Essaouira ouvre ses portes aux musiques du monde pour le Festival Gnaoua 2026 !
Du 25 au 27 juin 2026, la ville d’Essaouira accueillera la 27e édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde. Placé sous le Patronage de du Roi Mohammed VI, ce rendez-vous majeur, organisé en partenariat avec Beur FM, promet trois jours de concerts, de créations inédites, de rencontres artistiques et de transmission au cœur de la cité des Alizés.
Publié : 13h35 par La Rédaction
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La musique ne se contente pas de se jouer à Essaouira. Elle circule, se partage et rassemble. La ville portuaire marocaine redeviendra l’un des grands carrefours des musiques du monde avec la 27e édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde.
Cette nouvelle édition s’annonce comme un temps fort culturel majeur. Fidèle à son histoire, le festival mettra en lumière la puissance des Maâlems Gnaoua, tout en ouvrant ses scènes à des artistes venus d’Afrique, du Proche-Orient, d’Europe, d’Inde, des États-Unis et du Brésil. Une programmation pensée comme un voyage entre les rives, les peuples et les mémoires.
Une édition tournée vers les villes portuaires
Pour 2026, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde s’appuie sur un fil conducteur fort : les villes portuaires, Essaouira, anciennement Mogador, incarne pleinement cet esprit. Fondée au XVIIIe siècle comme un port ouvert sur le monde, la ville s’est construite dans le mouvement, les échanges et les rencontres.
Ce choix artistique donne à la programmation une cohérence particulière. Les artistes invités viennent de territoires marqués par les routes maritimes et les circulations culturelles : le Liban, la Palestine, l’Inde, le Cameroun, le Rwanda, l’Éthiopie, les États-Unis, le Brésil, la France, le Mali ou encore le Sénégal. Leurs musiques portent toutes une même empreinte : celle du métissage, de l’improvisation et de la réinvention.
Dans ce dialogue, la culture gnaoua occupe une place centrale. Inscrite en 2019 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, elle reste l’un des grands symboles vivants du patrimoine marocain. Une tradition profonde, transmise de Maâlem à disciple, autour du guembri, des qraqeb, du chant et de la transe.
Une ouverture sous le signe de la ferveur
Le coup d’envoi du festival sera donné par la parade des Maâlems Gnaoua. Ce moment populaire, très attendu, fera entrer Essaouira dans le rythme. Une déambulation collective, à la fois festive et spirituelle, qui donnera le ton de trois jours d’intensité.
La soirée d’ouverture se poursuivra sur la scène Moulay Hassan avec une création spécialement conçue pour le festival. Elle réunira Mehdi Nassouli, la troupe rwandaise i Buhoro, les voix de Sara Moullablad et de l’artiste indienne ganavya, ainsi que le musicien français Sylvain Barou.
Ce concert fera dialoguer trois univers : le Maroc, l’Inde et le Rwanda. Un symbole fort, puisque la création associera notamment la culture gnaoua et les expressions artistiques rwandaises reconnues par l’UNESCO. Sur scène, les voix, les vents, les cordes et les percussions construiront une traversée musicale à l’image d’Essaouira : ouverte, vibrante et habitée.
Des créations inédites au cœur du festival
Depuis sa création en 1998, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde a fait des concerts-fusion sa signature. Ici, les Maâlems ne sont pas de simples accompagnateurs. Ils sont au centre de la rencontre. Autour d’eux, les artistes invités construisent un véritable dialogue, loin de toute juxtaposition artificielle.
Cette démarche s’appuie aussi sur un temps de résidence artistique, organisé en amont du festival. Il permet aux musiciens internationaux et aux artistes gnaoua de se rencontrer, d’échanger et de préparer ensemble les créations présentées sur scène. Pour cette édition, cette résidence réunira notamment Maâlem Hassan Boussou, Jacques Schwarz-Bart, Meryem Aassid, Mohamed Derouich, Cheikh Ndoye, Alexandre Herichon et Karim Ziad. Un travail préparatoire essentiel, pensé comme un laboratoire de dialogue musical.
Cette année encore, plusieurs créations inédites marqueront la programmation. Maâlem Mohamed Montari rencontrera Badume’s Band et Selamnesh Zemene pour une création entre le Maroc et l’Éthiopie. Les rythmes gnaoua croiseront les sonorités éthiopiennes dans une proposition inspirée par les liens profonds du continent africain.
Mehdi Qamoum partagera la scène avec The Harlem Spirit of Gospel by Anthony Morgan. Cette rencontre explorera les racines communes du gospel et de la tradition gnaoua, deux expressions spirituelles puissantes, nées dans des contextes différents mais traversées par la ferveur, la voix et la transmission.
Autre moment très attendu : Richard Bona, virtuose camerounais de la basse, retrouvera le public d’Essaouira avec une apparition spéciale d’Asma Lmnawar. La chanteuse marocaine le rejoindra pour quelques titres, prolongeant une collaboration artistique née plusieurs années plus tôt.
