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Voir la version complète : Histoire des Conflits au Maghreb


Redalinho
03/12/2005, 17h32
http://www.ieei.pt/index.php?article=529&visual=5 (http://www.ieei.pt/index.php?article=529&visual=5)

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L'histoire des conflits au Maghreb trouve ses racines dans les rapports sud-sud et plus particulièrement intra-maghrébins. Dès l'indépendance et jusque très récemment, les contentieux et les tensions régionales étaient au premier chef de la menace, telle qu'elle était perçue par les pays maghrébins. Les options de sécurité et de défense des pays maghrébins, ne serait-ce que jusqu'à la fin des années 80, sont issues de cette perception de Ia menace: Ia création et l'organisation de leurs armées et capacité militaire, leur politique d'armement, leur politique d'alliances sont étroite-ment liées au contexte régional.

Lors de l'indépendance déjà, et surtout entre 1956 et 1962, les rapports entre les pays du Maghreb se sont caractérisés par la dualité collaboration-méfiance. Si d'un côté la Tunisie et le Maroc ont fait preuve de solidarité à l'égard de la cause algérienne en permettant à ses forces de libération d'utiliser leur territoire en guise de base arrière,il ne faut cependant pas oublier qu'ils se méfiaient des activités menées sur leur territoire national. Après 1962 le tracé des frontières héritées des puissances coloniales engendre des conflits et des disputes, le Maroc et Ia Tunisie estimant que l'Algérie avait été largement favorisée et que son territoire avait été élargi à leurs dépens.

Redalinho
03/12/2005, 17h54
Guerre des Sables: Tunisie-Algérie Maroc-Algérie

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Le drame de Sakiet, en 1958, la dynamique de la conférence de Tanger et le congrès constitutif de la Fédération nord-africaine des étudiants - que j'eus le privilège de présider, en août 1958 - allaient populariser l'idée maghrébine, tout en exaltant davantage le nationalisme dans chacun des pays.
En mars 1962, après les accords d'Evian, on pouvait penser que Ben Bella se rendrait en premier en Tunisie, le pays qui avait consenti le plus de sacrifices pendant la guerre d'Algérie, et qu'il confirmerait ainsi son adhésion à l'idéal de l'unité maghrébine. Il préféra se rendre d'abord au Caire et ne faire qu'au retour une escale technique à l'aéroport de Tunis pour proclamer ostensiblement et par trois fois - comme s'il avait une mission impérieuse à remplir - devant les médias et les responsables tunisiens venus le saluer : "Nous sommes des Arabes ! Nous sommes des Arabes ! Nous sommes des Arabes !"
Nul n'ayant jamais douté de notre identité arabe, il fallait croire que Ben Bella, sortant de six ans de détention, appréhendait alors assez mal les réalités de la région. L'esprit frondeur était malheureusement l'une de ses caractéristiques. Elu Président de la république, le 15 septembre 1963, voilà qu'un mois plus tard exactement, se déclenchait entre l'Algérie et le Maroc ce qu'on appellera la "guerre des sables". A la suite d'incidents de frontière au sud de l'Oued Dra, à Hassi Beida, Ben Bella décrétait la mobilisation générale en proclamant le 15 octobre :
"Le sang arabe, le sang musulman coule. Au responsable nous disons : tu es un criminel (...) Ce peuple, qui a détruit la plus grande armée impérialiste, peut briser votre armée".
Peu de temps après, lors d'une conférence des ministres des Affaires étrangères de l'OUA, à Dakar, nous serons abasourdis de voir Ben Bella et Bouteflika arriver en battle-dress, le pistolet à la ceinture, appelant les Africains au témoignage. "Nous sommes en guerre...", ne cessait de me répéter Ben Bella, que je dus écouter longuement, en silence, comme il me recevait le soir, à titre personnel, alors que j'étais ambassadeur à Dakar. Enfin, au moins pour un temps, le conflit fut réglé, le 2 novembre, à Bamako, sous l'égide de l'empereur Haïlé Sélassié, alors président de l'OUA.
Entre la Tunisie et l'Algérie en revanche, le problème du tracé frontalier restait entier. Avant la rencontre de Rambouillet, en 1961, le gouvernement tunisien avait réaffirmé formellement sa revendication saharienne auprès du GPRA, lequel répondit par une lettre confirmant que des négociations sur le sujet reprendraient dès l'indépendance de l'Algérie. Le problème allait rebondir inopinément, avec un article (Afrique Action du 26 juin 1961) du secrétaire d'Etat à l'Information, Masmoudi, qui s'adressait ainsi aux Algériens :
"Est-ce le Sahara qui nous divise (...) ? Tout le monde sait que la rectification des frontières sud, c'est-à-dire le droit de la Tunisie à son espace saharien, était l'un des principaux points du contentieux franco-tunisien (...) Est-ce porter atteinte à l'intégrité territoriale de l'Algérie que de dire : C'est avec la France et non avec l'Algérie que nous avons un contentieux portant sur nos frontières sud ?"
En juillet 1964, au Caire, à la conférence au sommet des pays arabes, Bourguiba soumet à Ben Bella le problème de la délimitation des frontières à partir de la borne 233. Le chef d'Etat algérien consent alors verbalement à un arrangement reconnaissant la souveraineté tunisienne à cette frontière. Mais à son retour à Alger, Houari Boumediene, ministre de la Défense et Abdelaziz Bouteflika, ministre des Affaires étrangères, refusent d'entériner cet accord, le ministre Kaid Ahmed déclarant même : "l'Algérie s'étend de la borne 233 à Tindouf". Ce qui ne manqua pas d'aviver la méfiance tunisienne et d'envenimer, quoique sans drame, nos relations qui ne cesseront d'en être affectées à travers les soubresauts de la politique intérieure algérienne.
Le 19 juin 1965, le colonel Boumediene, alors ministre de la Défense, renverse Ben Bella par un coup d'Etat militaire - ce qui ne nous émeut pas particulièrement, l'éviction de Ben Bella allant même jusqu'à nous réconforter -. Puis, dans la nuit du 13 au 15 décembre 1967, le colonel Tahar Zbiri, chef d'Etat-major des armées, tente à son tour mais sans succès un putsch en lançant contre Alger trois unités de blindés. Le 31 mai 1968, il se présente en fugitif à nos frontières, et notre garde nationale s'assure de sa personne. Alors directeur général de la Sûreté nationale, j'en avise le Président et nous convenons de l'accueillir discrètement en l'autorisant à "séjourner en Tunisie". Le 13 juin, il quittera notre pays de son plein gré.
Le 5 janvier 1970, le problème de la délimitation de la frontière sud revint sur le tapis. Le ministre, Bouteflika, vint "supplier" Bourguiba d'accepter la limite frontalière Sud-Est à la borne 233, là où l'administration française, (depuis 1929), avait laissé un tracé provisoire en pointillé. "Notre accord fera date et facilitera pour tous les négociations frontalières avec les voisins africains, plaidait Bouteflika qui soutenait ardemment qu'il fallait parier sur l'avenir commun de l'Algérie et de la Tunisie (...)".
La conjoncture ayant changé avec l'indépendance de l'Algérie et son autorité territoriale étant confirmée sur tout le Sahara, Bourguiba, réaliste, dut s'y résoudre et un traité de fraternité et de bon voisinage fut signé, le 6 janvier, par les deux ministres des Affaires étrangères. On décida, dans le même esprit, que le gisement d'El Borma qui se trouvait à cheval sur la frontière, serait exploité de part et d'autre. Bourguiba n'en gardera pas moins, affichée derrière son bureau, la carte de la Tunisie avec la frontière non délimitée au delà de la borne 233, et qui concernait près de 900 km2.
Quatre mois après, le 27 mai, Boumediene rencontrait Hassan II à Tlemcen et réglait, à son tour, le tracé frontalier entre les deux pays : le Maroc renonçait à revendiquer Tindouf.
En cette année 1970, quatorze ans après l'indépendance du Maroc et de la Tunisie, huit ans après celle de l'Algérie, chacun des trois pays s'attachait ainsi à renforcer sa propre nation, tout en s'activant pour assurer le "leadership" dans la région.
Certes, le mythe unitaire de l'Afrique du Nord qui avait animé la lutte anti-coloniale survivait. Le Maghreb, tout à la fois méditerranéen, africain, arabe et musulman se devait d'être à l'avant-garde par rapport au Moyen Orient et à l'Afrique subsaharienne. Mais l'indépendance avait accouché de régimes à la nature et aux orientations bien différentes : le Maroc, monarchique et traditionnel, voisinait avec une Algérie où les moujahidines (combattants militaires) de l'ALN sous l'égide du parti unique le FLN, allaient détenir tous les rouages du pouvoir. La Tunisie, républicaine, misait sur l'Occident pour son évolution économique et pratiquait une politique moderniste. Le régime militaire libyen se voulait pan-arabe.
Cependant, les relations et les cogitations n'en étaient pas moins entretenues par les nombreuses visites et rencontres des plus hauts responsables. Du 18 au 27 décembre 1971, pendant dix jours, notre ministre des Affaires étrangères effectua une visite officielle en Algérie. Et le communiqué commun souligna "la volonté des deux pays de concrétiser l'unité du Maghreb arabe (...)".
Du 20 au 26 avril 1972, le président Boumediene arriva à son tour en Tunisie en visite officielle. Accompagné d'une forte délégation, comprenant le président de l'Assemblée nationale et les chefs civils et militaires, il visita Bizerte, Sousse, Kairouan, Gabès et Djerba au sud du pays. Le communiqué rituel insista sur la nécessité de plus grands efforts en vue de l'édification d'un ensemble maghrébin. Pour ne pas rester en marge de ces déclarations, le roi Hassan II se félicita, dans un message, "des répercussions de cette rencontre pour les peuples du Maghreb".
En mai, Bourguiba rendit visite à Boumediene. Durant toute une semaine, la liesse ne fut pas moins grande et le Combattant suprême put plonger, à loisir, dans ses bains de foule favoris, notamment à Alger, Constantine et Oran, où ses discours furent résolument maghrébins.
Les deux chefs d'Etat savaient qu'ils avaient besoin l'un de l'autre, qu'ils étaient condamnés, à cohabiter, à vivre et à survivre ensemble. Certes, l'authenticité de la nation tunisienne, le rayonnement et la sagesse de son leader complexaient quelque peu Boumediene ; mais à l'inverse, le poids démographique et économique de l'Algérie alimentait les appréhensions de Bourguiba. A son choix occidental, à sa volonté de modernité, correspondait la hantise d'une Algérie qui se voulait révolutionnaire et redoutait que la Tunisie ne constituât, un jour, une base de déstabilisation sur son flanc Est.

