Hervé Renard, l’homme du dernier rugissement tunisien ?
Secouée par une lourde entrée en matière face à la Suède, la Tunisie a décidé de changer de sélectionneur en pleine Coupe du monde. Sabri Lamouchi quitte son poste après seulement quelques mois, tandis qu’Hervé Renard prend les commandes des Aigles de Carthage pour tenter de relancer une campagne déjà fragilisée.
Publié : 11h50 par La Rédaction
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Un séisme dès le premier match ! La Coupe du monde venait à peine de commencer pour la Tunisie que la crise s’est installée. Battus sèchement par la Suède 5-1 lors de leur premier match du groupe F, les Aigles de Carthage ont vu leur tournoi basculer en quelques heures.
La défaite, lourde dans le score comme dans le contenu, a précipité une décision forte de la Fédération tunisienne de football. Sabri Lamouchi a été relevé de ses fonctions, cinq mois seulement après son arrivée à la tête de la sélection nationale. La FTF a présenté cette séparation comme un départ « convenu d’un commun accord ».
Sabri Lamouchi n’a pas résisté à la pression
Nommé en janvier, Sabri Lamouchi avait pour mission de redonner de la stabilité à une sélection marquée par une élimination prématurée à la Coupe d’Afrique des nations. L’ancien international français, né à Lyon dans une famille d’origine tunisienne, arrivait avec une connaissance du haut niveau et l’ambition de remettre les Aigles de Carthage sur de bons rails.
Mais son passage sur le banc tunisien aura été bref. Les résultats et le niveau de jeu n’ont pas convaincu. Avant même le début de la Coupe du monde, plusieurs signaux inquiétaient déjà autour de la sélection. Les matches de préparation avaient laissé apparaître de grosses fragilités, notamment sur le plan défensif.
La lourde défaite concédée face à la Belgique 5-0 en amical avait accentué les critiques. Le revers contre la Suède, pour l’entrée en lice au Mondial, a finalement été le point de rupture. Dans une compétition aussi courte, la Fédération tunisienne a choisi d’agir sans attendre.
Hervé Renard, un profil d’urgence et d’expérience
Pour remplacer Sabri Lamouchi, la FTF a choisi Hervé Renard. Libre depuis la fin de son aventure avec l’Arabie saoudite au printemps, le technicien français retrouve ainsi un banc en pleine Coupe du monde.
Son arrivée répond à une logique claire : apporter immédiatement de l’expérience, de l’autorité et une connaissance rare des grandes compétitions internationales. Hervé Renard connaît particulièrement bien le football de sélection. Il a déjà dirigé plusieurs équipes nationales et possède une forte expérience du continent africain.
Son parcours parle pour lui. Vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations avec la Zambie en 2012, puis avec la Côte d’Ivoire en 2015, il reste l’un des entraîneurs les plus reconnus du football africain. Il a aussi participé à la Coupe du monde avec le Maroc en 2018, puis avec l’Arabie saoudite en 2022. Avec la Tunisie, il s’apprête donc à vivre un troisième Mondial avec une troisième sélection différente.
Une arrivée express au Mexique
Hervé Renard est attendu rapidement auprès du groupe tunisien, installé au Mexique. Son arrivée doit permettre une prise de contact immédiate avec les joueurs, le staff et l’environnement de la sélection.
Le nouveau sélectionneur devrait diriger très vite sa première séance d’entraînement. Le temps est compté. La Tunisie n’a plus le luxe d’une longue transition. Le prochain match arrive dans quelques jours, et les Aigles de Carthage doivent corriger en urgence les lacunes apparues face à la Suède.
Il devrait s’appuyer sur plusieurs hommes de confiance pour former son encadrement technique. Nicolas Baudoin est attendu dans un rôle d’analyste vidéo, David Barriac à la préparation physique, et Gilles Fouache auprès des gardiens. Cette arrivée devrait entraîner des ajustements dans le staff mis en place autour de Sabri Lamouchi.
Wahbi Khazri, sollicité pour accompagner la sélection durant la compétition, devrait pour sa part poursuivre sa mission jusqu’à la fin du parcours tunisien dans ce Mondial.
Deux matches pour sauver la campagne tunisienne
La mission d’Hervé Renard s’annonce délicate. La Tunisie doit encore affronter le Japon, puis les Pays-Bas, deux adversaires capables de poser de sérieux problèmes dans ce groupe F.
Le premier rendez-vous du nouveau sélectionneur est prévu face au Japon, le 21 juin, à Monterrey. Le dernier match de groupe, face aux Pays-Bas, est programmé le 25 juin à Kansas City. Il pourrait peser lourd dans les chances de qualification, selon le résultat obtenu contre le Japon.
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