Insultes racistes à Marseille et tag haineux à Buchelay : deux candidates visées en pleine période politique !
À Marseille comme à Buchelay, deux femmes engagées en politique affirment avoir été la cible d’actes racistes ces derniers jours. Hanifa Taguelmint, figure historique de la marche de 1983 contre le racisme, dit avoir été insultée lors d’une séance de tractage. Dans les Yvelines, la candidate Zakia Smail a découvert un message haineux inscrit sur le mur de son domicile.
Publié : 16h55 par La Rédaction
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Quarante ans après avoir participé à la marche de 1983 contre le racisme et pour l’égalité, Hanifa Taguelmint affirme avoir été la cible d’insultes racistes lors d’une distribution de tracts à Marseille.
La militante, aujourd’hui âgée de 63 ans, figure en huitième position sur la liste du maire sortant Benoît Payan pour les élections municipales. Samedi 7 mars, elle menait une opération de tractage dans le quartier de Château-Gombert, dans le 13ᵉ arrondissement, lorsqu’elle dit avoir été prise à partie par un groupe de personnes.
Selon son récit, elle distribuait des tracts dans une résidence du secteur de Palama lorsqu’elle a croisé plusieurs individus tenant eux aussi des documents de campagne. La situation aurait rapidement dégénéré.
« Certains m’ont dit “Sale Bougnoule”, “Va te faire enc***”, “casse-toi” », raconte-t-elle.
La candidate explique avoir alors préféré quitter les lieux pour éviter toute confrontation. « Je suis partagé entre la peur et la colère. J’étais seule et il ne faut jamais tracter toute seule donc je suis partie sans rien dire rejoindre les autres à notre point de rendez-vous », confie-t-elle.
Dans un autre témoignage rapporté par la presse locale, elle décrit plus précisément la scène : « On est partis tracter à trois, puis nous nous sommes séparés, et je me suis retrouvée seule dans une petite rue. J’ai croisé un groupe de trois hommes et deux femmes, des militants RN puisqu’ils avaient eux aussi des paquets de tracts dans les mains. Ils ont commencé à m’insulter en me disant “sale bougnoule”, “casse-toi”, “va te faire enc…”. J’étais seule, ils étaient cinq… J’ai baissé la tête et j’ai marché le plus rapidement possible jusqu’à ma voiture. »
Le Printemps marseillais dénonce un climat politique tendu
L’incident a suscité de nombreuses réactions dans le camp du Printemps marseillais, la coalition qui soutient le maire Benoît Payan.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs responsables politiques ont exprimé leur soutien à la candidate. Arnaud Drouot, directeur de campagne du mouvement, a notamment dénoncé sur X une agression raciste, évoquant « le vrai visage de l’extrême droite : le racisme et la haine ».
De son côté, Benoît Payan a condamné sur X des « propos ignobles » et des « méthodes inacceptables ».
Hanifa Taguelmint estime que la campagne municipale se déroule dans un contexte particulièrement tendu. Elle évoque un climat « particulièrement violent, jamais atteint auparavant à Marseille ».
Pour l’heure, la militante n’a pas annoncé de dépôt de plainte. Elle affirme toutefois être convaincue d’avoir eu affaire à des militants du Rassemblement national, car les personnes présentes tenaient selon elle des tracts de ce parti. Aucun élément visuel ne permet toutefois d’attester ces accusations.
Le Rassemblement national conteste toute implication
Le Rassemblement national rejette de son côté toute responsabilité dans cette affaire. Olivier Rioult, porte-parole de Franck Allisio à Marseille, assure que les militants du parti n’étaient pas présents dans ce secteur au moment des faits.
« Tous les militants du Rassemblement national étaient réunis autour de Franck Allisio pour son meeting dans le 9e arrondissement », a-t-il déclaré, affirmant qu’aucune opération de tractage n’était prévue dans les 13ᵉ et 14ᵉ arrondissements ce jour-là.
Le responsable local évoque également la possibilité d’un « contre-feu » politique de la part de ses adversaires.
À Buchelay, une candidate découvre un message raciste sur son domicile
Un autre incident a également suscité l’indignation dans les Yvelines. À Buchelay, Zakia Smail, candidate aux élections municipales, affirme avoir découvert un message raciste inscrit sur le mur de sa maison.
Dans un communiqué, elle explique avoir été confrontée à une inscription particulièrement violente : « Dégage sale arabe ». La candidate dénonce un acte grave visant non seulement sa personne, mais aussi les principes républicains. « Cet acte est ignoble. Il ne vise pas seulement la candidate que je suis aux élections municipales, il s’attaque aussi aux valeurs fondamentales de notre République : le respect, l’égalité et la dignité de chacun », écrit-elle.
Elle estime que certains tentent désormais de substituer la haine au débat démocratique. « Depuis l’annonce de ma candidature à la mairie de Buchelay, certains semblent vouloir remplacer le débat d’idées par la haine et l’intimidation. »
Une plainte déposée et des questions sur la sécurité
Face à cet acte, Zakia Smail a annoncé avoir saisi la justice. « Une plainte a été déposée ce matin à 9 heures afin que les auteurs de cet acte raciste soient identifiés et répondent de leurs actes devant la justice », précise-t-elle. Dans la foulée, son équipe s’est rendue à la police municipale afin de vérifier si les caméras de surveillance de la commune pouvaient aider à identifier les responsables.
Selon la candidate, ces équipements existent bien, mais ne permettraient pas d’exploiter les images enregistrées. Elle affirme avoir appris que les caméras locales ne sont pas reliées à la fibre optique et ne disposent donc pas d’un système d’enregistrement pleinement fonctionnel.
Cette situation soulève selon elle une question de sécurité dans la commune : « comment peut-on affirmer que la sécurité se porte très bien à Buchelay lorsque les outils censés protéger les habitants ne sont pas pleinement opérationnels ? »
« Ces actes de haine ne me feront ni reculer ni renoncer »
Malgré cet épisode, la candidate affirme rester déterminée à poursuivre son engagement politique. « Ces actes de haine ne me feront ni reculer ni renoncer. Au contraire, ils renforcent ma détermination à défendre les valeurs de la République et à construire une ville où chacun a sa place », assure-t-elle.
Elle appelle également à un débat politique respectueux : « Buchelay mérite mieux que la peur et les intimidations. Buchelay mérite un débat digne, respectueux et tourné vers l’avenir. »
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