Algérie

[VIDEO] « Qu’un sang impur », d'Abdel Raouf Dafri, le 22 janvier au cinéma

10 janvier 2020 à 14h17 Par Manuel Mariani
Crédit photo : D.R.

Le 22 janvier 2020, sortira au cinéma « Qu’un sang impur », premier film d’Abdel Raouf Dafri en tant que réalisateur.

On connaissait surtout Abdel Raouf Dafri en tant que scénariste, notamment pour les films Mesrine, Un Prophète, ou Gibraltar, ou encore pour la série Braquo.

Mais le voici désormais réalisateur, avec un premier film centré sur la thématique de la Guerre d’Algérie, à travers lequel il a souhaité rendre hommage à ses parents algériens, débarqués à Marseille en 1963.

« Je suis avant tout un enfant de la France. Un de ces fils de la première vague d’immigrés débarqués du bled un an après la proclamation d’indépendance de l’Algérie », explique le réalisateur.

« La France est mon pays, l’Algérie celui de mes parents. Sur ce point, je sais exactement où j’en suis et je n’ai aucun problème d’identité. Le destin de mes parents, comme celui de beaucoup d’immigrés algériens, est la conséquence d’une colonisation très violente commencée en 1830 avant de déboucher sur une guerre d’Indépendance qui va durer près de huit ans, soit deux fois plus longtemps que la Seconde Guerre mondiale, et au cours de laquelle les deux camps feront preuve d’une effroyable sauvagerie ».

Lorsqu’on lui demande comment raconter une fiction au cœur de ce conflit dont les plaies sont encore si mal refermées, et surtout comment se positionner pour la raconter, le réalisateur affiche une certaine neutralité :

« Doit-on choisir un camp ? Si oui, lequel ? Celui du FLN qui n’a pas hésité à massacrer ses frères algériens ? Celui de l’armée française qui torturait sans vergogne et déportait les populations villageoises dans des camps ? Albert Camus, pourtant né en Algérie, a refusé de faire un tel choix. »

Il a donc préféré donc préféré faire le choix de retracer cette période sombre de l’histoire, à travers l’histoire de héros maudits, à l’intérieur desquels cohabitent le bien et le mal.

Avec « Qu’un Sang Impur », Abdel Raouf Dafri signe un film total et frontal avec des « héros » dont l’humanité nous secoue, nous émeut et au final, nous importe bien plus que le camp qu’ils ont choisi pour se battre.

Synopsis du film :

1960 : la guerre d’Algérie a déjà 6 ans. Les combats sont sanglants et les deux camps ne font pas de prisonniers...

1961 : vétéran de la guerre d’Indochine, le lieutenant-colonel Paul Andreas Breitner a laissé son glorieux et douloureux passé militaire derrière lui. Jusqu’au jour où il est contraint de se rendre en Algérie récupérer le corps du colonel Simon Delignières, porté disparu dans les Aurès Nemencha, une véritable poudrière tombée aux mains des rebelles.

Alors qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même, Breitner se voit forcé d’assurer cette mission quasi suicidaire accompagné de Soua Ly Yang, ancienne combattante dans le groupe de commandos qu’il dirigeait au Vietnam. Sur place, il récupère Augustin Diamacoune Senghor, un sergent-chef sénégalais condamné à mort pour le meurtre de son officier supérieur, Alexis Martillat, jeune engagé volontaire fasciné par la guerre et par son père mort au combat en Indochine, et Assia «bent » Aouda, membre du FLN, spécialiste en explosifs, qui intègre la mission dans l’espoir de sauver la vie de sa mère, prisonnière des parachutistes français.

Le groupe prend la route alors que les positions françaises de la région subissent une série d’attentats sanglants de la part des rebelles fellagas. Ce qu’ils vont découvrir dans cette Algérie profonde minée par la guerre et laissée à la sauvagerie des hommes est loin de ce qu’ils avaient pu imaginer…

Découvrez la bande annonce du film :