PDA

Voir la version complète : Les savants de Tlemcen


Algerianbeauty
01/12/2005, 22h42
Et oui Tlemcen fut une ville qui concentra énormément de savants....

"La grande Medersa Tachfiniya fut le siège où l'on enseignait toutes les sciences connues en ce temps et où affluaient des étudiants venus de toutes parts.
L'on dispensait, sur le conseil avisé du Roi, un enseignement basé surtout sur la tolérance ouverte à tous les esprits, permettant ainsi l'éclosion de nouvelles méthodes d'enseignement, qui ont produit une élite savante qui se propagea, bénéfique à l'humanité.
Cette Medersa de style architectural particulier, se surpassait par ses merveilles, et celles de son institution du savoir. El' Thénéssy rapporte la description de la fameuse Medersa au "style très particulier, et unique à l'échelle Occidentale.
A l'intérieur, elle était décorée par la fameuse rosace de type Andalou en fousaifiset (sorte de fragments d'email découpés en plusieurs coloris savamment agencées qui reflétaient un éblouissant éclat de la lumière du jour). Tous ceux qui pénétraient en ce lieu étaient émerveillés par la beauté de son éclat."
Omar Lachachi

Ce magnifique symbole de la civilisation Ziyanide a aujourd'hui disparu.



El Koudiya
Située sur une collline El'Koudiya est réputée comme centre de savoir mais surtout comme observatoire astronomique.
Sur son sommet, les astronomes observaient le mouvement des astres.
En bas, la Mosquée "Dar' El Moudjadala" servait aux débats scientifiques.
Les savants s'y réunissaient périodiquement suivant les saisons et se consacraient à débattre de notions différentes, et d'astronomie en particulier.

Citation du livre Le passé prestigieux de Tlemcen de Omar Lachachi



De tout temps, Tlemcen a attiré des hommes de foi et de savoir. On a recencé plus de 200 savants pendant la période des Zianides. Les savants tlemceniens étaient particulièrement renommés dans l'astrologie, voici quelques biographies des plus connus.

Ibrahim Ben Qacim Ben Saïd Ben Mohammed el-Oqbany
Il naquit à Tlemcen en 1405. Ce grand savant portait le surnom d'Abou Salim et était le fils du pontife de l'Islam, le muphti du peuple musulman, Abou'l-Fadhl Qacim.
Après avoir fait ses études sous la direction de son père et d'autres savants de Tlemcen, il se fit remarquer par son savoir, par les livres qu'il composa et par les fetoua qu'il rendit. Nommé juge après la destitution de son neuveu Mohammed Ben Ahmed Ben Qacim el Oqbany, il ne tarda pas à s'élever à la dignité de cadi de la communauté de Tlemcen.

Mohammed Ben Abdallah Ben Abd el Djalil et Tenessy
Né au début du XV° siècle, ce jurisconsulte, ce hafidh, cet homme lettré et ami de l'étude, a été l'un des plus grands, des plus illustres et des plus profonds savants de la ville de Tlemcen. Il était célèbre par sa science, à son époque. On rapporte que le cheikh sidi Ahmed Ben Daoud el Andaloucy, ayant été interrogé, après son départ de Tlemcen, sur le mérite particulier des savants de cette ville, répondit : "La science est l'apanage d'Et Tenessy, la piété caractérise Es-Snoûsi, et c'est à Ibn Zekri qu'appartient l'excellence du professorat".
On lui doit les ouvrages suivants :
Le Collier de perles et d'or vierge ou Histoire de la dynastie des Beni-Zian
Le Brodeur
La Récréation des âmes
Longue réponse à la question des Juifs de Touat (dans laquelle il a déployé une grande érudition).

