L’inflation recule à 5,1 % en Tunisie !

L’inflation a reculé à 5,1 % en juillet en Tunisie, contre 5,3 % en juin, selon l’Institut national de la statistique. Une amélioration qui ne signifie pourtant pas une baisse des prix. Viande, fruits, restauration et hébergement restent particulièrement coûteux, en pleine saison estivale.

Publié : 7 août 2026 à 10h37 par La Rédaction

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Crédit : Tunisie

L’inflation ralentit, mais le portefeuille des Tunisiens reste sous pression. En juillet, la hausse des prix sur un an est retombée à 5,1 %, après 5,3 % en juin et 5,5 % en mai, selon l’Institut national de la statistique.

Le mouvement est encourageant, mais il peut être trompeur. Une baisse du taux d’inflation ne signifie pas que les prix diminuent. Ils continuent d’augmenter, simplement moins vite qu’auparavant. Sur le seul mois de juillet, l’indice des prix à la consommation a encore progressé de 0,2 %.

L’alimentation augmente plus vite que l’inflation générale

Le décalage est particulièrement visible dans les rayons alimentaires. Sur un an, les prix de l’alimentation progressent de 6,6 %, soit davantage que l’inflation générale.

Certaines hausses sont nettement plus fortes. La viande ovine coûte 16,7 % de plus qu’en juillet 2025. Les fruits frais progressent de 13,8 %, la viande bovine de 13,7 %, la volaille de 12,5 % et les poissons frais de 11,6 %. À l’inverse, quelques produits enregistrent une baisse. Les huiles alimentaires reculent de 4,9 % sur un an et les œufs de 3,8 %.

L’INS relève également une nette différence entre les produits dont les prix sont libres et ceux qui sont encadrés. Les produits alimentaires à prix libres augmentent de 7,4 % sur un an, contre seulement 0,2 % pour ceux dont les tarifs sont administrés.

Pourquoi le sentiment de vie chère persiste

Pour les ménages, le calcul est simple. Un produit passé de 10 à 12 dinars lors des précédentes poussées inflationnistes ne revient pas à 10 dinars lorsque l’inflation ralentit. Le consommateur continue donc de payer un prix élevé, même si son rythme de progression diminue.

La composition du budget joue également un rôle majeur. Une famille qui dépense une grande partie de ses revenus dans l’alimentation ressent davantage la hausse de 16,7 % de la viande ovine ou celle de 13,8 % des fruits que le taux moyen de 5,1 %.

La faiblesse du pouvoir d’achat accentue encore cette impression. Depuis janvier 2026, le salaire minimum mensuel est fixé à environ 555 dinars pour un régime de 48 heures par semaine.

Dans certains relevés de prix disponibles à Tunis, le kilo de viande bovine approche les 48 dinars. Un seul kilo représente ainsi près de 9 % du salaire minimum mensuel.

Restaurants et hôtels : l’été alourdit la facture

La saison estivale exerce également une pression sur les dépenses de loisirs et de vacances. Les prix de la catégorie « restaurants et hôtels » ont augmenté de 6,5 % sur un an en juillet. L’hébergement affiche une hausse beaucoup plus spectaculaire : 16,6 % en un an.

Rien qu’entre juin et juillet, les tarifs d’hébergement ont progressé de 7,2 %, selon l’INS. Les écarts peuvent également être importants selon les villes. Les relevés disponibles sur les plateformes collaboratives situent par exemple le prix d’un repas bon marché autour de 10 dinars à Sfax, 12 dinars à Tunis et près de 20 dinars à Hammamet.

Une question suivie de près par la diaspora

Pour les Tunisiens établis à l’étranger, ces évolutions ne sont pas anodines. Beaucoup soutiennent financièrement des membres de leur famille restés au pays. Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger avaient dépassé 5 milliards de dinars au 20 juillet 2026, selon les données de la Banque centrale relayées par l’agence TAP.

Pendant l’été, les familles de la diaspora constatent aussi directement l’évolution des prix lors de leurs séjours : courses alimentaires, restaurants, transports ou hébergement. Le ralentissement de l’inflation constitue donc une amélioration réelle, mais encore insuffisante pour effacer plusieurs années de hausse des prix.