Le PAM en tête des législatives marocaines !

Les résultats provisoires accordent 97 sièges au PAM, devant le RNI et l’Istiqlal. Le PJD se redresse, mais près de 62 % des électeurs inscrits n’ont pas voté. Une majorité gouvernementale reste à construire.

Publié : 13h27 par La Rédaction

Drapeau Maroc
Crédit : Pixabay - cuivie

La première place change de parti au Maroc. À l’issue des élections législatives du mercredi 23 septembre 2026, le Parti authenticité et modernité (PAM) devance ses deux partenaires de la majorité sortante, le Rassemblement national des indépendants (RNI) et l’Istiqlal.

Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a présenté ces premiers résultats dans la nuit de mercredi à jeudi. Ils attribuent 97 sièges au PAM, 66 au RNI et 65 à l’Istiqlal. Le Parti de la justice et du développement (PJD) obtient 54 élus. Ce décompte demeure provisoire et concerne les 395 sièges de la Chambre des représentants. 

Le RNI recule, le PJD retrouve du poids

La nouvelle répartition modifie les rapports de force entre les principaux partis. Sur la base des chiffres annoncés, le PAM gagne dix sièges par rapport aux résultats des législatives de 2021, lorsqu’il en avait obtenu 87.

Le recul est marqué pour le RNI, passé de 102 à 66 sièges. L’Istiqlal en perdrait seize, de 81 à 65. Les deux formations se trouvent désormais séparées par un seul député dans ce classement provisoire.

Le PJD, lui, remonte de 13 à 54 sièges. Cette progression lui rend une place importante dans l’hémicycle, après sa défaite de 2021. Elle le laisse toutefois à la quatrième position et bien en deçà des 125 sièges remportés en 2016. 

Avec 29 sièges, le Mouvement populaire (MP) arrive derrière ces quatre formations, devant l’Union socialiste des forces populaires (USFP), créditée de 26 élus. Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) obtient 19 sièges et l’Union constitutionnelle (UC), 17.

L’Alliance de la gauche, qui rassemble la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et le Parti socialiste unifié (PSU), compterait huit représentants, autant que le Mouvement démocratique et social (MDS). Le Front des forces démocratiques (FFD) et le Parti de l’équité remportent chacun deux sièges. Enfin, le Parti des néo-démocrates (PND) et le Parti de l’unité et de la démocratie (PUD) disposeraient chacun d’un élu.

Environ six millions de votants sur 15,8 millions d’inscrits

L’autre enseignement du scrutin est la faible mobilisation électorale. Dans son communiqué publié après la fermeture des bureaux à 19 heures, le ministère de l’Intérieur a annoncé une participation nationale de 38,02 %. Le compte rendu du bilan ministériel diffusé mentionne 38,08 %.

Dans les deux cas, près de 62 % des inscrits ne se sont pas déplacés. Le ministre fait état d’environ six millions de votants pour un corps électoral de 15,8 millions de personnes. 

La participation se situe ainsi sous les niveaux des trois précédentes législatives : plus de 50 % en 2021, environ 43 % en 2016 et 45,4 % en 2011. Elle reste légèrement supérieure aux 37 % de 2007.

Une participation nettement supérieure dans les régions du Sud

Abdelouafi Laftit a particulièrement insisté sur les taux enregistrés dans les trois régions du Sud qu’il a citées. Selon le bilan ministériel, la participation atteint 77 % à Laâyoune-Sakia El Hamra, 61 % à Dakhla-Oued Ed-Dahab et 53,48 % à Guelmim-Oued Noun. 

L’affluence « a été forte, comme à l’accoutumée dans les provinces du Sud », a déclaré le ministre, selon les propos rapportés par Hespress. Il a donné une lecture politique de cette mobilisation : « Cela constitue la meilleure preuve de l’attachement des citoyens de ces provinces chéries à leur marocanité et de leur implication effective dans les différentes institutions représentatives ».

Une campagne très active selon le ministère

Malgré le recul de la participation nationale, Abdelouafi Laftit a dressé un bilan favorable de l’activité des partis pendant la campagne, qu’il a qualifiée d’« intense ».

Le ministère recense près de 21 000 initiatives de communication, ayant rassemblé environ 1,5 million de participants, soit une moyenne annoncée de 115 000 par jour. Les déplacements et tournées des candidats auraient attiré quelque 730 000 participants, contre près de 407 000 pour les meetings.

« Ce sont des chiffres qui n’avaient été enregistrés lors d’aucun des scrutins précédents », a soutenu le ministre. « Il est certain que ces données montrent que les partis politiques ont déployé de grands efforts pour exposer leurs programmes et convaincre les électeurs », a-t-il ajouté. Son bilan prend également en compte les distributions de tracts, les réunions et l’utilisation de la presse et des plateformes numériques. 

Des résultats encore provisoires

Le ministère affirme que le vote s’est déroulé normalement dans l’ensemble des régions, hormis des incidents isolés dans un nombre limité de bureaux. Selon Abdelouafi Laftit, les plaintes et infractions signalées pendant la campagne ont été traitées conformément à la loi. Les dossiers laissant soupçonner des actes illégaux ont été transmis aux autorités compétentes. 

Le dispositif d’observation comptait 3 006 personnes accréditées. Le décompte publié par le Conseil national des droits de l’Homme comprend 783 observateurs du CNDH, 2 023 issus d’associations marocaines et 200 observateurs internationaux. 

Après la fermeture des bureaux, le comptage des bulletins, effectué en présence des représentants des listes, a suivi un ordre précis : les circonscriptions locales d’abord, les régionales ensuite.

La procédure prévoit la transmission des procès-verbaux aux bureaux centralisateurs. Des commissions de recensement présidées par des magistrats proclament ensuite les résultats et les noms des élus. Pour les circonscriptions locales, elles s’appuient sur les procès-verbaux des bureaux centralisateurs ; pour les circonscriptions régionales, sur ceux des commissions provinciales de recensement. 

Le PAM devra trouver des partenaires

Avec 97 élus annoncés, le PAM reste loin des 198 sièges nécessaires à la majorité absolue. La première place lui donne néanmoins un rôle décisif dans la formation du prochain exécutif.

L’article 47 de la Constitution prévoit que le roi nomme le chef du gouvernement parmi les membres du parti arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants, en tenant compte des résultats. Si ce classement est confirmé, le choix devra donc se porter sur une personnalité issue du PAM. 

Sur le seul plan arithmétique, les trois formations de la majorité sortante — PAM, RNI et Istiqlal — totaliseraient 228 sièges. Elles conserveraient ensemble une majorité, avec un rapport de force désormais favorable au PAM. La composition du prochain gouvernement dépendra toutefois des accords conclus après la désignation de son chef.