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Redalinho
08/12/2005, 12h26
Idriss, premier roi du Maroc

http://www.herodote.net/histoire02051.htm?main=832cf8520d8ab1e231d41fc7c19917d6

Le 5 février 789, un prince arabe chassé de Bagdad par des querelles de palais se fait reconnaître comme roi par les Berbères d'Afrique du Nord.

C'est la naissance du Maroc, deuxième État musulman après l'Andalousie (http://www.herodote.net/histoire05150.htm) à s'émanciper du califat de Bagdad.

Depuis cette date, le Maroc n'a jamais totalement perdu son indépendance. Il a préservé jusqu'à nos jours son identité nationale.

Redalinho
08/12/2005, 12h28
Naissance d'une nation

Les disciples du prophète Mahomet (http://www.herodote.net/Dossier/Mahomet.htm) s'étaient emparés de l'Afrique du Nord en quelques années.

Mais les tribus berbères des montagnes n'avaient eu de cesse de se révolter contre les envahisseurs arabes.

Fuyant les combats entre factions musulmanes, un prince arabe (on dit aussi chérif) se réfugie dans le Moyen Atlas. Il s'appelle Idriss et n'est autre qu'un petit-fils d'Ali (http://www.herodote.net/histoire06080.htm#Ali) et de Fatima, la fille de Mahomet.

Idriss est accueilli par la tribu berbère des Aouraba, qui vit autour de Volubilis (Oualila en berbère), une ville créée par les Romains au cœur de la Maurétanie Tingitane.

Reconnu comme roi, le nouveau venu rejette l'autorité du calife de Bagdad et prend le nom d'Idriss 1er.

Après trois ans de règne, il est assassiné par un agent du calife Haroun al-Rachid (http://www.herodote.net/histoire09141.htm). Mais il laisse une femme enceinte. Celle-ci donne le jour à un fils qui règnera plus tard sous le nom d'Idriss II.

Le nouveau roi fera l'unité du Maroc autour de sa dynastie, les Idrissides.

Il transfèrera sa capitale à Fès, dans une magnifique vallée du Moyen Atlas. La ville deviendra le premier foyer de la culture marocaine.

Le royaume va vivre dans une farouche indépendance, non sans développer des relations étroites et parfois violentes avec l'émirat arabe de Cordoue (http://www.herodote.net/histoire05150.htm), en Espagne, et, plus tard, avec les monarchies catholiques de la péninsule.

Redalinho
08/12/2005, 12h28
Une culture originale

La culture marocaine, fécondée par les tribus nomades du Sud saharien, s'est développée en complète autonomie, à l'écart des influences arabes et turques.

Les minarets à section carrée, tels que la Koutoubia de Marrakech ou la Giralda de Séville, en sont l'illustration. Ils se distinguent des minarets fuselés d'inspiration turque que l'on retrouve en Algérie et au-delà.

Le souvenir d'Idriss 1er plane toujours sur Volubilis. Les ruines émouvantes de la cité romaine sont encore visibles dans la plaine fertile de Meknès.

A quelques kilomètres de Volubilis, adossé aux premiers versants du massif du Zehroun, le village de Moulay Idriss entoure de ses maisons blanches la tombe du premier roi du Maroc.

Redalinho
08/12/2005, 12h30
1578: Bataille des Trois Rois à Ksar el-Kébir

Le roi du Portugal Sébastien Ier, allié au roi d'Espagne Philippe II, tente de renverser le sultan du Maroc Abd al-Malik. Lors de l'affrontement à Ksar el-Kébir (Maroc), les 40 000 cavaliers du sultan anéantissent les troupes portugaises. Abd al-Malik et le jeune roi Sébastien, qui ne rêvait que de croisade contre les Infidèles, sont tués dans la bataille. Philippe II prendra possession du Portugal, tandis que le frère du sultan, Ahmed al-Mansour, montera sur le trône marocain.

http://www.linternaute.com/histoire/jour/evenement/4/8/1/a/48499/bataille_des_trois_rois_a_ksar_el-kebir.shtml

http://www.mincom.gov.ma/french/actua/maroc-france/militair.htm

‘’Nous nous rappelons, à ce stade, l’aventurisme du roi du Portugal Don Sébastien qui nourrit l’envie de conquérir tout le Maroc, et nous assistâmes alors, et le monde avec nous, à une des guerres les plus violentes qui porta le nom de "la bataille des Trois Rois", pour s’être terminée avec la mort de trois monarques: celui précité du Portugal, celui du Maroc, Moulay Abdelmalek, ainsi qu’un prince marocain, neveu du même souverain’’. ‘’Le Maroc avait tenté, par tous les moyens, d’éviter cette guerre. Il avait demandé - et c’est important - de recourir à la justice, quelle qu’elle fut, et où qu’elle fut ?’’, a dit l’intervenant.
‘’Quoi qu’il en soit, commente-t-il, le Maroc se trouva face à face avec cette bataille, dont on peut dire, sans crainte d’exagérer, qu’elle bouleversa la carte du monde entier, sachant que le Portugal étendait sa domination jusqu’au-delà de l’Inde’’.

Redalinho
08/12/2005, 12h32
1591: Conquête du Royaume de Songhaï

Le 12 avril 1591, à Tondibi, près du fleuve Niger, une expédition marocaine écrase l'armée du Songhaï.

