L’Algérie en deuil après la disparition de Liamine Zeroual

L’ancien chef de l’État algérien Liamine Zeroual est décédé à 84 ans. Figure respectée, il laisse l’image d’un dirigeant qui a marqué une période charnière de l’histoire du pays.

Publié : 28 mars 2026 à 23h00 par La Rédaction

Liamine Zeroual
Crédit : Screenshot from Youtube Author - Algeria Press Service

L’Algérie perd l’un de ses anciens chefs d’État les plus marquants. La présidence de la République a annoncé, samedi soir, le décès de Liamine Zeroual à l’âge de 84 ans, après une longue maladie. En hommage, trois jours de deuil national ont été décrétés.

Ancien militaire puis devenu président, il a dirigé le pays entre 1994 et 1999, au cœur d’une période particulièrement violente marquée par le terrorisme et les tensions politiques.

Un parcours militaire au cœur de l’histoire nationale

Né à Batna, dans les Aurès, Liamine Zeroual s’engage très jeune dans la lutte pour l’indépendance. À seulement 16 ans, il rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale. Après 1962, il poursuit une carrière militaire solide, formé notamment en Égypte, en Union soviétique et en France. Il gravit progressivement les échelons de l’Armée nationale populaire, occupant plusieurs postes de commandement avant d’être élevé au rang de général en 1988.

Il prend ensuite la tête des forces terrestres, puis devient ministre de la Défense en 1993, dans un contexte politique tendu.

Un président face à la crise

En janvier 1994, il est appelé à diriger le pays en pleine instabilité. Il est chargé d’assurer une transition politique délicate, alors que l’Algérie est confrontée à une vague de violence sans précédent.

L’année suivante, il est élu président de la République avec 61,3 % des voix lors du premier scrutin pluraliste du pays.

Durant son mandat, il tente d’abord d’ouvrir le dialogue avec certains acteurs politiques pour sortir de la crise. Mais face à l’intensification des violences, il opte finalement pour une ligne plus ferme contre les groupes armés.

Une présidence écourtée et une transition historique

Malgré sa légitimité électorale, Liamine Zeroual décide de ne pas aller au terme de son mandat. En 1998, il annonce une élection présidentielle anticipée et choisit de ne pas se représenter. Il quitte le pouvoir en avril 1999, ouvrant la voie à Abdelaziz Bouteflika. 

Une figure respectée et discrète

Après son départ, Liamine Zeroual se retire de la vie politique, refusant à plusieurs reprises de revenir sur le devant de la scène, malgré les sollicitations.

En 2019, lors du mouvement populaire, son nom est évoqué pour conduire une transition. Il décline l’offre. Fidèle à sa ligne, il privilégie la discrétion tout en restant une figure respectée.

Un héritage politique durable

Le parcours de Liamine Zeroual reste associé à une période difficile de l’histoire algérienne. Il est souvent perçu comme un homme d’État ayant tenté de stabiliser le pays dans un contexte de crise profonde.

Sa disparition suscite une vive émotion en Algérie, où il demeure l’un des anciens présidents les plus populaires. Avec lui disparaît un acteur majeur d’une époque charnière, dont les décisions continuent de marquer la mémoire politique nationale.