Laurent Nuñez et Saïd Sayoud relancent la coopération sécuritaire et migratoire entre Alger et Paris !

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a reçu lundi 1er juin 2026 à Paris son homologue algérien, Saïd Sayoud, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports. Cette rencontre à Beauvau marque une nouvelle étape dans la reprise du dialogue entre Paris et Alger, autour de dossiers sensibles : sécurité intérieure, criminalité organisée, terrorisme, migrations et protection civile.

Publié : 3 juin 2026 à 13h52 par La Rédaction

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Crédit : France / Algérie

Le dialogue entre la France et l’Algérie se poursuit sur le terrain sécuritaire. Laurent Nuñez a accueilli à Beauvau Saïd Sayoud pour une visite de travail consacrée aux grands chantiers de coopération entre les deux pays.

Cette réunion s’inscrit dans la continuité du déplacement effectué par le ministre de l’Intérieur à Alger les 16 et 17 février 2026. Elle répond à la volonté affichée par le président de la République de reconstruire un échange plus régulier avec l’Algérie, dans un cadre jugé à la fois efficace, équilibré et respectueux des intérêts de chacun.

Après un entretien bilatéral entre les deux ministres, plusieurs séquences techniques ont réuni les responsables des ministères de l’Intérieur français et algérien. Des représentants des ministères des Affaires étrangères des deux pays, ainsi que du ministère algérien de la Défense, ont également pris part aux discussions.

Sécurité intérieure : des priorités communes identifiées

Les échanges ont porté en priorité sur la sécurité intérieure et la lutte contre les réseaux criminels. Paris et Alger entendent renforcer leur coopération face à plusieurs menaces : trafics de stupéfiants, drogues de synthèse, blanchiment d’argent, fraude documentaire, immigration irrégulière et recherche de fugitifs liés à la criminalité organisée.

Les deux parties ont convenu de remettre en place des méthodes de travail plus suivies entre services spécialisés. Des analyses communes doivent être établies afin de mieux identifier les filières criminelles et les menaces partagées.

Des feuilles de route opérationnelles doivent également être élaborées. Elles permettront de fixer des objectifs concrets et de suivre leur mise en œuvre à travers des réunions régulières, organisées à haut niveau.

Dans cette dynamique, la nomination d’un attaché de sécurité intérieure adjoint, issu de la gendarmerie nationale, doit contribuer à renforcer la présence opérationnelle française à Alger et à relancer pleinement le service de sécurité intérieure sur place.

Terrorisme : reprise et renforcement des échanges d’information

La coopération en matière de lutte contre le terrorisme a aussi été abordée. Les échanges d’information entre services ont repris et doivent encore s’intensifier. Les discussions ont permis d’identifier des risques émergents communs. L’objectif est de mieux anticiper les menaces et de fluidifier la circulation des renseignements utiles entre les deux pays.

Protection civile : mieux anticiper les risques climatiques et naturels

La protection civile figure également parmi les sujets mis sur la table. Français et Algériens ont exprimé leur volonté de renouer des relations plus soutenues dans ce domaine.

Les échanges ont notamment porté sur le renforcement des dispositifs de formation et sur la préparation aux risques liés au changement climatique. Les catastrophes naturelles, de plus en plus fréquentes et intenses, imposent aux deux pays de mieux coordonner leurs réponses et leurs capacités d’anticipation.

Une méthode de travail commune a été définie afin de structurer cette coopération dans la durée.

Migrations : vers une coopération plus étroite sur les retours

La question migratoire a occupé une place importante dans les discussions. Les deux ministres ont évoqué une approche globale, incluant les mobilités légales, la lutte contre l’immigration irrégulière et les retours.

Paris et Alger souhaitent renforcer les canaux de communication opérationnels. Les échanges ont été présentés comme francs et pragmatiques, avec l’objectif de permettre une montée en puissance des retours.

Les consulats algériens présents en France sont désormais appelés à jouer pleinement leur rôle dans cette dynamique. Le sujet sensible de l’accord franco-algérien de 1968 a également été abordé. Les deux parties ont décidé de travailler à partir de propositions concrètes que la France doit présenter pour faire évoluer ce cadre.

Le dossier Christophe Gleizes évoqué

Au-delà des questions sécuritaires et migratoires, les discussions ont aussi permis d’aborder les dossiers majeurs pour les deux pays. Une attention particulière a été portée à la situation de Christophe Gleizes, ressortissant français dont le retour en France demeure un sujet de préoccupation pour les autorités françaises.

Cette séquence diplomatique s’est déroulée dans un climat présenté comme constructif, avec la volonté affichée de traiter l’ensemble des sujets sans détour.

Une coopération fondée sur le respect mutuel

Pour le ministère de l’Intérieur, l’enjeu est clair : obtenir des avancées concrètes en matière de sécurité, de coopération opérationnelle et de protection des citoyens. Cette relance du dialogue repose sur une logique de réciprocité et de respect mutuel. Les deux pays veulent reconstruire des relations de travail stables, en tenant compte des préoccupations de chacun.

Au-delà des dossiers institutionnels, Paris rappelle que la relation franco-algérienne doit aussi tenir compte des liens humains profonds qui unissent les deux sociétés.