Redalinho
03/12/2005, 17h56
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Certes, les discours officiels dans les deux pays rappelaient, de temps en temps, "notre destin commun", mais les intérêts réciproques ne s'imbriquaient pas encore. On n'y était pas prêt. On l'y était d'autant moins que le cérémonial de ces visites de prestige n'était sous-tendu par aucun projet politique ou économique clairement défini et minutieusement préparé, ni d'un côté ni de l'autre. L'adhésion populaire et sentimentale étant garantie, on négligeait la construction méthodique et, plus encore, la transparence ; les intérêts politiques immédiats restaient prépondérants.
L'exemple européen, dans sa construction rigoureuse, ne semblait pas nous inspirer beaucoup. Bourguiba, pour sa part, tout en se pliant à ces démonstrations conjoncturelles, avait fait son choix : la recherche assidue d'une fiabilité politique qui assure le soutien et l'aide économique de l'Occident comme des institutions internationales. Hassan II n'en était pas loin ; Boumediene restait plongé dans son expérience "populaire et socialiste", et l'Algérie, haut lieu de tous les mouvements tiers-mondistes, se prévalait de son panache révolutionnariste.
Du fait de Kadhafi, cependant, les choses n'allaient pas en rester là. En décembre 1972, le colonel libyen allait nous relancer lors de sa visite en Tunisie en proclamant la nécessité de l'union entre nos deux pays.
Il fallait s'attendre à la réaction de l'Algérie qui ne pouvait consentir, sans consensus préalable, à une nouvelle configuration de la région. Cette fois ci, une diplomatie bilatérale et occulte aidant, on allait assister à un renversement de front : pourquoi pas une proposition d'union à l'ouest entre l'Algérie et la Tunisie ?
Ce fut alors au tour de Bourguiba et de Boumediene de se retrouver au Kef, les 11 et 12 mai 1973. L'initiative était venue du chef d'Etat algérien. Notre Président se reposait alors, à quelques kilomètres de la frontière algérienne, en ce lieu célèbre pour les luttes menées avant le protectorat par les deux deyliks du Kef et d'Alger.
Ministre de l'Intérieur, je fus évidemment amené à participer à ce sommet. Le vendredi 11, au poste frontière de Faj El Kahla, près de Babouche, nous accueillons donc - Nouira, Masmoudi, notre ambassadeur à Alger, Ahmed Noureddine et moi-même - le président Boumediene accompagné d'Abdelaziz Bouteflika, son ministre des Affaires étrangères ; Ahmed Medghri, ministre de l'Intérieur ; Abdessalem Belaid, ministre de l'Energie et Ahmed Draya, directeur de la Sûreté. Le cortège est chaleureusement acclamé aux villes frontalières de Babouche, Ain Draham, Fernana et Jendouba : des localités dont les habitants ont des liens familiaux étroits dans les villes algériennes limitrophes et entretiennent ensemble un commerce de troc florissant. Leur accueil veut rivaliser avec celui que réservent, habituellement, les populations tunisiennes des frontières du sud à nos hôtes libyens.
Bourguiba, pour sa part, reçoit son hôte à Jendouba avec le cérémonial de rigueur. Les banderoles sont encore plus explicites : "Les martyrs de Sakiet sont le symbole de notre volonté d'édifier le Grand Maghreb"... "La rencontre des deux leaders : un jalon dans la construction de l'édifice maghrébin", etc.
En voiture avec Medghri, mon homologue algérien, je découvre en lui un militant rigoureux, exalté et exaltant, qui me rappelle Taieb Mhiri, notre ancien ministre de l'Intérieur. Ce premier contact se voit donc marqué par une confiance et une estime réciproques entretenues jusqu'à sa mort prématurée : autre point commun, hélas, avec Mhiri. Et si je fais le rapprochement, c'est parce qu'il m'arrive d'imaginer que l'un en Tunisie et l'autre en Algérie, eussent- ils servi plus longtemps, auraient pu donner aux deux régimes un autre caractère, tant leur rigueur, alliée à leur popularité, en imposaient par rapport à bien d'autres responsables. Nous nous bornons, Medghri et moi même, dans l'immédiat, à convenir de la gravité des visées politiques du leader libyen... et à redouter les implications de son activisme dans la région.
Dès notre arrivée au Kef, à 17 heures et jusqu'à 18 h 30, Bourguiba et Boumediene s'entretiennent, en présence de leurs délégations respectives, la nôtre s'étant grossie de Chedli Ayari, ministre de l'Economie nationale. Boumediene s'attache à rappeler la portée de la solidarité tunisienne à l'époque de la guerre d'Algérie :
"Cette région et Sakiet, ont vu notre sang couler... Sakiet, le Kef, Ghardimaou étaient mon terroir, ils me tenaient lieu de famille et de patrie".
Puis le chef d'Etat algérien veut souligner la convergence des intérêts de nos deux peuples, et enchaîne avec une sorte d'humilité :
- Le pain que nous avons est votre pain, nos deux populations peuvent le partager (...) Mon cher Président, dites-nous l'avenir que vous concevez pour nos deux pays. Votre choix est le nôtre. Nous sommes prêts à toute formule : unité organique de nos deux Etats, fédération, confédération ou toute autre forme de complémentarité (...) Je viens vous proposer de poser la pierre angulaire de cette construction. Le commencement, c'est l'union entre l'Algérie et la Tunisie. Nous la ferons méthodiquement mais fermement (...) nous avancerons par étapes.
De notre côté, la surprise est totale. Un silence pesant s'ensuit, qui ne dure que quelques instants.
Bourguiba se râcle la gorge, se cale dans son fauteuil et répond :
- Si nous commencions par quelques réalisations communes (...) Une cimenterie, un ensemble hôtelier à Nefta ou à Tozeur.
Le Président algérien, manifestement désabusé, rétorque :
- Ce n'est pas avec une cimenterie que nous réaliserons l'union !
Le Premier ministre, Nouira, intervient promptement :
- Le ciment, c'est important.
Boumediene semble de plus en plus contrarié :
- Les cimenteries, la tomate (...) Tout cela faisait les bons et les mauvais jours de nos techniciens dans les réunions maghrébines (...) M. le Président, nous sommes le pouvoir politique. Frappons un grand coup.
Masmoudi enchaîne :
- Pour ma part, je souscris à cette union sans réserve.
Bourguiba est excédé :
- Bon, on va penser à tout cela", et la séance est levée.
Le lendemain, nos deux dirigeants vont s'incliner devant le mémorial des martyrs de Sakiet. Puis, revenus au Kef, ils s'entretiennent de nouveau.
Sans répondre directement aux propositions d'unité, Bourguiba suggère :
- L'Algérie peut nous céder le Constantinois [la Numidie romaine], afin de rétablir un meilleur équilibre géographique entre les deux pays.
Boumediene maugrée quelque chose :
- Je vois que la Tunisie n'est pas encore mûre pour l'union".

