Hantavirus : un premier cas confirmé en France, le gouvernement renforce la surveillance sanitaire !

Une Française rapatriée du navire de croisière MV Hondius a été testée positive à l’hantavirus. Son état s’est dégradé dans la nuit. Vingt-deux cas contacts ont été identifiés en France, tandis que le gouvernement assure disposer de stocks suffisants de masques, de tests et de traitements symptomatiques.

Publié : 11h32 par La Rédaction

Médecin - stéthoscope
Crédit : Fernando zhiminaicela - Pixabay

La France compte désormais un premier cas confirmé d’hantavirus lié au foyer détecté à bord du navire de croisière MV Hondius. L’information a été annoncée lundi 11 mai par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, sur France Inter. La patiente faisait partie des ressortissants français rapatriés dimanche depuis les Canaries, après l’évacuation du bateau. Elle avait présenté des symptômes pendant le vol de retour vers la France. 

Selon la ministre, son état s’est « malheureusement dégradé cette nuit ». Les tests PCR réalisés après son arrivée sont revenus positifs. La patiente est prise en charge dans un établissement spécialisé en maladies infectieuses. 

Quatre autres Français présents à bord du MV Hondius ont, eux, été testés négatifs. Ils restent toutefois hospitalisés et placés sous surveillance. Stéphanie Rist a indiqué qu’ils seront maintenus à l’isolement pendant au moins quinze jours, avec de nouveaux tests prévus dans les prochains jours. 

Des stocks jugés suffisants par le ministère de la Santé

Face aux inquiétudes, la ministre de la Santé a voulu afficher une ligne rassurante. Interrogée sur la capacité du pays à faire face à une éventuelle hausse des cas, Stéphanie Rist a affirmé que la France disposait de réserves suffisantes « en termes de masques », chirurgicaux et FFP2, mais aussi « de tests » et de « médicaments d’usage symptomatiques ».  « J’ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez », a-t-elle déclaré. Aucun chiffre précis n’a cependant été communiqué sur le niveau réel des stocks disponibles.

La ministre a aussi insisté sur la différence avec le début de la pandémie de Covid-19. Selon elle, l’hantavirus est un virus déjà identifié par les autorités sanitaires. Elle a également salué une « coordination internationale très précoce », jugée essentielle pour éviter une propagation plus large.

Vingt-deux cas contacts recensés sur le territoire

Les autorités françaises ont identifié 22 cas contacts. Ces personnes ont été invitées à se placer à l’isolement, car elles ont pu être exposées à des malades ou à des personnes contaminées. 

Parmi elles figurent huit passagers français d’un vol entre Sainte-Hélène et Johannesburg, le 25 avril. Quatorze autres personnes se trouvaient sur un vol entre Johannesburg et Amsterdam, également le 25 avril. Ces éléments figurent dans le décret publié lundi pour encadrer les mesures sanitaires liées à cette situation. 

L’objectif du gouvernement est clair : intervenir tôt pour empêcher toute chaîne de transmission. Stéphanie Rist a résumé cette stratégie en expliquant qu’il fallait « briser les chaînes de transmission du virus ».

Un décret pour durcir les mesures d’isolement

Un décret publié au Journal officiel permet désormais d’encadrer plus strictement l’évaluation médicale, l’isolement et le suivi des personnes concernées. Le texte vise les anciens passagers du MV Hondius, les personnes ayant été en contact avec eux et les cas contacts identifiés sur le territoire français. 

La ministre de la Santé a expliqué que ce cadre réglementaire « nous permet de durcir ces isolements ». Les agences régionales de santé doivent assurer le suivi des personnes placées à l’isolement et orienter les cas suspects vers des services spécialisés.

Une nouvelle réunion de suivi est prévue lundi après-midi à Matignon. Elle doit rassembler le Premier ministre Sébastien Lecornu, la ministre de la Santé Stéphanie Rist, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, ainsi que plusieurs responsables sanitaires et diplomatiques. 

Des cas aussi signalés aux États-Unis et en Allemagne

L’alerte ne concerne pas seulement la France. Aux États-Unis, un passager américain évacué du MV Hondius vers un centre spécialisé d’Omaha, dans le Nebraska, a été testé faiblement positif. Un autre présente des symptômes légers, selon les autorités sanitaires américaines. 

En Allemagne, quatre passagers rapatriés ont été placés sous surveillance médicale à Francfort. Les autorités allemandes ont indiqué qu’ils ne présentaient pour l’instant aucun symptôme, mais qu’ils devaient rester isolés par précaution.

L’Espagne, de son côté, affirme avoir pris « toutes les mesures » nécessaires pour éviter une diffusion du virus après l’évacuation de plusieurs passagers aux Canaries. Les autorités espagnoles doivent poursuivre les dernières opérations de débarquement avant le départ du navire vers les Pays-Bas. 

Un virus rare, mais potentiellement grave

Les hantavirus sont principalement transmis à l’être humain par des rongeurs infectés. La contamination se fait le plus souvent par inhalation de poussières souillées par l’urine, la salive ou les excréments de ces animaux. Les morsures ou les contacts directs avec des déjections contaminées peuvent aussi être en cause.

Dans la majorité des cas, les premiers symptômes ressemblent à ceux d’une grippe : fièvre, maux de tête, fatigue, douleurs musculaires. Mais certaines formes peuvent évoluer vers des atteintes graves. Sur le continent américain, certains hantavirus peuvent provoquer un syndrome pulmonaire sévère, avec détresse respiratoire. En Europe et en Asie, les formes les plus surveillées touchent plutôt les reins.

Le foyer du MV Hondius suscite une vigilance particulière car certaines souches, dont le virus des Andes, peuvent se transmettre d’une personne à une autre, même si ce mode de transmission reste rare. Les autorités sanitaires internationales estiment néanmoins que le risque pour la population générale demeure faible, à condition d’identifier rapidement les contacts et d’appliquer les mesures d’isolement. 

Pas de vaccin ni de traitement spécifique

À ce jour, il n’existe pas de vaccin largement disponible ni de traitement antiviral spécifique contre les hantavirus. La prise en charge repose donc sur les soins de soutien : oxygénation, surveillance respiratoire, traitement de la fièvre, réhydratation et prise en charge des complications éventuelles.

Les recommandations de prévention restent simples : éviter le contact avec les rongeurs, aérer les lieux fermés depuis longtemps avant d’y entrer, ne pas balayer à sec les poussières potentiellement contaminées et porter un masque lors du nettoyage de granges, cabanes, hangars ou bâtiments abandonnés.

Dans l’immédiat, le gouvernement concentre ses efforts sur le suivi des passagers rapatriés et des cas contacts. La priorité reste d’empêcher toute transmission secondaire sur le territoire.