Ibrahim En Yekhlef Ben Abd es Salam Et Tenessy Et Matmaty
Né au IX° siècle, il fut le plus habile professeur et le plus illustre juriscoonsulte de tout le Maghrib. De Tlemcen et de toutes les villes de l'Ifriqiya, on lui écrivait pour le consulter. Il est l'auteur d'un commentaire sur le Talqîn (initiaition) d'Abd el Ouahhad en dix volumes, commentaire qui a disparu pendant le siège de Tlemcen. Le sultan Ya'moracen avait insisté auprès de lui pour qu'il vint se fixer à Tlemcen, mais il avait toujours refusé, se contentant d'y paraître en visiteur et d'y séjourner un mois, après quoi il s'en retournait à Ténès, sa ville. Lors de l'affaire des Maghraoua, il se décida cependant à chercher un refuge dans la capitale, où les juristes s'empressèrent de lui faire leur visite.
Le sultan se rendit aussi auprès de lui et le supplia de nouveau de s'établir à Tlemcen, le cheikh accepta et se fixa définitivement dans la capitale, où il ouvrit un cours d'enseignement qui attira une foule innombrable d'auditeurs : on venait même de toutes les parties de l'Orient et de l'Occident pour profiter de ses doctes. Dans ses voyages, il eut l'occasion, soit en Egypte, soit en Syrie, de rencontrer des savants qui avaient été les compagnons d'Abou'l Hacen. Pour la science des tradtions, il suivit les leçons d'Ibn Koheïla. A Tunis, il eut pour maîtres une foule de savants ; au Caire, il étudia le Mahsoul (de l'imam Er Razy).

Ibrahim Ben Mohammed Ben Ali el Lenty et Tazy
Né au IX° siècle, vient de la ville d'Oran et portait le surnom d'Abou Salim. Ce docte imam fut un éloquant poète, un savant à la conscience délicate et scrupuleuse, un homme de bon conseil, l'auteur de prodiges et d'actes merveilleux.
Il a écrit un grand nombre d'écrits sur le droit et ses fondements et tradtions, superbement calligraphiés de sa main.
Il était originaire des Beni Lent, tribu berbère de Taza d'où son nom éponyme. Il a notamment écrit la pièce : Conseil complet donné aux grands et au vulgaire.

Mohammed Ben Youçof Ben Omar Ben Choaïb Es Senoûsi el Hacény el Tlemcény
Plus connu sous le nom Es Senoûsi. D'après ce que prétend son disciple El Mellaly, il était originaire de par son père des Beni Snous et par sa mère de Hacèn fils d'Ali, fils d'Abou Talib. Il naquit à Tlemcen, dont il fut le savant, l'homme pieux, lascète et le grand personnage. Ce savantissime et habile cheikh était fils du vertueux cheikh Abou Yaqoub Youçof Es Senousi. Dés sa jeunesse, il se fit remarquer par ses excellentes qualités. Il maitrîsait la science de l'astrologie.
Son disciple, Abou Abdallah el Mellaly a réuni dans un grand ouvrage d'envrion seize cahiers, intitulé Les dons très saints relatifs aux vertus du docteur Es Senousi, toutes les particularités de sa vie. En voici un extrait retranscrit par Ahmed Baba :
" Quant aux sciences non mystiques, on peut dire qu'Es Senousi en avait acquis la part la plus considérable, ce qu'il avait obtenu dans le partage des principes fondamentaux et secondaires de ces sciences non seulement sa propre part, mais encore toutes les autres. Lorsqu'il enseignait une science, ses auditeurs étaient tentés de croire qu'il n'en connaissait pas d'autres, tellement il en parlait savamment. C'était surtout en métaphysique et en unitarisme qu'il était remarquable. Voici ce que dit Cheikh Es Senousi concernant cette dernière :
" Parmi les sciences non mystiques, il n'y en a qu'une seule, celle de l'unitarisme, qui puisse donner à l'homme la connaissance de l'essence de Dieu et l'amener à la contemplation du Très-Haut ; c'est grâce à cette science que l'homme pourra comprendre toutes les autres ; mieux il la possèdera, plus il craindra le Seigneur et s'en approchera". "
Il fut le personnage dont la science fut la plus profitable. Il écrivit plus de quarante recueils, articles et commentaires dont voici quelque uns :
- Grand commentaire sur le Haufiya intitulé : Ce qui rend accessible et facile l'étude du livred'el Haufy et épuise les questions qui y sont traitées, c'est un gros volume rempli d'érudtions qu'il écrivit à l'âge de 19ans.
- Article sur la foi majeur, qui fut son premier essai dans la science de l'unitarisme.
- Article sur La foi mineur qui comprend 6 cahiers est l'un des plus beaux traités écrits sur la matière. Cet article de foi ne peut être mis en parallèle avec aucun autre. Quelqu'un a raconté ce qui suit : "Je venais, dit-il, de perdre un de mes parents, et je le vis en songe après sa mort, et je lui demandai des nouvelles de son état : "je suis entré au paradis, me répondit-il, et j'y ai vu mon seigneur Abraham , occupé à faire lire aux enfants l'Article de foi d'Es Senousi ; ceux-ci l'avaient copié sur leurs tablettes et l'apprenaient comme leçon en la lisant à haute voix" ".
- Un commentaire du Djawahir el 'Oloum (Joyaux des sciences), qui est un traité de théologie scolatique composé par Adhel ed Din, selon la méthode des philosophes ; c'est un magnifique ouvrage sur la matière, mais il est très difficile à comprendre.


