Retrouver le fil du dialogue quand plus personne ne croit personne !
Du 7 au 11 avril 2026, la ville de Tours accueille une nouvelle édition des Assises du journalisme. Dans un climat marqué par la désinformation et les doutes croissants envers les médias, l’événement entend replacer la vérité au centre du débat public. Présentées le un grand rendez-vous de la profession avec les citoyens, les Assises entendent aussi rapprocher journalistes et public autour d’enjeux communs.
Publié : 10h44 par Djima Kettane
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À l’heure où l’information vacille, la profession journalistique se retrouve face à ses responsabilités. L’édition 2026 s’annonce comme un temps fort. Durant cinq jours, journalistes, chercheurs et citoyens sont invités à interroger la place de la vérité dans nos sociétés.
Fidèles à leur devise « Rassembler. Échanger. Proposer. », les organisateurs revendiquent un espace ouvert de dialogue et de réflexion collective.
Une édition marquée par l’urgence démocratique
Le ton est donné dès l’ouverture. Les organisateurs alertent sur un contexte de confusion généralisée. Fake news, théories complotistes et manipulations fragilisent le débat public.
Dans ce climat, une conviction s’impose : « Les opinions sont libres, les faits sont sacrés ! ». Cette devise, rappelée en préambule, guide toute la programmation. Le président de l’événement insiste sur les dangers actuels. « Si nous ne réagissons pas collectivement […] nous sommes en grand danger ! »
Plus largement, le constat est sévère. « Quand tout le monde ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit plus rien ». Une perte de confiance qui menace directement la démocratie.
Dans cette dynamique, les Assises du journalisme entendent également jouer un rôle d’alerte, en se positionnant comme un véritable « lanceur d’alerte » face aux dérives de l’information et aux menaces qui pèsent sur le débat public.
Le journaliste, dernier rempart face au chaos informationnel
Dans ce brouillard, le rôle du journaliste est réaffirmé. Malgré les critiques et les pressions, il reste, selon les organisateurs, un « bouclier démocratique ».
Sa mission est claire : enquêter, vérifier et transmettre des faits fiables. Un travail d’autant plus crucial à l’heure de l’intelligence artificielle et de la circulation massive d’informations.
Les Assises se veulent ainsi un espace de réflexion collective, avec un objectif clair : repenser les pratiques et restaurer la confiance du public.
Les organisateurs alertent également sur les dérives d’une liberté d’expression instrumentalisée, parfois invoquée pour légitimer la diffusion de fausses informations ou de discours trompeurs, au nom du principe selon lequel « on ne peut plus rien dire ! ».
Une programmation dense autour des grands défis contemporains
Durant cinq jours, conférences, ateliers et débats se succèdent. Les thématiques abordées couvrent l’ensemble des enjeux actuels du journalisme.
Climat, migrations, intelligence artificielle ou encore désinformation : chaque sujet est traité sous l’angle de la responsabilité médiatique.
Plusieurs temps forts structurent l’événement. Des discussions sur la place des réseaux sociaux chez les jeunes. Des échanges sur la guerre informationnelle. Ou encore des réflexions sur le financement des médias indépendants.
Parmi les intervenants, le journaliste Nordine Nabili, ancien directeur du Bondy Blog, a apporté son regard sur les mutations du paysage médiatique. Il a animé, jeudi 9 avril de 9h30 à 11h00, un échange consacré aux radios associatives, un secteur souvent discret mais essentiel à la pluralité de l’information.
La question de la vérité traverse l’ensemble des débats. Jusqu’à des formats originaux, comme un « procès » de la labellisation de l’information, où le public est invité à se prononcer.
Un moment fort a également marqué cette édition avec la remise des prix des Assises du journalisme. Le Grand Prix du journalisme Michèle Léridon a été décerné à la cellule investigation de Radio France, saluée pour « la rigueur de ses enquêtes » menées sur des sujets sensibles comme les eaux minérales, les laits infantiles ou les polluants éternels. Plusieurs autres distinctions sont venues compléter le palmarès, dont le prix du public de la photo de presse attribué à Thibault Izoret pour son cliché « L’Entre-Deux de Rakka », montrant un enfant au cœur des ruines syriennes.
Focus sur la désinformation et ses nouvelles formes
L’édition 2026 met un accent particulier sur les mutations de l’information. L’essor de l’intelligence artificielle, notamment, soulève de nouvelles interrogations. Une table ronde a ainsi interrogé : l’IA redéfinit-elle la vérité journalistique ?
Autre sujet central : la manipulation de l’information à l’échelle internationale. Une soirée a été consacrée à « la vérité selon Trump et ses conséquences », illustrant les dérives des « faits alternatifs ».
Autant de thèmes qui témoignent d’une inquiétude partagée face à la fragilisation du réel. Cette réflexion s’inscrit aussi dans une dimension plus large, nourrie par des références historiques et philosophiques, à l’image du roman 1984, qui alerte sur les dérives d’un monde où la vérité devient relative, jusqu’à remettre en cause des évidences aussi simples que “2 et 2 font 4”.
Une forte mobilisation des jeunes et du monde éducatif
L’éducation aux médias occupe une place importante. Plus de 1 800 jeunes ont été rassemblés. Collégiens, lycéens et même élèves du primaire participent aux échanges. Les Assises veulent ainsi sensibiliser les nouvelles générations. L’objectif est clair : développer l’esprit critique face à l’information.
Des prix dédiés à l’éducation aux médias seront également remis, valorisant les initiatives pédagogiques.
Des expositions pour comprendre l’histoire et les enjeux du journalisme
En parallèle des débats, plusieurs expositions sont proposées au public. L’une d’elles revient sur la presse coloniale. Elle montre comment les médias ont contribué à construire un imaginaire politique.
Une autre met en lumière deux siècles d’histoire du journal Le Figaro. Enfin, une exposition photographique retrace des conflits à travers le regard du photoreporter Patrick Chauvel.
Autant de propositions pour éclairer le rôle des images et des récits dans la perception du monde.
Une profession en quête de sens et de confiance
Au-delà des échanges, les Assises posent une question centrale : à quoi sert encore le journalisme ? Les organisateurs insistent sur la nécessité de prouver son utilité sociale. Retrouver la confiance du public devient une priorité. Dans un contexte tendu, l’événement se veut un espace de dialogue. Un lieu pour confronter les points de vue sans les opposer.
Mais au-delà du constat, les Assises portent aussi une ambition constructive : faire émerger des solutions, encourager les initiatives et redonner confiance dans la capacité du journalisme à se réinventer.
Et surtout, pour rappeler une évidence devenue fragile : sans faits partagés, il n’y a plus de débat possible.
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