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fondée en 1150 par le grand sultan almohade ‘Abd al-Mu’min, juste au nord de l’ancienne ville romaine de Sala Colonia (Chella). Le ribat d’‘Abd al-Mu’min, sorte de camp à la fois religieux et militaire, fut le point de départ de ses expéditions en Espagne; il comprenait une citadelle (la kasba des Oudaïa) et d’immenses remparts. Plusieurs sultans, par la suite, complétèrent ces installations. Au XVIIe siècle, les musulmans réfugiés d’Andalousie donnèrent un essor à la ville par le commerce, la course et l’artisanat, mais Rabat connut un certain déclin pendant les XVIIIe et XIXe siècles. Ce n’était qu’une petite ville de 25 000 habitants en 1912 lorsque Lyautey en fit la capitale politique et administrative du protectorat français
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L'histoire urbaine de Rabat, de son site, de ses monuments, est l'histoire diachronique d'un lieu singulier porteur d'une passion partagée. En effet, près de huit siècles séparent l'édification, sur la rive gauche du Bou Regreg, du noyau initial de la ville, le Ribat d'Abd el Moumen, de celle de la Résidence Générale du Protectorat français dans la nouvelle Capitale du Maroc. De ces époques, le même site allait porter et préserver de manière forte et durable, jusqu'à nos jours, d'une part, les témoignages d'une cité grandiose, restée inachevée et, d'autre part, ceux de principes pionniers en matière d'art urbain au début du siècle. Sur l'océan Atlantique, à l'embouchure du Bou Regreg, une haute falaise s'élève à pic, à plus de trente mètres au-dessus du niveau de la mer et surplombe le fleuve dont elle commande l'entrée. C'est sur cette position de défense naturelle que Abd el Moumen, fondateur de la dynastie almohade, fait édifier, en 1150, un ribat ou une forteresse, lieu de rassemblement des combattants de la foi, point d'étape dans l'épopée almohade pour la conquête de l'Andalousie. Cette construction, qui s'identifie en grande partie avec l'actuelle Qasba des Oudaïa, fut appelée Ribat al Fath, le Camp de la Victoire, en témoignage des succès remportés dans la guerre sainte contre les Chrétiens d'Espagne. A partir du Ribat d'Abd el Moumen, son petit-fils, Yacoub el Mansour, héritier d'un empire allant de la Castille à Tripoli, allait projeter une cité grandiose, couvrant plus de quatre cents hectares, enceinte de murailles imposantes percées de portes monumentales et dotée d'une mosquée gigantesque, Hassan, restée inachevée, mais qui eût été l'un des plus grands sanctuaires du monde musulman. Ainsi, bien que Ribat al Fath ne reçut jamais la population que son enceinte eût pu abriter, les grandes orientations de la ville étaient tracées. Les remparts et les portes monumentales de l'époque témoignent aujourd'hui encore de l'ampleur de la ville almohade. Tout comme en témoignent le minaret et les vestiges de la Mosquée de Hassan, sur un site dont le caractère sacré a été accentué et revalorisé par l'édification du Mausolée Mohammed V, symbole de piété filiale, qui, de par sa décoration exceptionnelle, oeuvre d'art collective, est un hommage au Souverain qui y repose et un témoignage de la renaissance de l'artisanat traditionnel. De la fin du règne almohade, vers la fin du Xlll ème siècle, jusqu'au début du XVIl ème siècle, l'importance de Rabat diminue considérablement. De cette période date la nécropole du Chella, édifiée à l'extérieur des remparts, de même que Jama' el Kbîr et Hammâm ej-Jdîd. La localisation de ces équipements publics permet d'affirmer que la vie citadine n'était pas concentrée uniquement aux abords immédiats de la Qasba et que plusieurs quartiers de la médina actuelle étaient habités.
A partir de 1610 Rabat reçut une forte population de réfugiés musulmans chassés d'el-Andalous qui s'établirent dans la Qasba et à l'intérieur de l'enceinte almohade, dans la partie nord-ouest, qu'ils délimitèrent et protégèrent par une nouvelle enceinte, la muraille andalouse. Pendant quelques dizaines d'années, Rabat, alors connue de l'Europe 1sous le nom de Salé-le-Neuf, fut le siège d'une petite république maritime, la République du Bou Regreg, jusqu'à l'avènement des Alaouites qui s'emparèrent de l'estuaire en 1666. Sa principale activité était, alors, la course en mer contre les Chrétiens qui lui procurait la totalité de ses ressources et Salé-le-Neuf devint le premier port du Maroc. |
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La Tour Hassan
La mosquée fût construite à la fin du XIIe siècle par le sultan Yaqoub el Mansour (1184-1199). Il voulu construire la plus grande mosquée, mais ce projet fût interrompu par sa mort en 1199 et la mosquée reste inachevée et sera ravagée par le tremblement de terre de 1755. Les vestiges de la mosquée: son minaret, quelques colonnes et pans de murs ont grande allure et laissent deviner l'ampleur du monument initial. Le minaret, quadrangulaire, élevé au milieu des débris des quatre cents colonnes, se dresse à plus de 44m en hauteur. Les murs d'un demi mètre d'épaisseur, en formant une rampe en pente douce montant en vrille autour de six pièces centrales superposées. Son décor est sobre et varié: entrelacs larges et simples, ouvertures décorées d'arcatures polylobées |
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Chellah
Bâtie sur les ruines de l'ancienne cité Romaine de Sala Colonia, cette nécropole baptisée par les guides "plus romantique site du Maroc", n'a pas toujours bénéficié de l'engouement qu'elle suscite de nos jours. A l'écart de la Ville ou plutôt hors de l'enceinte Almohade, situés au sud le long des marais et du BouRegreg, les vestiges de cette nécropole Mérinide du XIIIème siècle furent pendant longtemps, comme la Tour Hassan, laissés à l'abandon. Cet édifice détruit par le tremblement de terre de 1755 et dépouillé des ces matériaux les plus nobles par les pillards, est ainsi resté à l'état de ruines pendant plusieurs centaines d'années. Ce site est désormais classé et protégé par les autorités Marocaines, qui ont saisi tout l'intérêt historique et touristique de cet endroit à nul autre pareil. Cerné par une urbanisation envahissante, il est pourtant à l'écart des constructions du quartier moderne de Souissi tout proche qui ne le dénaturent pas. |
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