Abdelghani Merabet prend ses fonctions de délégué permanent de l’Algérie auprès de l’UNESCO !
Le diplomate algérien Abdelghani Merabet a remis ses lettres de créance, mardi 25 août 2026, au directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany. Sa nomination à Paris porte à la tête de la délégation algérienne un spécialiste des négociations multilatérales, passé par l’Assemblée générale des Nations unies et plusieurs mécanismes nationaux consacrés aux droits humains et à la sécurité internationale.
Publié : 10h25 par La Rédaction
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La diplomatie algérienne ouvre à Paris un nouveau chapitre dans ses relations avec l’UNESCO. Abdelghani Merabet est désormais officiellement chargé de représenter l’Algérie auprès de l’organisation onusienne compétente dans les domaines de l’éducation, des sciences, de la culture, de la communication et de l’information.
La cérémonie de remise des lettres de créance s’est tenue le 25 août au siège de l’organisation. L’annuaire officiel des délégations permanentes de l’UNESCO mentionne Abdelghani Merabet comme ambassadeur et délégué permanent de l’Algérie à compter de cette date.
Une prise de fonctions auprès de Khaled El-Enany
Le diplomate algérien a été reçu par Khaled El-Enany, qui dirige l’UNESCO depuis le 15 novembre 2025. La remise des lettres de créance constitue l’acte diplomatique qui permet au nouveau représentant d’exercer pleinement son mandat. Abdelghani Merabet devient ainsi l’interlocuteur officiel de l’Algérie auprès de la direction générale, de la Conférence générale et des autres organes de l’UNESCO.
« Cette prise de fonction marque une nouvelle étape décisive dans le renforcement des liens historiques entre l’Algérie et l’organisation onusienne », indique une source diplomatique familière avec le dossier.
Une carrière construite dans les enceintes multilatérales
Abdelghani Merabet connaît de l’intérieur le fonctionnement des organisations internationales. Il a intégré le ministère algérien des Affaires étrangères en 2006, d’abord au sein des services chargés des relations économiques et de la coopération internationale, d’après les éléments biographiques publiés par les Nations unies.
Son parcours l’a rapidement conduit vers les négociations portant sur le développement durable et le climat. Il a notamment été élu vice-président de la 19e session de la Commission des Nations unies sur le développement durable, au titre du groupe africain. Dans cette instance, il a dirigé des travaux consacrés, entre autres, à la gestion des déchets et aux politiques de développement soutenable.
En 2012, alors que l’Algérie exerçait la présidence du Groupe des 77 et de la Chine, Abdelghani Merabet était troisième secrétaire à la Mission permanente algérienne auprès des Nations unies. Il a prononcé plusieurs interventions au nom du groupe dans les négociations environnementales. Il figurait également dans la délégation algérienne à la Conférence des Nations unies sur le développement durable, dite Rio+20. La présidence politique du G77 était alors exercée par le représentant permanent de l’Algérie, Mourad Benmehidi, comme l’attestent les archives officielles du groupe.
Six sessions au cabinet de la présidence de l’Assemblée générale
À partir de 2014, Abdelghani Merabet a rejoint le cabinet du président de l’Assemblée générale des Nations unies. Il y a travaillé durant six sessions successives, de la 69e à la 74e, jusqu’en 2020.
Ses responsabilités ont évolué au fil des mandats. Il a d’abord suivi les questions budgétaires relevant de la Cinquième Commission ainsi que les négociations climatiques. Il a ensuite travaillé sur le développement durable, la résilience face aux catastrophes, les migrations, la gestion administrative et les réformes internes de l’ONU.
Lors de la 74e session, ouverte en septembre 2019, il occupait les fonctions de conseiller principal et de chef d’équipe pour les questions de développement durable. Il suivait notamment les travaux de la Deuxième Commission de l’Assemblée générale, compétente pour les affaires économiques et financières. Les archives de la présidence de l’Assemblée générale rendent compte de ces différentes attributions.
« Son profil technique et sa solide expérience onusienne font de lui le candidat idéal pour défendre les intérêts culturels et patrimoniaux du pays », souligne un ancien collaborateur du ministère.
Des responsabilités importantes à Alger
De retour dans l’administration diplomatique algérienne, Abdelghani Merabet a occupé le poste de directeur des Affaires politiques internationales, avant de prendre la direction générale des Relations multilatérales. En novembre 2022, il avait notamment coprésidé la signature du Cadre de coopération pour le développement durable 2023-2027 entre l’Algérie et les Nations unies, en qualité de directeur général par intérim des Relations multilatérales. Cette fonction est confirmée par le bureau des Nations unies en Algérie.
Son activité ne s’est pas limitée à la diplomatie classique. À partir de janvier 2022, il a présidé le Comité national de prévention et de lutte contre la traite des personnes. Il a exercé cette responsabilité jusqu’à son départ pour l’UNESCO, en août 2026.
À la tête de cette structure, il a participé au renforcement de la coopération entre les institutions algériennes et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Des programmes ont notamment porté sur la formation des magistrats et des services de sécurité, l’amélioration des enquêtes, la protection des victimes et le démantèlement des réseaux criminels. Dès mars 2022, les Nations unies le présentaient officiellement comme président de ce comité national.
Entre avril 2024 et août 2026, Abdelghani Merabet a également dirigé le mécanisme national chargé du suivi des sanctions ciblées décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU.
Patrimoine, éducation et sciences au cœur du mandat
La mission confiée à Abdelghani Merabet intervient dans une relation ancienne entre l’Algérie et l’UNESCO. Le pays est membre de l’organisation depuis 1962. Il compte actuellement sept biens inscrits au patrimoine mondial, dont la Casbah d’Alger, Tipasa, Timgad, Djémila, la Kalâa des Béni Hammad, la vallée du M’Zab et le Tassili n’Ajjer.
L’Algérie possède également treize pratiques ou expressions inscrites au patrimoine culturel immatériel. Elle abrite quatre chaires et réseaux universitaires relevant du programme UNITWIN, trois inscriptions au Registre international de la Mémoire du monde et neuf réserves de biosphère, selon le profil national établi par l’UNESCO.
En confiant cette représentation à un diplomate rompu aux équilibres des Nations unies, Alger mise sur une expérience directement applicable aux débats de l’UNESCO. Abdelghani Merabet arrive à Paris avec un mandat qui dépasse la seule défense du patrimoine : renforcer la présence algérienne dans une institution où la culture, la science et l’éducation sont devenues des instruments majeurs de coopération et d’influence internationale.
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