Enfin, Maâlem Hamid El Kasri partagera la scène avec Carlinhos Brown. Le musicien brésilien, déjà présent lors de la 20e édition du festival en 2017, revient à Essaouira pour une création aux accents afro-brésiliens. Entre Bahia et le Maroc, cette rencontre promet un moment puissant, porté par les rythmes, l’énergie collective et la mémoire africaine.
Plus de 400 artistes et 42 Maâlems attendus
Le Festival Gnaoua 2026 réunira plus de 400 artistes, dont 42 Maâlems, sur plusieurs scènes déployées dans la ville. Grands concerts, formats plus intimistes, créations, lilas, rencontres et événements hors scène composeront une programmation dense et ouverte.
Parmi les artistes annoncés figurent notamment Harlem Spirit of Gospel by Anthony Morgan, ganavya, 47SOUL, Yasmine Hamdan, Hoba Hoba Spirit, Oudaden, Sara Moullablad, Mehdi Nassouli, Meryem Aassid, Mehdi Qamoum, Bnat Louz & Raskas ou encore Bob Maghrib.
La scène marocaine y tiendra une place essentielle. Elle sera représentée dans toute sa diversité, entre héritage gnaoua, musiques actuelles, voix populaires et nouvelle génération.
Un hommage à Maâlem Mustapha Baqbou
Cette 27e édition rendra également hommage à feu Maâlem Mustapha Baqbou, disparu en 2025. Figure majeure de la musique gnaoua, il a marqué plusieurs générations par son jeu de guembri, son exigence artistique et sa capacité à faire dialoguer les répertoires.
Cet hommage comprendra également la projection d’un film consacré à sa vie et à son parcours. Une manière de revenir sur l’itinéraire d’un artiste qui a profondément marqué l’histoire du Festival Gnaoua et contribué au rayonnement international de cette tradition.
Pour célébrer sa mémoire, plusieurs artistes se réuniront sur scène : Maâlem Abdeslam Alikkane, Hamza Baqbou, Maâlem Abdelkebir Merchane et Maâlem Mohamed Kouyou. Ensemble, ils feront vivre son héritage dans un moment de transmission collective.
Les lilas, l’âme intime du festival
À côté des grandes scènes, le festival proposera aussi des lilas dans plusieurs lieux emblématiques d’Essaouira. Ces rendez-vous offriront au public une approche plus intime de la tradition gnaoua, dans des espaces chargés d’histoire comme la Zaouïa Sidna Bilal, la Zaouïa Issaouia, Dar Souiri ou Bayt Dakira.
Ces moments ne reprennent pas strictement le cadre rituel traditionnel. Ils en préservent l’esprit, tout en l’adaptant au format du festival. Le public pourra y vivre une écoute plus proche, plus directe, au contact des Maâlems et de leur univers musical.
Le Forum des droits humains consacré aux jeunesses du monde
Le Festival Gnaoua ne se limite pas aux concerts. Il donne aussi une place importante à la réflexion. Cette année, le Forum des droits humains sera consacré au thème : « Jeunesses du monde : liberté, identité, avenir ».
Pendant quelques jours, artistes, écrivains, responsables politiques, intellectuels et acteurs de terrain échangeront autour des mutations contemporaines et des aspirations des nouvelles générations.
Le forum accueillera notamment Mohamed Mehdi Bensaïd, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, ainsi que Souleymane Bachir Diagne, Najat Vallaud-Belkacem, Rachid Benzine, Leïla Slimani, Raphaël Liogier et Asmae El Moudir.
Le festival proposera aussi des ateliers ouverts aux participants souhaitant découvrir ou approfondir différentes pratiques artistiques. Pensés comme des espaces de transmission directe, ils favoriseront la rencontre entre artistes et publics autour de l’apprentissage, de l’échange et de l’expérimentation.
Au-delà des scènes principales, une programmation off investira également les rues, les places et les espaces publics d’Essaouira. Cette présence dans la ville prolongera l’esprit du festival au plus près des habitants et des festivaliers, dans une atmosphère de partage et de proximité.
Transmission, formation et recherche
La transmission occupera, elle aussi, une place importante. Pour sa troisième édition, le programme Berklee at the Gnaoua and World Music Festival proposera six jours de formation intensive. Il s’adressera à des musiciens professionnels et semi-professionnels venus d’univers variés, du jazz au classique, en passant par la tradition gnaoua.
Encadrés par des professeurs de Berklee et des artistes confirmés, les participants travailleront autour de l’écoute, de l’échange et de la création collective. Un concert de clôture permettra de présenter au public le fruit de cette expérience. Le festival poursuivra également sa collaboration avec l’Université Mohammed VI Polytechnique, à travers la Chaire des Transitions portée par l’Institut des Études Avancées de l’UM6P.
Essaouira donne rendez-vous au monde
Le Festival Gnaoua et Musiques du Monde confirme son rang parmi les grands rendez-vous internationaux des musiques vivantes. Depuis près de trois décennies, il fait d’Essaouira une scène ouverte, où les héritages se rencontrent sans s’effacer. Les organisateurs résument l’esprit de cette édition : « la rencontre ne se proclame pas, elle se vit ».
Du 25 au 27 juin 2026, Essaouira ne sera pas seulement une ville de festival. Elle deviendra, une fois encore, un port d’attache pour les musiques du monde.
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