Visas français : l’Algérie décroche, le Maroc et la Tunisie poursuivent leur progression !
Les chiffres consolidés de 2025 font apparaître trois trajectoires très différentes au Maghreb. Les ressortissants algériens ont obtenu 204 243 visas français, soit une chute de 18,3 % en un an. Dans le même temps, les délivrances ont dépassé les 300 000 pour les Marocains et progressé de 10,9 % pour les Tunisiens.
Publié : 12h40 par La Rédaction
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/Visas1671449724197-format16by9.jpg)
Derrière les déclarations politiques et les tensions diplomatiques, les statistiques livrent une photographie plus nuancée. En 2025, la France n’a pas réduit globalement le nombre de visas accordés. Elle en a délivré davantage. Mais cette hausse générale n’a pas bénéficié de la même manière aux trois pays du Maghreb.
Avec 300 104 visas, les ressortissants marocains occupent la deuxième place des nationalités bénéficiaires, derrière les Chinois. Les Algériens, qui figuraient encore au troisième rang en 2024, reculent à la quatrième place avec 204 243 visas. Les Tunisiens se classent huitièmes, avec 119 877 délivrances.
Une hausse générale qui masque de profonds écarts
Toutes nationalités confondues, les autorités françaises ont enregistré 3,52 millions de demandes en 2025. Elles ont délivré 2,96 millions de visas, soit une progression annuelle de 3,5 %. Le nombre de refus a, lui, diminué de 6,3 %, pour s’établir à 541 984 décisions négatives.
La croissance est principalement portée par les visas de court séjour, en hausse de 3,9 %, à 2,67 millions. Les visas de long séjour progressent plus modestement, de 0,9 %, pour atteindre 290 772 délivrances. Le tourisme constitue le principal moteur de cette dynamique : plus de 2,04 millions de visas touristiques ont été accordés, soit 6,4 % de plus qu’en 2024.
Dans ce contexte national favorable, la baisse algérienne apparaît donc comme une exception. Entre 2024 et 2025, les délivrances aux ressortissants algériens sont passées de 250 085 à 204 243. La perte atteint 45 842 visas en douze mois.
À l’inverse, les Marocains ont obtenu 17 111 visas supplémentaires. Les Tunisiens enregistrent une augmentation de 11 739 délivrances. L’écart entre le Maroc et l’Algérie, limité à environ 33 000 visas en 2024, approche désormais 96 000.
En Algérie, les demandes ont chuté de près de 30 %
Les données françaises publiées par nationalité ne précisent pas combien de demandes ont été déposées par les seuls ressortissants algériens, marocains ou tunisiens. Pour étudier les refus, il faut donc se tourner vers les statistiques de la Commission européenne sur les visas Schengen de court séjour.
Ces données sont classées selon le pays et le consulat où le dossier a été déposé, et non selon la nationalité du demandeur. Elles constituent un indicateur solide de l’activité consulaire, mais ne doivent pas être confondues avec les statistiques du ministère français, établies par nationalité.
En 2025, les consulats français d’Alger, Annaba et Oran ont enregistré 248 681 demandes de visas Schengen de court séjour, contre 352 295 en 2024. Le nombre de dossiers déposés a donc chuté de 29,4 % en un an.
Les consulats ont délivré 182 440 visas uniformes en 2025, contre 228 267 l’année précédente, soit un recul de 20,1 %. Dans le même temps, le nombre de refus est passé de 118 697 à 72 740, en baisse de près de 39 %.
Calculé sur les dossiers ayant fait l’objet d’une délivrance ou d’un refus, le taux de refus est ainsi passé d’environ 34,2 % à 28,5 %. La baisse du nombre de visas accordés aux Algériens ne vient donc pas d’un durcissement statistique des décisions consulaires. Elle s’explique d’abord par la diminution très importante du nombre de demandes effectivement enregistrées. Ces calculs reposent sur les fichiers officiels 2024 et 2025 de la Commission européenne.
Le Maroc combine davantage de demandes et moins de refus
La situation marocaine suit une évolution presque inverse. Les consulats français de Casablanca et Rabat ont reçu 295 272 demandes de court séjour en 2025, contre 282 153 en 2024. La progression atteint 4,6 %.
