Paris et Alger renouent le dialogue autour de la justice et de la sécurité !
De retour d’Alger, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a affiché son optimisme sur le sort du journaliste sportif français Christophe Gleizes, détenu en Algérie et condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Le garde des Sceaux affirme avoir relancé la coopération judiciaire entre Paris et Alger, dans un contexte de détente diplomatique après près de deux ans de fortes tensions.
Publié : 19 mai 2026 à 14h18 par La Rédaction
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Le dossier Christophe Gleizes revient au cœur des relations franco-algériennes. Au lendemain d’un déplacement de deux jours à Alger, Gérald Darmanin s’est exprimé sur CNews et Europe 1. Le ministre de la Justice a assuré être revenu « très rassuré » sur les conditions dans lesquelles le journaliste sportif français est détenu en Algérie.
Cette visite avait été organisée « à la demande du président de la République ». Elle poursuivait un double objectif : évoquer la situation de Christophe Gleizes et remettre sur les rails une coopération judiciaire entre la France et l’Algérie, largement grippée depuis deux ans.
Le déplacement de Gérald Darmanin s’inscrit dans une séquence plus large d’apaisement entre les deux pays. Ces derniers mois, plusieurs signaux ont été envoyés de part et d’autre pour tenter de tourner la page d’une crise diplomatique particulièrement tendue. Le ministre a notamment été reçu longuement par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, après des réunions avec son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa.
Le sort de Christophe Gleizes au centre des discussions
Christophe Gleizes est détenu en Algérie depuis près d’un an. Journaliste sportif spécialisé dans le football africain, il avait été arrêté le 28 mai 2024 à Tizi Ouzou. La justice algérienne l’a condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ». Sa peine a été confirmée en appel en décembre 2025, selon Reporters sans frontières.
Devant les caméras de CNews et d’Europe 1, Gérald Darmanin a choisi d’insister sur la dimension humaine du dossier. « Nous avons rappelé qu’il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère », a-t-il déclaré. Le garde des Sceaux a ajouté penser que le président Tebboune « y sera sensible », avant de préciser : « je lui fais confiance pour cela ».
Le ministre a également indiqué avoir eu « des échanges extrêmement forts » avec le chef de l’État algérien sur cette affaire. Il a dit avoir une pensée pour la mère du journaliste, qu’il décrit comme profondément éprouvée par la situation.
Une grâce présidentielle désormais espérée
La situation judiciaire de Christophe Gleizes a récemment évolué. Le journaliste a renoncé à son pourvoi en cassation, ce qui rend sa condamnation définitive. Gérald Darmanin l’a reconnu mardi : « Maintenant, sa peine est définitive, puisqu’il n’a pas fait de pourvoi en cassation ». Cette décision pourrait cependant ouvrir une autre voie : celle d’une grâce présidentielle accordée par Abdelmadjid Tebboune. C’est désormais l’espoir porté par les proches du journaliste et par les autorités.
Le ministre de la Justice a clairement laissé entendre que Paris comptait sur un geste d’Alger. Selon lui, le président algérien peut « faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation ».
La coopération judiciaire relancée entre Paris et Alger
Au-delà du cas Christophe Gleizes, Gérald Darmanin affirme avoir obtenu un résultat concret lors de sa visite : « la reprise de notre coopération judiciaire ». Cette relance concerne plusieurs dossiers sensibles, notamment la criminalité organisée, les demandes d’entraide judiciaire et la question des biens mal acquis.
Le garde des Sceaux a aussi évoqué la lutte contre la DZ Mafia, organisation criminelle originaire de Marseille, dont certains réseaux ou relais pourraient se trouver de l’autre côté de la Méditerranée. Selon les éléments communiqués autour de la visite, Paris souhaite renforcer les échanges d’informations et avancer sur d’éventuelles procédures d’extradition.
Dans son entretien, Gérald Darmanin a insisté sur la nécessité d’une relation de travail stable entre les deux pays. « Le plus grand pays d’Europe qu’est la France, avec le plus grand pays d’Afrique qu’est l’Algérie, doivent se respecter et doivent aussi garantir leur sécurité », a-t-il déclaré.
Sécurité, terrorisme et criminalité organisée
Le garde des Sceau a également défendu l’importance du partenariat sécuritaire avec Alger. Il a rappelé que la France et l’Algérie coopèrent de longue date dans la lutte contre le terrorisme. « L’Algérie mène, avec la France, un combat contre le terrorisme islamiste », a-t-il affirmé sur CNews. Selon lui, cette collaboration a aussi joué un rôle dans la sécurisation des grands événements récents en France. « Je peux assurer que si nous avons pu organiser les Jeux olympiques d’été avec une grande efficacité, c’est parce que de grands pays étrangers, notamment des grands services étrangers performants, comme l’Algérie, nous ont aidés à interpeller et prévenir des attentats », a-t-il déclaré.
Le garde des Sceaux souhaite désormais appliquer cette même logique de coopération à la lutte contre les réseaux criminels. Il a cité la criminalité organisée comme une menace commune pour la France et l’Algérie.
Des signes d’apaisement entre les deux pays
La visite de Gérald Darmanin intervient dans un climat diplomatique moins tendu qu’au cours des derniers mois. La relation entre Paris et Alger a été marquée par une série de crises, mais les deux capitales semblent désormais chercher à rétablir des canaux de discussion.
Un autre signe de ce rapprochement est attendu à Paris. Le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, doit s’y rendre dans les prochains jours. Laurent Nuñez a qualifié cette visite de « signal très positif », estimant qu’une coopération sécuritaire se réinstalle progressivement entre les deux pays.
Gérald Darmanin a, lui aussi, plaidé pour une relation plus apaisée. « J’espère qu’il y aura un jour un traité d’amitié entre la France et l’Algérie qui respecte les deux pays », a-t-il déclaré.
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