L’Institut du monde arabe raconte les mariages du Maghreb au féminin !
À partir du 29 septembre, « Vive la mariée ! », en partenariat avec Beur FM, réunira à Paris des tenues nuptiales inédites en France et des créations contemporaines. Derrière la fête, l’exposition explore les histoires de femmes, les mémoires familiales et les traditions qui se transforment.
Publié : 12h19 par La Rédaction
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Le mariage commence aussi dans les gestes de celles qui le préparent. Constituer un trousseau, confectionner une tenue, accompagner la mariée : ces savoir-faire et ces liens seront au centre de la nouvelle exposition de l’Institut du monde arabe, à Paris. Présentée du 29 septembre 2026 au 28 février 2027, « Vive la mariée ! Algérie, Maroc, Tunisie » rapprochera les objets de la cérémonie des regards que les artistes portent aujourd’hui sur elle.
Sous le commissariat d’Élodie Bouffard et de Nawel Dehina, l’exposition s’inscrit dans la Saison Méditerranée 2026, mise en œuvre par l’Institut français. Elle s’intéressera autant aux réjouissances collectives qu’aux attentes, aux rôles et aux tensions qui entourent la formation d’un couple.
Une quarantaine de costumes et de parures à découvrir
L’IMA annonce une quarantaine de costumes et de parures jamais montrés en France. Issus de collections marocaines, algériennes et tunisiennes, ces ensembles des XIXe et XXe siècles permettront de parcourir des traditions nuptiales différentes selon les pays et les régions.
Parmi les pièces dévoilées par l’institution figure une tenue nuptiale de Rabat. Son caftan violet associe le velours aux galons d’or, tandis que la ceinture est en brocart de Fès. La coiffe de cérémonie, appelée touqida, est associée au sixième jour des noces. Cet ensemble donne une idée de la précision des codes vestimentaires qui accompagnent les différentes étapes du mariage.
Le parcours abordera aussi les usages partagés entre musulmans et juifs. Il montrera comment les vêtements et les parures portent des héritages locaux, tout en faisant apparaître des rapprochements entre les communautés. La transformation des costumes et le maintien de certains rites feront partie des questions examinées.
Les significations attribuées aux objets auront également leur place. Certains bijoux et ornements sont investis d’un rôle protecteur : l’exposition s’intéressera à ces croyances et aux symboles attachés à la mariée.
Les femmes qui rendent la fête possible
Au centre de cette histoire se trouvent la mariée et toutes celles qui participent aux préparatifs. L’exposition donnera une visibilité à leur travail, depuis la fabrication des pièces jusqu’à la constitution du trousseau et à l’accompagnement de la future épouse.
Cette attention aux gestes permettra d’aborder la transmission des savoirs entre générations. Elle conduira aussi à interroger ce que la cérémonie attend des femmes, la place qui leur est assignée et les évolutions de ces rôles dans les sociétés contemporaines.
La dimension festive restera présente à travers la musique, la danse, les vêtements et les pratiques culinaires. L’IMA rappelle à ce propos que le mot arabe farah, qui signifie « joie », peut aussi désigner le mariage. Archives, objets, images et créations sonores composeront un parcours annoncé comme immersif.
Des artistes entre mémoire familiale et regard critique
Pour son volet contemporain, l’IMA annonce la participation de 27 artistes, en majorité des femmes. Leurs œuvres proposeront plusieurs façons d’aborder le mariage : célébrer les liens qu’il crée, retrouver une mémoire familiale ou examiner les conventions sociales qui l’accompagnent.
Héla Ammar, Sabrina Belouaar, Ymane Fakhir, Mouna Karray et Sara Ouhaddou figurent notamment dans la sélection publiée par l’institution. Ces regards venus du Maghreb et de ses diasporas feront dialoguer les pratiques héritées avec les expériences d’aujourd’hui.
Le travail de Margaux Derhy donnera une place particulière à l’histoire familiale. L’artiste franco-marocaine utilise notamment des photographies de sa famille juive amazighe prises au Maroc dans les années 1960. Peinture, broderie et passementerie lui permettent de travailler cette mémoire. L’IMA présente dans ce cadre « Quatre sœurs, Essaouira », une œuvre de 2026 réalisée avec plusieurs collaboratrices.
Autre démarche, celle de Ghizlane Sahli. Dans « La Mer(e), Origine du Monde… », datée de 2020, l’artiste transforme des rebuts de plastique par un travail de broderie associant soie et laine. Aux côtés des pièces anciennes, cette œuvre proposera une autre manière d’explorer les usages du textile et du fil.
Le parcours comportera aussi des documents photographiques, dont « Mariage à El-Madania », réalisé par Djamel Farès à Alger en 1980, ainsi que des images de Lazhar Mansouri. Ces traces visuelles donneront une profondeur historique à la rencontre entre patrimoine et création.
Des traditions qui voyagent avec les familles
L’exposition consacrera également une place à la manière dont les rites se déplacent et se transforment, notamment dans la diaspora en France. Les organisatrices s’intéressent ainsi aux continuités, mais aussi aux adaptations qui accompagnent la transmission des pratiques d’une génération à l’autre.
Cette dimension avait déjà trouvé une expression publique le 4 juillet 2026, avec « Raconte-moi ton mariage », le cortège conçu par Mohamed Bourouissa en prélude à l’exposition. Le projet s’appuyait sur des témoignages recueillis auprès de personnes issues de l’immigration maghrébine. Leurs récits nourrissaient une performance collective autour d’un mariage imaginaire, entre l’IMA et le Grand Palais.
Des rencontres pour prolonger la visite
Plusieurs rendez-vous permettront de poursuivre les échanges avec les artistes et les chercheurs. Margaux Derhy et Ghizlane Sahli rencontreront le public dans les salles de l’exposition le samedi 3 octobre à 15 heures.
Le jeudi 8 octobre à 19 heures, la rencontre « Qui choisit qui ? Les dessous du choix conjugal dans le monde arabe » abordera les relations entre décisions individuelles, attentes familiales et nouvelles formes de rencontre. L’entrée sera gratuite sur réservation.
Le samedi 10 octobre, Fouad Laroui sera invité à 17 h 30 autour de son livre « 30 jours pour trouver un mari », également en accès gratuit sur réservation. Un banquet-concert avec Camélia Jordana est annoncé le même soir à 20 heures. Projections de films, ateliers de création et visites guidées compléteront cette programmation.
Une exposition à voir jusqu’au 28 février
« Vive la mariée ! Algérie, Maroc, Tunisie » sera accessible à l’Institut du monde arabe, 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, dans le 5e arrondissement de Paris. Le parcours occupera les espaces d’exposition des niveaux −1 et −2, ainsi que la salle hypostyle.
Le billet est annoncé à 12 euros au plein tarif, 10 euros au tarif réduit et 6 euros pour les 12-26 ans. L’entrée sera gratuite pour les moins de 12 ans. Les horaires habituels des expositions sont de 10 heures à 18 heures du mardi au vendredi, et jusqu’à 19 heures les samedis, dimanches et jours fériés. L’établissement est fermé le lundi.
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