Source : citedetlemcen.free.fr

Algerianbeauty
01/12/2005, 22h46
El Aboly : Mohamed ben Ibrahim ben Ahmed el Abdéry plus connu sous le nom d’El Aboly est né à Tlemcen. C’est un mathématicien éminent, il a enseigné à Tlemcen, et dans divers cours royales du maghreb. Parmi ses disciples le très savant el Maquarri.

El Habbak : Mohamed Ben Ahmed Ben Abou Yahia plus connu sous le nom d’El Habbak. Eminent arithméticien, versé dans le code des successions, il excellait dans la science de l’Astolabe. Il a composé un poème intitulé " Objet des désirsdes étudiants touchant la science de l’astrolabe ", il est aussi l’auteur d’un commentaire sur le Telkhis d’Ibn El Benna et d’une mise en vers de la Rissala sur l’astrolabe. Il mourut selon El Ouenchericy en 1462.

Source : Université de Tlemcen

Algerianbeauty
01/12/2005, 22h49
Sid-Ahmed BOUALI

Entre la Medersa de Sidi-Bouabdellah et l’Ecole Franco-Arabe de Tlemcen (1ère Partie)

Le Petit Tlemcénien n°7



Sid-Ahmed BOUALI, comme à l’accoutumé, traversait la place de la grande mosquée de Tlemcen, mais ne pouvant passer depuis un certain nombre d’année par la rue des sept arcades annexée par des services administratifs, il contournait alors la grande mosquée et se dirigeait vers la rue Idriss pour marquer une halte quotidienne chez un de ses amis de toujours qui ne pouvait être qu’un imprimeur.

Ce mercredi 19 juillet 2000, il s’attarda pour saluer de plus près, ceux qui d’habitude il ne leur offrait qu’un simple geste de la tête, avant de se frayer son chemin en s’aidant de plus en plus de sa canne. « Mohammed ! n’oublies pas le 21 juillet cette année. C’est le 80e anniversaires de Mohammed DIB ! » me lança t-il cette fois-ci.

Ce 21 juillet 2000 Sid-Ahmed BOUALI reposait pour l’éternité dans le panthéon de Sidi-Es-Snoussi Tlemcen sous l’olivier familial, à mi-distance du président Sidi Zkri et du Sage Sidi-es-Snoussi.

Une autre figure de Tlemcen venait de disparaître d’une cité qui avait mal vécu de ses intellectuels, ceux qui avaient mis tant d’espoir pour redorer le blason d’or des legs de leurs aïeux dans lequel tout le pays devait s’y retrouver nécessairement.

La première fois que Sid-Ahmed est sorti de la maison familiale où il est né un 27 janvier 1931, il s’est trouvé face à un coin de bâtisse blanche vers lequel convergeait un croisement, l’un venant de la rue de Paris, l’autre se terminant dans la rue de la Bataille de Stalingrad.

Très jeune Sid-Ahmed fut subjugué par les contes tlemcéniens que sa mère lui racontait et il en garda dans sa mémoire quelques-uns uns qu’il put offrir à la langue française, dans un parfum de lys et de basilic, notamment sa Princesse aux yeux de velours, le Rêve de la Vieille Maman, ou un rêve de sang, qui deviendront « La princesse et l’Oiseau » édité en avril 1982. Il ne cessait de raconter les histoires d’enfant que sa mère lui avait patiemment inculquées :Le Lion et la souris, la jeune fille devenue gazelle, la vache des orphelins, les sept filles et l’ogresse, les deux frères le singe et le bâton, l’enfant et le rossignol, le coq l’agneau et le lion, le renardeau, le roi et la sorcière, la jeune fille aux joues roses, méquidèche etc…Plusieurs de ces contes ont été imprimés en arabe et mis en vente à la grande joie des enfants de sa cité.

