L’usage du téléphone portable devient interdit dans tous les lycées !

La règle change à quelques jours de la rentrée. Après les écoles et les collèges, les lycées entrent à leur tour dans l’ère de la « scolarité sans téléphone ». La loi a été promulguée le 24 août et publiée au Journal officiel le 25 août 2026. Smartphones, montres connectées et tablettes sont concernés.

Publié : 13h57 par La Rédaction

Téléphone - smartphone
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À la rentrée, sortir son smartphone entre deux cours, consulter une notification dans un couloir ou envoyer rapidement un message depuis la cour ne sera plus un geste anodin pour un lycéen. L’interdiction de l’utilisation du téléphone portable, déjà inscrite dans la loi pour les écoles et les collèges, est désormais étendue aux lycées.

La mesure avait été préparée dès le 2 juillet 2026 par une circulaire du ministère de l’Éducation nationale. Elle dispose maintenant d’une base législative définitive avec la loi n° 2026-813 du 24 août 2026, publiée au Journal officiel le lendemain. Elle doit s’appliquer dès la rentrée scolaire 2026-2027.

Une interdiction désormais inscrite dans la loi

Jusqu’ici, la situation des lycées différait de celle des écoles et des collèges. Depuis la loi de 2018, l’usage des téléphones et autres équipements de communication électronique était interdit de principe aux élèves dans le premier degré et au collège. Un lycée pouvait également fixer des restrictions, mais celles-ci dépendaient de son règlement intérieur.

Cette différence disparaît.

La nouvelle loi modifie l’article L. 511-5 du Code de l’éducation pour inclure explicitement les lycées dans le champ de l’interdiction. Celle-ci concerne aussi les activités liées à l’enseignement organisées à l’extérieur de l’établissement. Une sortie scolaire, une activité culturelle ou certains déplacements pédagogiques peuvent donc être concernés, selon les modalités prévues par l’établissement.

Le ministère résume désormais le principe de manière très claire : « Dès la rentrée scolaire 2026, les élèves bénéficient d’une scolarité complète sans téléphone portable, de la maternelle au lycée. »

La circulaire préparatoire du 2 juillet insistait déjà sur l’objectif recherché par l’Éducation nationale : « Il est indispensable de garantir que le temps de l’École soit avant tout le temps des apprentissages et de la sociabilisation des élèves. »

Smartphones, tablettes et montres connectées concernés

Le dispositif ne vise pas uniquement le téléphone portable traditionnel. Le Code de l’éducation parle plus largement des équipements terminaux de communications électroniques.

Dans la pratique, cela englobe notamment les smartphones, les téléphones classiques, les tablettes communicantes et les montres connectées. Le ministère avait déjà retenu cette interprétation pour l’application de la règle dans les écoles et les collèges.

L’objectif est d’éviter qu’une interdiction limitée au seul smartphone soit facilement contournée par l’utilisation d’un autre appareil permettant de recevoir des messages, d’accéder à Internet ou aux réseaux sociaux.

Pour le gouvernement, cette politique doit réduire les distractions pendant la journée scolaire, favoriser la concentration et limiter certains incidents liés aux réseaux sociaux ou au cyberharcèlement. Le ministère met aussi en avant les conséquences d'une exposition excessive aux écrans sur le sommeil, la vie sociale et l’attention des jeunes.

Le téléphone pourra-t-il rester dans le sac ?

C’est l’une des principales nuances de la réforme. La loi interdit l’utilisation du téléphone. Elle ne signifie pas automatiquement que tous les lycéens devront abandonner leur appareil à l’entrée de leur établissement.

Les modalités concrètes seront inscrites dans le règlement intérieur. Selon les choix effectués localement, le téléphone pourra par exemple être placé dans un casier individuel, déposé dans une boîte collective ou enfermé dans une pochette spécifique pendant la journée. Le dispositif baptisé « Portable en pause », déjà déployé dans les collèges, peut également être repris par les lycées qui le souhaitent.

L’Éducation nationale indique d’ailleurs que 28 % des lycées interrogés avaient déjà mis en place, en janvier 2026, un système comparable à « Portable en pause ».

Des exceptions resteront possibles

L’interdiction n’est pas conçue comme une règle totalement rigide. Chaque lycée pourra prévoir des exceptions adaptées à son fonctionnement. Un enseignant pourra notamment autoriser ponctuellement un appareil pour une activité pédagogique lorsque cette possibilité est prévue dans le cadre fixé par l’établissement.

