Menaces de mort racistes contre des livreurs sur X, la brigade criminelle saisie !

Des appels à attirer des livreurs et des chauffeurs dans des lieux isolés pour les agresser ont circulé sur X et d’autres réseaux sociaux. Le parquet de Paris a ouvert une enquête couvrant notamment la provocation à la haine raciale et la provocation directe à un acte terroriste. Uber a alerté ses travailleurs.

Publié : 12h15 par La Rédaction

Uber
Crédit : Pixabay - postcardtrip

Commander un repas pour tendre un piège au livreur. C’est le scénario particulièrement inquiétant évoqué dans des messages racistes diffusés sur les réseaux sociaux. Les personnes visées sont des chauffeurs et des coursiers noirs ou perçus comme arabes.

Le parquet de Paris s’est saisi de l’affaire. L’enquête, confiée à la brigade criminelle, porte notamment sur un salon de discussion audio organisé en direct sur X au début du mois d’octobre. Plusieurs participants anonymes y ont tenu des propos racistes et appelé ouvertement à la violence.

Des appels à organiser des guets-apens

Le salon était présenté sous le titre « L’heure est à l’action face à la violence des islamo-collabos antifas ». Au fil de la conversation, des intervenants ont évoqué des attaques contre des personnes musulmanes ou issues de l’immigration.

L’un d’eux a notamment proposé de commander un repas, de faire venir le livreur dans un endroit isolé puis de le « faire disparaître ». D’autres propos faisaient référence à des tirs, à des empoisonnements ou à la nécessité de « tuer beaucoup de monde ».

Ces déclarations décrivent des modes opératoires et désignent des catégories précises de personnes comme des cibles potentielles. Des contenus similaires, suggérant d’attirer des coursiers dans des guets-apens, ont également été signalés sur d’autres plateformes.

Plusieurs infractions examinées

Le parquet de Paris a annoncé le mardi 27 octobre l’ouverture d’une enquête pour provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de l’appartenance ethnique, de la nationalité ou de la religion.

Les investigations portent aussi sur la provocation directe à un acte de terrorisme commise par l’intermédiaire d’un service de communication en ligne. S’ajoutent la provocation à commettre des atteintes volontaires à la vie ou à l’intégrité physique ainsi que des crimes ou délits visant les intérêts fondamentaux de la nation.

Thomas Portes avait saisi la procureure de Paris

Le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis Thomas Portes avait annoncé, le 25 octobre, avoir signalé ces contenus à la procureure de la République de Paris. « Appel aux meurtres, incitations à la haine raciale, propos racistes : je saisis immédiatement la procureure de la République de Paris », avait écrit l’élu sur X.

Uber prévient ses chauffeurs et ses livreurs

Face à la circulation des menaces, Uber a envoyé des messages de prévention à l’ensemble de ses chauffeurs et livreurs. La plateforme s’est dite « profondément choquée» par les contenus signalés.

Elle rappelle notamment l’existence d’un dispositif d’assistance accessible en permanence et d’un bouton permettant de contacter les services d’urgence. Ces outils peuvent être utilisés en cas de danger, d’agression ou de discrimination pendant une course ou une livraison.

Le syndicat Union-Indépendants a également interpellé les plateformes de livraison et les réseaux sociaux. Il leur demande de renforcer la protection des travailleurs et d’empêcher la diffusion de contenus susceptibles de favoriser des passages à l’acte.

Le ministre du Travail réclame le retrait des contenus

Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a condamné « très fermement » la multiplication des messages racistes et menaçants visant les livreurs.

« Aucun travailleur de ce pays ne devrait craindre d’être menacé ou agressé dans l’exercice de son travail », a-t-il déclaré. Le ministre a appelé les plateformes de livraison à prendre les mesures nécessaires pour protéger leurs travailleurs et les responsables des réseaux sociaux à retirer les publications contraires à la loi.