Redalinho
03/12/2005, 17h59
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Au retour, c'est l'occasion pour moi, durant une heure de trajet jusqu'à la frontière, d'approfondir ma nouvelle amitié avec Medghri, tout en commentant la conjoncture politique. Sans imaginer de la part de Bourguiba une proposition aussi insolite que la cession du Constantinois, Boumediene, m'assure-t-il, voulait lancer l'idée et nous inciter à prendre conscience d'une communauté de destin (...) Nous convenons toutefois que l'unité du Maghreb est inéluctable... et soulignons la nécessité de préparer les esprits, de part et d'autre, dans la clarté et la sérénité.
Au lendemain de cette rencontre du Kef, le traditionnel communiqué commun, rédigé par la diplomatie des deux pays déclarera notamment : "Les deux chefs d'Etat sont convenus de poursuivre au sommet et dans un proche avenir ces entretiens concernant le devenir des deux pays (...) et se sont retrouvés d'accord pour renforcer leur solidarité et leur complémentarité".
L'essentiel, pourtant, est qu'une fois de plus on a discuté et manœuvré au sommet, dans un cercle restreint, mais qu'aucun débat préalable ou conséquent n'a eu et n'aura lieu au sein des instances normales des deux républiques et moins encore dans les organisations populaires. L'eût-on fait, les opinions publiques auraient été moins déconcertées par la succession de ces sommets aux résultats ambigus et parfois contradictoires.
Bourguiba s'exaltera quelques mois après dans une déclaration à l'hebdomadaire égyptien, El Moussaouar (20 septembre 1973) :
"La création des Etats-unis d'Afrique du Nord, entre la Tunisie, la Libye, l'Algérie, le Maroc et la Mauritanie se ferait par étapes, lentement et prudemment, et prendrait tout le temps qu'il faudrait : dix ans ou cent ans (...) La capitale de cette fédération devrait être Kairouan, capitale spirituelle des musulmans depuis des siècles et qui symboliserait ainsi le retour à la gloire passée du monde islamique (...)".
Proposition de façade, comparable à celle de l'adjonction du Constantinois à la Tunisie ; la fédération, la capitale Kairouan, tout cela était assez prématuré. En effet, il ne faut pas oublier, que le nationalisme spécifique de chacun des Etats était enraciné dans la conscience nationale ; il fallait créer un choc en expliquant méthodiquement, à quel point les conditions d'un "vase clos" national n'étaient plus adaptées à l'époque des grands ensembles et de la compétitivité internationale. On parerait ainsi à la dialectique doctrinaire du choix entre le Maghreb des peuples et celui des Etats : discussion byzantine, sans aucun effet pratique et qui se perd dans de subtils dédales intellectuels et diplomatiques. Et il faudrait travailler dur pour arriver à un Maghreb pluriel, riche de ses diversités, mais en posant le préalable d'une démocratie pluraliste et transparente : donnée absente dans la région. L'Europe avait opposé, longtemps, un tel préalable politique à l'Espagne et au Portugal, avant d'amorcer avec ces deux pays la moindre approche communautaire.
Le 2 septembre, Bourguiba assista, à Alger, à la IVème conférence des pays non alignés. Je faisais partie de la délégation. Cette assemblée, me confie le Président dans l'avion, lui rappelle bien des bons et des mauvais souvenirs : il n'avait pas oublié la Ière conférence des non alignés à Bandoung, en 1955, où son rival, Salah Ben Youssef, avait fait adopter une résolution condamnant le défaitisme bourguibiste.
A Alger, cette fois, soixante seize pays représentant les deux tiers de l'humanité vont se proposer de définir une doctrine du non-alignement qui dépasse la thèse chinoise sur l'impérialisme pour mettre au premier plan le thème du combat économique du Tiers-monde. La conférence exige notamment de prendre part à la mise en place du nouvel ordre monétaire.
[Ce problème avait été, d'ailleurs, à l'ordre du jour de la conférence des Nations-unies pour le commerce et l'industrie (CNUCED) tenue en 1972 à Santiago du Chili, où j'avais représenté la Tunisie. Nous avions été une majorité qui, se référant à la "Charte des 77", avait voulu défendre les intérêts vitaux des pays en difficulté. Mais en vain. Paradoxalement, et contrairement au clivage politique traditionnel, la coalition des nantis, les Européens, les Etats-Unis, certains riches pays arabes et même l'URSS - occultant toute différence idéologique - faisait front face au Tiers et au Quart monde, bloquant toute résolution.]
La conférence des non-alignés d'Alger adopta une résolution politique et un programme économique, mais furtivement et par un soi-disant consensus, tant les divisions étaient patentes. On passa même sous silence la dette du Tiers-monde pour laquelle certains pays, dont le mien, avaient pensé demander un moratoire. Je ne retiendrai de ces assises que deux moments exceptionnels : une séance, à huis clos, durant laquelle le président égyptien Anouar el Sadate et le shah d'Iran se livrèrent à une joute oratoire émaillée d'invectives sur l'affaire palestinienne. Et cet autre moment fort : le discours de Bourguiba qui développa l'idée d'un Maghreb à trois, groupant l'Algérie, la Libye et la Tunisie en excluant, du moins dans une première étape, le Maroc et la Mauritanie. Moment fort pour les premiers responsables de la diplomatie algérienne et tunisienne, mais non pour le reste de notre délégation, abasourdie par la portée de la proposition, dont nul n'avait discuté, ni à Tunis, ni lors de la conférence. Restait le plus cocasse : le discours du colonel Kadhafi qui se prononçait, lui, pour une union immédiate... avec l'Algérie. Quelle cacophonie des "Maghrébins" devant ce parterre des non alignés !
Deux mois plus tard, le 25 novembre 1973, Bourguiba, en très mauvaise condition physique, revint à Alger pour le sommet arabe réuni à la demande de l'Egypte et de la Syrie, consécutif à la "guerre d'octobre" avec Israël. Au Koweit, les huit pays du Golfe avaient décidé, le 16 octobre, d'augmenter de près de 70 % le prix de l'or noir... Le sommet d'Alger avait pour but d'en graduer la répercussion, en fonction des attitudes politiques des uns et des autres vis à vis d'Israël. Néanmoins, dans son adresse au sommet, le 28 novembre, Bourguiba déclarait sans embages : "Il nous faut être prudents dans le maniement de l'arme économique (...) et éviter de dépasser la limite au delà de laquelle l'arme du pétrole risque de se retourner contre nous".
C'est dans cette ambiance tendue, dans cette atmosphère de crise économique mondiale que le Président, déjà bien fatigué, épousa l'idée que lui firent miroiter les deux chefs de la diplomatie tunisien et algérien : à savoir que Bourguiba "pouvait jouer un rôle déterminant". On le savait prompt à s'exalter pour tout ce qui concernait son prestige et on en profita pour lui faire croire que, doyen des dirigeants arabes, il pouvait infléchir la solution des grands problèmes et influencer aisément ses homologues chefs d'Etat. Mais cette fois, son mauvais état physique d'une part, l'âpreté des problèmes pétroliers d'autre part, joints au fait que nous n'étions pas directement concernés, auraient dû être autant d'arguments pour décider le Président à ne pas se fourvoyer dans une telle aventure. Ses ministres et ses médecins, présents à Alger, auraient pu le convaincre. Malheureusement, des visées politiciennes inavouées prévalurent, au moins chez certains. Bourguiba, en compagnie de son ministre des Affaires étrangères, entama donc un long périple qui, du 19 au 31 décembre 1973, allait l'amener à Paris, à Rome, puis dans certains pays africains, avant de retourner enfin à Alger.
En principe, il devait être le messager de cette vieille et fameuse idée d'une coopération triangulaire : Europe- Afrique - Monde arabe. Le ministre français des Affaires étrangères, Michel Jobert, cultivant cette idée avec ses homologues tunisien et algérien, avançait même la perspective d'une conférence euro-arabe qui se tiendrait à Tunis et consacrerait le mariage de la technologie occidentale avec la finance arabe. Dans une interview au Monde, le Président Bourguiba déclarait : "L'essentiel est que l'Europe contribue au développement des pays arabes et africains. Elle dispose de la technologie, des cadres et des experts, les pays du sud de la Méditerranée lui fourniraient ses besoins en pétrole".
A Paris, après un entretien avec le président Georges Pompidou, le chef d'Etat tunisien, visiblement fatigué, annonça aux journalistes sur le perron de l'Elysée :
"La grande nouvelle que je voulais apporter à la France, c'est qu'elle ne manquera pas de pétrole cette année (...) J'ai eu, à ce sujet, des entretiens téléphoniques avec Kadhafi et Boumediene. L'Europe, cet hiver, n'aura pas froid". Engagement aussi grave qu'irréaliste : le Président se hasardait, avec assurance, à des promesses mirifiques qu' allait d'ailleurs contredire le communiqué algérien diffusé le matin même à Alger, confirmant que l'Algérie et la Libye appliqueraient les décisions de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à la France et à la Grande-Bretagne.

