Christophe Gleizes renonce à son pourvoi en cassation en Algérie !

Détenu en Algérie après sa condamnation à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », le journaliste sportif français Christophe Gleizes a décidé de retirer son pourvoi en cassation. Sa famille espère désormais un geste de clémence du président algérien Abdelmadjid Tebboune, dans un contexte de réchauffement diplomatique entre Paris et Alger.

Publié : 13h35 par La Rédaction

Christophe Gleizes
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Son sort se joue désormais loin des prétoires. Dans ce dossier sensible, les proches de Christophe Gleizes ont décidé d’emprunter une nouvelle voie. Le journaliste sportif français, incarcéré en Algérie, ne poursuivra pas la procédure engagée devant la Cour de cassation. Ce retrait met fin à la perspective d’un nouveau round judiciaire, mais il pourrait rendre possible une demande de grâce présidentielle.

L’annonce a été faite mardi 5 mai par sa mère, Sylvie Godard, sur France Inter. « Nous avons pris une décision (...) que Christophe puisse retirer son pourvoi en cassation », a-t-elle déclaré. Elle a expliqué que son fils choisissait désormais de s’en remettre au chef de l’État algérien : « Il s'en remet totalement à la clémence du président Tebboune. C'est un acte très fort, symbolique ».

Condamné en appel début décembre à sept ans de prison, Christophe Gleizes reste détenu en Algérie. Il avait été arrêté en mai 2024 en Kabylie, alors qu’il travaillait sur un reportage. Les autorités algériennes lui reprochent des faits qualifiés d’« apologie du terrorisme ». Ses proches, eux, dénoncent depuis le départ une affaire politique.

La famille mise sur un apaisement entre Paris et Alger

Pour les proches du journaliste, cette décision judiciaire s’inscrit aussi dans un contexte diplomatique plus large. Ils espèrent que l’amélioration récente des relations entre la France et l’Algérie pourra peser en faveur d’une issue favorable.

Francis Godard, le beau-père de Christophe Gleizes, dit compter sur l’actuel « climat d'apaisement des relations entre la France et l'Algérie ». Selon lui, la détention du journaliste ne peut pas être séparée des tensions entre les deux pays. « Si Christophe est en prison, c'est aussi en raison d'opposition et d'un climat d'hostilité entre nos deux pays», a-t-il estimé. Il voit notamment dans la visite du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, à Alger, un signal encourageant. « Je pense qu'on est en train de franchir une nouvelle étape, après en particulier la visite du ministre Nuñez », a-t-il poursuivi.

Le locataire Place Beauvau s’est rendu en Algérie mi-février, où il a été reçu par le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Ce déplacement a marqué une tentative de reprise du dialogue entre les deux capitales, après une grave crise diplomatique ouverte à l’été 2024. 

« Il faut maintenant la grâce pour Christophe »

Dans l’entourage du journaliste, l’objectif est désormais clairement affiché : obtenir une grâce présidentielle. Pour Sylvie Godard, ce retrait du pourvoi doit être compris comme un geste d’apaisement. « Il faut maintenant la grâce pour Christophe », a-t-elle insisté.

Francis Godard a également formulé un appel direct aux autorités algériennes. « Le message maintenant est d’en appeler à la clémence du président Abdelmadjid Tebboune et faire en sorte que tout ça se place dans un climat d’apaisement dans les relations entre la France et l’Algérie », a-t-il expliqué. Il estime que le moment diplomatique est plus favorable qu’auparavant. « On peut s’adresser à l’Algérie de manière plus sereine », a-t-il ajouté.

Des nouvelles rassurantes depuis la prison de Koléa

La famille de Christophe Gleizes a pu lui rendre visite le 21 avril à la prison de Koléa, située à l’ouest d’Alger. Malgré la détention, ses proches disent avoir trouvé un homme solide, déterminé à tenir. « Il est fort. Et il nous oblige à être combatifs pour lui », a confié sa mère.

L’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal, aujourd’hui présidente de l’association France-Algérie, lui a également rendu visite le 1er mai. Selon Sylvie Godard, « Elle l'a trouvé également en forme ».

À ce stade, la défense de Christophe Gleizes ne se joue donc plus devant les juridictions algériennes. Sa famille place désormais ses espoirs dans une décision politique, en appelant à la clémence du président Abdelmadjid Tebboune.