Ce royaume africain était né à l'époque des Mérovingiens et de Mahomet (http://www.herodote.net/Dossier/Mahomet.htm) (VIIe siècle) autour de la petite ville de Koukia, dans la boucle du Niger.

Il prospère rapidement grâce au commerce transsaharien, en expédiant du sel et de l'or vers l'Afrique du Nord mais aussi des esclaves. Ses rois s'établissent à Gao et se convertissent à l'islam.

Vers l'an 1300, le Songhaï passe sous la coupe de l'empire du Mali. Mais il retrouve son indépendance sous le règne de Sonni Ali, mort en 1492.

Celui-ci tente de préserver la culture africaine de son royaume. Il combat les Peuls et les Touaregs, ainsi que les lettrés musulmans de la ville sainte de Tombouctou (http://www.herodote.net/histoire04191.htm).http://www.herodote.net/Images/Tombouctou.jpg
Le successeur de Sonni Ali, Mohammed Touré, prend le contrepied de sa politique. Avec une extrême brutalité que rapporte le voyageur Léon l'Africain, il achève d'islamiser le royaume et fonde la dynastie des Askia.

Le commerce d'esclaves (http://www.herodote.net/motesclave0.htm) vers le Maroc devient plus que jamais florissant.

Mais le Songhaï finit par entrer en conflit avec le Maroc pour la possession des mines de sel du désert.

Le sultan saâdien Ahmed IV el-Mansour, qui a déjà à son actif une victoire sur les Portugais, envoie vers le Niger une expédition sous le commandement du pacha Djouder (un eunuque aux yeux bleus originaire de Grenade).

Les troupes marocaines, fortes de quelques milliers d'hommes et armées d'arquebuses, ne font qu'une bouchée des dizaines de milliers de soldats du Songhaï, mal commandés par l'Askia Ishaq II.

Le Maroc impose sa domination sur toute la frange méridionale du Sahara, le Sahel.

Tombouctou et sa région tombent sous la coupe de familles afro-marocaines. C'en est fini des grands royaumes africains.

Redalinho
08/12/2005, 12h40
1035-1147: Les Almoravides

Au XIe siècle (http://fr.wikipedia.org/wiki/XIe_si%C3%A8cle), un des chefs Lamtūna (« hommes voilés », dont les Touaregs (http://fr.wikipedia.org/wiki/Touareg) sont les descendants), constatant le manque de connaissances de ses hommes en matière d'Islam (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islam), fit appel au religieux 'Abd Allāh Ibn Yāsīn (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Abdallah_Ibn_Yasin&action=edit), d'obédience malékite (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mal%C3%A9kisme) et puritain. Son enseignement fut d'abord rejeté. Aussi fonda-t-il un ribāt (couvent militaire, d'où le nom al-Murābitūn, « ceux du ribāt ») dans l'ile de Tidra en Mauritanie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mauritanie). Il prêchait avant tout l'obéissance à la lettre du Coran (http://fr.wikipedia.org/wiki/Coran) et l'importance de la discipline. Il rencontra rapidement du succès, fonda une armée de nouveaux convertis et attaqua l'empire du Ghana (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ghana) en 1076 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1076).
Ibn Tāchfīn (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Youssouf_Ibn_Tachfin&action=edit) succéda ensuite à Ibn Yāsīn, mort au combat. Il est considéré comme le premier souverain almoravide. Il fonda de Marrakech (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marrakech) en 1060 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1060), et Tlemcen (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tlemcen) en 1080 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1080). De 1063 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1063) à 1082 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1082), il travailla à unifier le Maroc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc) et l'Algérie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alg%C3%A9rie) occidentale, fondant le royaume de Tlemcem. En 1086 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1086), il fut invité par les princes arabes d'Espagne (http://fr.wikipedia.org/wiki/Espagne), les rois de Taifa, à les aider contre Alphonse VI de Castille (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_VI_de_Castille). Débarqué le 30 juin (http://fr.wikipedia.org/wiki/30_juin), Ibn Tāchfīn est rejoint par les rois de Séville (http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9ville), Grenade (http://fr.wikipedia.org/wiki/Grenade_%28Espagne%29), Malaga (http://fr.wikipedia.org/wiki/Malaga) et Badajoz (http://fr.wikipedia.org/wiki/Badajoz), et infligea le 23 octobre (http://fr.wikipedia.org/wiki/23_octobre) une sévère défaite à Alphonse VI à Sagrajas (Zalaca pour les Arabes (http://fr.wikipedia.org/wiki/Arabes)), non loin de Badajoz. Il rentre ensuite en Afrique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique) pour régler ses propres affaires, avant d'être rappelé en 1089 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1089). Voyant que les rois arabes complotent contre eux et contre lui, appuyé par les dignitaires religieux locaux, il conquiert pour lui-même tout le pays d'al-Andalûs (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_d%27al-Andal%C3%BBs) entre 1090 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1090) et 1094 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1094). Malgré son échec relatif face aux chrétiens (http://fr.wikipedia.org/wiki/Christianisme) menés par le Cid (http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cid), c'est l'apogée des Almoravides. Ibn Tāchfīn mourut en 1106 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1106), à l'âge, selon la tradition, de 100 ans.
`Alī ibn Yūsuf Ibn Tāchfīn (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Ali_Ibn_Yusuf_Ibn_Tachfin&action=edit) lui succéda. Il agrandit et consolida l'empire maure (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maures), mais se heurta à la résistance des princes chrétiens et à l'agitation des Almohades (http://fr.wikipedia.org/wiki/Almohades), adversaires du malékisme (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mal%C3%A9kisme), qui prêchaient la guerre sainte contre les Almoravides. En 1142 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1142), quand il mourut, l'agitation almohade était à son comble. En 1045 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1045), son successeur Tāchfīn ben `Alī (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Tachfin_ben_Ali&action=edit) se tua en tombant dans un précipice, dans sa fuite après une défaite près d'Oran (http://fr.wikipedia.org/wiki/Oran). Deux rois almoravides se succédèrent ensuite, mais ce ne furent que des fantoches. La conquête de Marrakech (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marrakech) de 1147 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1147) sonna le glas des Almoravides.