Le nombre de visas uniformes délivrés a augmenté de 6,8 %, passant de 246 800 à 263 561. Les refus ont reculé de 31 435 à 29 175. Le taux de refus pondéré est ainsi descendu d’environ 11,3 % à 10 %.
Cette double évolution — hausse des dépôts et amélioration du taux de délivrance — explique en grande partie la progression du Maroc dans le classement français. Elle confirme également que la hausse des visas marocains ne résulte pas uniquement d’une décision administrative : elle accompagne une demande plus importante.
Au total, les ressortissants marocains ont obtenu 267 559 visas de court séjour et 32 544 visas de long séjour en 2025. Les courts séjours représentent ainsi près de neuf visas marocains sur dix.
La Tunisie affiche la plus forte progression du Maghreb
En pourcentage, la Tunisie réalise la meilleure performance des trois pays. Les délivrances ont progressé de 10,9 % en 2025, pour atteindre 119 877 visas.
Le nombre de demandes de court séjour enregistrées au consulat français de Tunis est passé de 106 617 à 116 833, soit une augmentation de 9,6 %. Les visas uniformes délivrés ont bondi de 14,8 %, à 98 085. Les refus ont, dans le même temps, diminué de 9 %, pour atteindre 17 865.
Le taux de refus est ainsi passé d’environ 18,7 % en 2024 à 15,4 % en 2025. Comme au Maroc, la progression tunisienne repose donc à la fois sur une demande plus forte et sur une proportion plus élevée de décisions favorables.
La Tunisie se distingue également par le poids des longs séjours. Sur les 119 877 visas délivrés à ses ressortissants, 18 942 étaient des visas de long séjour, soit 15,8 % du total. Cette proportion est plus élevée qu’au Maroc, où elle atteint 10,8 %, et qu’en Algérie, où elle est de 9 %.
Études, famille et emploi : trois profils différents
Les documents du ministère permettent de détailler les motifs des visas de long séjour. Ils montrent que les mobilités algériennes, marocaines et tunisiennes ne répondent pas aux mêmes logiques.
Pour les Algériens, les études et les stages représentent 48,7 % des 18 371 visas de long séjour délivrés en 2025. Le motif familial arrive ensuite, avec 28,8 %, devant les motifs divers, à 13,1 %. Les visas économiques ne pèsent que 9,4 %.
Le profil marocain est plus équilibré. Sur 32 544 longs séjours, 40,5 % concernent les études ou les stages. Les motifs économiques représentent 28 % et les motifs familiaux 26,9 %.
Chez les Tunisiens, le motif familial arrive largement en tête, à 42 % des 18 942 visas de long séjour. Les motifs économiques atteignent 27,9 % et les études 25,5 %.
La Tunisie occupe par ailleurs une place particulière dans les visas de long séjour portant la mention « Talent ». Avec 2 441 délivrances en 2025, elle représente 11 % de l’ensemble de ces visas, à égalité avec l’Inde. Le Maroc figure également parmi les dix premières nationalités, mais ses délivrances ont reculé de 12,6 % dans cette catégorie.
Des rendez-vous toujours difficiles à mesurer
La disponibilité des rendez-vous reste l’une des principales préoccupations des familles et des voyageurs. Mais aucune série statistique publique et homogène ne permet de comparer précisément les temps d’attente dans les consulats maghrébins entre 2024 et 2025.
Les indications actuelles de France-Visas montrent néanmoins des contraintes différentes selon les pays. En Algérie, le délai habituel annoncé pour obtenir un rendez-vous est d’environ un mois dans certains centres. Il peut s’allonger pendant la période de forte activité, entre juin et novembre.
Au Maroc, l’instruction d’un court séjour nécessite au minimum sept à dix jours et peut atteindre trois semaines en haute saison. Pour un long séjour, le traitement peut durer entre trois semaines et trois mois, sans compter l’attente du rendez-vous.
En Tunisie, les autorités recommandent de prendre rendez-vous au moins trois semaines avant le départ. Le délai varie selon la saison et l’affluence.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/beurfm/images/logo.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/children_8221325_12801760012856604-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/Voiture_de_police1700575782843-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/716799478_977557004980771_3782035687445625382_n_png1783252427793-format1by1.jpeg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/16871531_fence_52559681785750430486-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/Racisme_discriminations1743078496368-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/AeWr17FGuu/image/IMG_71621785688322832-format1by1.jpeg)