Redalinho
03/12/2005, 18h00
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Les services du ministère de l'Intérieur, durant toute cette période, ne cessaient de me rapporter que le Président allait de plus en plus mal, que les officiels français en étaient peinés et les journalistes ahuris. Avec le Premier ministre, nous nous téléphonions plusieurs fois par jour pour commenter les nouvelles. Malheureux mais impuissants, nous suivions avec inquiétude l'évolution d'une situation que nous ne pouvions infléchir de loin.
De Paris, Bourguiba se rend à Rome où il est reçu par le Pape. Puis il s'entretient avec le président Giovanni Leone à qui il réitère les mêmes promesses, tout en annonçant qu'il allait continuer son voyage vers les pays africains, avant de gagner Lahore, en Asie, puis de se rendre à Ankara et enfin au Moyen-Orient. Le 18 décembre, Bourguiba est donc en Mauritanie où il défend le point de vue "des contrats de développement entre pays africains, arabes et européens". Puis au Zaïre, il veut remercier Mobutu d'avoir assisté comme observateur au sommet arabe. En Côte-d'Ivoire, épuisé, il doit s'aliter quelques jours à Abidjan. Houphoüet Boigny réunit tout son bureau politique pour l'écouter, avant de le prier "d'attirer l'attention de ses frères arabes sur les difficultés de leurs frères africains...". Au Sénégal, le Président Senghor s'étend sur son sujet favori : "La coopération entre les Arabo-berbères et les Négro-africains ne peut être régie que dans le contexte d'un espace eurafricain, qui comprendrait aussi l'Asie mineure (...) La Palestine ne peut être que sémitique, le lieu où musulmans, chrétiens et juifs formeront un Etat moderne".
Le 29 décembre, Bourguiba, plus fatigué que jamais, interrompt son voyage, retourne à Alger, s'entretient brièvement avec Boumediene qui ne peut que constater la confusion des propos de son hôte. Rentré le lendemain à Tunis, Bourguiba va aussitôt se reposer dans sa ville natale de Monastir.
On ne parlera plus de ce fameux plan : pétrole contre technologie. Les Arabes, les Africains, les Européens avaient leurs problèmes spécifiques. Le projet de conférence euro-arabe tombera aux oubliettes. La crise pétrolière se résoudra par un compromis international, préservant les intérêts des uns et des autres. Bourguiba, qui avait tant triomphé dans sa tournée africaine de 1965, venait malheureusement, en 1973, de donner un tout autre spectacle, au cours d'un périple inutile.
Après l'échec de la rencontre du Kef - qui était bien loin d'être fortuite - le prestige du chef de l'Etat tunisien se trouve ainsi terni par cette soudaine et imaginaire construction euro-africano-arabe qui était, pour le moins, prématurée. Plus grave encore avait été de le compromettre dans la distribution d'un pétrole qu'il ne possédait pas et que le sommet arabe d'Alger avait codifiée sous l'impulsion de la diplomatie algérienne.
Mais les dégâts n'allaient pas s'arrêter là. Moins de quinze jours après, en janvier 1974, survenait le psychodrame de la rencontre de Djerba, où Kadhafi proposait l'union à Bourguiba : rencontre aussi "urgente" qu' improvisée avec des conséquences désastreuses que nous traînerions pendant des années. J'en exposerai plus loin le détail.
Avec l'Algérie, il allait en résulter une longue bouderie, allant parfois jusqu'aux menaces, mais qui ne devait pas perdurer. Boumediene, réaffirmant l'importance de son pays, arrive en Tunisie le 22 mars, et Bourguiba lui rend sa visite trois mois plus tard. Nous ne sommes pas loin des pratiques orientales : la querelle d'abord, les visites et les embrassades ensuite. La politique entre les hommes et les nations est ainsi partagée, depuis toujours, entre les invectives et les retrouvailles.
Le 30 juin, à l'occasion de la réunion, à Alger, de la grande commission mixte que je présidais avec mon homologue Medghri, ce fut à mon tour d'être reçu par le président Boumediene, qui fit un exposé géopolitique sur l'évolution unitaire de la région, en insistant sur l'utilité de "l'alliance algéro-tunisienne" ...Il aimait me répéter qu'il avait avisé Kadhafi que l'Algérie ne tolérerait aucune menace contre la Tunisie : ce qui, bien sûr, visait à nous obliger davantage à l'égard de son pays. Le ministre algérien de l'Intérieur et moi-même assurions, d'ailleurs, une vigilante coopération sécuritaire. Medghri, malheureusement, allait disparaître en décembre 1974 ; j'irai le pleurer à Alger au cours de funérailles qui mobiliseront des milliers d'Algérois, avant de reprendre une bonne coopération avec son successeur Ahmed Abdelghani.
Le Kef et son esprit n'étaient pas loin. A tous les échelons, les efforts se conjuguaient pour consolider nos intérêts réciproques. L'Algérie restait l'alliée des bons et des mauvais jours, jouant au rempart d'une "petite Tunisie" pacifique, mais enviable. Bourguiba revint à Alger, le 3 novembre 1974, assister à la fête nationale. C'est dire combien la Tunisie et l'Algérie, dans un souci d'auto-défense, collaient l'un à l'autre depuis l'aventure unitaire de Djerba entre la Libye et la Tunisie... La région, pourtant, n'avait pas encore trouvé son équilibre. Nous n'avions pas de politique étrangère commune, nous étions handicapés par la disparité de nos potentialités et par les décalages de notre évolution économique.
Bourguiba avait explicité son point de vue dans une interview au journal Le Monde (15 septembre 1974) :
"L'unité exige du temps, de la souplesse (...) Elle exige la coopération économique, l'instauration d'un marché commun, elle impose l'effort collectif tout au long de dizaines d'années pour l'émergence d'une accoutumance réciproque dans le cadre de ce Maghreb (...) D'abord les fondations, les murs, (...) etc, puis le toit viendra couronner le tout. Le tout, c'est l'unité".
La Charte nationale algérienne de 1976 avancera pour sa part : "Par delà les ententes des Etats, il faut construire le Maghreb des peuples (...) L'histoire récente nous montre que l'unité ne se réalise pas par des accords au sommet, mais se forge à la base par la solidarité et l'action commune des masses populaires".

Redalinho
03/12/2005, 18h01
1976: Guerre Maroc-Algérie

http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_576/ph_576/Hassan.jpg

http://www.bourguiba.net/%20textes%20du%20livre/tex21_1.html

Le 27 janvier 1976, éclata la deuxième guerre entre l'Algérie et le Maroc. En fait, ce dernier pays affirmait ses visées territoriales sur ce Sahara, tandis que l'Algérie méditerranéenne, refusant l'extension de son voisin, aspirait à un "couloir" vers l'Atlantique, qui, outre son caractère politique et stratégique, lui permettrait d'évacuer notamment son minerai de fer de Gara Jbilet.
Faisons cependant un bref historique. Dès 1955, depuis le Caire, Allal El Fassi avait produit une carte du Grand Maroc des Almoravides qui se terminait aux frontières du Sénégal, une revendication adoptée par son parti l'Istiqlal et publiée dans son journal El Alam, (juillet 1956).
L'armée de libération marocaine envahit en 1957 la région nord du Sahara espagnol ; elle ne sera refoulée qu'en février 1958 par la Légion étrangère espagnole, aidée par des unités françaises du sud algérien et de l'AOF (Afrique occidentale française).
Le 25 février 1958, le roi Mohamed V affirmait officiellement, que son pays "poursuivrait son action pour la restitution du Sahara au Maroc", peuplé alors de quelque 75 000 âmes, selon le recensement espagnol.
Le 28 novembre 1960, naissait la Mauritanie. En 1963, l'Espagne projette d'exploiter les gisements de phosphates de Bou Craa, qui couvrent 250 km² avec des réserves de 2 milliards de tonnes à ciel ouvert, et décide de construire à El Ayoun, un quai pour des minéraliers de 100 000 tonnes, tout en édifiant à Huelva, en Espagne, plusieurs usines d'acide phosphorique.
En 1971, le général Franco - dont le gouvernement a toujours considéré le Sahara occidental comme "res nullus" (terre sans maître) au moment où les Espagnols se sont installés - et n'ayant aucunement l'intention de se dessaisir du Sahara au profit de l'un ni de l'autre, répond ainsi à la démarche du roi du Maroc qui lui rend visite à Madrid : "Ce que vous me demandez, Majesté, est un suicide auquel ni moi ni l'Espagne ne sommes disposés...". Peu après, Hassan II, recevant le ministre espagnol Lopez Bravo, lui demande : "...Donnez-moi l'engagement que vous n'accorderez pas l'indépendance au Sahara... Je suis prêt à accepter encore une présence coloniale espagnole... parce que ce territoire m'appartient..." [1] .
En septembre 1973, Franco, dans un message à l'Assemblée locale (la Jemâa) proclame que le "peuple sahraoui est le seul maître de son destin et que l'Espagne assurerait son intégrité".
En octobre 1974, par un accord secret entre Hassan II et Ould Daddah, on assiste à la partition du Sahara : Saguiet El Hamra pour le Maroc et le Rio de Oro pour la Mauritanie.
Le 10 décembre, l'Assemblée générale de l'ONU décide de soumettre l'affaire du Sahara à la Cour internationale de justice pour avis consultatif.
Le 2 novembre 1975, le prince Juan Carlos se rend à El Ayoun et déclare : "l'Espagne tiendra ses engagements au Sahara".
Le 6, c'est la "Marche verte" avec 20 000 marcheurs qui pénètrent au Sahara. Le 9, le roi annonce : "La Marche a atteint son objectif".
Le 14 novembre 1975, à Madrid, un accord tripartite est signé entre l'Espagne, le Maroc et la Mauritanie. L'Espagne acceptait de mettre fin à sa colonisation du Sahara pour le 28 février 1976, la transition étant assurée par une administration à trois : un gouverneur espagnol et deux adjoints marocain et mauritanien. On respectera toutefois "l'opinion de la Jemâa" : l'assemblée des habitants du Sahara. Une société d'exploitation des phosphates est créée : avec 65 % de participation marocaine et 37 % espagnole. D'autres arrangements conclus restaient secrets.
Aussitôt, l'accord est dénoncé durement par l'Algérie qui se sent trahie. La cassure entre les deux pays va, dès lors, précipiter les événements.
Les manœuvres ne cesseront pas, compliquant encore l'imbroglio ; la Tunisie, quant à elle, n'étant ni consultée ou informée sur une question qui intéressait pourtant l'évolution de toute la région.
Le conflit devenait inévitable. Le 28 novembre, les Marocains occupent Smara. Le 10 décembre, l'ONU décide l'organisation d'un référendum au Sahara. Le 11, 4 000 soldats marocains occupent El Ayoun. De son côté, la Mauritanie, le 19 décembre, occupe La Guerra, à sa frontière avec le Sahara espagnol.
Dans une conférence de presse, le roi Hassan II déclare : "Logiquement, j'attends qu'Alger me fasse la guerre". Le 9 janvier 1976, l'armée marocaine fait son entrée à Dakhla (ex Villa Cisneros). Elle est rejointe le 12 par les Forces armées mauritaniennes. Le même jour, les derniers éléments de la Légion espagnole quittent le Sahara.
Le 27, la guerre éclate entre les deux pays. L'affrontement est dur. La ville d'Amgala est occupée par le Maroc. Les communiqués contradictoires se succèdent, les campagnes de presse sont virulentes. Il y a grand risque que les escarmouches localisées soient dépassées et que les deux pays se dressent l'un contre l'autre.
Le 30, le Président Bourguiba nous convoque à une réunion restreinte à 9 h 45 avec Nouira, le Premier ministre, Chatti, le ministre des Affaires étrangères, Chedli Klibi son directeur de cabinet et moi même. D'emblée, le Président me désigne pour une mission urgente auprès du chef d'Etat algérien et du roi du Maroc : "Je les voyais venir, dit-il, l'enjeu est trop grand (...). Il faut essayer d'arrêter cela, autrement, les choses vont aller trop loin".
Je suis un peu gêné : essentiellement politique, cette mission délicate aurait dû revenir au Premier ministre ou au ministre des Affaires étrangères, présents à la réunion. Mais le Président n'a pas ce scrupule et n'explique même pas sa décision. Nous passons en revue, longuement, l'historique de l'affaire ; nous évaluons, sommairement, les potentialités des deux armées et jaugeons précisément les appuis extérieurs dont peuvent bénéficier l'une et l'autre partie. Bourguiba veut peser de tout son poids pour arrêter l'escalade. Il nous lit son interview au Monde (8 septembre 1974) : "J'ai dit au Premier ministre marocain qu'on était prêt à l'aider, s'il ne contrevenait pas à la décision de l'ONU d'accorder aux Sahraouis le droit à l'autodétermination...".