Redalinho
08/12/2005, 12h41
Chronologie de l'empire almoravide (XIe-XIIe siécle)



1035: À l'issue de son pélerinage à la Mecque, Yahya Ibn Ibrahim, chef berbére de la tribu Djoudala décide de convertir son peuple aux préceptes de l'Islam
1037: Abdella Ibn Yassin,chef spirituel et idéologue,commence à assoir les bases doctrinales du mouvement Almoravide.
1055: les Amoravides menés par Ibn Yassin,émir bérbére de la tribu Lamtouna,s'emparent de Sijilmassa (maroc)
1059: Mort d'Abdella Ibn Yassin,la communauté religieuse est en passe de se convertir en royaume.
1070: Début de la fondation de marrakech,capitale de mouvement Almoravide
1077: le mouvement almouravide consolidé entreprend son avance vers le nord-est du Maghreb (Fés, Tlemcen, Oran, Alger).
1080: les Andalous, dont les royaumes de taifas sont menacés par l'avancée des armées chrétiennes d'Alphonse VI , sollicitent l'intervention du grand émir almoravide Youssef Ibn Tachin,fondateur de la dynastie almoravide.
1084: Les Almoravides s'emparent de Ceuta.
1085: Alphonse VI conquiert Tolède.
1086: L'émir almoravide Youssef Ibn Tachffin décide d'intervenir dans la péninsule où il remporte la bataille de Zallaqa (Sagrajas) à Badajoz.
1090: Youssef Ibn Tachfin occupe la taifa de Grenade et entreprend la conquête d'Al-Andalus.
1091: Les Almoravides s'emparent de Cordoue, Almeria, Badajoz et Séville et ordonnent l'exil du roi sévillan El-Moutamid. L'expantion vers Levant est arrêtée par la présence du Cid à Valence.
1094: L'armée almoravide arrive jusqu'à Lisbonne.
1098: Youssef Ibn Tachfin est proclamé Prince des musulmans, Défenseur de la Foi et Envoyé du Commandeur des Croyants.
1102: les Almoravides conquiérent Valence et la partie septentrionale d'Al-Andalus, arrivant jusqu'à La Vallé de l'Ebre. Youssef Ibn Tachffin nomme pour héritier son fils Ali Ben Youssef.
1106:M ort de Youssef Ibn Tachffin. Ali, son fils est proclamé émir. les Almoravides occupent les îles Baléares.
1110: Les Almoravides occupent la taifa de Saragosse.
1118: Alphonse le Batailleur occupe Saragosse.
1138: Ali Ben Youssef nomme son fils Tachffin Ben Ali pou Héritier.
1142: Al-Andalus se morcelle. Naissance des secondes taifas.
1143: Tachffin gouverne l'empire almoravide, de plus en plus fragmenté.
1145: Mort de Tachffin, troisiéme émir d'Almoravide .
1146: Une partie d'al-Andalus reconnait le calife almohade Abdel Moumen comme souverain. Début avec les Almohades, d'une nouvelle période historique.
1147: Les Almohades pénètrent dans Marrakech, la capitale almoravide.

Redalinho
08/12/2005, 12h43
1121-1269: Dynastie des Almohades

Muḥammad ibn Tūmart (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_T%C3%BBmart), issu de la tribu berbère des Masmuda dans la région du Souss, dans l'Anti-Atlas, fils d'un allumeur de lampes d'une mosquée et remarqué pour sa piété et sa difformité physique. Influencé par le chiisme (http://fr.wikipedia.org/wiki/Chiisme) il s'oppose au rite malékite (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mal%C3%A9kisme) imposé par la dynastie régnante, les Almoravides (http://fr.wikipedia.org/wiki/Almoravides). Après avoir été chassé pour avoir suscité des émeutes il se réfugie dans le Haut Atlas, à Tinmal où il y organise une communauté militaire et religieuse (les Dix et les Cinquante) autour d'un islam rigide et austère et, en 1121 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1121), se proclame le Messie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Messie), mahdi.

