« On m’a traité de “sale bougnoule” » : Hugues B. dénonce des violences racistes lors de son interpellation !
Condamné à quatre mois de prison avec sursis, le jeune homme a témoigné sur BFMTV. Il affirme avoir été victime d’insultes racistes et de violences lors de son arrestation par des agents de la BAC.
Publié : 3 juin 2026 à 11h32 par La Rédaction
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Une soirée de fête qui bascule ! La victoire du Paris Saint-Germain devait être un moment de liesse. Pour Hugues B., elle s’est terminée au tribunal, puis sur un plateau de télévision, le visage marqué. Condamné à quatre mois de prison avec sursis pour participation à un groupement en vue de commettre des violences, après les violences survenues à Paris en marge des célébrations du sacre parisien face à Arsenal, le jeune homme a livré un témoignage particulièrement lourd sur BFMTV.
Face aux caméras, il dit avoir été pris pour cible dès son interpellation. Selon lui, les policiers ne se seraient pas contentés de l’arrêter. Ils l’auraient aussi insulté et frappé.
Des insultes racistes dénoncées
Hugues B. affirme avoir été immédiatement visé par des propos à caractère raciste. « Oui, je m'appelle Hugues, mais quand je me suis fait arrêter, j'ai tout de suite été traité de “sale bougnoule”, “sale arabe”, “ Ma mère, la sale traînée ”, “on va te faire des fesses au poste”, etc. C'est vraiment comme ça que j'ai été interpellé », a-t-il déclaré.
Le jeune homme explique qu’il était sorti pour célébrer la victoire du PSG. « On est sorti avec une envie de fêter la victoire de notre club », a-t-il poursuivi. Mais, selon lui, cette soirée a rapidement pris une tournure judiciaire et violente. « Et ce qu'on a reçu du coup, c'est des peines et, comme vous le voyez à mon visage, un tabassage des agents de la BAC. »
À l’écran, Hugues B. présentait notamment un œil au beurre noir. Interrogé sur l’origine de cette blessure, il a répondu sans détour : « Oui, oui, c'est un policier qui me l'a fait. »
Pas de plainte déposée à ce stade
Questionné sur une éventuelle plainte, Hugues B. a indiqué ne pas en avoir déposé pour l’instant. Il affirme ne pas avoir pu consulter de médecin pendant sa garde à vue. « Non, je n'ai pas porté plainte parce qu'on ne m'a pas accordé le droit d'avoir un médecin quand je suis arrivé en garde à vue », a-t-il expliqué.
Il dit avoir évoqué la situation avec son avocat, sans souhaiter entrer davantage dans les détails. « D'ailleurs, voilà, j'ai vu ça avec mon avocat, mais je ne vais pas rentrer… », a-t-il ajouté.
Après 60 heures de garde à vue, Hugues B. dit avoir craint la prison ferme
Sur le plateau, Hugues B. est également revenu sur les heures qui ont suivi son arrestation. Malgré son sourire face aux journalistes, il assure avoir vécu une séquence éprouvante, marquée par l’incertitude et la peur d’une condamnation plus lourde. « Oui, je viens de sortir de 60 heures de garde à vue, donc je vous avoue en fait, je suis parti, comme beaucoup de jeunes comme moi, dans l'idée que j'allais prendre du ferme », a-t-il expliqué.
Selon lui, cette crainte aurait été alimentée par les propos tenus par un officier de police judiciaire pendant la procédure. « Et en fait, l'officier de police judiciaire m'a regardé et m'a dit “toi, on va te foutre au dépôt, et on espère vraiment que tu vas prendre du ferme.”»
Condamné à quatre mois de prison avec sursis, Hugues B. affirme désormais vouloir éviter les rassemblements à venir. Interrogé sur l’impact de cette décision de justice, notamment à l’approche du Mondial, il dit préférer rester à l’écart. « Aujourd'hui, je pense que je vais rester chez moi, alors que j'aime mon pays, j'aime la France, j'aimerais beaucoup fêter avec tout le monde ce qui va se passer », a-t-il déclaré.
Le jeune homme rappelle aussi qu’il est désormais interdit de se rendre dans le 8e arrondissement de Paris. Une mesure qui, selon lui, pèse sur sa manière d’envisager les prochaines célébrations sportives.
« Je suis venu fêter la victoire de mon club »
Hugues B. dit aussi avoir croisé d’autres jeunes interpellés dans le même contexte, certains tout juste majeurs. D’après son témoignage, plusieurs auraient passé de longues heures en garde à vue ou au dépôt, même lorsqu’ils n’ont finalement pas été condamnés.
Il affirme notamment avoir rencontré « beaucoup de jeunes des 2008 tout juste majeurs qui directement se sont fait interpeller sur des bases de procès verbaux, ont été jugés non condamnés, mais sont quand même restés 60 heures en garde à vue et en dépôt, et se sont fait tabasser par la Bac ».
Relancé sur sa perception de la police, Hugues B. refuse toutefois de résumer son propos à une attaque globale contre l’institution. « Non, ce n'est pas ce que je dis », répond-il, avant de rappeler sa version des faits : « Je suis venu fêter la victoire de mon club. »
Hugues B. assure ne pas être un cas isolé
Au-delà de sa propre situation, le jeune homme insiste sur ce qu’il affirme avoir observé chez d’autres personnes interpellées. Selon lui, plusieurs jeunes passés en garde à vue puis au tribunal portaient aussi des marques de coups.
« Ma situation me concerne moi. Mais si vous voulez, j'ai envie d'insister sur ça : tous les jeunes qui sont passés en garde à vue et au tribunal que j'ai rencontrés, tous avaient des marques de tabassage des officiers de police. Tous, tous, tous. Des mineurs, des majeurs. Vraiment, des marques », a-t-il affirmé.
Relancé sur les circonstances de son arrestation, Hugues B. a nié avoir opposé une résistance. « Non, pas du tout, je ne résistais pas », a-t-il assuré.
Les violences verbales au cœur de son témoignage
Le jeune homme dit vouloir attirer l’attention sur un aspect moins visible que les blessures physiques : les paroles prononcées lors des interpellations. Selon lui, les violences verbales et les insultes racistes restent trop peu évoquées.
« J'ai aussi envie d'accentuer sur un point, un point qu'on médiatise peu, un point qui ne se voit pas sur le visage, c'est le point des violences verbales et du déferlement raciste », a-t-il déclaré.
Son témoignage intervient dans un contexte de fortes tensions après les débordements qui ont suivi la victoire du PSG. Plusieurs personnes ont été jugées en comparution immédiate à Paris, avec des peines de prison prononcées dans certains dossiers.
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