La mosquée d’Agen est visée par des menaces de mort, deux jours après le maire !

L’association gérant la mosquée d’Agen a reçu, vendredi 15 mai, un courrier contenant des menaces de mort et quatre balles de fusil. Deux jours plus tôt, le maire Laurent Bruneau avait été destinataire d’une lettre similaire, accompagnée de trois cartouches de gros calibre. La préfecture du Lot-et-Garonne condamne des actes à caractère raciste et islamophobe.

Publié : 12h54 par La Rédaction

Islamophobie
Crédit : Martin Foskett - Pixabay

L’inquiétude grandit à Agen après la réception de courriers anonymes visant à la fois le maire de la ville et le président de l’association de la mosquée. Vendredi 15 mai, l’association gérant la mosquée d’Agen a été destinataire d’une lettre contenant des "menaces de mort" ainsi que "des propos à caractère raciste et islamophobe", selon la préfecture du Lot-et-Garonne.

Le courrier était également accompagné de quatre balles de fusil, d’après les éléments rapportés par Sud-Ouest. La lettre aurait été signée du même pseudonyme que celle reçue deux jours plus tôt par Laurent Bruneau, maire d’Agen.

Le maire déjà visé par un courrier similaire

Mercredi, Laurent Bruneau avait annoncé son intention de porter plainte après avoir découvert, dans la matinée, un courrier anonyme contenant des menaces de mort. La lettre était accompagnée de trois cartouches "de gros calibre". L’élu, divers gauche et élu en mars, avait dénoncé un acte grave d’intimidation. Dans un communiqué, il avait évoqué un "courrier anonyme de menaces de mort" et une lettre "accompagnée de trois balles de gros calibre et de propos particulièrement violents".

Messaoud Settati, président de l’association de la mosquée d’Agen, a lui aussi déposé plainte après avoir reçu des menaces similaires vendredi.

La préfecture condamne des actes “inacceptables”

Face à ces deux courriers, la préfecture du Lot-et-Garonne a réagi samedi par communiqué. Le préfet Bruno André a fermement dénoncé ces menaces, en particulier leur dimension raciste et islamophobe. "À la suite des menaces de mort proférées à l'encontre du maire d'Agen ainsi que du président de l'association de la mosquée d'Agen, le préfet du Lot-et-Garonne condamne avec la plus grande fermeté ces actes inacceptables, ainsi que les propos à caractère raciste et islamophobe ayant accompagné ces menaces", indique la préfecture.

Les services de l’État assurent rester mobilisés face à ces faits. "Dans le Lot-et-Garonne, l’État demeure pleinement mobilisé pour prévenir et combattre toutes les formes de haine, de racisme et d’islamophobie", précise encore le communiqué.

Une communauté musulmane sous le choc

La réception de ce courrier intervient dans un contexte sensible, à l’approche de l’Aïd-el-Kébir. Le président de la mosquée, Messaoud Settati, a fait part de la forte inquiétude ressentie par de nombreux fidèles et habitants de l’agglomération agenaise. "À l'approche de la fête de l'Aïd-el-Kébir, cette situation suscite une vive inquiétude au sein de la communauté musulmane de l'agglomération agenaise. De nombreuses familles expriment aujourd'hui leur peur et leur incompréhension face à cette escalade", a-t-il déclaré dans les colonnes de Sud-Ouest. Il a également qualifié les faits d’"extrêmement graves".

Des précédents récents dans l’agglomération

Ces menaces surviennent quelques semaines après la découverte de tags "anti-islam" sur les murs extérieurs d’une salle située au Passage d’Agen, en périphérie de la préfecture du département. Le lieu accueillait ce soir-là un dîner interreligieux réunissant des représentants des différents cultes du Lot-et-Garonne. Les inscriptions avaient rapidement été effacées. Selon les autorités, une enquête a été ouverte pour chacun de ces faits.

Une enquête confiée à la police d’Agen

Les menaces adressées au maire d’Agen et au président de l’association de la mosquée font désormais l’objet d’investigations. L’enquête a été confiée à la police d’Agen, a indiqué la préfecture.

Dans un communiqué commun publié vendredi sur Instagram, Laurent Bruneau et Messaoud Settati ont rappelé que "la haine, les appels à la violence, au meurtre, n'ont pas leur place en démocratie en général pas plus qu’à Agen en particulier".