Raziela
02/12/2005, 19h14
Dans toute communauté instituée, des règles s'imprègnent en organisation, pour célébrer un événement. Les rites célébrés à l'occasion de l'avènement du premier Jour de l'An ont acquis une grande importance.
La célébration du premier Jour de l'An « Amenzu Yennayer », en région berbère, obtint une notoriété au point où elle est qualifiée comme étant une solennité communautaire, tel Achoura.
Chez les berbères, la célébration du Jour de l'An est marquée par deux rites : sacrifice propitiatoire et le souper de l'année « Imensi useggas ». Cette tradition s'annonce comme objet à orienter une force occulte vers une action bien déterminée.
A ce sujet, H. Genevois, dans son exposé Valeur et sang, écrit : « Soit pour l'acquisition ou la confession d'une chose de particulière que l'on entreprint pour inaugurer un travail que l'on entreprend, soit pour une nouvelle étape de sa vie. »
Sacrifice propitiatoire : C'est une cérémonie événementielle dans la famille qui a comme action de vénérer la force divine. Comme le démontre un proverbe amazigh : « Win yezlan rrich demnegh-as lâich » (A qui égorge une bête à plume, je garantie sa subsistance).
Pourquoi une bête à plume ? D'après ce qui est raconté, l'immolation spécialement de la volaille est indiquée par le Tout puissant, suivant une légende. On comprend que Dieu, une fois, envoya au ciel à Sainte Marie un pigeon, pour apaiser sa faim, lors de sa retraite volontaire, pour échapper à la colère de ses frères. Cette légende a crée la tradition, que l'immolation doit être une volaille dont les vertus prophylactiques sont, particulièrement efficaces. Du moins c'est ce qui est pensé. Alors, le coq est choisi par la majorité des pratiquants des rites. Sinon, à défaut, on choisit le lapin.
Et, comme caractéristique marquant la famille kabyle (taârift), les membres composant la famille sont regroupés sous un même toit, car on peut constater jusqu'à quatre générations regroupées comme un bloc soudé ; De ce phénomène marquant, surgit l'incapacité de satisfaire par l'immolation d'un coq toute composante familiale, en cette circonstance une exception est promulguée par les Sages : « Certaines familles nombreuses... immolèrent une victime plus importante, spécialement un chevreau (aqelwach). » Le chevreau aussi, est une bête de possession de propriété prophylactique ; Cette pratique aussi, est appuyée par un asefrou : « Lwehche itekkes lwehche » (le féroce ôte la peur).
En ce qui concerne les démunis, qui vivent le manque, on prépare une soupe, conçues par des légumes secs appelés (Irelman ou uftiyen). Ce plat représente une valeur pour exorciser les influences malfaisantes. et rendre la cérémonie plus complète. A ce sujet un asefrou dit : « Chyadh itsqabal achayadh » (le rôti, affronte les maladies).
A cela s'ajoute la préparation des beignets (lesfendj, tihbal, lekhfaf) ou de crêpes (aheddour, tughrifin, achebbadh). Comme c'est remarqué, sur les appellations données aux plats, la différence existe en nom d'une région à une autre. Sinon le procédé en fabrication est similaire. A Taguemmount Azouz, à la préparation de Aheddour, on choisit une crêpe qu'on perce autant de fois qu'il y'a de mois. Une fois la crêpe est mise au feu, on attend d'où surgira la vapeur pour qualifier ce mois - auquel correspond le trou - de pluvieux. A Djemaa Saharidj, les beignets (lesfendj) sont réservés au lendemain, pour être consommé.
Le souper de l'année : Le souper de l'année, est un signe qui fait appel à l'abondance alimentaire. Il est inconvenant pour une ou l'autre famille de montrer des signes d'aisance, tout le monde doit être sur le même pied d'égalité que son prochain.
Imensi useggas, est fondamentalement un repas de fête. Dans certaines régions on arrive même à fabriquer et à garder de côté une part, destinées spécialement aux filles mariées et à la leur porter. Comme il existe aussi dans d'autres endroits que la femme et l'homme se réunissent autour du même plat, une exception qui surgit uniquement au cours de Imensi useggas.