Il est hautement probable que son influence ne lui aurait pas survécu s'il n'avait pas trouvé un lieutenant dans 'Abd al-Mu'min el Kumi, un autre Berbère (http://fr.wikipedia.org/wiki/Berb%C3%A8res) d'Algérie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alg%C3%A9rie) qui est sans doute un soldat et un politicien de premier ordre. Quand Ibn Tūmart meurt en 1128 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1128), al-Mu'min garde sa mort secrète pendant deux ans jusqu'à ce que sa propre influence soit établie. Sous sa direction, Tlemcen (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tlemcen), Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s) puis Marrakech (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marrakech) sont prises et la dynastie almoravide (http://fr.wikipedia.org/wiki/Almoravides) tombe en 1147 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1147). Abd al-Mu'min établit peu à peu son autorité sur un empire englobant l'ensemble du Maghreb (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maghreb) et l'Andalousie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Andalousie) occidentale (prise de Cordoue (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cordoue) en 1148 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1148) et de Grenade (http://fr.wikipedia.org/wiki/Grenade_%28Espagne%29) en 1154 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1154)). Il se proclame calife (http://fr.wikipedia.org/wiki/Calife) et prince des croyants, rejetant ainsi la souveraineté des Abbassides (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abbassides), et impose le principe d'hérédité dynastique. Son fils, Abu Yaqub Yusuf (1163–1184), peut lui succéder à sa mort en 1163. Ce dernier et son fils, Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, « le Victorieux » (1184–1199), troisième calife, poursuivent son œuvre et étendent leur autorité à toute l'Andalousie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Andalousie) en infligeant une défaite à Alphonse VIII de Castille (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_VIII_de_Castille) à la bataille d'Alarcos (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Bataille_d%27Alarcos&action=edit) en 1195 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1195). En Afrique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique) ils réussirent à chasser les garnisons placées dans des villes cotières par les rois normands (http://fr.wikipedia.org/wiki/Normands) de Sicile (http://fr.wikipedia.org/wiki/Sicile).

L'architecture produit de nombreux chefs d'œuvre : la Giralda, minaret de la mosquée (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mosqu%C3%A9e) de Séville (http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9ville), la casbah (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Casbah&action=edit) de Marrakech (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marrakech) et la mosquée Hassan à Rabat (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rabat). Les universités maintiennent un contact avec les connaissances de la Grèce (http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ce_antique) et la Rome antique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rome_antique) ainsi que l'enseignement de philosophes comme Averroès (http://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s).
Plusieurs grands philosophes juifs et musulmans vécurent sous cette dynastie. Averroès (http://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s) et Maïmonide (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AFmonide) sont les plus connus.



Le principe d'hérédité dynastique déplait aux chefs de tribus, les cheikhs. Après une sévère défaite près de Tunis (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tunis) en 1187 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1187), l'émir doit s'allier avec Saladin (http://fr.wikipedia.org/wiki/Saladin).
Les États chrétiens d'Espagne (http://fr.wikipedia.org/wiki/Espagne) (Castille (http://fr.wikipedia.org/wiki/Castille), León (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Royaume_de_Le%C3%B3n&action=edit), Aragon (http://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_autonome_d%27Aragon) et Navarre (http://fr.wikipedia.org/wiki/Navarre)) et du Portugal (http://fr.wikipedia.org/wiki/Portugal) s'organisent pour la Reconquista (http://fr.wikipedia.org/wiki/Reconquista), notamment en faisant taire leurs disputes et infligent à El-Nasir le désastre de Las Navas de Tolosa (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Las_Navas_de_Tolosa) (16 juillet (http://fr.wikipedia.org/wiki/16_juillet) 1212 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1212)).
Au Maghreb (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maghreb), des dynasties locales s'imposent, comme les Hafsides (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hafsides) en Tunisie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tunisie) en 1229 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1229), les Abdelwadides (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdelwadides) dans le Maghreb central en 1239 ou encore les Mérinides (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rinides) qui s'emparent en 1244 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1244) de Meknès (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mekn%C3%A8s) dans le Maghreb occidental. En Andalousie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Andalousie), les Nasrides (http://fr.wikipedia.org/wiki/Nasrides) de Grenade (http://fr.wikipedia.org/wiki/Grenade_%28Espagne%29) créent un royaume indépendant (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mirat_de_Grenade) qui survit jusqu'en 1492. Dans le même temps, la Reconquista (http://fr.wikipedia.org/wiki/Reconquista) progresse à grands pas. Cordoue (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cordoue), la ville symbole de l'Islam (http://fr.wikipedia.org/wiki/Islam) espagnol, tombe en 1236 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1236), Valence (http://fr.wikipedia.org/wiki/Valence_%28Espagne%29) en 1238 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1238), Séville (http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9ville) en 1248 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1248). Ces reculs successifs et cet émiettement de l'empire sonnent le glas de la dynastie almohade qui prend fin avec Abû al-`Ula al-Wâthiq Idrîs (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_al-Ula_al-Wathiq), après la prise de Marrakech (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marrakech) par les Beni Mari (Mérinides (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rinides)) en 1269 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1269).

Redalinho
08/12/2005, 12h46
1212: Bataille de Las Navas de Tolosa (Hisn Al Iqab)

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/ff/Battle_of_Las_Navas_de_Tolosa.jpg/400px-Battle_of_Las_Navas_de_Tolosa.jpg

Depuis que les Berbères almohades ont unifié en 1147 une grande partie du Maghreb et le sud de l'Espagne, la reconquête du territoire par les chrétiens se fait plus difficile. À partir de 1172, les attaques Almohades contre les frontières chrétiennes s’intensifient. Dès lors, guerres et trêves se succèdent entre musulmans et chrétiens. Les Castillans remportent une grande victoire avec l’occupation de Cuenca (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cuenca_%28Espagne%29) (1177), mais ils sont écrasés à Alarcos (1195). L’offensive Almohade anéantit le système de défense que les ordres militaires d’Alcantara (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_d%27Alcantara), de Santiago (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_de_Santiago) et de Calatrava (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_de_Calatrava) ont établis dans la Manche. Désormais, devant la fougue guerrière des Almohades, l'union des princes ibériques paraît indispensable.
Entre 1206 et 1209, Rodrigo Jiménez de Rada (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rodrigo_Jim%C3%A9nez_de_Rada), archevêque de Tolède (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tol%C3%A8de) (1208 - 1247), chroniqueur de cette bataille, réussit à rétablir la paix entre les rois chrétiens au traité de Guadalajara. Il obtient du pape Innocent III (http://fr.wikipedia.org/wiki/Innocent_III) (pape 1198-1216), qu'il décrète la croisade contre les Almohades, avec les mêmes indulgences pour les croisés que celles accordées aux combattants de Terre sainte.