Redalinho
03/12/2005, 18h04
http://www.sahara-marocain.com/IMG/jpg/marche.jpg
Un avion spécial de notre compagnie est aussitôt affrêté. Nous sortons de la réunion vers 11 h 30. Je m'envole à 14 heures pour Alger et déclare au départ : "Nous avons l'espoir de voir se dissiper dans les plus brefs délais les nuages qui obscurcissent les relations entre les pays frères". A l'arrivée, je confirme le cadre de ma mission et notre cortège se dirige directement vers le "Palais du peuple" où, accompagné de notre ambassadeur Mahmoud Maamouri, je suis introduit directement auprès du président Boumediene, entouré notamment de Bouteflika, de mon homologue Ahmed Abelghani, du directeur général de la Sûreté, Ahmed Draya, et du colonel Mohamed Yahaoui.
L'audience qui va durer de 17 heures à 19 heures, me permet d'exprimer longuement nos appréhensions et le souci majeur de Bourguiba de sauvegarder la sécurité dans la région. Je laisse entrevoir que nous sommes décidés à agir aussi auprès du Maroc et conclus ainsi :
"La bonne volonté algérienne me permettra de continuer cette mission au Maroc.
Boumediene, calme mais déterminé, souligne :
- Nos rencontres au sommet, notre bonne volonté, ont été trahies par l'accord tripartite de Madrid qui réintroduit l'Espagne dans la région, et qui vise à un dépeçage et un partage du Sahara espagnol, aux dépens de tout un peuple qu'on veut lancer dans une diaspora, à l'instar du peuple palestinien. Nous aurons ainsi, bientôt, une deuxième Palestine dans la région (...) Aussi faudrait-il que nous convenions tous qu'aucun changement d'équilibre dans la région, géographique ou politique, ne puisse se faire sans l'accord de nous tous (...) L'Algérie, de toute façon, s'y emploiera (...) Mon pays est déterminé à lancer toutes ses forces dans la bataille en cas de nouvelle agression après Amgala, où nous n'avons pas voulu riposter pour éviter l'escalade (...) Tout le peuple algérien a démontré sa vigueur pendant la guerre coloniale (...) Je suis un homme de la guerre et de la montagne. Je ne pense pas que le roi du Maroc puisse renoncer, comme moi, aux fastes et aux palais".
Et ce fut ainsi, pendant deux heures entières, où je ne réussis à intervenir que sporadiquement, dans une atmosphère de plus en plus poignante : Boumediene avait besoin de se défouler... mais il semblait sincère. J'en retire la conviction qu'il est déterminé à réagir au prochain accrochage.
Il est presque 19 heures. Le chef d'Etat algérien me demande d'accepter son hospitalité pour le soir, vu l'heure tardive. J'acquiesce, bien que j'avais pensé rentrer le soir même. Je comprends que Boumediene souhaite que je prolonge la conversation avec ses collaborateurs : dîner donc organisé par le ministre de l'Intérieur et réunissant les hauts responsables civils et militaires, puis soirée tardive avec Bouteflika et Medghri, qui rappellent l'agression de 1963 lors de la "guerre des sables" et retracent les différentes péripéties des rapports algéro-marocains, quand "l'Algérie jouait le jeu pour être finalement trahie". J'en retire la conclusion que les Algériens ne pourraient accuser une deuxième défaite devant le Maroc. Je n'ai jamais autant craint l'irréparable.
Le 31 janvier, de bon matin, je repars pour Tunis où je gagne directement Carthage et où je retrouve autour du Président les mêmes interlocuteurs qu'à l'aller, à savoir : le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et le directeur du cabinet. Pendant plus d'une heure, après mon compte rendu et un long échange de points de vue, nous convenons qu'outre des conséquences imprévisibles pour la vieille monarchie marocaine et la jeune révolution algérienne et quelles que soient les ambitions expansionnistes et les intérêts économiques des uns et des autres, la Tunisie ne pouvait que redouter toute complication. Elle devait donc insister pour une trêve dans l'immédiat, et à longue échéance pour une politique de bon voisinage et de respect mutuel (...) Dans ces conditions, il fallait convaincre le Maroc de se contenter de sa victoire de Amgala et de calmer le jeu, tout en le prévenant que l'Algérie pouvait, cette fois, réagir autrement que lors de la "guerre des sables".
Contact diplomatique pris, je reprends, le soir même, l'avion spécial pour Rabat, d'où je repars sur Fès où réside Hassan II. Le dîner et la soirée permettent de faire le point avec plusieurs membres du gouvernement marocain, dont Ahmed Laraki, Taiebi Benhima, le ministre de l'Information et Moulay Ahmed Alaoui, proche du roi. Je suis très étonné par leur énervement : ils veulent en découdre une fois pour toutes avec l'Algérie, s'exaltant sur leur première victoire à Amgala. Nullement impressionné, j'imagine alors l'état d'esprit du roi ; je revois la soirée passée dans une atmosphère tendue avec les ministres algériens et adapte en conséquence ma stratégie.
Le lendemain, l'audience va durer 1 h 15. Le roi est seul, contrairement à Boumediene. Après les formules d'usage que je ne ménage pas, Sa Majesté évoque avec sympathie ma dernière visite au Maroc, deux ans auparavant.
[En effet, le 28 décembre 1973, j'arrivai au Maroc, invité par mon homologue Hadou Chiguer pour une réunion de travail ; en vérité, pour clarifier nos relations refroidies depuis quelques mois à cause d'une scabreuse affaire de calomnie rapportée par un proche du Président, qui, en réaction, avait rappelé brusquement notre ambassadeur. Je pus m'expliquer pendant toute la soirée avec le ministre marocain. Le lendemain, le roi me reçut, et sans laisser paraître le moindre signe d'acrimonie, n'a pas tari d'éloges sur Bourguiba qui, insistait-il, "avait porté sur les épaules la dépouille de Sa Majesté Mohamed V". C'était pathétique.
Au retour, le 1er janvier, le soir même, j'informai l'épouse du chef de l'Etat de la délicatesse de ma mission et de ses résultats. Le lendemain matin, le Président reçoit longuement son fils, puis le Premier ministre et moi-même. Je lui transmis le message "de respect et de fidélité" du roi Hassan II. A la sortie, j'annonçai "la prochaine relance des relations tuniso-marocaines ..."].
Cette fois-ci, en 1976, nous passons d'emblée aux problèmes d'actualité. Le roi me dit combien il est révolté et peiné par l'attitude des dirigeants algériens et décrit, brièvement mais sobrement, la situation. J'enchaîne pour exprimer notre consternation (...) et conclus ainsi :
"Le président Bourguiba souhaite, vivement et avec insistance, que l'affrontement s'arrête là, qu'on prenne un temps minimum pour calmer la tension afin de reprendre le contact et, le cas échéant, le dialogue.
Le roi m'interroge sur ma mission en Algérie :
- C'est la même que celle du Maroc (...) J'ai l'intime conviction qu'une volonté personelle immédiate et réciproque du roi Hassan II et du président Boumediene est nécessaire pour éviter l'escalade et toutes ses conséquences.
Le souverain réfléchit un instant, puis se lance, calmement, dans une diatribe contre l'Algérie pour terminer son exposé géopolitique :
- L'affaire du Sahara est maroco-mauritanienne, et les deux pays ont réussi à décider l'Espagne à partir. L'Algérie veut interférer et compliquer la situation. Vous en connaissez les raisons aussi bien que moi.
Puis Hassan II se lance dans l'historique de ses manifestations de bonne volonté à l'égard de l'Algérie, restées, assure-t-il, sans réciprocité. Il épilogue, longuement, sur l'affrontement de 1963 et sa décision, malgré une forte opposition intérieure, de céder Tindouf "comme Bourguiba l'a fait pour la borne 233.