Adulte, Sid-Ahmed préférait longer la bâtisse et prendre l’autre coin de rue vers le Mechouar. Face au dos du Mihrab de la Mosquée de Sidi-Brahim, Sid-Ahmed s’arrêtait devant une maison arabe Dar Mebkhout qui fut la première Ecole Franco-Arabe inaugurée en 1871.

C’est dans cette école Franco-Arabe devant laquelle Sid-Ahmed passait tous les jours que se développa l’idée du concept de Franco-Musulman qui allait être matérialisé au début du siècle par les Medersas de Tlemcen, de Constantine et d’Alger pour former les futurs auxiliaires à l’administration française pour la gestion du statut personnel des « indigènes ».

Des fois, Sid-Ahmed remontait la rue de Paris pour rejoindre la rue Ibn-Khamis avec ses écoles françaises et de se retrouver près de la Mosquée de Sidi-Brahim.

D’autres fois, Sid-Ahmed traversait le Matmar par « la grande Maison » de Mohammed DIB, longeait la Mosquée-Medersa des Oulad Al-mâm et se retrouvait près de l’Ecole Jules-Ferry et l’Ecole Decieux. Revenons avec Sid-Ahmed au coin de la bâtisse blanche face à la maison familiale où sont enterrés à la fois un Maître de son époque, Sidi Mohammed Abou-‘Abdellah Ech-Cherîf et Tilimçani et Abou Ya’qoûb, le père de Abou Hamou Moussa II ainsi qu’Abou Saïd, le frère d’Abou Ya’qoub.

C’était l’époque où les hommes du pouvoir recherchaient la compagnie pour l’au-delà des savants de leur temps. C’est ainsi que Yaghmouracen avait choisi Ibn MERZOUK comme compagnon dans Dar Er-Râha, au coin de la Grande Mosquée avec cette ouverture minuscule au mur donnant à l’intérieur sur le lieu où depuis toujours le Coran est psalmodié par des tolbaq et ce, à leur grande quiétude sans être dérangé par quiconque.

Cette bâtisse blanche que Sid-Ahmed apercevait chaque fois qu’il sortait de chez lui n’est qu’une partie de ce que fut la Medersa Al-Yaqoûbiyya qui s’étendait vers le Cinéma Rex actuel et comprenait la Mosquée de Sidi-Brahim et le Mausolée Royal des Bani-Ziyyane où repose avec eux l’un des Boabdils, un des derniers rois de Grenade dont l’épitaphe fait toujours l’objet d’une recherche puisqu’elle n’est jamais retournée à Tlemcen depuis qu’elle fut expédiée pour une Exposition Universelle tenue à Paris.

Beaucoup plus que la personnalité de Sidi- Bou’abdellah, Sid-Ahmed BOUALI méditait sur El-Abilî, le maître de Sidi- Bou’abdellah, de Ibn Khaldoun et de tant d’autres. La personnalité pédagogique d’El-Abilî passionnait Sid-Ahmed à un tel point qu’il lui consacra un article dans la Revue El-Hindiss N°11/12 en 1981.

« Les deux Sièges de Tlemcen » lui permirent de retracer la saga de sa cité face à l’envahisseur comme aucune autre cité dans le monde ne put en endurer.

Le 1er siège effectué par Abu Ya’qoub Youcef du 5 mai 1299 au 10 mai 1307 et le second siège fut levé par Aboul-Hassen’Ali d’août 1337.

Le Palais du Méchouar le passionnait et il nous laissa une description des automates qui garnissaient les demeures de ce Palais dans un autre article publié dans la Revue El-Hindiss N°6 en 1980 – De la Mangâna de Tlemcen au Maître de l’heure.

Ses lectures sur les intrigues du Méchouar l’amenèrent à considérer qu’il n’y avait peut-être pas eu d’autres exemples dans l’histoire de l’humanité d’une période aussi troublée aussi agitée par les discordes et les déchirements intérieurs que le furent les quarante années qui suivirent la mort d’Abou Hamou Moussa II de 79 H. Jusqu’à l’avènement de son dernier fils en 834 H. N’ayant pu intégrer toutes les données sur cette période à partir de ses seules sources en langue française, il se résigna à abandonner la narration de la saga tlemcénienne commencée par le siège de 1299.

