L’anglais gagne du terrain en Algérie : vers un tournant historique ?
De tradition francophone, l’Algérie amorce un virage linguistique inédit. Depuis quelques années, les réformes du système éducatif réduisent la place du français au profit de l’anglais. Cette orientation s’accentue : depuis la rentrée universitaire 2025, les filières médicales et pharmaceutiques sont enseignées en anglais.
Publié : 30 septembre 2025 à 17h49 par La Rédaction
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L’Algérie vit un tournant linguistique majeur : le français, longtemps langue d’usage privilégiée, cède peu à peu sa place à l’anglais. Le pays a longtemps hérité d’une tradition francophone issue de la colonisation, même si l’arabe est langue officielle et le tamazight récemment constitutionnalisé. Or, depuis 2022, les autorités poursuivent une politique claire de renforcement de l’anglais dans le cursus scolaire. Le volume horaire dédié au français a été réduit dans les écoles primaires et collèges, au profit de l’anglais, notamment dans les matières scientifiques. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, l’objectif est de « permettre à l’école algérienne de s’ouvrir sur le monde », puisque la majorité des publications scientifiques se fait en anglais.
De la salle de classe aux amphithéâtres, l’anglais prend la relève
Sur le terrain, ces orientations se traduisent par plusieurs étapes clés. Ainsi, à la rentrée 2023, l’anglais a été introduit dès la 3ᵉ année du cycle primaire. Désormais, l’anglais et le français se partagent le même volume horaire hebdomadaire dans les classes élémentaires, et des milliers de nouveaux professeurs d’anglais ont été recrutés en urgence. Puis, à la rentrée 2025, un grand bouleversement est prévu à l’université, puisque une directive d’avril 2025 enjoint les universités publiques de remplacer le français par l’anglais pour les cours de première année en médecine, pharmacie et autres filières scientifiques.
Le ministère a demandé aux recteurs « de prendre toutes les dispositions afin de garantir le passage à l’enseignement en anglais » dans ces domaines, sur la base d’une montée en compétence progressive des enseignants formés en anglais.
La mise en œuvre dans l’enseignement
Dans le supérieur, la bascule anglophone a d’ores et déjà commencé dans certaines filières. Depuis la réntrée, les cursus de médecine et de pharmacie seront dispensés en anglais. Ces décisions ont été formalisées par des circulaires ministérielles et des notes de service. Par exemple, la direction de l’enseignement supérieur a demandé fin mars 2025 aux doyens de médecine de préparer la transition en anglais « en fonction du nombre d’enseignants formés ».
Dans le reste du système éducatif, l’anglais poursuit son essor : déjà en 2023, la grande majorité des ouvrages scientifiques utilisés dans les universités étaient en anglais, incitant les enseignants à préconiser cette langue pour être « au diapason des nouvelles technologies »
Cette évolution répond au constat que les avancées technologiques et scientifiques mondiales s’expriment majoritairement en anglais. Plusieurs universitaires algériens saluent cette démarche pour les cours de médecine et d’ingénierie, estimant que cela positionnera mieux l’Algérie dans les classements internationaux et la recherche de pointe
Réactions et enjeux diplomatiques
Le tournant vers l’anglais s’inscrit dans un climat diplomatique sensible. Ces réformes coïncident avec une période de tensions politiques entre Alger et Paris. Le choix de délaisser progressivement le français a été perçu en France comme un geste hostile.
Du côté algérien, les autorités maintiennent que la priorité est donnée au développement scientifique et économique national. Selon eux, ce choix linguistique est avant tout pragmatique et vise à diversifier les partenariats internationaux, indépendamment de toute considération politique.
Sur le plan social, la francophonie de fait se rétracte : de grands établissements publics et entreprises d’État ont déjà remplacé le français par l’anglais dans leur communication. Par exemple, la compagnie Air Algérie n’édite plus ses billets en français et Algérie Télécom a annoncé en 2024 la rédaction de ses factures en arabe et en anglais.
Vers une nouvelle ère des politiques linguistiques en Algérie
Cette transition linguistique en Algérie peut être vue comme une adaptation à la mondialisation et aux exigences de la recherche scientifique. Pour les autorités algériennes, l’anglais devient un outil privilégié pour ouvrir les cursus algériens aux échanges académiques internationaux. Comme le soulignait un rapport observant le système éducatif algérien, « le poids croissant de l’anglais dans l’éducation et dans les entreprises publiques reflète une nouvelle ère dans les politiques linguistiques » du pays.
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