Algérie

A Ouargla, des métiers saisonniers ressuscitent grâce au Ramadan

29 avril 2021 à 19h42 Par Manuel Mariani
Crédit photo : © Pixabay - Djamel Ramdani

Pour certaines familles de Ouargla, le mois de Ramadan a toujours constitué une occasion de ressusciter des commerces devenus par la force des choses des métiers saisonniers, ressource financière pourtant indispensable pour nombre d’entre eux.

Mettant à profit l’avènement du mois de Ramandan, une opportunité en or pour notamment de nombreux chômeurs afin de renouer avec de petites activités dits "jobs saisonniers", des jeunes et des mères au foyer se lancent dans la fabrication de gâteaux orientaux, de zlabia, de diouls (les feuilles de brick), la vente d’épinards et d'herbes aromatiques, occupant de larges surfaces sur les marchés, les places publiques et même sur les trottoirs pour exposer leurs produits à la vente.

Certains, débutants dans cette activité, bravent les rudes conditions naturelles, le soleil notamment, aux côtés d’un vieil ami plus expérimenté afin de s’initier au métier et au jargon commercial utilisé pour attirer les clients, dans un style subtil "purement algérien" qui a le mérite d’appâter les jeûneurs et de détourner l’attention des acheteurs quelques heures avant l’heure du Ftour, heure tant attendue de la rupture du jeûne.

Une balade le long de la route principale de la cité En-Nasr, à l'Ouest d’Ouargla, nous livre des images de cette ambiance ramadanesque animée par les vendeurs saisonniers qui étalent des produits à base de semoule (galettes, dioul, boureks),  en plus d'autres produits du terroir et de pâtisserie traditionnelle faite maison, dont el-kettayef, samsa, khalbellouz et autres.

Abdelkader, un jeune vendeur de dioul, a indiqué qu’à chaque Ramadhan, "on tisse" un partenariat avec la maman pour ressusciter un métier pour quelques semaines et fournir des produits finis à certaines épiceries et boucheries, le reste étant écoulé au coin de la rue.

Les réseaux sociaux pour appâter les clients

A quelques pas du vendeur de Ddiouls, Hadj Brahim, dont les traits laissent percevoir un âge avancé, s’accroupit calmement devant son couffin rempli de petites bottes de coriandre, de persil et de céleri, à la satisfaction d’une clientèle diverse.

Oum El-Kheir, sexagénaire, avoue passer son temps en ce mois sacré, notamment la matinée, à préparer les feuilles de brick en immenses piles, que son fils Mohamed, 10 ans à peine, se charge d’écouler non loin de la maison.

Quant à Souhila, à 49 ans, elle dit exceller dans son activité de préparation de la pâte nécessaire à la préparation de feuilles de diouls, ajoutant "ne pas arriver à satisfaire toute la commande, en majorité des voisins".

De même pour Oum-Mehdi, quadragénaire et femme au foyer, pour qui le mois de Ramadan constitue "une période de métiers saisonniers", dont la préparation et la vente de pain maison et des variétés de gâteaux traditionnels, pour s’assurer un revenu supplémentaire.

Pour écouler ses produits, Oum-Mehdi enchaîne ses démonstrations sur les réseaux sociaux pour appâter les clients et recevoir des commandes à livrer à domicile, avec un supplément modique pour la livraison.

Ahlem, étudiante de formation, met à profit ce mois sacré pour vendre et livrer des menus de Ftour "clés en mains" aux étudiants et aux travailleurs, hommes et femmes, sur la base des commandes du matin.

D’autres petites activités connaissent en ce mois une période de florescence eu égard aux commandes des consommateurs, dont les vinaigrettes, les jus faits maison et les légumes en conserves, comme les pois-chiches.