Le livre tenait une place de choix dans son existence. « Malgré les succès fracassants des moyens de communication audio-visuels, l’invasion presque indécente de l’image dans l’intimité de nos foyers, le livre tient encore une place de choix, aussi solide que discrète, parmi les médias…En fait, tous les bienfaits, tous les progrès du monde moderne, les lois, les mœurs, les techniques, les merveilleux pouvoirs dont est doté l’homme d’aujourd’hui, ont eu pour point de départ des livres et leur diffusion. »

Il nous laissa une petite introduction à la musique classique algérienne, éditée en 1968 et préface par Mahmoud BOUAYED, suite au succès rencontré par le festival de musique classique algérienne organisé durant le Ramadhan 1386 H soit 1966/1967.

Les sources françaises de l’Histoire de Tlemcen que Sid-Ahmed BOUALI aimait citer avec beaucoup d’érudition rappelant toujours le nom de l’éditeur, l’année du tirage, parfois le format et le nombre de pages de l’ouvrage, et qu’il souhaitait voir ré-éditer parce que rarissimes et très recherchés mais surtout indispensables à tout chercheur dans l’histoire de sa cité étaient principalement :

- J.J.L. BARGES : Tlemcen, ancienne capitale du royaume de ce nom.

- J.J.L. BARGES : Complément de l’Histoire des Béni-Zeiyan, rois de Tlemcen.

- CH. BROSSELARD : Les inscriptions arabes de Tlemcen.

- W.& G. MARCAIS : Les monuments arabes de Tlemcen.

- F. PROVENZALI : Jardin des biographies des saints et savants de Tlemcen (Traduction d’El-Bostan d’Ibn-Maryem avec un important appareillage de notes).

Le destin de l’Algérien face à sa fatalité et face à … la mer, passionna Sid-Ahmed BOUALI un moment et il entreprit un travail de recherche et d’érudition sans précédent épluchant un ouvrage qu’il a considéré comme fondamentaux à la compréhension de l’Histoire de la Marine algérienne :

- R.P..DAN : Histoire de Barbarie et de ses corsaires.

- E. DUPUY : Américains et Barbaresques (1776-1824).

- CH. FARINE : Deux pirates au XVIe siècle. Histoire des Barberousse.

- JURIEN DE LA GRAVIERE (Amiral) : Les corsaires barbaresques et la marine de Soliman le Magnifique.

- CH. DE ROTALIER : Histoire d’Alger et de la piraterie des Turcs dans la Méditerranée à dater du XVIe siècle.



Mohammed BAGHLI

Raziela
02/12/2005, 06h49
Sid-Ahmed BOUALI

Entre la Medersa de Sidi-Bouabdellah et l’Ecole Franco-Arabe de Tlemcen (1ère Partie)

Le Petit Tlemcénien n°7



Sid-Ahmed BOUALI, comme à l’accoutumé, traversait la place de la grande mosquée de Tlemcen, mais ne pouvant passer depuis un certain nombre d’année par la rue des sept arcades annexée par des services administratifs, il contournait alors la grande mosquée et se dirigeait vers la rue Idriss pour marquer une halte quotidienne chez un de ses amis de toujours qui ne pouvait être qu’un imprimeur.

Ce mercredi 19 juillet 2000, il s’attarda pour saluer de plus près, ceux qui d’habitude il ne leur offrait qu’un simple geste de la tête, avant de se frayer son chemin en s’aidant de plus en plus de sa canne. « Mohammed ! n’oublies pas le 21 juillet cette année. C’est le 80e anniversaires de Mohammed DIB ! » me lança t-il cette fois-ci.

Ce 21 juillet 2000 Sid-Ahmed BOUALI reposait pour l’éternité dans le panthéon de Sidi-Es-Snoussi Tlemcen sous l’olivier familial, à mi-distance du président Sidi Zkri et du Sage Sidi-es-Snoussi.

Une autre figure de Tlemcen venait de disparaître d’une cité qui avait mal vécu de ses intellectuels, ceux qui avaient mis tant d’espoir pour redorer le blason d’or des legs de leurs aïeux dans lequel tout le pays devait s’y retrouver nécessairement.

La première fois que Sid-Ahmed est sorti de la maison familiale où il est né un 27 janvier 1931, il s’est trouvé face à un coin de bâtisse blanche vers lequel convergeait un croisement, l’un venant de la rue de Paris, l’autre se terminant dans la rue de la Bataille de Stalingrad.