Le plat en cette occasion est le couscous arrosé de légumes secs et de viandes. A Taourirt Menguellat, on destine une pensée à tout le monde, même aux absents ; on dispose des cuillères autour du plat, aux présent comme aux absents. Et le plat (aqhih) ne doit pas être ni vidé ni nettoyé jusqu'au lendemain. Ce geste relève du fait que tout le monde doit profiter jusqu'à la fourmi. Tandis que à Ighil Ali, on y consomme le couscous de peur de l'envahissement des réserves de grains par les insectes et les fourmis.
Pour caractériser l'ambiance, des rites de prophylaxie corporelle sont organisées. A Djemaa Saharidj, Taourirt Mimoun… On applique sur les sourcils de genêt (timmi s tmetti n uzezzu). Ce rite est pratiqué pour renforcer la vue. Comme l'explique aussi E.Westermark dans son livre Survivances païennes dans la civilisation mahométane : « Quand approche la nuit, on fait un lion. Deux hommes ; placés l'un devant l'autre...Les jeunes gens cherchent un tellis dont ils revêtent et qu'ils fixent à l'aide de tresse d'alfa... alors l'individu, placé devant, se met à rugir dans un mortier qu'il tient à la main. La marmaille emmène le lion dans des maisons et dans les tentes où il effraye les petits enfants. Les jeunes gens disent aux habitants 'donnez-nous pour le dîner du lion'. On leur donne des figues sèches et des beignets. »
A Khemis ; près de Tlemcen, comme a Djemaa Saharidj, le carnaval y trouve une place importante aussi. Des enfants se promènent dans les rues, en portant une tenue vestimentaire conçue spécialement en cette occasion, et un masque fabriqué à base de citrouille. Le chef du groupe est appelé Bou âfif, qui a valeur de père noël, muni d'un tambour frappe dessus en quémandant, et tout en répétant la phrase d'usage. Le ramassage des dons est l'affaire des enfants.
Il n'y a mieux, pour terminer cet article qu'un passage extrait du Fichier berbère, cité par H.Genevois : « Laisser un peu de nourriture dans le plat... désire-t-on ne pas briser le cours de l'abondance si bien commencée ? »
La célébration du premier Jour de l'An « Amenzu Yennayer », en région berbère, obtint une notoriété au point où elle est qualifiée comme étant une solennité communautaire, tel Achoura.
Chez les berbères, la célébration du Jour de l'An est marquée par deux rites : sacrifice propitiatoire et le souper de l'année « Imensi useggas ». Cette tradition s'annonce comme objet à orienter une force occulte vers une action bien déterminée.
A ce sujet, H. Genevois, dans son exposé Valeur et sang, écrit : « Soit pour l'acquisition ou la confession d'une chose de particulière que l'on entreprint pour inaugurer un travail que l'on entreprend, soit pour une nouvelle étape de sa vie. »
Sacrifice propitiatoire : C'est une cérémonie événementielle dans la famille qui a comme action de vénérer la force divine. Comme le démontre un proverbe amazigh : « Win yezlan rrich demnegh-as lâich » (A qui égorge une bête à plume, je garantie sa subsistance).
Pourquoi une bête à plume ? D'après ce qui est raconté, l'immolation spécialement de la volaille est indiquée par le Tout puissant, suivant une légende. On comprend que Dieu, une fois, envoya au ciel à Sainte Marie un pigeon, pour apaiser sa faim, lors de sa retraite volontaire, pour échapper à la colère de ses frères. Cette légende a crée la tradition, que l'immolation doit être une volaille dont les vertus prophylactiques sont, particulièrement efficaces. Du moins c'est ce qui est pensé. Alors, le coq est choisi par la majorité des pratiquants des rites. Sinon, à défaut, on choisit le lapin.
Et, comme caractéristique marquant la famille kabyle (taârift), les membres composant la famille sont regroupés sous un même toit, car on peut constater jusqu'à quatre générations regroupées comme un bloc soudé ; De ce phénomène marquant, surgit l'incapacité de satisfaire par l'immolation d'un coq toute composante familiale, en cette circonstance une exception est promulguée par les Sages : « Certaines familles nombreuses... immolèrent une victime plus importante, spécialement un chevreau (aqelwach). » Le chevreau aussi, est une bête de possession de propriété prophylactique ; Cette pratique aussi, est appuyée par un asefrou : « Lwehche itekkes lwehche » (le féroce ôte la peur).