Après s'être confessés et avoir reçu la communion, ils lancent l'offensive à l'aube du lundi 16 juillet 1212.
Les Castillans et les Ordres Militaires formaient le centre flanqués à droite par les Navarrais et les milices urbaines d’Avila (http://fr.wikipedia.org/wiki/Avila), de Ségovie (http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9govie) et de Medina del Campo (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Medina_del_Campo&action=edit), et à gauche par les Aragonais.
L'assaut commence très mal pour les forces de la Reconquista. Tandis que les flèches lancées depuis le fortin où se trouvent les musulmans font des ravages, la cavalerie légère des Berbères et des Andalous enveloppent les ailes des chrétiens. Le risque est grand et plusieurs corps de bataille commencent à se débander.
Mais, avec des cavaliers d'élite, le roi de Castille et l'archevêque de Tolède prennent alors la tête d'une charge furieuse qui enfonce le centre des Berbères. Les Rois d'Aragon et Navarre, voyant ce fait, chargent à leur tour sur les flancs droit et gauche des troupes musulmanes.
Les chrétiens parviennent jusqu'au retranchement des archers maures et les taillent en pièces. À ce moment, les troupes musulmanes, décontenancées, lâchent pied et fuient en désordre. Enhardis par ce succès, les chrétiens se lancent à leur poursuite. Le prince almohade lui-même s'échappe avec sa garde personnelle, et la fuite de leur chef accentue la panique des soldats musulmans, qui sont littéralement massacrés.
Yaqub ben Yusuf a le temps de se replier sur Baeza, mais il est contraint à nouveau de quitter cette ville pour regagner le Maroc, lorsque Alphonse VIII, poursuivant son avance, attaque Baeza et s'en saisit.
La fuite précipité de Yaqub ben Yusuf, permis aux chrétiens de récupérer un immense butin de guerre. De ce butin on a conservé le Pendon (http://gblx.cache.el-mundo.net/fotografia/2005/03/exposicion_palacio/imagenes/pendon.jpg), un Étendard musulman. Dont le motif en étoile reprend les exhortations des enluminures figurant sur les exemplaires du Coran de l'époque. Il est actuellement exposé au Monastère de Santa Maria de las Huelgas Reales, à Burgos (http://fr.wikipedia.org/wiki/Burgos).
Sur le champ de bataille où gisent d'innombrables cadavres, les croisés se rassemblent et, menés par l'archevêque de Tolède, entament un Te Deum pour rendre grâces à leur Dieu de cette victoire, qui, selon la légende, ont bénéficié de l'intervention de Notre-Dame de Rocamadour (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rocamadour).

Redalinho
08/12/2005, 12h49
1215-1421: Les Mérinides

Les Mérinides ou Marinides (مرينيون marīnīyūn) ou Banû Marin ou Bénî Marin (بنو مرين banū marīn) (1258-1465) dynastie de berbères (http://fr.wikipedia.org/wiki/Berb%C3%A8re) appartenant au groupe des Zénètes (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Z%C3%A9n%C3%A8tes&action=edit), qui régna pendant deux siècles sur les diverses régions du Maroc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc) et qui imposa temporairement son pouvoir à l'ensemble du Maghreb (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maghreb). À l'origine ce sont des nomades du nord Sahara (http://fr.wikipedia.org/wiki/Sahara). La désertification progressive de la région et l'avancée des tribus arabes Hafsides (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hafsides) en Libye et en Tunisie les repoussèrent vers le Maroc. Le centre de leur nouveau domaine se situa entre Taza (http://fr.wikipedia.org/wiki/Taza) et Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s). La fin de cette dynastie est confuse et se caractérise par la prise de pouvoir progressive des vizirs. Pour finir une dynastie de vizirs s'installe et prend complètement le pouvoir les Banû Wattas (http://fr.wikipedia.org/wiki/Wattassides) (Wattassides (http://fr.wikipedia.org/wiki/Wattassides)).

Le nouveau khalife (http://fr.wikipedia.org/wiki/Khalife) Almohade (http://fr.wikipedia.org/wiki/Almohades), Yûsuf al-Mustansir (http://fr.wikipedia.org/wiki/Yusuf_al-Mustansir) (vers 1215) était jeune et la dynastie Almohade venait d'essuyer une sévère défaite contre les espagnols à Las Navas de Tolosa (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Las_Navas_de_Tolosa) (juillet 1212). Les Banû Marin virent là l'occasion d'attaquer. Les Almohades (http://fr.wikipedia.org/wiki/Almohades) envoyèrent 10 000 hommes, la bataille eut lieu sur la côte du Rif (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rif), ce fut une déroute pour les Almohades. Des renforts d'arabes et de berbères nomades s'affrontèrent encore aux Banû Marin, aux environs de Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s). Ce fut à nouveau une défaite pour les Almohades, mais `Abd al-Haqq y fut blessé mortellement (1217). Les Mérinides prirent possession du Rif et semblèrent vouloir en rester là. Ce furent au contraire les Almohades qui prirent l'initiative de vaines contre-attaques.