Redalinho
03/12/2005, 18h05
http://www.marocain.biz/Mar/_maroc/_images/Marche_verte.jpg

Le roi exulte en vantant les vertus guerrières du peuple marocain :
- Le Maroc, ce faisant, défend toute la région et veut cantonner une fois pour toutes l'Algérie dans ses frontières (...) Vous êtes aussi concernés que nous.
La maîtrise du roi est impressionnante. Il martèle ses mots, sait se référer au passé pour aller au présent et revenir, avec brio, au passé, pour déterminer l'avenir. Il sait être brillant.
Mais, je ne m'égare pas et reviens au sujet :
- J'aimerais rapporter à Bourguiba votre décision d'arrêter l'escalade.
Ce qui me vaut une nouvelle tirade du roi qui proclame à la fin :
- L'armée fera son devoir.
Bouleversé par cette détermination, je prends sur moi-même d'affirmer :
- La Tunisie sera contrainte de déplorer et de dénoncer toute nouvelle complication !
- Est ce la position personnelle de Bourguiba ?
- Majesté, ma mission est nette et précise (...) Vous avez toujours rappelé les conseils de feu Sidi Mohamed V pour une concertation permanente entre les deux pays" (...) et je finis par laisser entrevoir que les Algériens sont déterminés à en découdre eux aussi.
Un pesant silence s'installe. L'audience en reste là ; Hassan II me demande de prolonger mon séjour : il veut me recevoir une seconde fois. Je rentre au palais des hôtes pour déjeuner avec quelques ministres marocains, notamment deux vieux amis, Taiebi Benhima et Ahmed Senoussi, ancien ambassadeur en Tunisie. Ils savent que je vais revoir le roi, le déjeuner est plus calme que le dîner de la veille, mais les interrogations sur cette seconde entrevue prédominent. Il est difficile de détendre complètement l'atmosphère.
Le soir, c'est vers 22 heures, que je suis réintroduit au palais de Fès. Le souverain, vêtu en chef militaire, me reçoit à un autre étage, dans un autre bureau que celui du matin et me déclare :
"Je viens de me réunir avec mon Etat-major (...) Cette enveloppe [qu'il me montre] contient mes instructions pour aller de l'avant. Nous devions occuper ce soir Bir Helou. J'ai tout arrêté provisoirement. Vous le direz à Bourguiba. J'espère qu'il obtiendra la réciprocité et qu'on ne le décevra pas (...) L'Algérie ne doit plus interférer dans les problèmes de la région dont l'équilibre géographique ou politique ne se fera pas selon ses ambitions".
Le roi veut expliquer la gravité de la décision et sa portée. Lui aussi est manifestement sincère, sa sympathie pour notre pays et son admiration pour Bourguiba sont évidentes. Dans un court échange de vues, nous convenons qu'il est urgent d'attendre la mutation de l'Algérie, qui passe par des transes révolutionnaires avant de retrouver, par la force des choses, un certain équilibre.
Il est près de 23 h 30. Je rentre au palais où vinrent d'arriver pour une même mission de bons offices, Hosni Moubarak, alors vice-président de la République égyptienne et Séoud Fayçal, ministre des Affaires étrangères d'Arabie saoudite. Nous veillons tant soit peu, nous convenons que le calme et la sérénité s'imposent. Nous devisons sur les tribulations de Kadhafi et sur le sort de l'unité arabe. Je suis agréablement surpris par le réalisme de Moubarak et la pondération de Fayçal. Le lendemain, 2 février, je rencontre le Premier ministre, et discute encore longuement avec Moulay Ahmed Alaoui qui entrecoupe ses interventions impétueuses de ses habituels traits d'humour.
J'arrive à Tunis vers 18 h 30 où je déclare à l'aéroport :
"Les recommandations du Président ont permis d'obtenir deux résultats concrets : mettre fin à une situation qui aurait pu se dégrader davantage et devenir très dangereuse pour l'ensemble de la région, et réfléchir à une solution politique et pratique pour un règlement pacifique, respectant les droits fondamentaux de chaque partie".
Nous nous retrouvons, à 19 heures, chez le Président : le Premier ministre, le directeur de cabinet, Mongi Kooli, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et moi-même. Dans mon compte rendu, je rapporte intégralement les propos du roi, je souligne "sa surprise" devant la position de Bourguiba de "déplorer et dénoncer" toute escalade. Je mets, toutefois, en valeur la bonne volonté de Hassan II et son fameux geste de "l'enveloppe" annonçant l'arrêt de l'avancée militaire marocaine. Nous étudions tous les aspects de la trêve obtenue, sa fragilité et convenons d'agir pour la préserver...
Le Président est réconforté. Il rappelle certaines de ses positions politiques dans le passé et ses bons réflexes dans de telles conjonctures. Il demande au Premier ministre de déclarer son soutien total à ma mission. A l'issue de cette longue séance de travail, Nouira déclarera : "Le ministre de l' Intérieur à fait au chef de l'Etat un compte rendu de son entretien avec Sa Majesté le roi du Maroc et a évoqué les complications qui se sont produites à la suite du problème du Sahara occidental. Ce compte rendu a été fait, selon les directives que le ministre de l'Intérieur avait reçues, auparavant, avant de quitter Tunis pour Rabat". Dans sa dernière partie, ce texte souleva la surprise de certains observateurs, il était destiné au Maroc.
Bourguiba, quant à lui, préfère appeler personnellement Hassan II au téléphone pour le féliciter de son réalisme et l'assurer de son soutien personnel. Au président Boumediene, il annonce l'arrêt des hostilités à Amgala en l'adjurant au calme et à la sérénité. Les Algériens me feront, néanmoins, le reproche de n'avoir pas fait escale à Alger, à mon retour de Rabat.

Redalinho
03/12/2005, 18h10
Conflit Libye - Algérie

http://www.cciap.pt/data/highlights/85/image/bouteflika.jpg http://www.hebdo.bf/actualite2/hebdo325/kadafi.jpg

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2004/12/05/2-16497.php (http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2004/12/05/2-16497.php)
En attendant le traçage définitif de nos frontières avec la Libye, des hommes tentent dans des conditions extrêmes de veiller sur l’intégrité de notre sol. Mission difficile, mais pas impossible pour les gardes frontières de Djanet toujours sur le qui-vive pour stopper les «incursions » des Libyens. Comme ce fut le cas à Djanet, mercredi et jeudi dernier.
Reportage réalisé par Saïda Azzouz
“Vous êtes sur le territoire algérien et il n’est pas question que vous alliez plus loin !” assène tout en y mettant la forme le commandant Ali Ouelhadj du 5e groupement des gardes frontières (GGF) au général Hassan El Kasseh, directeur de la Sécurité générale libyenne. Une réponse qui visiblement mettait très mal à l’aise l’officier libyen, qui, accompagné d’une délégation de la Commission européenne, avait franchi la limite du territoire national sans autorisation et sans que les autorités algériennes en soient informées. Son malaise est d’autant plus grand que les brigades des gardes des frontières de Djanet sont “escortées” par un groupe de reporters algériens dont les photographes n’ont pas manqué d’immortaliser l’instant et les journalistes de noter l’échange de propos entre les deux officiers. Bien que la discussion paraisse sereine, l’intransigeance de l’officier algérien exacerbe le général qui justifie cette incursion par le litige frontalier qui oppose l‘Algérie à la Libye. Tant que ce n’est pas tranché, on ne sait pas si cette partie vous appartient…”, rétorque le général El Kasseh. Le climat est tendu, les gendarmes sont sur le quivive, les militaires libyens arborant une tenue flambant neuve encadrant leurs supérieurs et la délégation étrangère manifestent une nervosité avérée. Les propos de certains d’entre eux, pourtant pas concernés par la discussion sont à la limite de l’acceptable. Imperturbable, l’officier algérien fait mine de ne rien entendre et prie le général libyen de rebrousser chemin. On frôle l’incident ! Nous sommes à 250 km de Djanet aux limites des frontières algéro-Libyennes, au lieudit Oued-Lahdjar. Une région au décor lunaire, située entre Tin Khiamine où la 5e GGF possède un poste avancé et Tin Alkoune où se trouve le poste-frontalier et un escadron de la 5e GGF, “Nous sommes ici à la demande des Libyens. Nous faisons un travail sur l’immigration clandestine dans le cadre du programme Meda, comme cela a été fait au Maroc, juge utile de nous préciser Xavier Marchal, chef de la délégation européenne au Soudan, en mission en Libye pour la Commission européenne, après nous avoir demandé quelques informations sur la distance du point d’eau “El Guelta” où la brigade de la 5e GGF que nous suivions avait passé la nuit. Un endroit à quelques centaines de mètres duquel une autre brigade en patrouille avait stoppé net les militaires libyens. Une présence qui apparemment a gêné dans son évolution vers le point d’eau la délégation qu’accompagnait le général libyen et dans laquelle se trouvait un responsable de la police des frontières française. Le jeune officier qui dirigeait cette patrouille de gardes frontières n’a pas manqué de manifester son soulagement, “Heureusement que le commandant était là ce matin, je ne sais pas si j’aurai pu gérer cette situation”, confie-t-il à un autre officier quand il verra que le général libyen ordonner à ces hommes de rebrousser chemin après avoir serré longuement la main du commandant Ouelhadj. Sur les conséquences et les retombées de ce fait “inédit” auquel nous venions d’assister très tôt dans la matinée de ce jeudi 2 décembre, le commandant de la 5e GGF refuse tout commentaire. Comme pour banaliser “l’incident” il nous rappelle ce qu’il nous avait déjà expliqué la veille : “Il faut savoir que la délimitation définitive de nos frontières avec la Libye fait l’objet du travail d’une commission mixte.... Sur le terrain, ce genre de situation est fréquent et nous faisons tout ce que nous pouvons pour qu’il n’y ait aucun incident”, nous a déclaré sur un ton qui se voulait rassurant le commandant de la 5e GGF dans l’aprèsmidi de mercredi dernier quand un véhicule libyen a tenté de nous intercepter. Alors que l’on quittait le poste avancé du col d’Anaï, où ont été conduits des clandestins nigérians arrêtés non loin de là, en direction de Oued Arkine pour rejoindre le poste avancé de Takisset, le véhicule de la gendarmerie à bord duquel nous nous trouvions a été pris en chasse par un 4X4 Pick-Up sur lequel se trouvaient des hommes qui pointaient leurs fusils en direction de notre voiture. “Ne vous inquiétez pas ce sont des gardes frontières libyens”, nous déclare sans conviction le gendarme auquel nous n’avons pas caché notre peur. Le jeune chauffeur nous demande de nous “accrocher” et suggère à son compagnon de prendre son klach, avant d’appuyer sur le champion pour rejoindre la Toyota de tête où se trouvait son officier. Ce dernier prend la décision de s’arrêter et de laisser venir le véhicule “ennemi” banalisé, à bord duquel se trouvaient des hommes sans uniforme mais armés. Une décision qui nous fait craindre le pire. Et si ce n’était pas des gardes frontières ? C’en était ! Leur “anodine” coursepoursuite ils l’ont justifiée “par un besoin d’eau”, dit, comme pour nous rassurer l’officier à qui nous avions demandé si par inadvertance on ne se trouvait pas sur le territoire libyen. Il s’avère que dans la matinée à partir de leur poste avancé d’Anaï, les Libyens avaient vu le camion-citerne des GGF qui était venu remorquer le véhicule qui nous avait lâchés la veille à Tamerzouga, alors que l’on se rendait au poste avancé du col d’Anaï où l’on devait passer la nuit et à partir duquel nous devions prendre la direction de Takisset. Mais comment être sûr d’y arriver sans fouler le sol voisin, puisque aucune route, aucune piste, aucune indication ne sont là pour nous orienter dans cet immense désert au terrain accidenté, aux oueds ensablés et aux dunes mouvantes ? Pour toute réponse le commandant Ouelhadj nous fait faire une halte à 1,5 km du poste avancé libyen, visible à partir de l’endroit où l’on se trouvait. Là il y avait une petite borne sur laquelle était inscrit “service superficie, station Mentsoub”. Un bornage temporaire que l’on retrouve tous les douze kilomètres de ce côtéci de la frontière algérolibyenne. En attendant le traçage définitif de cette lisière sur laquelle une commission travaille depuis près de dix ans, des hommes pour la plupart très jeunes travaillent dans des conditions extrêmes avec un minimum de moyens pour «garder» nos frontières. Durant 48 heures nous avons suivi une des patrouilles de la 5e GGF et rencontrer deux autres. De notre périple si l’on garde l’image d’un groupe d’hommes hors-pair, on retient aussi celle de “l’abandon” de cette région par les décideurs. 42 ans après l’indépendance tout est à faire pour permettre aux GGF de mener à bien leur mission, qui comprend également la lutte contre la contrebande et l’immigration clandestine. Sujets sur lesquels on reviendra dans une prochaine édition.

