Les Verts face au casse-tête des gardiens à quelques mois du Mondial !

À l’approche du Mondial, l’Algérie n’est pas encore privée de gardiens. Mais elle a perdu presque toutes ses certitudes à ce poste. Anthony Mandrea est officiellement forfait, Melvin Mastil revient d’une opération, Luca Zidane a terminé à l’hôpital après un choc à la tête, pendant que Oussama Benbot a rouvert la porte à un retour et que Gaya Merbah retrouve une vraie lumière. Le souci n’est plus seulement quantitatif. Il est devenu hiérarchique, sportif et mental.

Publié : 13h49 par La Rédaction

Luca Zidane
Crédit : Luca Zidane - Équipe d'Algérie de football

Les grands tournois n’aiment ni le bricolage ni les paris de dernière minute. Or c’est exactement le piège qui se referme sur les Verts. Qualifiée pour un retour en Coupe du monde pour la première fois depuis 2014, la sélection de Vladimir Petkovic a hérité d’un groupe J avec Argentine, Autriche et Jordanie, avec une entrée en lice prévue le 16 juin face à l’Argentine. C’est donc à un moment clé que le poste de gardien vacille. 

Une cascade de coups durs

Le cas le plus net est celui de Mandrea. Le gardien du Stade Malherbe Caen s’est gravement blessé à une épaule à l’entraînement et ne disputera pas la Coupe du monde. Selon les éléments publiés par L’Équipe, il souffre d’une grosse luxation et doit être opéré. Son entraîneur Gaël Clichy a été limpide : « C’est terminé pour la Coupe du monde. » À ce stade, ce n’est plus une alerte, c’est un forfait acté. 

Pour Mastil, le tableau est moins définitif, mais tout aussi inquiétant. Le portier du Stade Nyonnais a subi une opération pour une hernie inguinale, avec plusieurs semaines d’arrêt annoncées. Le timing tombe très mal, car il venait à peine d’entrer dans la course internationale, avec une première cape lors du large succès contre Guatemala en mars. En clair, le gardien qui incarnait le sang neuf se retrouve brutalement freiné au pire moment. 

Zidane reste central, mais son état inquiète

Avant ce nouveau choc, Lucas Zidane apparaissait comme le dossier le plus stable du moment. Après son changement d’allégeance validé par la FIFA à l’automne, il avait été propulsé dans un rôle majeur, notamment après la blessure d’Alexis Guendouz juste avant la CAN. Il a donc abordé la compétition continentale puis la préparation du Mondial avec un statut de numéro un de fait. Sur le plan réglementaire, sa suspension de deux matches prononcée par la CAF ne l’empêche d’ailleurs pas de jouer la Coupe du monde : elle doit être purgée lors des éliminatoires de la CAN 2027. 

Mais dimanche 26 avril, tout s’est de nouveau brouillé. Le gardien du Granada CF a dû quitter le terrain après un choc à la tête lors du match contre Almería. Le quotidien ASrapporte qu’il est sorti « algo mareado », tandis que son entraîneur Pacheta a indiqué après la rencontre qu’il était « à l’hôpital et en observation » pour des examens.

Le lendemain soir, le club andalou a précisé la nature de la blessure. Luca Zidane souffre d’une fracture de la mâchoire et du menton, conséquence de ce violent choc subi lors d’une sortie aérienne. Grenade a également indiqué que le gardien devait décider, « en concertation avec le staff médical du club », du traitement à suivre dans les prochaines heures. À moins de deux mois du Mondial, cette nouvelle ajoute une inquiétude lourde autour du seul gardien qui semblait encore tenir la corde dans la hiérarchie algérienne.

Benbot redevient un sujet brûlant

Le paradoxe algérien tient aussi dans le cas Benbot. Au lendemain du quart de finale perdu contre le Nigeria à la CAN 2025, le gardien avait annoncé sa retraite internationale dans une lettre adressée à la Fédération algérienne de football. Le contexte était lourd : il n’avait pas joué la moindre minute au tournoi et sa décision portait clairement la marque de la frustration. En janvier, cela ressemblait à une rupture nette. 

Trois mois plus tard, le paysage a changé. Benbot s’est redit disposé à revenir si le staff faisait appel à lui. Cette ouverture pèse d’autant plus qu’il sort d’une période solide avec l’USM Alger, qualifiée pour la finale de la Coupe de la Confédération africaine, avec un Benbot décisif dans le parcours. Autrement dit, son nom n’est plus seulement un sujet sentimental ou politique. Il redevient une option sportive crédible. 

Gaya Merbah revient au bon moment

Dans ce décor abîmé, Gaya Merbah est peut-être la meilleure nouvelle du moment. Après une très longue indisponibilité entamée en 2024, le gardien de la JS Kabylie a peu à peu retrouvé le terrain puis le rythme. Signe fort : la Ligue de football professionnel l’a désigné joueur du mois de février 2026. À cet instant de la saison, peu de gardiens algériens peuvent afficher une dynamique aussi favorable. 

Son retour n’en fait pas automatiquement un titulaire pour le Mondial, mais il change clairement la discussion. D’abord parce qu’il revient en forme. Ensuite parce qu’il n’est pas un inconnu total pour la sélection : la FAF l’avait déjà appelé en 2019 pour remplacer Moustapha Zeghba. En d’autres termes, Merbah n’arrive pas de nulle part. Il revient au moment précis où l’équipe nationale manque de gardiens prêts, compétitifs et psychologiquement armés. 

Un problème ancien, des solutions encore incomplètes

Cette crise n’est pas née en avril. Petkovic avait élargi son vivier en convoquant, pour les amicaux contre Guatemala et Uruguay, quatre gardiens : Kilian Belazoug, Mandrea, Mastil et Zidane. À l’automne précédent, Zakaria Bouhalfaya avait déjà été rappelé en renfort lorsque Zidane était blessé. Le message était clair : le staff cherchait déjà, avant cette hécatombe, sa bonne formule. 

Le vrai verdict avant le Mondial

La réponse à la question de départ est donc nuancée. Non, l’Algérie ne partira pas « sans gardien ». Mais oui, elle avance aujourd’hui sans hiérarchie vraiment sécurisée. Au vu des faits disponibles, l’hypothèse la plus cohérente serait de reconstruire autour de Zidane si son état se stabilise vite, de réintégrer Benbot si son retour est entériné sportivement, et de pousser Merbah jusqu’au bout de la réflexion pour récompenser sa montée en puissance. Derrière eux, Bouhalfaya et Belazoug restent des recours possibles. C’est une lecture du moment, pas une liste officielle. Mais elle traduit bien l’urgence : Petkovic doit désormais choisir moins entre de bonnes options qu’entre des risques de nature différente.