Sans place sur Parcoursup, quelles solutions restent possibles ?
Des bacheliers avec mention toujours sans BTS, des familles freinées par le coût d’un logement et des jeunes qui cherchent désespérément un employeur. Invité dans la Matinale de BEUR FM, Jérôme Teillard a répondu aux difficultés racontées par les auditeurs. Accompagnement prolongé, apprentissage, aides à la mobilité… Le chef de projet Parcoursup détaille les possibilités qui subsistent à la rentrée.
Publié : 11h53 par La Rédaction
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Les cours ont repris. Pour certains jeunes, la rentrée reste pourtant suspendue à une réponse. À leurs côtés, des parents multiplient les démarches, avec la crainte de voir leur enfant perdre une année ou accepter une orientation qui ne lui convient pas.
Reçu à 8 h 20 sur BEUR FM, Jérôme Teillard, chef de projet Parcoursup au ministère de l’Enseignement supérieur, a été confronté à plusieurs de ces situations. Son message principal concerne les candidats déjà engagés dans un accompagnement : leur suivi ne s’interrompt pas avec la clôture de la phase complémentaire.
Cette dernière s’achève le 10 septembre 2026. Les nouveaux vœux pouvaient être déposés jusqu’au 8 septembre, tandis que les établissements pouvaient encore adresser des propositions le jour de la fermeture. Le calendrier officiel de la phase complémentaire distingue bien ces deux échéances.
Un accompagnement qui continue après la fermeture
« Pour tous ceux qui ont demandé un accompagnement, nous poursuivons cet accompagnement », assure Jérôme Teillard. Il précise que des candidats avaient encore reçu une proposition le matin même de l’entretien.
Le responsable met en avant les commissions d’accès à l’enseignement supérieur, les CAES. Mobilisées depuis le début du mois de juillet, elles réunissent notamment des professionnels de l’orientation, des enseignants du supérieur et des responsables de lycées proposant des BTS. « L’objectif c’est vraiment d’apporter à chacun une solution en fonction de sa situation particulière », explique-t-il.
Selon lui, les équipes ont contacté les jeunes concernés par messages et par téléphone pendant l’été. Les candidats ayant sollicité la commission jusqu’au début de la semaine de l’entretien continueront à être suivis, affirme-t-il.
Les candidats remplissant les conditions d’accès au dispositif pouvaient saisir la commission depuis leur dossier Parcoursup, au moyen d’un bouton dédié. La prolongation annoncée concerne le suivi des demandes déjà déposées. Le site officiel précise que le travail des CAES se poursuit jusqu’au 12 octobre 2026. L’objectif reste de trouver une formation aussi proche que possible du projet initial, selon les places disponibles.
Une mention au bac ne suffit pas toujours pour entrer en BTS
Parmi les situations soumises à l’invité figure celle du fils de Yasmine. Ce bachelier professionnel, diplômé avec une mention, n’avait toujours pas obtenu de BTS malgré une centaine de démarches, selon le témoignage relayé par Kim.
Sans disposer de son dossier, Jérôme Teillard avance plusieurs hypothèses. « On peut avoir des choix d’orientation qui n’ont peut-être pas été des fois judicieux. On peut avoir des situations de tension sur certains types de BTS en particulier », répond-il.
Il évoque également les contraintes de déplacement, qui peuvent restreindre le nombre d’établissements accessibles. « Je ne sais pas pour la situation du fils de Yasmine », précise-t-il, avant de développer cette explication. Parmi les pistes proposées figurent les formations encore disponibles en phase complémentaire et l’apprentissage.
En réponse au nombre de démarches cité, il rappelle la limite de dix vœux. Cette règle mérite d’être précisée : en phase principale, certains vœux peuvent comporter plusieurs sous-vœux correspondant à différents établissements. Dix vœux supplémentaires sont également possibles pour l’apprentissage. Les règles officielles de candidature ne permettent donc pas de réduire l’ensemble des recherches d’une famille à dix démarches.
Une place à Nancy, mais un logement impossible à financer
Le cas rapporté par Nadia illustre une autre difficulté. Selon le récit présenté à l’antenne, son fils n’a obtenu aucune proposition en Île-de-France dans la voie recherchée. Une possibilité s’est ouverte à Nancy, mais la famille ne peut pas assumer le financement d’un logement sur place.
« La région Île-de-France, c’est une région très attractive qui suscite énormément de candidatures, y compris de candidats qui viennent en dehors de l’Île-de-France », répond Jérôme Teillard. Pour faciliter les départs, il évoque une aide à la mobilité de 500 euros.
Ce soutien est soumis à des conditions précises. Il concerne les bénéficiaires d’une bourse de lycée qui acceptent définitivement, sur Parcoursup, une formation située hors de leur académie de résidence. Le dossier est examiné par le Crous après l’inscription administrative dans l’établissement. Les conditions de l’aide à la mobilité excluent notamment les étudiants en réorientation.
L’invité mentionne également un montant pouvant atteindre 2 000 euros. Il s’agit d’un dispositif ciblé : un complément de 1 500 euros peut s’ajouter à l’aide de 500 euros pour les bacheliers professionnels boursiers résidant en Île-de-France et s’inscrivant dans une formation Parcoursup située hors de cette région. Ce complément est versé par le Crous d’accueil, comme le précise le portail Étudiant.gouv.
