traditionnelles, bijoux, poteries, cuisine, musiques et moments d’échange. Organisée en partenariat avec Beur FM, cette séquence, s’inscrit dans une volonté claire : faire découvrir, transmettre et rassembler.
Le public pourra aussi assister à la projection de L’Algérie vue du ciel, en présence de Yann Arthus-Bertrand. Ce film propose une traversée du territoire algérien par l’image, entre immensité saharienne, reliefs, villes, villages et scènes de vie. Les inscriptions se font en ligne sur le site www.goodplanet.org
Yann Arthus-Bertrand, un regard tourné vers les autres
Invité de la matinale de Beur FM, ce jeudi 23 avril, Yann Arthus-Bertrand a d’abord résumé son parcours avec simplicité. Photographe, réalisateur, reporter, militant engagé : les mots ne manquent pas pour le présenter. Lui préfère une formule plus directe. « Je suis un journaliste qui se sert d'un appareil photo ou d'une caméra pour raconter ce qu'il voit pour le monde meilleur. »
Cette phrase dit beaucoup de son approche. Depuis plusieurs décennies, Yann Arthus-Bertrand utilise l’image comme un outil de récit. Ses photographies aériennes ont fait le tour du monde. Ses films, eux, cherchent à donner une voix aux paysages, mais aussi aux femmes et aux hommes qui les habitent.
À travers sa Fondation GoodPlanet, il porte également de nombreux projets environnementaux et solidaires. Lors de l’entretien, il rappelle cependant qu’il ne se reconnaît pas dans une écologie froide ou distante. Pour lui, la défense de la nature passe aussi par l’attention portée aux êtres humains. « Je ne défends pas la planète, je défends la vie sur Terre. »
L’Algérie, une histoire née d’un appel inattendu
L’un des moments les plus forts de l’entretien concerne la genèse de L’Algérie vue du ciel. Yann Arthus-Bertrand raconte avoir d’abord réalisé un livre sur l’Algérie, avant de consacrer de longues années à faire aboutir le film.
L’histoire commence par un appel téléphonique. À l’époque, son travail autour de La Terre vue du ciel connaît un immense succès. Un jour, il reçoit un appel venu d’Algérie. Au bout du fil, le ministre algérien de l’Environnement. Celui-ci lui explique être aux côtés du président et lui propose de travailler sur un ouvrage consacré au pays. Yann Arthus-Bertrand accepte, mais pose une condition essentielle : pouvoir travailler librement. Le président est alors mis en ligne. Le photographe se souvient de cet échange comme d’un moment décisif.
Le projet commence par un livre. Il rencontre un très large accueil. Mais le film, lui, mettra beaucoup plus de temps à voir le jour. Pendant près de dix ans, Yann Arthus-Bertrand tente de convaincre, relance, écrit, patiente. Chaque année, il se rend à la réception du 5 juillet, jour de la fête nationale algérienne, avec l’espoir de voir le dossier avancer. Certains le taquinent même sur ce film qui semble ne jamais devoir se faire.
Le déclic intervient plus tard, au moment de l’élection de François Hollande. Le premier voyage du président français se fait en Algérie. Yann Arthus-Bertrand lui demande alors d’évoquer le projet. Cette intervention permet finalement de débloquer la situation.
Ce long chemin dit aussi la sensibilité du sujet. Filmer l’Algérie, ce n’était pas seulement montrer des paysages. C’était toucher à une histoire, à une mémoire, à des blessures, mais aussi à une immense fierté.
Un film construit avec les Algériens
Yann Arthus-Bertrand insiste sur un point : L’Algérie vue du ciel n’est pas seulement son film. À ses yeux, il s’agit d’une aventure collective. Sur place, il découvre une mobilisation spontanée autour du projet. Les personnes rencontrées comprennent l’importance de ce qui est en train de se faire. Elles l’aident, l’orientent, ouvrent leurs portes, partagent leurs contacts. Les pilotes aussi, qu’ils soient privés ou militaires, participent avec enthousiasme. « Ce n'est pas moi qui ai fait le film, on a fait le film ensemble avec tous ces gens-là. »
Cette phrase résume l’esprit du projet. Le film ne se limite pas à un regard venu de l’extérieur. Il s’est construit avec des Algériens désireux de montrer leur pays autrement. Non pas à travers les tensions ou les clichés, mais par sa beauté, son ampleur et sa diversité.
Yann Arthus-Bertrand dit avoir senti, tout au long du tournage, une volonté commune de révéler une Algérie lumineuse. Une Algérie vaste, parfois méconnue de ses propres habitants, mais profondément attachante.
« Pour moi, l’Algérie, c’est le plus beau pays du monde »
Au micro de Beur FM, le photographe ne cache pas son attachement au pays. Il parle de l’Algérie avec émotion, presque comme d’un lieu familier. Il évoque ses paysages, ses villages, ses toits, ses reliefs, son immensité. « Pour moi, l'Algérie, c'est le plus beau pays du monde. » Selon lui, l’Algérie a conservé une forme de puissance naturelle. Elle n’a pas été entièrement transformée par les grands aménagements ou les logiques économiques qui ont parfois abîmé d’autres territoires. Le pays lui apparaît comme immense, sauvage par endroits, encore très proche de sa matière première.