Redalinho
03/12/2005, 18h22
Conflit Maroc-Espagne sur l'Ile de Tourah en 2001

http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/maroc/images/persil.gif

Le prolongement d'une brouille qui remonte au printemps 2001

Espagnols et Marocains ont finalement rendu aux chèvres l'îlot de Leïla-Perejil. Mais, entre les deux pays, un lourd contentieux demeure

C'est un îlot minuscule: 13 hectares de rochers battus par les vagues, peuplés seulement de quelques chèvres, au large des côtes marocaines, à quelques encablures de l'enclave espagnole de Ceuta. Les Marocains l'appellent Leïla et les Espagnols Perejil (Persil). Situé dans les eaux territoriales marocaines, il n'est formellement rattaché à aucun des deux pays. Seul existait jusqu'ici un accord implicite au terme duquel aucun soldat - ni marocain ni espagnol - ne viendrait y camper. Ce qui n'empêchait pas la gendarmerie marocaine et la Guardia civil de procéder régulièrement à des patrouilles discrètes: le rocher dissimule une grotte, invisible depuis la mer, qui constitue une cache naturelle. La légende veut qu'Ulysse s'y soit caché à son retour de Troie. Aujourd'hui, elle est utilisée par les contrebandiers et les passeurs de haschisch.


La crise de Leïla-Perejil s'inscrit en réalité dans le prolongement d'une brouille qui remonte au printemps 2001. Le contentieux, qui s'est alourdi au fil des mois, est multiforme. Il y a d'abord la querelle sur les zones de pêche. Le 25 avril 2001, après plusieurs mois d'impasse, l'Union européenne renonce à renouveler son accord de pêche avec le Maroc. Cela signifie que les bateaux espagnols ne peuvent plus opérer dans les eaux marocaines. En Espagne, le coût social est important: près de 500 bateaux vont devoir rester au port, 4 000 marins sont au chômage et quelque 12 000 emplois indirects, supprimés. José Maria Aznar fustige l'attitude de Rabat.

Quatre mois plus tard, en août 2001, un membre du gouvernement de Madrid, qui doit, comme tous les étés, faire face à un nouvel afflux d'immigrés clandestins en provenance du Maroc, accuse ouvertement les policiers marocains d'avoir partie liée avec les mafias de passeurs qui font traverser le détroit de Gibraltar aux candidats à l'émigration. A l'automne, la tension monte d'un cran encore: le 28 octobre, l'ambassadeur du Maroc en Espagne est rappelé en consultation. Deux dossiers suscitent alors la colère des Marocains: les prises de position de l'Espagne sur le Sahara occidental, au moment où Paris et Washington tentent d'imposer une solution politique favorable à Rabat; la publication, dans la presse people espagnole, d'articles jugés malveillants pour le roi Mohammed VI et la famille royale marocaine.

Au début d'octobre 2001, des ONG et des partis de gauche favorables au Polisario ont en effet organisé en Andalousie un simulacre de référendum sur l'indépendance du Sahara afin d'appuyer la cause sahraouie. Au même moment, les autorités de Madrid réaffirment leur attachement à la résolution de l'ONU qui prévoit l'organisation d'un référendum d'autodétermination. Or Américains et Français militent pour le plan Baker (James Baker est le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies), qui propose un régime d'autonomie sous souveraineté marocaine. Le Maroc l'a accepté dans son principe, mais le Polisario et l'Algérie le rejettent. L'Espagne les soutient et s'efforce d'infléchir en ce sens la position de l'Union européenne, contrant le plaidoyer français pour le plan Baker.

Ce n'est pourtant pas le dossier du Sahara qui va provoquer le coup de colère de Mohammed VI et le rappel de l'ambassadeur. Dans ce climat déjà très alourdi, la publication de plusieurs articles critiquant le jeune souverain, ou faisant allusion à sa vie privée, est interprétée au Maroc comme une véritable cabale médiatique. La goutte d'eau sera l'apparition, aux Guignols de l'info, sur l'antenne espagnole de Canal +, d'une marionnette censée représenter le roi. L'ambassadeur est aussitôt prié de faire ses bagages et de regagner Rabat. Il n'a, depuis, pas rejoint son poste. De leur côté, les Espagnols ont rappelé leur représentant au Maroc le 16 juillet, quelques heures avant de débarquer sur l'îlot de Leïla-Perejil.

Pendant une dizaine de jours, du 11 au 19 juillet, ces petits trafiquants ont été privés de travail. Tout comme les pêcheurs qui viennent régulièrement, de la côte toute proche, jeter leurs filets dans les eaux poissonneuses alentour. Les Marocains, d'abord, ont envoyé sur l'île une douzaine de gendarmes, qui y ont planté une tente et le drapeau du royaume chérifien. Les Espagnols, ensuite, ont dépêché une unité de leurs forces spéciales, qui, après avoir délogé manu militari le détachement marocain, a pris sa place et hissé l'étendard ibère. Les uns et les autres accepteront finalement de rendre l'île à ses chèvres, cédant à l'amicale pression du secrétaire d'Etat américain, Colin Powell. Outre le retour au statu quo antérieur - les Espagnols ont retiré leur contingent dans la soirée du 19 juillet - l'accord négocié sous les auspices de Washington prévoit l'ouverture de discussions sur l'ensemble du contentieux entre les deux pays, dont les relations sont exécrables depuis plusieurs mois.

Le Maroc a-t-il vraiment mesuré qu'il prenait le risque d'une crise ouverte avec Madrid en envoyant ses gendarmes camper sur cet îlot? Selon nos sources, la décision a été prise lors du passage du roi Mohammed VI à Tétouan, la semaine précédant son mariage, au cours d'une conversation avec le wali (préfet) de la place, qui a ensuite, localement, donné les instructions aux gendarmes. Ni le gouvernement ni l'armée n'auraient été informés. Le souverain a-t-il cédé simplement aux instances du gouverneur soucieux de lutter contre la contrebande et l'émigration clandestine? A-t-il voulu répliquer aux Espagnols qui avaient, peu de temps avant, organisé au grand dam du Maroc des manœuvres navales au large d'Al-Hoceïma? Ou bien, comme l'en soupçonnent les Espagnols, a-t-il cherché à rappeler à Madrid la revendication marocaine sur les enclaves de Ceuta et Melilla, après les progrès intervenus dans les négociations sur Gibraltar entre Madrid et Londres? Son père Hassan II avait en effet, à plusieurs reprises (et notamment en 1979, lors de la signature d'un traité avec l'Espagne), affirmé que la question de ces enclaves, considérées depuis toujours à Rabat comme des «villes sous occupation», devrait être réglée en même temps que celle de Gibraltar.