`Uthman ben Abd al-Haqq (عثمان بن عَبد الحَقّ `uθmān ben `abd al-ḥaqq) est né à une date inconnue. Il succéda à son père comme sultan mérinide (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rinide) en 1217 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1217). Il est mort assassiné en 1240 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1240) par un de ses esclaves chrétiens

Redalinho
08/12/2005, 12h50
Les Almohades (http://fr.wikipedia.org/wiki/Almohades) essayaient encore de se rallier des tribus berbères (http://fr.wikipedia.org/wiki/Berb%C3%A8res) pour combattre les Mérinides (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rinides). Abû Yahyâ prit position dans la région de Meknès (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mekn%C3%A8s). Il fit mine de s’allier avec les Hafsides (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hafsides) installés en Tunisie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tunisie). Il se replia vers l'Algérie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alg%C3%A9rie) puis après une défaite de l'armée almohade il reprit tout le nord du Maroc. Il dut encore mater une rébellion à Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s) (1250). Il fut enterré dans la nécropole de Chella près de Rabat (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rabat) qu'il avait fait construire (1258).

Abû Yûsuf Ya`qûb ben `Abd al-Haqq (1258-1286)

Le début de son règne fut marqué par de nouvelles querelles dynastiques. Un des ses neveux s'empara de Salé (http://fr.wikipedia.org/wiki/Sal%C3%A9), ce qui permit à des castillans d'occuper cette ville en septembre 1260, Abû Yûsuf Ya`qûb ne repris la ville qu'après un siège de deux semaines. Cette intervention espagnole raviva le désir de mener le combat contre les chrétiens, mais il fallait d'abord consolider la situation au Maroc.
Une première tentative pour prendre Marrakech échoua en 1262. Il négocia avec son adversaire almohade Abû Dabbûs (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_al-Ula_al-Wathiq) qui prit Marrakech en 1266. Abû Dabbûs rompit aussitôt son alliance et incita l'abdelwadide (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdelwadides) Yaghmorasan (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Yaghmorasan&action=edit) à attaquer Abû Yûsuf Ya`qûb à revers. Abû Yûsuf Ya`qûb vainquit ce nouvel adversaire en 1268 et retourna faire le siège de Marrakech qu'il prit en septembre 1269. Il se proclama alors prince des musulmans (amîr al-muslîmîn) pour ne pas prendre le titre califal de prince des croyants (amîr al-muminîn).
Abû Yusuf Ya`qub reprend aux espagnols la côte atlantique marocaine jusqu'à Tanger (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tanger) (1273). En 1274 il prit la ville de Sijilmassa (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Sijilmassa&action=edit) passée sous le contrôle de Yaghmorasan. C'est au cours de ce siège que Abû Yûsuf Ya`qûb aurait utilisé pour la première fois de l'artillerie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Artillerie).
Une demande d'aide des musulmans de Grenade (http://fr.wikipedia.org/wiki/Grenade_%28Espagne%29) lui fit abandonner ses conquêtes en territoire marocain pour se porter en Espagne. Pendant cette expédition victorieuse, son gouverneur de Marrakech (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marrakech) menait une campagne contre les derniers Almohades (http://fr.wikipedia.org/wiki/Almohades) (1275). Pour célébrer ces victoires et faire oublier la répression de 1250 sous le règne précédent, il fit construire une ville nouvelle à côté de Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s). Cette nouvelle ville qui apparaît plutôt comme un nouveau quartier de Fès est appelée Fès la Nouvelle (Fès al-Jdid) par opposition à Fès l'Ancienne (Fès al-Bali).
Après une quatrième expédition en Espagne il meurt de maladie à Algésiras (1286).

Redalinho
08/12/2005, 12h51
Abû Ya`qûb Yûsuf an-Nasr (1286-1307)

