Tunisie : Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies maintenus en détention, leur procès renvoyé au 12 mai !
La Cour d’appel de Tunis a rejeté, mardi 28 avril 2026, les demandes de remise en liberté des journalistes Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies. Les deux chroniqueurs, condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour des accusations financières, resteront détenus au moins jusqu’à la prochaine audience, fixée au 12 mai.
Publié : 13h09 par La Rédaction
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L’espoir d’une libération provisoire s’est une nouvelle fois heurté à la décision de la justice tunisienne. La chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis a refusé les demandes déposées par la défense de Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies. Les deux journalistes comparaissaient dans le cadre d’un dossier portant sur des accusations de «blanchiment d’argent » et d’« évasion fiscale ».
Le tribunal a toutefois accepté de reporter l’examen du fond du dossier. La prochaine audience a été fixée au 12 mai. Ce délai avait été demandé par les avocats, qui souhaitaient disposer de davantage de temps pour étudier les pièces du dossier et coordonner la défense avec de nouveaux conseils récemment arrivés dans la procédure.
Une procédure déjà marquée par plusieurs reports
Ce nouveau renvoi prolonge une séquence judiciaire déjà longue. Le 14 avril, la Cour d’appel avait déjà repoussé l’audience au 28 avril, tout en refusant une première demande de libération. Deux semaines plus tard, la même décision a donc été prise : le procès continue, mais les deux hommes restent incarcérés.
Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies avaient été condamnés le 22 janvier 2026 par le tribunal de première instance de Tunis à trois ans et demi de prison chacun. Les poursuites portent sur des faits qualifiés d’infractions économiques et financières, notamment le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale.
Des journalistes détenus depuis mai 2024
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la liberté de la presse en Tunisie. Mourad Zeghidi, journaliste franco-tunisien passé notamment par Canal+, et Borhen Bsaies, animateur et chroniqueur sur Radio IFM, sont détenus depuis le 11 mai 2024.
Ils avaient d’abord été poursuivis après des interventions médiatiques jugées critiques à l’égard du président Kaïs Saïed. Condamnés dans une première procédure à huit mois de prison en appel, ils auraient pu être libérés en janvier 2025. Mais de nouvelles poursuites financières avaient ensuite prolongé leur détention.
RSF dénonce un « harcèlement judiciaire »
L’affaire est suivie de près par les organisations de défense de la presse. Reporters sans frontières dénonce une procédure visant, selon l’ONG, à faire taire deux voix critiques. L’organisation parle d’un « harcèlement judiciaire » et réclame leur libération immédiate.
Devant le tribunal, des diplomates de Belgique, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de l’ONU ont assisté à l’audience, signe de l’attention internationale portée au dossier. À l’extérieur, des proches, des militants et des défenseurs des droits humains s’étaient rassemblés pour soutenir les deux journalistes. « Un journaliste ne peut pas être poursuivi pour son travail journalistique », a déclaré Oussama Bouagila, directeur de Reporters sans frontières pour l’Afrique du Nord, auprès de l’AFP.
La famille de Mourad Zeghidi à bout
Pour les proches de Mourad Zeghidi, chaque report renforce le sentiment d’une procédure interminable. Sa fille, Inès, présente parmi les soutiens, a résumé l’épuisement familial en quelques mots : « On est fatigués, il faut que ça cesse ». Depuis plusieurs mois, la famille du journaliste réclame sa libération et dénonce une détention qu’elle juge injuste. Ses soutiens estiment que les accusations financières ont pris le relais des premières poursuites liées à ses prises de parole publiques.
Une décision très attendue le 12 mai
L’audience du 12 mai sera désormais une étape importante. La Cour d’appel devra poursuivre l’examen du dossier et se prononcer, à terme, sur la condamnation prononcée en première instance. Elle pourra la confirmer, la réduire ou l’annuler.
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