Sans doute parce que cette opération n'a fait l'objet d'aucune vraie préparation - et aussi parce qu'ils sont convaincus que l'îlot, dont l'Espagne ne revendique pas la souveraineté, est à eux - les Marocains n'ont à aucun moment anticipé la réaction de Madrid, qui les a pris complètement de court. Or les Espagnols, qui ne doutent pas de la légitimité de leur présence en Afrique du Nord (elle remonte au XVIe siècle) se sont sentis «atteints dans leur honneur». Le 16 juillet, veille de la «reconquête», un sondage en ligne de l'édition électronique du journal El Mundo indiquait que 72% des 40 000 lecteurs ayant répondu au questionnaire étaient favorables à un recours à la force. Cet accès de nationalisme a certainement pesé dans l'attitude intransigeante adoptée par le gouvernement de José Maria Aznar. Un compromis obtenu par Washington, dont les termes étaient à peu près les mêmes que celui qui sera finalement accepté trois jours plus tard, échouera à la dernière minute, dans la nuit du 16 au 17 juillet, parce que Madrid voulait que le retrait des gendarmes marocains - accepté par Rabat - soit immédiat, «quitte à réveiller le roi»! Et puis, à cette heure-là - 4 heures du matin - l'opération militaire était lancée. Les Marocains ont, eux, vécu l'intervention espagnole comme une manifestation d' «arrogance coloniale». Ce qui risque de rendre délicat le dialogue que les deux gouvernements se sont engagés à amorcer. D'autant que Madrid exige qu'en soit exclue la question des enclaves.

Gaby511
06/12/2005, 08h54
MERCI MERCI MERCI pour ces rappels !

Papa n'est pas encore prêt à accepter les remontrances de nos frères algériens... il les considère comme des traitres...

dalila
06/12/2005, 16h01
L'Ilot leila fait partie de la carte Marocaine a l'aube de l'independance en 1956.

lakamaro
06/12/2005, 16h21
Merci pour ce post loool ...

zitoun
06/12/2005, 16h33
Attention j'attaque je suis algerien tut se qui a sur se topics et faux :092::092:

zitoun
06/12/2005, 16h34
Bien sur que je rigole:096:

fliflasoudania
06/12/2005, 23h11
MERCI MERCI MERCI pour ces rappels !

Papa n'est pas encore prêt à accepter les remontrances de nos frères algériens... il les considère comme des traitres...

tu es marocaine Gaby?

Gaby511
07/12/2005, 09h19
tu es marocaine Gaby?

Oui je suis d'origine marocaine ? Toi aussi ?

fliflasoudania
07/12/2005, 22h27
Oui je suis d'origine marocaine ? Toi aussi ?

moi aussi :clap: enchantée :biggthump
de casa ou oujda? :clap:

hakem nawal
08/12/2005, 02h00
Amusant condensé historique, mais qui n'explique toujours pas pourquoi les territoires algériens convoités par la Tunisie et le Maroc n'ont pas été réclamés à la france au préalable de l'indépendance algérienne?

En l'espèce, la France avait berné tant le Maroc que la Tunisie et c'est la réalité indéniable.

Gaby511
08/12/2005, 09h33
moi aussi :clap: enchantée :biggthump
de casa ou oujda? :clap:


Fès de mes arrières grands parents

Oujda de mes parents

Et mon beau frère est de Casa

Enchantée !!!! :awink:

Jack
08/12/2005, 10h04
http://www.ameenmalhas.com/blog/tunisie-bourguiba.gif



quel bel homme qd même !

fliflasoudania
08/12/2005, 14h45
Fès de mes arrières grands parents

Oujda de mes parents

Et mon beau frère est de Casa

Enchantée !!!! :awink:

:corkysm21 quel beau mélange! la tu es en France?

Gaby511
08/12/2005, 14h56
:corkysm21 quel beau mélange! la tu es en France?


Merci !

Je suis née en France oui

Pourquoi ? Tu n'es pas d'ici ?

fliflasoudania
08/12/2005, 15h14
Merci !

Je suis née en France oui

Pourquoi ? Tu n'es pas d'ici ?

Ah c'est super! sans indiscrétion, tu es a Paris?
Non je suis au Canada, mais l'été inchallah je retourne au Maroc!

Gaby511
08/12/2005, 15h39
Ah c'est super! sans indiscrétion, tu es a Paris?
Non je suis au Canada, mais l'été inchallah je retourne au Maroc!


Oui je suis de Paris

Alalala moi aussi Ichallah j'y retournerais l'été prochain !!! J'ai hâte ! Je ne suis partie qu'une fois

fliflasoudania
08/12/2005, 15h42
Oui je suis de Paris

Alalala moi aussi Ichallah j'y retournerais l'été prochain !!! J'ai hâte ! Je ne suis partie qu'une fois

oooo ma pauvre ça doit vraiment te manquer....
moi j'y étais en avril et ça me manque graaave!
Tu vas aller a Rabat et Casa?

Redalinho
08/12/2005, 16h18
Genèse d'un mouvement né de la guerre froide
http://www.lejournal-hebdo.com/IMG/gif/Decry-Algerie.gifUne partie des cadres de l'Armée de libération nationale (branche Sud) avait été séduite par le modèle socialiste algérien. C'est de cette mouvance, ou plutôt de l'action des fils de ses membres, que devait naître, au début des années soixante-dix, une petite organisation indépendantiste de gauche qui, lors d'un congrès tenu à Nouakchott (Mauritanie) prenait, le 10 mai 1973, le nom de Frente Popular de Liberación del Saguía el Hamra y Río de Oro, ou Frente Polisario. Lors du deuxième congrès du Front, Mustapha Sayed El Ouali en devenait Secrétaire général et le Front se dotait d'une branche armée, l'APLS (Armée de libération populaire sahraouie). Il est important pour mieux comprendre la genèse du Polisario de replonger dans l'atmosphère de ces années soixante-dix.
Au plan géopolitique
Le monde était alors coupé en deux par la Guerre froide, chaque camp s'ingéniant à miner les positions de la partie adverse par tous les moyens possibles.
Au plan idéologique
La jeunesse s'agitait et elle s'organisait en mouvements radicaux ou rejoignait en masse les rangs des organisations combattant pour un « monde nouveau ».
Au plan régional
Le Maghreb était traversé par le sourd conflit qui opposait l'Algérie et le Maroc et qui avait donné lieu, en 1963, à un court conflit armé resté dans l'histoire sous le nomade Guerre des sables. Depuis plusieurs années, Alger, qui avait été vaincu et humilié par Rabat, attendait l'occasion de prendre sa revanche sur son rival marocain. Idéologiquement, les deux adversaires campaient sur des positions diamétralement opposées qui contribuaient à accroître leur antagonisme. L'Algérie, sortie dix ans plus tôt d'une sanglante guerre de libération, était encore toute auréolée du prestige des maquis et de la lutte du FLN. Elle incarnait le tiers-monde en marche, dressé contre « l'impérialisme » occidental. Le Maroc, lui, était fier d'appartenir au « Monde libre » et se voulait un allié fidèle des Etats-Unis et de la France. Pour les Soviétiques comme pour les Algériens, il représentait la quintessence de « l'ennemi » au sein d'un Maghreb qui pouvait, si on y mettait un peu d'énergie et quelques moyens, basculer entièrement dans le « camp progressiste ».


Source : ESISC

Gaby511
08/12/2005, 16h26
oooo ma pauvre ça doit vraiment te manquer....
moi j'y étais en avril et ça me manque graaave!
Tu vas aller a Rabat et Casa?


Je vais presque toute les villes ! 1 mois 1/2 de sillonnage puis Inchallah j'irais également à Oran en Algérie pour voir des amis à mon papa

Oui ça me manque...

Gaby511
08/12/2005, 16h26
*je vais visiter ...

WAHRANIA
08/12/2005, 16h51
Je vais presque toute les villes ! 1 mois 1/2 de sillonnage puis Inchallah j'irais également à Oran en Algérie pour voir des amis à mon papa

Oui ça me manque...
si tu vas a oran tu vas pas etre décue!! si tu veux je te servirai de guide!

Gaby511
09/12/2005, 09h01
si tu vas a oran tu vas pas etre décue!! si tu veux je te servirai de guide!


Salut !!!!


C'est vrai ?

J'espère Inchallah alors

Mon grand-père est enterré à Oran. Il était professeur et a vécu à Oran trsè jeune... et il est mort très jeune aussi (40 ans)

Tu vis à Oran ?

WAHRANIA
09/12/2005, 13h20
Salut !!!!


C'est vrai ?

J'espère Inchallah alors

Mon grand-père est enterré à Oran. Il était professeur et a vécu à Oran trsè jeune... et il est mort très jeune aussi (40 ans)

Tu vis à Oran ?
non je suis née et j'habite en région parisienne mais j'y vais tous les ans donc je connais très bien.

Gaby511
09/12/2005, 13h25
non je suis née et j'habite en région parisienne mais j'y vais tous les ans donc je connais très bien.


Comme moi donc, moi aussi j'habite Paris

J'irais en Août ! Peut-être que tu n'y seras pas ?! :confused:

Raziela
09/12/2005, 13h26
non je suis née et j'habite en région parisienne mais j'y vais tous les ans donc je connais très bien.


kiraki wahrania ,,,,,,anaya raya,,,,,bent el hemri ouala
a m'dina el jedida?

dalila
09/12/2005, 14h03
Salut !!!!


C'est vrai ?

J'espère Inchallah alors

Mon grand-père est enterré à Oran. Il était professeur et a vécu à Oran trsè jeune... et il est mort très jeune aussi (40 ans)

Tu vis à Oran ?

Enchantee Gaby

Gaby511
09/12/2005, 15h31
Enchantee Gaby


Bonjour Dalila

Enchantée également !

J'apprécie les contacts conviviaux ! ça change ! :088: