La France veut réécrire les règles migratoires avec l’Algérie !
Le gouvernement veut rouvrir le chantier sensible de l’accord franco-algérien de 1968. Le Premier ministre Sébastien Lecornu juge ce texte désormais dépassé et plaide pour sa renégociation. Dans le même temps, la question des expulsions, des visas et de la coopération sécuritaire ravive les tensions entre Paris et Alger.
Publié : 9 février 2026 à 11h48 par La Rédaction
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/France_Alg_rie1663088056105.jpg)
Le dossier migratoire continue de peser lourdement sur les relations entre la France et l’Algérie. Au cœur de cette tension, l’accord bilatéral signé en 1968 refait surface dans le débat politique. Ce texte encadre les conditions d’entrée, de séjour et de travail des ressortissants algériens en France, qui constituent aujourd’hui la première communauté étrangère dans l’Hexagone.
Dans un entretien accordé à la Voix du Nord, le Premier ministre Sébastien Lecornu a clairement affiché ses intentions. Il souhaite revoir en profondeur ce cadre juridique qu’il considère désormais inadapté aux réalités actuelles. Selon lui, cet accord « ne correspond clairement plus à nos intérêts » et nécessite d’être révisé pour répondre aux enjeux migratoires contemporains.
Une renégociation jugée urgente par Matignon
Le chef du gouvernement affirme disposer d’une ligne politique précise sur la relation avec Alger. Il évoque une stratégie globale qui associe plusieurs ministères, notamment les Affaires étrangères et l’Intérieur, afin d’harmoniser l’action de l’État sur ces questions.
Sébastien Lecornu rappelle que la révision de l’accord avait déjà été évoquée au plus haut niveau entre les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron en 2022. Il estime aujourd’hui qu’« il y a urgence » à relancer ce chantier diplomatique. Le Premier ministre annonce également que le chef de l’État prévoit « dans les prochaines semaines de prendre plusieurs initiatives pour que nous ayons des résultats concrets ».
Pour autant, aucun calendrier précis ni proposition détaillée n’ont été dévoilés à ce stade.
Une visite de Laurent Nuñez en préparation
Parallèlement, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez confirme ce lundi 9 février, sur BFMTV- RMC que des discussions sont en cours autour d’un déplacement officiel en Algérie. L’objectif serait d’aborder plusieurs dossiers sensibles, notamment la sécurité, la coopération antiterroriste et la lutte contre le narcotrafic.
Le locataire Place Beauvau assure qu’il répondra favorablement à l’invitation de son homologue algérien, précisant toutefois que les modalités du déplacement restent à définir. « Cette visite est en cours de préparation (...) J'ai toujours une invitation en cours de mon homologue (...) Bien sûr, j'y répondrais, on travaille aux conditions de cette visite», explique-t-il.
Il souligne également que les échanges sécuritaires entre les deux pays ont repris, tout en reconnaissant que certains blocages persistent.
Le dossier explosif des OQTF au cœur des tensions
La question des obligations de quitter le territoire français (OQTF) constitue l’un des principaux points de friction entre les deux capitales. Laurent Nuñez rappelle que les retours de ressortissants algériens visés par ces mesures « n'ont pas repris pour l'instant », tout en se montrant optimiste sur une possible évolution.
Le ministre souligne par ailleurs que les ressortissants algériens représentent environ 40 % des personnes placées dans les centres de rétention administrative en France. Pour lui, cette situation rend indispensable une reprise de la coopération sur les expulsions.
Alger défend la protection des droits de ses ressortissants
Du côté algérien, la position reste ferme. Le président Abdelmadjid Tebboune a expliqué publiquement dans un entretien avec les médias locaux sur les raisons du refus de délivrer certains laissez-passer consulaires. Selon lui, les procédures françaises ne respecteraient pas toujours les garanties juridiques prévues par les accords bilatéraux.
« Ces Algériens ont des droits, et il faut respecter leurs droits », a insisté le chef de l’État algérien. Il rappelle que les personnes visées par une expulsion doivent pouvoir exercer les recours prévus par la justice avant toute reconduite vers leur pays d’origine.
Le président algérien rappelle également que les autorités algériennes doivent être informées des procédures d’expulsion et que les consulats doivent pouvoir intervenir pour vérifier la conformité des démarches administratives. Il prévient enfin que toute tentative d’humiliation de l’Algérie serait inacceptable, affirmant que « celui qui veut humilier ou ridiculiser l’Algérie n’est pas encore né ».
Une relation bilatérale suspendue entre dialogue et crispations
Ces divergences s’inscrivent dans un contexte diplomatique déjà fragilisé par plusieurs désaccords politiques et migratoires ces dernières années. La gestion des OQTF, la coopération sécuritaire et la situation de certains ressortissants français en Algérie nourrissent régulièrement les tensions entre les deux pays.
Malgré ces difficultés, les autorités françaises affirment vouloir maintenir le dialogue. La renégociation de l’accord de 1968 apparaît ainsi comme un enjeu stratégique pour redéfinir les règles migratoires entre Paris et Alger.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/beurfm/images/logo.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/AME1738353433622-format1by1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/Capture_d_e_cran___2026_02_04_a__12_55_10_21770206523580-format1by1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/Marine_Le_Pen1743425184726-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/M_tro1701178620669-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/France___Alg_rie1736782265691-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/Le_pre_sident_de_la_Re_publique_pre_side_la_ce_re_monie_de_re_ception_du_train_transportant_les_premie_res_cargaisons_du_minerai_de_fer1770104774999-format1by1.png)