Des aménagements pourront également concerner le centre de documentation et d’information, le fonctionnement de la restauration, l’internat ou certaines contraintes administratives et organisationnelles. Les voyages scolaires pourront eux aussi faire l’objet de règles spécifiques.

Une protection particulière est prévue pour les élèves dont l’état de santé ou le handicap nécessite l’utilisation d’un équipement connecté. La loi ne remet pas en cause l’usage des dispositifs indispensables pour des raisons médicales. Cela peut notamment concerner certains appareils associés au suivi d’une maladie chronique.

Les établissements qui accueillent des étudiants du supérieur disposent également d’une marge d’adaptation. Dans les lycées comprenant, par exemple, des sections de techniciens supérieurs ou des classes préparatoires aux grandes écoles, le règlement intérieur peut fixer un régime différent pour ces étudiants.

CDI, internat, voyages scolaires… chaque lycée devra préciser ses règles

C’est probablement sur ces situations du quotidien que se concentreront les discussions dans les établissements. Un interne pourra-t-il utiliser son téléphone après les cours ?  Quelle règle s’appliquera pendant un voyage de plusieurs jours ? Comment contacter sa famille en cas d’urgence ?

La réponse ne sera pas nécessairement identique partout. Pour l’internat, le règlement intérieur devra préciser les conditions d’utilisation des téléphones et des objets connectés. Une exception pourra également être aménagée pendant certains voyages scolaires. En cas d’urgence médicale ou de sortie anticipée, le chef d’établissement doit déterminer les moyens permettant à l’élève et à sa famille de communiquer.

Que risque un élève qui utilise son téléphone ?

Le non-respect de la règle ne déclenchera pas automatiquement la même sanction partout.

Les établissements doivent privilégier une réponse proportionnée, individuelle et graduée. Selon la situation et ce que prévoit le règlement intérieur, un élève pourra recevoir une punition scolaire, se voir confisquer temporairement son appareil ou, pour des faits plus graves ou répétés, faire l’objet d’une procédure disciplinaire.

La confiscation est donc possible, mais elle est elle-même encadrée. Le ministère précise qu’elle ne doit pas se prolonger au-delà de la fin des activités d’enseignement de la journée. L’appareil peut être rendu directement à l’élève. Une restitution à ses responsables légaux peut toutefois être privilégiée en cas de répétition des faits.

Une réforme préparée depuis 2025

L’extension de l’interdiction au lycée ne surgit pas à quelques jours de la rentrée. Elle s’inscrit dans une politique engagée depuis plusieurs mois autour du « numérique raisonné ».

En 2025, les établissements avaient déjà été invités à réfléchir avec les élèves à la place des écrans et du smartphone dans la vie scolaire. Dans les collèges, le dispositif « Portable en pause » a été généralisé à partir de la rentrée 2025 après une phase d’expérimentation menée dans plus d’une centaine d’établissements.

À partir de cette rentrée, les projets d’école et d’établissement devront aussi intégrer un volet consacré aux technologies numériques et à la sensibilisation aux effets d’une exposition excessive aux écrans et aux mécanismes addictifs des réseaux sociaux.

La loi a survécu à la censure partielle du Conseil constitutionnel

Le calendrier politique a entretenu une certaine confusion autour de la mesure. L’interdiction du portable au lycée figurait dans une proposition de loi plus large consacrée à la protection des mineurs face aux réseaux sociaux.

Après plusieurs mois de débats, députés et sénateurs sont parvenusus à un compromis en commission mixte paritaire. Le texte a été définitivement adopté par les deux chambres le 21 juillet 2026.

Saisi par des parlementaires, le Conseil constitutionnel a ensuite rendu sa décision le 14 août. Il a censuré la disposition qui voulait interdire l’accès à certains réseaux sociaux aux moins de 15 ans, jugeant notamment insuffisantes les garanties entourant la vérification de l’âge.

Cette censure n’a toutefois pas emporté l’extension de l’interdiction du téléphone au lycée. Le dispositif scolaire figure bien dans la loi finalement promulguée par Emmanuel Macron le 24 août et publiée le 25 août.

Ce qui va réellement changer à la rentrée

Le changement est donc moins simple qu’un slogan du type « tous les téléphones seront confisqués ». À compter de la rentrée 2026, le principe national est celui de l’interdiction de leur utilisation par les lycéens pendant le temps et les activités scolaires. Mais son organisation restera largement locale. Chaque établissement devra préciser où le téléphone est rangé, dans quelles circonstances une dérogation est possible, comment les familles peuvent être contactées et quelles réponses seront apportées en cas de non-respect de la règle.