Octobre Rose rassemble autour d’un même combat contre le cancer du sein !

En France comme au Maghreb, Octobre Rose remet le dépistage du cancer du sein au premier plan. Mais, pour certaines familles, il faut aussi trouver de quoi payer les examens. L’association Cancéreuse & Heureuse collecte des dons en France pour soutenir des malades en Algérie. Elle prépare un rendez-vous solidaire le 10 octobre à Beauchamp.

Publié : 12h11 par La Rédaction

Octobre rose
Crédit : Pixabay - marijana1

Avant de devenir patiente, Chérazad Abbas avait longtemps pris soin des autres. Dans un entretien publié en octobre 2022 par le magazine municipal de Pontault-Combault, cette ancienne aide-soignante, originaire d’Alger, racontait la découverte de son cancer du sein en juin 2018, après des douleurs répétées au dos. À propos de la maladie, elle disait alors : « Tant que je lui donne ses médicaments, il me laisse tranquille ! Et la vie peut continuer. » Elle y expliquait aussi pourquoi elle avait créé une association pour accompagner les malades et encourager une détection plus précoce. 

Aujourd’hui, Cancéreuse & Heureuse présente un engagement qui se poursuit en France et en Algérie. Informer, réunir des personnes que la maladie peut isoler, aider à financer un examen : l’association entend agir jusque dans les difficultés du quotidien. Son travail donne un visage à une question centrale d’Octobre Rose. Comment faire pour que l’appel au dépistage soit suivi d’un accès réel aux soins ?

Une mobilisation mondiale face à des chances encore inégales

Chaque mois d’octobre, la campagne de sensibilisation au cancer du sein rappelle l’importance d’une détection précoce et du soutien aux personnes malades. L’enjeu reste immense. Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 2,4 millions de femmes ont reçu un diagnostic de cancer du sein dans le monde en 2024. La maladie aurait provoqué 694 000 décès cette même année. Elle était le cancer le plus fréquent chez les femmes dans 164 pays sur 186.

Ces chiffres recouvrent des parcours très différents. Repérer une tumeur suffisamment tôt, obtenir un diagnostic puis suivre un traitement complet supposent de pouvoir accéder à plusieurs services de santé. L’OMS fait de cette continuité une priorité de son Initiative mondiale contre le cancer du sein, lancée en 2021. Son objectif est de réduire la mortalité mondiale liée à cette maladie de 2,5 % par an. 

En France un dépistage organisé encore trop peu suivi

En France métropolitaine, l’Institut national du cancer estime à 61 214 le nombre de nouveaux cas en 2023 et indique 12 765 décès pour cette même année. Le cancer du sein reste le premier cancer féminin, en fréquence comme en mortalité. Une détection à un stade précoce permet généralement des traitements moins lourds. 

Pourtant, moins d’une femme sur deux de la population ciblée participe au programme organisé. Santé publique France évalue le taux standardisé de participation à 45,7 % sur la période 2024-2025, contre 46,6 % en 2022-2023. Ce chiffre concerne le programme national et ne résume pas l’ensemble des dépistages réalisés en dehors de celui-ci. L’agence signale aussi des difficultés d’accès à la mammographie rapportées par les acteurs locaux. 

Le dispositif s’adresse aux femmes de 50 à 74 ans qui ne présentent ni symptômes ni risque particulier autre que l’âge. Tous les deux ans, elles sont invitées à effectuer une mammographie, associée à un examen clinique des seins. La mammographie est prise en charge à 100 %, sans avance de frais. Les clichés considérés comme normaux font l’objet d’une seconde lecture. Les éventuels examens complémentaires suivent, eux, les règles habituelles de remboursement. En cas de risque élevé, un suivi spécifique est défini avec le médecin. 

Informer implique aussi d’expliquer les limites du dépistage. Il peut conduire à découvrir et traiter des cancers qui auraient peu ou pas évolué, ce que l’on appelle le surdiagnostic. Un cancer peut également apparaître entre deux examens. Ces éléments doivent pouvoir être discutés avec un professionnel, afin que chaque femme dispose d’une information claire. 

Au Maghreb des actions au plus près des femmes

En Algérie, en Tunisie et au Maroc, le cancer du sein occupe également la première place parmi les cancers féminins, selon les estimations GLOBOCAN 2024 du Centre international de recherche sur le cancer. Les campagnes d’Octobre Rose mobilisent des acteurs différents dans chacun des trois pays. 

En Algérie, le Croissant-Rouge algérien a lancé le 1er octobre 2026 un programme national consacré à la prévention et à la détection précoce des cancers du sein et du col de l’utérus. Selon ses organisateurs, cités par l’agence APS, des activités sont prévues pendant quinze jours à la Grande Poste d’Alger et dans l’ensemble des wilayas au cours du mois. Des cliniques mobiles et des équipes médicales doivent orienter les femmes et réaliser les examens nécessaires. 

En Tunisie, la mobilisation se déploie aussi dans les régions. À Gafsa, une campagne de sensibilisation et de dépistage précoce a été lancée le 2 octobre 2026, rapporte la radio publique RTCI. Une Marche rose était également annoncée pour le 4 octobre au parc Ennahli, dans le gouvernorat de l’Ariana, à l’initiative de l’Institut français de Tunisie et de l’Association tunisienne d’assistance aux malades du cancer du sein. La sensibilisation prend ainsi la forme de rendez-vous médicaux, mais aussi de rassemblements solidaires. 