En ce qui concerne les démunis, qui vivent le manque, on prépare une soupe, conçues par des légumes secs appelés (Irelman ou uftiyen). Ce plat représente une valeur pour exorciser les influences malfaisantes. et rendre la cérémonie plus complète. A ce sujet un asefrou dit : « Chyadh itsqabal achayadh » (le rôti, affronte les maladies).
A cela s'ajoute la préparation des beignets (lesfendj, tihbal, lekhfaf) ou de crêpes (aheddour, tughrifin, achebbadh). Comme c'est remarqué, sur les appellations données aux plats, la différence existe en nom d'une région à une autre. Sinon le procédé en fabrication est similaire. A Taguemmount Azouz, à la préparation de Aheddour, on choisit une crêpe qu'on perce autant de fois qu'il y'a de mois. Une fois la crêpe est mise au feu, on attend d'où surgira la vapeur pour qualifier ce mois - auquel correspond le trou - de pluvieux. A Djemaa Saharidj, les beignets (lesfendj) sont réservés au lendemain, pour être consommé.
Le souper de l'année : Le souper de l'année, est un signe qui fait appel à l'abondance alimentaire. Il est inconvenant pour une ou l'autre famille de montrer des signes d'aisance, tout le monde doit être sur le même pied d'égalité que son prochain.
Imensi useggas, est fondamentalement un repas de fête. Dans certaines régions on arrive même à fabriquer et à garder de côté une part, destinées spécialement aux filles mariées et à la leur porter. Comme il existe aussi dans d'autres endroits que la femme et l'homme se réunissent autour du même plat, une exception qui surgit uniquement au cours de Imensi useggas.
Le plat en cette occasion est le couscous arrosé de légumes secs et de viandes. A Taourirt Menguellat, on destine une pensée à tout le monde, même aux absents ; on dispose des cuillères autour du plat, aux présent comme aux absents. Et le plat (aqhih) ne doit pas être ni vidé ni nettoyé jusqu'au lendemain. Ce geste relève du fait que tout le monde doit profiter jusqu'à la fourmi. Tandis que à Ighil Ali, on y consomme le couscous de peur de l'envahissement des réserves de grains par les insectes et les fourmis.
Pour caractériser l'ambiance, des rites de prophylaxie corporelle sont organisées. A Djemaa Saharidj, Taourirt Mimoun… On applique sur les sourcils de genêt (timmi s tmetti n uzezzu). Ce rite est pratiqué pour renforcer la vue. Comme l'explique aussi E.Westermark dans son livre Survivances païennes dans la civilisation mahométane : « Quand approche la nuit, on fait un lion. Deux hommes ; placés l'un devant l'autre...Les jeunes gens cherchent un tellis dont ils revêtent et qu'ils fixent à l'aide de tresse d'alfa... alors l'individu, placé devant, se met à rugir dans un mortier qu'il tient à la main. La marmaille emmène le lion dans des maisons et dans les tentes où il effraye les petits enfants. Les jeunes gens disent aux habitants 'donnez-nous pour le dîner du lion'. On leur donne des figues sèches et des beignets. »
A Khemis ; près de Tlemcen, comme a Djemaa Saharidj, le carnaval y trouve une place importante aussi. Des enfants se promènent dans les rues, en portant une tenue vestimentaire conçue spécialement en cette occasion, et un masque fabriqué à base de citrouille. Le chef du groupe est appelé Bou âfif, qui a valeur de père noël, muni d'un tambour frappe dessus en quémandant, et tout en répétant la phrase d'usage. Le ramassage des dons est l'affaire des enfants.
Il n'y a mieux, pour terminer cet article qu'un passage extrait du Fichier berbère, cité par H.Genevois : « Laisser un peu de nourriture dans le plat... désire-t-on ne pas briser le cours de l'abondance si bien commencée ? »