Très jeune Sid-Ahmed fut subjugué par les contes tlemcéniens que sa mère lui racontait et il en garda dans sa mémoire quelques-uns uns qu’il put offrir à la langue française, dans un parfum de lys et de basilic, notamment sa Princesse aux yeux de velours, le Rêve de la Vieille Maman, ou un rêve de sang, qui deviendront « La princesse et l’Oiseau » édité en avril 1982. Il ne cessait de raconter les histoires d’enfant que sa mère lui avait patiemment inculquées :Le Lion et la souris, la jeune fille devenue gazelle, la vache des orphelins, les sept filles et l’ogresse, les deux frères le singe et le bâton, l’enfant et le rossignol, le coq l’agneau et le lion, le renardeau, le roi et la sorcière, la jeune fille aux joues roses, méquidèche etc…Plusieurs de ces contes ont été imprimés en arabe et mis en vente à la grande joie des enfants de sa cité.

Adulte, Sid-Ahmed préférait longer la bâtisse et prendre l’autre coin de rue vers le Mechouar. Face au dos du Mihrab de la Mosquée de Sidi-Brahim, Sid-Ahmed s’arrêtait devant une maison arabe Dar Mebkhout qui fut la première Ecole Franco-Arabe inaugurée en 1871.

C’est dans cette école Franco-Arabe devant laquelle Sid-Ahmed passait tous les jours que se développa l’idée du concept de Franco-Musulman qui allait être matérialisé au début du siècle par les Medersas de Tlemcen, de Constantine et d’Alger pour former les futurs auxiliaires à l’administration française pour la gestion du statut personnel des « indigènes ».

Des fois, Sid-Ahmed remontait la rue de Paris pour rejoindre la rue Ibn-Khamis avec ses écoles françaises et de se retrouver près de la Mosquée de Sidi-Brahim.

D’autres fois, Sid-Ahmed traversait le Matmar par « la grande Maison » de Mohammed DIB, longeait la Mosquée-Medersa des Oulad Al-mâm et se retrouvait près de l’Ecole Jules-Ferry et l’Ecole Decieux. Revenons avec Sid-Ahmed au coin de la bâtisse blanche face à la maison familiale où sont enterrés à la fois un Maître de son époque, Sidi Mohammed Abou-‘Abdellah Ech-Cherîf et Tilimçani et Abou Ya’qoûb, le père de Abou Hamou Moussa II ainsi qu’Abou Saïd, le frère d’Abou Ya’qoub.

C’était l’époque où les hommes du pouvoir recherchaient la compagnie pour l’au-delà des savants de leur temps. C’est ainsi que Yaghmouracen avait choisi Ibn MERZOUK comme compagnon dans Dar Er-Râha, au coin de la Grande Mosquée avec cette ouverture minuscule au mur donnant à l’intérieur sur le lieu où depuis toujours le Coran est psalmodié par des tolbaq et ce, à leur grande quiétude sans être dérangé par quiconque.

Cette bâtisse blanche que Sid-Ahmed apercevait chaque fois qu’il sortait de chez lui n’est qu’une partie de ce que fut la Medersa Al-Yaqoûbiyya qui s’étendait vers le Cinéma Rex actuel et comprenait la Mosquée de Sidi-Brahim et le Mausolée Royal des Bani-Ziyyane où repose avec eux l’un des Boabdils, un des derniers rois de Grenade dont l’épitaphe fait toujours l’objet d’une recherche puisqu’elle n’est jamais retournée à Tlemcen depuis qu’elle fut expédiée pour une Exposition Universelle tenue à Paris.

Beaucoup plus que la personnalité de Sidi- Bou’abdellah, Sid-Ahmed BOUALI méditait sur El-Abilî, le maître de Sidi- Bou’abdellah, de Ibn Khaldoun et de tant d’autres. La personnalité pédagogique d’El-Abilî passionnait Sid-Ahmed à un tel point qu’il lui consacra un article dans la Revue El-Hindiss N°11/12 en 1981.

« Les deux Sièges de Tlemcen » lui permirent de retracer la saga de sa cité face à l’envahisseur comme aucune autre cité dans le monde ne put en endurer.

Le 1er siège effectué par Abu Ya’qoub Youcef du 5 mai 1299 au 10 mai 1307 et le second siège fut levé par Aboul-Hassen’Ali d’août 1337.

Le Palais du Méchouar le passionnait et il nous laissa une description des automates qui garnissaient les demeures de ce Palais dans un autre article publié dans la Revue El-Hindiss N°6 en 1980 – De la Mangâna de Tlemcen au Maître de l’heure.

