La Grande Mosquée de Paris fixe le début au mercredi 18 février !

Le mois de Ramadan 1447 débutera le mercredi 18 février 2026 en France, a annoncé la Grande Mosquée de Paris à l’issue de la Nuit du Doute. Une date attendue par près de cinq millions de musulmans dans l’Hexagone, entre tradition d’observation lunaire et repères scientifiques.

Publié : 18h58 par La Rédaction

Ramadan - lune
Crédit : Dominador - Pixabay

Une annonce officielle après la Nuit du Doute. Le rendez-vous était fixé mardi 17 février en début de soirée, dans le Ve arrondissement de Paris. Réunie pour le 29 Chaâbane 1447/H, la commission religieuse de la Grande Mosquée de Paris a confirmé que le croissant lunaire avait été observé. En conséquence, le premier jour de jeûne est établi au mercredi 18 février 2026.

Dans son communiqué, l’institution précise : « La commission religieuse prendra en compte les observations de la nouvelle lune ainsi que les résultats des calculs astronomiques », soulignant sa volonté de maintenir la tradition tout en s’appuyant sur les données scientifiques. Elle rappelle également son attachement à la Nuit du Doute afin de préserver « l’unité des musulmans ».

L’annonce a été relayée en direct sur Beur FM lors d’une émission spéciale consacrée à l’entrée dans le mois sacré, animée par Kim et l’imam Abdelali Mamoun.

Un appel à l’unité et à la fraternité

Au-delà de la date, la Grande Mosquée de Paris insiste sur la portée spirituelle du moment. Elle appelle « à l'unité de tous les musulmans de France » et formule le vœu que ce mois soit vécu dans « une foi profonde, dans la bienveillance, la générosité et l'harmonie avec l'ensemble de nos concitoyens ».

Dans un geste interreligieux, elle adresse également « ses pensées fraternelles à tous les chrétiens qui entreront ce mercredi en période de Carême », soulignant que ce temps de jeûne et de prière puisse « inspirer en eux l'espérance ». Le recteur Chems-eddine Hafiz conclut en invoquant la miséricorde divine et l’apaisement pour « toutes les victimes de la violence, de la maladie et de l'injustice sur terre ».

Un mois central pour des millions de fidèles

Le Ramadan demeure l’un des piliers majeurs de l’islam. Chaque année, ce temps de jeûne et de spiritualité structure la vie de millions de croyants en France. Au-delà du calendrier, la Grande Mosquée de Paris a tenu à rappeler le sens profond de ce mois béni. « Ramadhan n’est pas d’abord une affaire d’emplois du temps, de menus équilibrés ou de fatigue anticipée. Ramadhan est une affaire de cœur. » Le message insiste sur la préparation intérieure, sur la nécessité d’entrer dans ce mois avec une intention claire et sincère.

« La foi n’entre pas dans le mois béni par la porte des habitudes, mais par celle de l’intention », poursuit le communiqué, qui décrit le Ramadan comme un retour à l’essentiel et un cheminement spirituel progressif.

Une préparation intérieure au cœur du message

La Grande Mosquée rappelle que le jeûne ne se limite pas à l’abstinence alimentaire. Il s’agit d’un travail intérieur, d’une discipline de l’âme, d’un cheminement progressif – le « Sabil el-iman » – fait de patience, de retenue et de transformation personnelle. Le texte insiste : « Allah ne cherche pas des estomacs vides, mais des intentions pleines de vérité. »

La préparation du cœur avant celle du corps

La Grande Mosquée de Paris invite chacun à s’interroger avant l’arrivée du mois : ce qui éloigne de Dieu, ce qui encombre le cœur, ce qu’il faut laisser derrière soi pour avancer. La tradition prophétique y est évoquée pour rappeler que le cœur conditionne l’état de l’ensemble du corps.

Dans cette perspective, le jeûne devient discipline et libération. Dire non à l’excès, à l’impulsivité, à l’immédiateté. Transformer l’effort en élévation. « Me voici, Seigneur, avec mes limites, mais aussi avec mon désir sincère de Te retrouver », peut-on lire dans ce texte spirituel qui trace le « Sabil el-iman », le chemin de la foi.

Le CFCM opte pour le 19 février

De son côté, le Conseil français du culte musulman adopte une approche fondée sur les calculs scientifiques. Dans un communiqué publié le 17 février, il annonce : « Conformément aux données scientifiques, les conditions pour la visibilité de la nouvelle lune ne seront remplies que le 18 février 2026. Aussi, le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), réitère son annonce: Jeudi 19 février 2026 est le premier jour de Ramadan de l'année 1447 H ». L’instance précise également que ces annonces nationales n’engagent pas automatiquement les musulmans de France.

Des annonces convergentes à l’international

Si la France retient la date du 18 février selon l’observation lunaire, plusieurs pays ont communiqué leurs propres décisions. En Arabie saoudite, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Palestine, en Jordanie et à Bahreïn, le début du Ramadan a également été fixé au mercredi 18 février 2026.

D’autres États, s’appuyant exclusivement sur les calculs scientifiques, ont retenu le jeudi 19 février. C’est notamment le cas en Allemagne, en Belgique, en Indonésie, au Japon, en Australie, en Malaisie, à Singapour ou encore à Brunei. Aux États-Unis, le Conseil de jurisprudence islamique d’Amérique du Nord (FCNA) a pour sa part retenu le 18 février, avec un Aïd al-Fitr prévu le vendredi 20 mars 2026.

Entre tradition et modernité

Chaque année, la question du calendrier reflète la coexistence de deux approches : l’observation oculaire du croissant lunaire et le recours aux calculs astronomiques. Deux méthodes, un même objectif : entrer dans le mois sacré avec clarté et unité.

Pour les musulmans de France, la date du 18 février marque désormais le début d’un mois de jeûne, de prière et de solidarité. Un temps de retour à soi et aux autres, placé sous le signe de la patience, du pardon et du renouveau spirituel.