Il rappelle aussi une réalité géographique forte : l’Algérie est un pays gigantesque. À ses yeux, beaucoup d’Algériens ne connaissent qu’une partie de leur territoire. La distance entre Paris et Alger est même plus courte que celle qui sépare Paris de Tamanrasset. Cette comparaison permet de mesurer l’échelle du pays.
Dans le film, cette dimension se retrouve à l’image. L’Algérie apparaît multiple : méditerranéenne, saharienne, montagneuse, urbaine, rurale. Un territoire de contrastes, mais aussi de continuité.
Un lien franco-algérien plus fort qu’on ne le croit
Au-delà du paysage, Yann Arthus-Bertrand parle surtout du lien humain. Pour lui, la France et l’Algérie sont liées par une histoire profonde, parfois douloureuse, mais impossible à ignorer. Il évoque les amitiés, les parcours de vie, les familles, les souvenirs, les rencontres. « Vraiment, il y a un lien très très fort entre la France et l'Algérie. Beaucoup plus important qu'on le croit. »
Ce lien, il le décrit comme invisible, mais présent dans les corps, les mémoires, les relations quotidiennes. Il ne s’agit pas seulement d’un sujet diplomatique ou historique. C’est aussi une réalité intime, vécue par des millions de personnes. Le succès du film l’a rassuré. Il craignait les critiques, les attaques, les malentendus. Il a finalement ressenti une forme de joie partagée autour de cette œuvre. Comme si l’image permettait, pendant un instant, de dépasser les crispations.
« Vivre ensemble », un message au cœur de son travail
L’événement de la Concorde ne se limite pas à l’Algérie. Il s’inscrit dans une réflexion plus large sur la France d’aujourd’hui. Yann Arthus-Bertrand y présente aussi un travail photographique consacré aux Français. Pendant plusieurs années, il a photographié des milliers de personnes à travers le pays.
Son ambition : montrer une France diverse, vivante, populaire, faite de métiers, de visages, de territoires et de trajectoires. Une France qui ne correspond pas toujours aux images de division renvoyées par les débats politiques ou les chaînes d’information. « Et en fin de compte, la France, ce n'est pas ça, c'est les uns avec les autres. » Pour lui, la société française ne se résume pas à ses tensions. Elle tient aussi par ses solidarités, ses engagements associatifs, ses bénévoles, ses artisans, ses travailleurs, ses familles et ses liens de proximité.
Il rappelle d’ailleurs l’importance du bénévolat en France. Des millions de personnes donnent du temps pour aider, transmettre, accompagner. À ses yeux, cette énergie discrète constitue une colonne vertébrale du pays.
L’image comme outil de transmission
Depuis La Terre vue du ciel, Yann Arthus-Bertrand a contribué à populariser les grandes expositions photographiques en plein air. Le succès de ses images, exposées notamment sur les grilles du Luxembourg, a marqué un tournant. La photographie est sortie des lieux fermés pour aller à la rencontre du public.
Place de la Concorde, cette logique se poursuit. L’exposition est gratuite, ouverte à tous, pensée comme un espace de rencontre. Le public peut circuler, s’asseoir, échanger, regarder, se faire photographier. Pour Yann Arthus-Bertrand, une photographie ne doit pas rester enfermée. Elle prend son sens lorsqu’elle est partagée. Elle appartient aussi à celles et ceux qui la regardent, s’y reconnaissent ou s’y projettent.
Une écologie de la beauté et de l’amour
Au fil de l’entretien, Yann Arthus-Bertrand revient aussi sur sa conception de l’engagement. Il reconnaît ses erreurs, notamment son soutien passé à la candidature du Qatar pour la Coupe du monde. Il dit l’avoir regretté publiquement. Mais il défend surtout une écologie profondément humaine.
Pour lui, aimer la nature ne suffit pas. Il faut aussi aimer les gens. Cette conviction irrigue son travail récent. Photographier un visage, c’est déjà créer un lien. C’est regarder quelqu’un avec respect, chercher sa dignité, sa lumière. « La portrait photographier les gens, il faut aimer les gens quand tu les photographies, il faut les rendre beaux, les rendre souriants, les rendre heureux. »
Cette phrase éclaire l’ensemble de son parcours. Qu’il filme l’Algérie, photographie les Français ou recueille des témoignages à travers le monde, Yann Arthus-Bertrand cherche moins à imposer un message qu’à révéler une présence.
Une invitation à regarder autrement
La journée franco-algérienne du dimanche 3 mai s’annonce donc comme un moment culturel, mais aussi symbolique. À travers les traditions, la musique, la cuisine, les objets, les images et la projection de L’Algérie vue du ciel, elle propose de regarder l’Algérie autrement.
Elle invite aussi à regarder la relation franco-algérienne avec plus de nuances. Non pas en oubliant l’histoire, mais en laissant une place à la beauté, à la transmission et à la rencontre. À travers son film, Yann Arthus-Bertrand rappelle qu’un pays ne se comprend jamais uniquement par ses crises. Il se découvre aussi par ses paysages, ses habitants, ses silences, ses gestes et ses élans collectifs.
Place de la Concorde, ce dimanche 3 mai, c’est cette Algérie-là qui sera mise à l’honneur : immense, diverse, sensible, et profondément liée à la France.
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