Au Maroc, le Ramadan booste l'emploi saisonnier

19 avril 2021 à 16h21 par Manuel Mariani

Le mois de Ramadan est la période de l'année où plusieurs professions et métiers saisonniers connaissent une grande dynamique qui suit, en fait, le changement brusque des habitudes de consommation des Marocains, notamment en ce qui concerne l'alimentation.

Crédit : © Wikimedia Commons


Certaines activités attirent une importante main d’œuvre afin de satisfaire une demande anormalement élevée pour certains produits, tels que la confections de gâteaux traditionnels (Chebakia et Makrout) et autres mets savoureux (pastella et toutes sortes de crêpes feuilletées marocaines). Il en va de même pour la fabrication des feuilles de bricks, qui servent de base à la préparation de délicieuses recettes qui feront le plaisir des petits et grands.


Des hommes et des femmes font la file et attendent impatiemment leur tour devant les vendeurs, commerçants et magasins alimentaires afin d’acheter des gâteaux, ingrédients ou ustensiles pour le dressage et la garniture de la table du ftour.


L’engouement enregistré dans toutes les villes marocaines a ravivé les espoirs de compenser les pertes de l’année passée et relancer l’activité commerciale. Car les conséquences de la crise liée à la pandémie de la Covid-19 ont été terriblement ressenties la saison dernière chez les petits commerçants et saisonniers du Ramadan.


Un boulanger dans la ville nouvelle de Tamesna a raconté à la MAP - Agence de Presse Marocaine -  que les préparatifs du mois sacré du Ramadan débutent plusieurs semaines avant, c’est-à-dire à partir du mois de Chaabane, durant lequel l’établissement propose d’ores et déjà différents types de gâteaux et de pâtisseries, soulignant la grande demande des clients sur les fameuses feuilles de bricks.


Ainsi, l’établissement a consacré un espace spécialement dédié à la préparation et à la vente des feuilles de bricks et un autre dédié à la vente de la Chebakia, afin de respecter la distanciation sociale et éviter tout regroupement.


La jeune femme chargée de la fabrication des feuilles de bricks a confié que cette période lui permet d’avoir un emploi saisonnier et une contrepartie financière.


Derrière le comptoir de la boulangerie et près d’une pile de gâteaux au miel, le propriétaire souligne que si l’activité commerciale est meilleure que l’année précédente, il n’en demeure pas moins qu’elle est encore loin du niveau habituel des années précédentes.


Non loin de là, des vendeurs de dattes, un produit indispensable au moment de la rupture du jeûne, de Jben (fromage traditionnel), de Sellou (gâteau en poudre) et de différentes sortes d’épices, crient à vive voix pour attirer l’attention sur leurs étals et démarcher probablement des clients, qui seraient tentés par le rapport qualité/prix.


A l’instar de l’Aïd Al-Adha, les magasins d’épices sont une destination très convoitée des femmes passionnées de cuisine. Ainsi, plusieurs commerces proposent, pendant ce mois sacré, de mouliner des épices, amandes, cacahuètes et autres fruits secs, afin de faciliter la préparation de repas et de pâtisseries à domicile, tout en garantissant la qualité du produit proposé.


Enfin, à l’approche de l’appel à la prière du Maghrib, le Souk devient un espace bondé pour ceux qui souhaitent remplir la table de leur ftour, juste avant l’heure du couvre-feu, qui commence tous les jours à 20H00 pour se terminer à 06H00.