L’école face à ses angles morts !
La mort de Camélia, âgée de 17 ans bouleverse l’ensemble de la communauté éducative et interroge l’école. Derrière l’émotion, une question demeure. Avons-nous vraiment appris à voir, entendre et agir face au harcèlement scolaire ?
Publié : 16 janvier 2026 à 14h00 par La Rédaction
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Un train. Une adolescente. Et trop de non-dits. Camélia a mis fin à ses jours, mardi le 13 janvier, en gare de Villeparisis-Mitry-Le-Neuf. Scolarisée au Lycée Honoré-de-Balzac, à Mitry-Mory, elle s’est allongée sur les rails. Le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, l’a confirmé : l’adolescente « s’est volontairement donné la mort ».
Très vite, la famille évoque un harcèlement scolaire persistant. Des faits signalés depuis décembre. Trop tard, selon les proches. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, ce jeudi 15 janvier devant le lycée. Un hommage. Mais aussi un cri d’alarme.
Harcèlement scolaire, une mécanique bien connue
Selon les témoignages recueillis, les attaques auraient commencé bien avant. Insultes répétées. Propos parfois à caractère sexuel. Une pression diffuse. « Il y avait trois principaux harceleurs mais aussi toute une classe derrière », raconte Sofia, amie proche de Camélia.
Ces récits font écho aux chiffres. En France, plus d’un élève par classe serait concerné. Et l’âge des victimes baisse. Dès l’école primaire, 35 % des jeunes seraient touchés. Un phénomène en hausse.
Face à cette réalité, le harcèlement scolaire a été érigé en priorité nationale ces dernières années. Un protocole spécifique est censé être déclenché dans chaque établissement, avec des signalements internes obligatoires et des cellules dédiées. Un numéro national, le 3018, permet également aux victimes et à leurs proches d’alerter et d’être accompagnés.
Des alertes, puis une convocation de trop
Avant Noël, les parents avaient contacté l’établissement. Des échanges de mails. Des réponses jugées rapides. Mais à la rentrée de janvier, rien ne change vraiment. Le jour même de sa mort, Camélia est convoquée par le proviseur. Selon la famille, lors de cet entretien, elle aurait été « renvoyée à sa propre part de responsabilité dans les faits ». Un point central de l’enquête.
Le procureur nuance. Il évoque une situation complexe. « Les investigations démarrent à peine » et « elles seront complexes », prévient-il. Certains élèves mis en cause seraient eux-mêmes victimes de harcèlement.
Quatre enquêtes, une institution sous pression
Le Parquet de Meaux a ouvert deux enquêtes. L’une sur les causes de la mort. L’autre pour « harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider », un crime passible de dix ans de prison.
À cela s’ajoutent deux procédures supplémentaires. Menaces envers une personne exerçant une fonction publique. Harcèlement moral. Depuis le drame, la direction du lycée fait face à une vague de messages violents en ligne.
Une cellule psychologique a été mise en place. Le proviseur bénéficie d’une protection fonctionnelle.
Une enquête administrative finalement lancée
Dans un premier temps, l’Académie de Créteil estimait qu’aucun dysfonctionnement n’était établi. Puis, revirement. Le ministère annonce l’ouverture d’une enquête administrative confiée à l’inspection générale.
Objectif affiché : « établir, avec rigueur et objectivité, le déroulement des événements ». Selon BFM TV, aucun signalement interne n’aurait été effectué, malgré le protocole prévu en cas de harcèlement.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a lui-même demandé cette enquête « face à la gravité des faits et aux questions légitimes qu’ils soulèvent ».
« Stop au harcèlement », mais après ?
Devant le lycée, les slogans résonnent. « Stop au harcèlement ». Plusieurs victimes prennent la parole. Beaucoup disent leur colère. Notamment après un mail de la direction annonçant le « décès d’une élève (…) survenu en dehors de l’établissement », sans autre précision. Une formulation vécue comme un effacement.
La maire de Mitry-Mory, Charlotte Blandiot-Faride, appelle au calme. Elle exprime son soutien à la famille et demande « la plus grande bienveillance ». Tout en reconnaissant « la légitime exigence de transparence ».
Un drame qui oblige à regarder en face
Camélia rejoint une liste trop longue. Lindsay, 13 ans. Nicolas, 15 ans. D’autres encore. À chaque fois, la même sidération. Et les mêmes promesses. Le harcèlement scolaire n’est plus un angle mort. Il est documenté. Connu. Prioritaire, dit-on. Mais ce drame pose une question brutale. Entre protocoles, enquêtes et discours, qui protège vraiment les adolescents quand la souffrance devient quotidienne ?
Ce drame rappelle une réalité simple : sans détection précoce, sans réponse claire et sans responsabilité partagée, le harcèlement scolaire continue de briser des vies.
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