Haute-Loire : 15 mois avec sursis pour avoir menacé des enfants !
Le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay a condamné, lundi 17 août 2026, un retraité de 65 ans pour des violences avec arme et des injures racistes visant des enfants à Espaly-Saint-Marcel.
Publié : 11h23 par La Rédaction
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Il aura fallu une seconde enquête pour que les insultes racistes entrent dans le dossier judiciaire. Près de quatre mois après les faits, le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay a reconnu coupable Michel V., 65 ans, d’avoir menacé des enfants avec une carabine à plomb et tenu des propos visant leur origine.
Le retraité a été condamné à quinze mois d’emprisonnement entièrement assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans. Il ne sera donc pas incarcéré immédiatement, mais devra respecter plusieurs obligations. Le tribunal lui impose notamment des soins, un stage de citoyenneté et une interdiction de porter ou de détenir une arme pendant dix ans. Il devra également indemniser les victimes.
Un après-midi de football interrompu par un coup de feu
Les faits remontent au dimanche 19 avril 2026, dans le quartier de l’Arbousset, à Espaly-Saint-Marcel, aux portes du Puy-en-Velay. Plusieurs enfants jouent au ballon au pied des immeubles lorsqu’un voisin apparaît avec une carabine à plomb.
Reda, alors âgé de 10 ans, raconte avoir été mis en joue. Le garçon affirme avoir senti un projectile passer à proximité de lui. Le sexagénaire, lui, a toujours soutenu qu’il n’avait voulu atteindre personne. Selon ses différentes explications, le coup serait parti accidentellement ou aurait été tiré en l’air.
Les éléments recueillis sur place ont toutefois fragilisé cette version. Des photographies prises le jour des faits montrent le retraité à l’extérieur de son logement, une arme à la main, à plusieurs endroits de la résidence. Plusieurs témoins ont également décrit un comportement menaçant envers le groupe d’enfants.
Aucune blessure physique visible n’a été relevée sur Reda. Un premier certificat médical faisait état de zéro jour d’incapacité totale de travail. Un second document, remis ensuite aux enquêteurs, a cependant fixé une ITT de trois jours en raison du choc émotionnel subi par l’enfant. Son père a rapporté qu’il avait manqué l’école, faisait des cauchemars et craignait de se retrouver dans la foule. Il a été pris en charge par une psychologue, selon le témoignage familial recueilli par Le Parisien.
Des insultes absentes de la première procédure
Dès les premiers jours, des habitants affirment que les menaces étaient accompagnées d’injures visant les enfants noirs et arabes. Les expressions « sales nègres » et « sales arabes » seront ensuite citées au cours de la procédure.
Pourtant, le caractère raciste des faits ne figure pas dans la première enquête. Dans un communiqué diffusé le 21 avril, le parquet indique que les personnes alors entendues n’ont pas signalé de tels propos. Le père de Reda donne une tout autre version. Il affirme avoir parlé des insultes lors de son audition, sans les retrouver dans la retranscription de sa déposition.
Cette divergence devient l’un des points centraux de l’affaire. Le 22 avril, le père retourne au commissariat du Puy-en-Velay pour compléter sa plainte. Le même jour, SOS Racisme adresse un signalement au parquet. Une vidéo antérieure aux faits, dans laquelle le retraité déclare : « Je suis raciste et je suis fier d’être raciste », est également versée aux débats.
Le parquet ouvre alors une enquête distincte pour « injure publique en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion ». La Ligue des droits de l’Homme et SOS Racisme se constituent ensuite parties civiles aux côtés des victimes.
Une reconnaissance pénale distincte des violences avec arme
À l’audience, Michel V. comparaît pour violences sans incapacité, avec usage ou menace d’une arme, ainsi que pour injure publique à caractère raciste. Les victimes étant mineures, leur âge entre également dans l’appréciation de la gravité des violences.
La nuance juridique est importante. D’après les qualifications rendues publiques, le racisme n’a pas été retenu comme une circonstance aggravante directement rattachée aux violences. Il a donné lieu à une infraction autonome : celle d’injure publique fondée sur l’origine réelle ou supposée des victimes. L’usage de la carabine et la minorité des enfants caractérisent, de leur côté, les violences aggravées.
Devant les juges, le prévenu a admis avoir tenu certains propos, tout en continuant à nier toute intention raciste. Il a expliqué avoir perdu son calme après plusieurs années de tensions avec des jeunes du quartier. Sa défense l’a présenté comme un homme psychologiquement et physiquement fragile, confronté, selon elle, à un contexte de harcèlement.
La présidente du tribunal, Emma Toucas, lui a rappelé que d’éventuelles provocations ne pouvaient justifier une réponse armée. Elle a également déclaré : « Les insultes racistes ne sont pas entendables en 2026 ! »
Le procureur de la République, Antoine Jocteur-Monrozier, a considéré que plusieurs éléments contredisaient le récit du retraité. Alors que les insultes n’apparaissaient pas dans la procédure initiale, il les a jugées « clairement établies » au terme des investigations.
Une peine sans emprisonnement immédiat
Le ministère public avait réclamé quinze mois de prison avec un sursis probatoire de trois ans. Le tribunal a retenu la même durée d’emprisonnement, mais a ramené la période de probation à deux ans.
Pendant ce délai, le condamné devra suivre les mesures ordonnées par la juridiction. En cas de non-respect, tout ou partie des quinze mois de prison pourrait être mis à exécution. Le stage de citoyenneté doit notamment revenir sur les principes de respect d’autrui et de vie collective.
La sanction comprend aussi une obligation de soins et une interdiction de port ou de détention d’arme pendant dix ans. Le condamné devra réparer financièrement les préjudices reconnus aux enfants.
Une famille toujours marquée
Pour les proches de Reda, cette reconnaissance ne suffit pas à effacer les conséquences de l’agression. Quatre mois après les faits, l’enfant reste affecté, selon sa tante. Interrogée par RTL, elle estime la condamnation trop clémente : « Pour moi, ce n’est pas assez par rapport au mal qu’il a fait. » Elle rappelle que l’homme a « terrorisé » son neveu.
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