Abû Ya`qûb Yûsuf an-Nasr dut faire face à de nombreuses révoltes qui montrent que l'état Mérinide (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rinides) était encore fragile. Ayant confié à l'un de ses frères une troupe pour mâter une rébellion, celui-ci au lieu de le combattre, s'allia au rebelle pour renverser le sultan. Puis ce fut un autre parent qui s'insurgea, puis ce fut un des fils de Abû Ya`qûb Yûsuf (1288). Quatre années plus tard c'est la tribu des Benî Wattas (http://fr.wikipedia.org/wiki/Wattassides) qui se révolte. Le fils rebelle qui s'était réfugié à Tlemcen (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tlemcen) réitèra vainement sa tentative.
Il laissa de côté l'Espagne (http://fr.wikipedia.org/wiki/Espagne), n'intervenant que contraint par les évènements. En 1291, Don Sanche (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Don_Sanche&action=edit) rompit le traité de paix signé en 1285. Le castillan s'allia aux Nasrides (http://fr.wikipedia.org/wiki/Nasrides) de Grenade (http://fr.wikipedia.org/wiki/Grenade_%28Espagne%29) contre les Mérinides (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rinides). Le souverain nasride Muhammad al-Faqîh (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Muhammad_al-Faq%C3%AEh&action=edit) menait un jeu de bascule entre ses deux ennemis potentiels, les mérinides et les castillans. Il reversa ses alliances et se mit du côté des mérinides contre les castillans. Comme prix de cette alliance, Abû Ya`qûb Yûsuf reçut un des quatre exemplaires du Coran (http://fr.wikipedia.org/wiki/Coran) que le khalife (http://fr.wikipedia.org/wiki/Khalife) `Uthman (http://fr.wikipedia.org/wiki/Uthman) avait fait rédiger et que les Omeyyades (http://fr.wikipedia.org/wiki/Omeyyades) avaient amené de Damas (http://fr.wikipedia.org/wiki/Damas) à Grenade (http://fr.wikipedia.org/wiki/Grenade_%28Espagne%29). Abû Ya`qûb Yûsuf mit le siège devant Tarifa (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tarifa) mais ce fut un échec.
Les Abdalwadides (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdalwadides) de Tlemcen sont un plus gros problème car ils représentent une menace directe. Ils avaient accueilli le fils de félon de Abû Ya`qûb Yûsuf. Tlemcen fut menacée à plusieurs reprises jusqu'en 1299 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1299) où il mit le siège devant la ville avec l'intention de la prendre à tout prix. Le siège dura, pendant ce temps un mérinide rival prenait Ceuta (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ceuta). Finalement Abû Ya`qûb Yûsuf mourut assassiné par un eunuque pour une obscure affaire de harem (1307 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1307)).

Redalinho
08/12/2005, 12h53
Dès le début de son règne en 1307, le petit-fils de Abû Ya`qûb Yûsuf (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_Yaqub_Yusuf_an-Nasr) se voit contesté par trois puis quatre prétendants. Les trois premiers furent vite éliminés et ce fut au cours de la campagne contre le quatrième où il fonda Tétouan (http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9touan), que Abû Thâbit mourut de maladie (1308).

Abû al-Rabî` Sulaymân (أبو الربيع سليمان abū ar-rabī` sulaymān) est né en 1291 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1291). Abû al-Rabî`, frère de Abû Thâbit (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_Thabit_Amir) lui succéda sans difficulté en 1308 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1308) comme sultan mérinide. Il est mort à Taza en 1310 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1310).

Pacifiste et pieux il préféra la construction de mosquées et de madrasas à la guerre. Mais son fils Abû `Ali désigné comme successeur se révolta contre son père. Abû Sa`id dans un premier temps fut démis par ce fils félon (1315), mais il put reprendre le pouvoir et désigner comme héritier son autre fils Abû al-Hasan (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_al-Hasan_Ali).

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Redalinho
08/12/2005, 12h53
Abû al-Hasan `Alî (1331-1348)

Il devait compter avec son frère rebelle qui tenait le versant saharien de l'Atlas (http://fr.wikipedia.org/wiki/Atlas_%28massif%29) dans le vallée du Dra` avec comme capitale Sijilmâsa (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Sidjilmasa&action=edit). Il vint à bout de ce problème ce qui lui permit d'envisager la conquête de territoires plus à l'est. Il prit aux Abdalwadides (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdalwadides) la ville de Tlemcen (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tlemcen). Bien qu'il fût marié à la fille du sultan Hafside (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hafsides) Abû Yahyâ Abû Bakr (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_Yahya_Abu_Bakr_al-Mutawakkil), il pris Tunis (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tunis), mais se heurta aux arabes à Kairouan (http://fr.wikipedia.org/wiki/Kairouan). Vaincu il se replia jusqu'au sud du Maroc dans l'Atlas où il mourut d'une blessure infectée en 1348.
Son règne est l'apogée de la dynastie marocaine des Mérinides.

Redalinho
08/12/2005, 12h55
Abû `Inân Fâris (أبو عنان فارس بن علي abū `inān fāris ben `alīy) est né en 1329 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1329). Il succéda à son père Abû al-Hasan ben `Utman (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_al-Hasan_ben_Uthman) comme sultan Mérinide (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rinides) en 1348 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1348). Il mourut étranglé par son vizir alors qu'il était agonisant en 1359 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1359).
Il osa se qualifier de « commandeur des croyants » (amir al-miminin). Il dut éliminer un de ses neveux qui avait pris le pouvoir à Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s).
Après cela il refit ce qu'avait fait son père. Il fit construire la medersa (http://fr.wikipedia.org/wiki/Madrasa) qui porte son nom à Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s) (المدرسة البوعنانية al-madrasa al-abū `inānīya, la madrasa Bou Inaniya). Il reprit Tlemcen (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tlemcen), puis Bougie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bejaia) (1352 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1352)), mais les révoltes continuèrent et l'état Mérinide (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rinides) allait s'affaiblissant.


Règne des Vizirs 1358-1361



À la mort de Abû `Inân Fâris (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_Inan_Faris) la dynastie Mérinide (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rinides) entra dans une première période de confusion. Chaque vizir tenta de mettre sur le trône son prétendant en choisissant de préférence l'individu le plus faible.