Au Maroc, le ministère de la Santé et de la Protection sociale a annoncé, le 1er octobre, sa mobilisation pour l’ensemble du mois d’octobre 2026. Elle vise notamment à mieux faire connaître les services de prévention et de détection précoce disponibles. Cette action s’inscrit dans le Plan national de prévention et de contrôle du cancer 2020-2029, qui couvre le parcours allant de la prévention au traitement. 

Une anomalie doit faire consulter quel que soit l’âge

Une boule dans le sein ou sous l’aisselle, un changement inhabituel de la peau, une modification du mamelon ou un écoulement justifient un avis médical. Il ne faut pas attendre la prochaine invitation au dépistage pour en parler. En France, un examen clinique annuel des seins est recommandé dès 25 ans. La surveillance est ensuite adaptée à l’âge et aux antécédents personnels ou familiaux. 

La prévention passe aussi par la réduction de la consommation d’alcool, l’arrêt du tabac et une activité physique régulière. Ces mesures peuvent diminuer le risque, sans le faire disparaître. L’absence d’antécédents familiaux ne protège pas à elle seule de la maladie. Les hommes peuvent également être concernés : ils représentent environ 0,5 % à 1 % des cas, selon l’OMS. 

Des dons en France pour rendre des examens accessibles en Algérie

C’est notamment sur l’accès aux examens que Cancéreuse & Heureuse dit intervenir. L’association explique : « Grâce aux dons récoltés en France, nous essayons d’apporter une aide concrète aux personnes touchées par le cancer et à leurs familles. »

Concrètement, elle indique recevoir des ordonnances, en vérifier le contenu puis participer, lorsque ses ressources le permettent, au financement des examens prescrits. Il peut s’agir d’analyses, d’examens radiologiques ou de PET-scan. L’aide répond ainsi aux besoins du parcours de soins de chaque patient.

L’association fait état de frais qui peuvent rester à la charge de patients assurés lorsqu’ils se tournent vers le secteur privé. Elle évoque également des délais parfois longs dans le public. C’est dans ces situations, explique-t-elle, qu’une contribution financière peut aider à obtenir plus rapidement un examen.

L’aide annoncée comprend aussi des prothèses mammaires, des perruques et d’autres dons matériels. L’équipe rend également visite à des enfants malades. Son engagement dépasse donc le seul cancer du sein et inclut les proches, eux aussi confrontés aux conséquences de la maladie.

Pour mener ces actions, Cancéreuse & Heureuse s’appuie sur des bénévoles et sur des professionnels de plusieurs secteurs. Commerçants, traiteurs et partenaires participent à l’organisation des événements ou offrent des lots destinés aux tombolas. Ces contributions permettent à l’association de réunir des soutiens au-delà des seuls dons d’argent.

Un relais avec la fondation de Salima Souakri

Cancéreuse & Heureuse indique également travailler en Algérie avec la Fondation Salima Souakri pour l’Action Caritative et Humanitaire. Sa présidente, ancienne judokate de haut niveau, a participé à quatre Jeux olympiques et a été nommée secrétaire d’État chargée du Sport d’élite en 2020. Son engagement humanitaire se poursuit aujourd’hui à travers sa fondation. 

« Cette collaboration nous tient particulièrement à cœur », souligne l’association à BEUR FM. Elle entend s’appuyer sur ce partenariat pour mieux relier les initiatives menées en France aux actions conduites sur le terrain en Algérie.

Un rendez-vous solidaire le 10 octobre à Beauchamp

La prochaine mobilisation annoncée porte le nom de « Puissantes en Rose ». Le rendez-vous est prévu pour le samedi 10 octobre 2026, de 15 h 30 à 22 h, à Beauchamp, dans le Val-d’Oise. Les affiches transmises à BEUR FM précisent l’adresse : 3-15, rue Denis-Papin, 95250 Beauchamp. Elles mettent en avant Chérazad et Malha et associent les noms de Cancéreuse & Heureuse et de DZs Woman, l’espace féminin du Cercle DZ. 

Le programme annonce une table ronde réunissant une équipe médicale et des psychologues, des échanges autour de la prévention et du bien-être, ainsi que des stands partenaires. Un espace photo, une animation musicale avec DJ, des présentations commerciales et une vente privée sont également prévus. L’association souhaite profiter de cette rencontre pour informer et élargir le cercle de ses soutiens.

Elle sollicite les particuliers comme les entreprises : une contribution financière, du matériel, un lot pour une tombola ou du temps donné à l’organisation peuvent nourrir ses prochaines actions. Relayer ses initiatives constitue aussi une manière de les faire connaître.

« Chaque don, même petit, peut aider à financer une ordonnance, une analyse, un examen ou apporter un soutien à une famille », rappelle Cancéreuse & Heureuse. Derrière cet appel, l’objectif est très concret : aider une personne malade à poursuivre son parcours de soins, et lui éviter d’en porter seule toutes les difficultés.