Ses lectures sur les intrigues du Méchouar l’amenèrent à considérer qu’il n’y avait peut-être pas eu d’autres exemples dans l’histoire de l’humanité d’une période aussi troublée aussi agitée par les discordes et les déchirements intérieurs que le furent les quarante années qui suivirent la mort d’Abou Hamou Moussa II de 79 H. Jusqu’à l’avènement de son dernier fils en 834 H. N’ayant pu intégrer toutes les données sur cette période à partir de ses seules sources en langue française, il se résigna à abandonner la narration de la saga tlemcénienne commencée par le siège de 1299.

Le livre tenait une place de choix dans son existence. « Malgré les succès fracassants des moyens de communication audio-visuels, l’invasion presque indécente de l’image dans l’intimité de nos foyers, le livre tient encore une place de choix, aussi solide que discrète, parmi les médias…En fait, tous les bienfaits, tous les progrès du monde moderne, les lois, les mœurs, les techniques, les merveilleux pouvoirs dont est doté l’homme d’aujourd’hui, ont eu pour point de départ des livres et leur diffusion. »

Il nous laissa une petite introduction à la musique classique algérienne, éditée en 1968 et préface par Mahmoud BOUAYED, suite au succès rencontré par le festival de musique classique algérienne organisé durant le Ramadhan 1386 H soit 1966/1967.

Les sources françaises de l’Histoire de Tlemcen que Sid-Ahmed BOUALI aimait citer avec beaucoup d’érudition rappelant toujours le nom de l’éditeur, l’année du tirage, parfois le format et le nombre de pages de l’ouvrage, et qu’il souhaitait voir ré-éditer parce que rarissimes et très recherchés mais surtout indispensables à tout chercheur dans l’histoire de sa cité étaient principalement :

- J.J.L. BARGES : Tlemcen, ancienne capitale du royaume de ce nom.

- J.J.L. BARGES : Complément de l’Histoire des Béni-Zeiyan, rois de Tlemcen.

- CH. BROSSELARD : Les inscriptions arabes de Tlemcen.

- W.& G. MARCAIS : Les monuments arabes de Tlemcen.

- F. PROVENZALI : Jardin des biographies des saints et savants de Tlemcen (Traduction d’El-Bostan d’Ibn-Maryem avec un important appareillage de notes).

Le destin de l’Algérien face à sa fatalité et face à … la mer, passionna Sid-Ahmed BOUALI un moment et il entreprit un travail de recherche et d’érudition sans précédent épluchant un ouvrage qu’il a considéré comme fondamentaux à la compréhension de l’Histoire de la Marine algérienne :

- R.P..DAN : Histoire de Barbarie et de ses corsaires.

- E. DUPUY : Américains et Barbaresques (1776-1824).

- CH. FARINE : Deux pirates au XVIe siècle. Histoire des Barberousse.

- JURIEN DE LA GRAVIERE (Amiral) : Les corsaires barbaresques et la marine de Soliman le Magnifique.

- CH. DE ROTALIER : Histoire d’Alger et de la piraterie des Turcs dans la Méditerranée à dater du XVIe siècle.



Mohammed BAGHLI

il faut pas oublier la gde ecole de al anadalousse ,,,,,,sandoussia ,,non !!! enfin ché pas mon dieu je deviens amnesique,,

papillon95
02/12/2005, 07h24
Merci Algerianbeauty pour cette mise d' or d' informations et ses bonnes références!

Mais de mon ord. , ne n' arrive pas à aller sur le citedtlemcen.free.fr.
Heureusement que tu a citer quelques livres tré interressants. Merci encore.

Raziela
02/12/2005, 12h07
Merci Algerianbeauty pour cette mise d' or d' informations et ses bonnes références!

Mais de mon ord. , ne n' arrive pas à aller sur le citedtlemcen.free.fr.
Heureusement que tu a citer quelques livres tré interressants. Merci encore.


absolument riche ,,,,,elle est belle notre beauty ,,,,,continue ,,,,,

Yanis
22/12/2005, 11h49
merci Algerianbeauty c'est fascinant!!!

EL CHE
23/12/2005, 03h21
merci Algerianbeauty c'est fascinant!!!

Je suis bien de ton avis, c'est un post trés intéressant. Merci