Le RN veut verbaliser les femmes voilées dans l’espace public !

Le Rassemblement national veut interdire le voile dans la rue et sanctionner les contrevenantes par une amende s’il remporte la présidentielle de 2027. Jean-Philippe Tanguy affirme que la décision est prise. Valérie Pécresse dénonce une proposition « démagogique et impraticable ».

Publié : 31 août 2026 à 12h24 par La Rédaction

Islam - voile - hijab
Crédit : Zibik - Pixabay

Le voile revient au centre de la bataille présidentielle. Invité de BFMTV dimanche 30 août, le député RN Jean-Philippe Tanguy a confirmé que son parti entendait « sanctionner le port du voile » dans l’espace public en cas d’arrivée au pouvoir.

L’élu de la Somme, proche de Marine Le Pen, a expliqué que les femmes qui continueraient à porter un hijab pourraient recevoir une amende.

Le RN assure que la décision est prise

L’interdiction du voile dans l’espace public n’est pas une proposition nouvelle au sein du Rassemblement national. Marine Le Pen l’a défendue au cours de ses trois premières campagnes présidentielles, en 2012, 2017 et 2022. Lors du débat de l’entre-deux-tours de 2022, elle avait encore confirmé vouloir étendre l’interdiction aux rues, aux commerces, aux transports et aux autres lieux ouverts au public.

Jean-Philippe Tanguy assure désormais que le débat est clos. « Ça a été tranché », a-t-il affirmé sur BFMTV. Le député estime que cette proposition « est soutenue par 60% à 70% de Françaises et de Français qui sentent bien que derrière ce symbole, ce n'est pas seulement une liberté vestimentaire, c'est une idéologie qui est contraire à ce que la France a porté depuis des années ».

Une amende comparée à celle de la ceinture de sécurité

Le montant de la contravention envisagée n’a pas été précisé. Jean-Philippe Tanguy en a néanmoins exposé le principe : « s'il y a des femmes qui portent le voile alors qu'il est interdit, elles auront une amende ».

Pour défendre ce mécanisme, il a comparé les futures contrevenantes aux « les gens qui ne mettent pas de ceinture de sécurité » dans leur voiture.

Valérie Pécresse dénonce une mesure impossible à appliquer

Valérie Pécresse a vivement contesté cette proposition lundi 31 août sur franceinfo. « C'est une mesure démagogique et impraticable », a réagi la présidente LR de la région Île-de-France.

L’ancienne candidate à l’élection présidentielle ne minimise pas pour autant la dimension religieuse et politique qu’elle attribue au voile. « Je n'y suis pas favorable », a-t-elle insisté, ajoutant que « ça ne correspond pas à ma conception des choses ».

Selon elle, « le voile n'est pas un vêtement comme les autres ». Elle considère que « c'est un signe religieux, c'est un signe de soumission de la femme », tout en défendant le droit des adultes à décider de leur tenue et de leurs convictions. Une « femme adulte est libre de croire ou de ne pas croire à la religion de son choix », a-t-elle souligné.