L’apprentissage reste une piste, à condition de trouver un employeur
Une autre auditrice a signalé la situation de son fils, qui cherche un BTS en alternance après avoir validé une année à l’université dans une voie qui ne lui correspondait pas. Selon le récit rapporté par Kim, sa mère fait état d’une dépression alors que ses recherches restent sans résultat.
Interrogé sur la baisse des aides aux entreprises et les difficultés de recrutement, Jérôme Teillard insiste sur les embauches encore possibles en septembre. « Le mois de septembre est un mois dans lequel il y a des perspectives d’embauche », déclare-t-il.
Il indique que des informations sur les salons et les rencontres avec des recruteurs ont été adressées aux bacheliers sans solution, notamment aux diplômés de la voie professionnelle. Concernant le soutien aux entreprises, il précise : « Quand on est sur le niveau BTS, il y a encore des aides aux employeurs qui ont été maintenues parce qu’on sait que c’est un secteur important de soutien. »
À ses yeux, l’apprentissage peut permettre de poursuivre des études tout en acquérant une première expérience professionnelle. Encore faut-il décrocher le contrat nécessaire. Sur ce point, le calendrier laisse une marge au-delà de septembre : les lycées proposant des formations en apprentissage peuvent transmettre des propositions jusqu’au 13 octobre 2026 aux candidats ayant signé leur contrat, selon les informations officielles de Parcoursup sur l’apprentissage.
Le réseau des parents au cœur des inquiétudes
Au fil de l’échange, Kim interroge aussi le sentiment d’inégalité face à l’orientation. Il raconte avoir, quelques années auparavant, mobilisé ses relations et rencontré des établissements pour aider son propre fils à obtenir une place. Une expérience qui pose la question des possibilités offertes aux familles moins familières de l’enseignement supérieur.
Jérôme Teillard reconnaît que toutes ne disposent pas des mêmes connaissances pour guider leurs enfants. « Certaines familles ont plus l’habitude, peut-être, de l’enseignement supérieur et peuvent donner des conseils », observe-t-il. Il défend le rôle des professeurs principaux et un accompagnement organisé dans chaque lycée, afin de réduire la dépendance aux contacts personnels.
« Chaque année, il y a des améliorations, mais on doit encore faire mieux », admet-il.
Face à l’image d’une plateforme impersonnelle, il insiste sur les équipes qui examinent les situations individuelles. Il fait état de plus d’un million de candidats cette année et d’une demande d’accès au supérieur en forte progression sur la dernière décennie. Pour expliquer comment le dispositif évolue, il met en avant les échanges avec les familles : « On interroge les candidats, les familles, parce que c’est important d’être au contact des usagers pour percevoir leurs attentes, leurs insatisfactions, leurs satisfactions aussi. »
Une orientation qui peut encore évoluer
Kim évoque également les études de santé et les STAPS parmi les filières décrites comme « saturées » ou « en tension ». Il interroge son invité sur la déception de jeunes qui n’accèdent pas au cursus souhaité malgré de bons résultats.
Jérôme Teillard estime qu’un projet très arrêté peut aussi s’expliquer par une connaissance limitée des autres possibilités. Il prend l’exemple d’un jeune affirmant : « Je ne veux faire ça que dans ma vie. » Pour lui, mieux accompagner l’orientation suppose de faire connaître plusieurs parcours susceptibles de conduire au même métier.
Il appelle à ne pas considérer la première admission comme une décision irréversible. « Parcoursup, ce n’est pas le dernier choix de leur vie », souligne-t-il.
Une réorientation demeure possible, insiste le responsable. « On a le droit à l’erreur, on a le droit de se tromper, on a le droit de recommencer. » Il invite ainsi les jeunes à envisager leur parcours sur plusieurs années, y compris lorsqu’ils hésitent ou découvrent que leur première formation ne leur convient pas.
Un bilan annoncé pour le début du mois d’octobre
Combien de candidats attendent encore une proposition au moment de cette rentrée ? Jérôme Teillard ne donne pas de chiffre actualisé pendant l’entretien. « Je crois qu’on fera le bilan au début du mois d’octobre pour stabiliser les données », indique-t-il. Les recherches de formation et de contrats se poursuivent, explique le responsable pour justifier ce calendrier.
À l’antenne, Fodil Belamri rappelle le chiffre de 126 652 candidats sans proposition au 11 juillet. Ce total se retrouve en calculant, à partir du tableau de bord officiel au 11 juillet 2026, le nombre de candidats qui n’avaient reçu aucune offre et n’avaient pas quitté la plateforme : 57 024 lycéens, 46 216 étudiants en réorientation et 23 412 candidats scolarisés à l’étranger. Il ne décrit donc pas la situation au mois de septembre.
Jérôme Teillard salue le travail des services académiques, des collectivités et des partenaires de l’apprentissage. Pour les familles évoquées sur BEUR FM, l’attente demeure très concrète : obtenir une formation accessible ou trouver l’employeur qui permettra enfin de commencer l’année. « Et nous, on reste mobilisés pour accompagner ceux qui en ont besoin », assure-t-il.
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