Abû Ziân as-Sa`id Muhammad ben Fâris (أبو زيان السعيد محمد بن فارس abū ziyān as-sa`īd muḥammad ben fāris) (1358)
Abû Yahyâ abû Bakr ben Fâris (أبو يحي أبو بكر بن فارس abū yaḥyā abū bakr ben fāris) (1358-1359)
Abû Sâlim Ibrâhîm (أبو سالم إبراهيم بن علي abū sālim Ibrāhīm ben `alīy) est né à une date inconnue. Soutenu par le roi de Castille Pierre le cruel, il est un fils de Abû al-Hasan ben `Uthmân (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_al-Hasan_ben_Uthman). Il accéda au poste de sultan en 1359. Il fut destitué en 1361 au profit de son très éphémère successeur, Tachfîn, soutenu par les milices chrétiennes.
Tachfîn (تاشفين tāšfīn) né à une date inconnue est le fils idiot de Abû al-Hasan ben `Uthmân (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_al-Hasan_ben_Uthman). Il fut nommé successeur de Abû Salîm, par les vizirs en 1361. Il ne régna que quelques mois.

Redalinho
08/12/2005, 12h56
1398: Prise de Tetouan

Profitant de l'anarchie du royaume Mérinide (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rinides), le roi Henri III de Castille débarqua en Afrique s'empara de Tétouan (http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9touan) massacra la moitié de la population et réduisit l'autre moitié en esclavage 1398 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1398).afin de stopper les attaques de pirates (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pirate) pour lesquels la ville constituait une base arrière. Tetouan est ensuite reconstruite par des réfugiés de la reconquista (http://fr.wikipedia.org/wiki/Reconquista) (reconquête de l'Espagne).

Redalinho
08/12/2005, 12h58
Les Portugais s'emparèrent de Ceuta en 1415 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1415).

1420-1472: Dynasties des Wattassides

Les Wattassides ou Ouattassides (وطاسيون waṭāsīyūn) ou Banû Watâs (بنو الوطاس banū al-waṭās) venaient d'une tribu berbères (http://fr.wikipedia.org/wiki/Berb%C3%A8re) Zénètes (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Z%C3%A9n%C3%A8tes&action=edit) comme les sultans Mérinides (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rinides). Ces deux familles étaient apparentées et les Mérinides ont recruté de nombreux vizirs (http://fr.wikipedia.org/wiki/Vizir) chez les Wattassides. Les vizirs wattassides prirent peu à peu le pouvoir que le dernier sultan mérinides perdit complètement en 1465 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1465). Il s'en suivit une période de confusion qui dura jusqu'en 1472 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1472). Le Maroc se trouva coupé en deux avec au sud une dynastie arabe (http://fr.wikipedia.org/wiki/Arabe) émergeante, les Saadiens (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Saadiens&action=edit), et au nord le sultanat wattasside. En 1472, les Mérinides venaient de perdre leurs territoires andalous (http://fr.wikipedia.org/wiki/Andalousie) et ils ne conservaient plus que Gibraltar (http://fr.wikipedia.org/wiki/Gibraltar) (1340 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1340)) et les Hispaniques commençaient à occuper les côtes, Ceuta (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ceuta) avait été prise par les Portugais (1415 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1415)). En dépits de leurs rivalités les musulmans et les chrétiens continuaient à avoir de bonnes relations commerciales.
Les Wattassides donneront finalement le pouvoir à une dynastie se réclamant de ses origines arabes chérifienne (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A9rif) les Saadiens (1554 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1554)). Cette période d'un siècle, marque un regain de la foi musulmane.

Redalinho
08/12/2005, 12h59
Abû Zakarîyâ Yahyâ (arabe (http://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_arabe) : أبو زكرياء يحيى بن زيان الوطاسي [abū zakarīyā' yaḥyā ben ziyān al-waṭṭāsī]) est devenu le premier régent du dernier sultan mérinide Abû Muhammad `Abd al-Haqq (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_Muhammad_Abd_al-Haqq) en 1420 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1420). Il est mort en 1448 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1448) en laissant son poste de vizir (http://fr.wikipedia.org/wiki/Vizir) à `Alî ben Yûsuf (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ali_ben_Yusuf).

Une première tentative des Portugais pour prendre Tanger (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tanger) se solde par un échec car Abû Zakarîyâ avait su mobiliser une armée suffisante (1437 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1437)). Après cette défaite le roi du Portugal (http://fr.wikipedia.org/wiki/Portugal) s'était engagé à livrer Ceuta (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ceuta) et donna en otage son frère. Poussé par le pape, don Duarte préféra sacrifier son frère plutôt que sa place de commerce. L'infant (http://fr.wikipedia.org/wiki/Infant) resta captif à Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s) pendant six ans y mourut (1443 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1443)). L'Église le béatifia en 1470 en le considérant comme un martyr de la foi catholique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Catholique).
Abû Zakarîyâ tenta de détourner à son profit le nationalisme religieux en prenant la tête de la lutte contre les Portugais. On découvrit à Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s) le tombeau de Idrîs II (http://fr.wikipedia.org/wiki/Idris_II), tombeau que l'on croyait jusque-là à Walila (http://fr.wikipedia.org/wiki/Volubilis_%28ville%29) avec son père. Cette redécouverte alla de pair avec l'apparition de nombreux prétendant au titre de chérif (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A9rif).

Redalinho
08/12/2005, 13h00
Yahyâ ben Abî Zakarîyâ Yahyâ (arabe (http://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_arabe) : يحي بن أبي زكرياء يحي [yaḥyā ben abī zakarīyā' yaḥyā]) devint le troisième vizir (http://fr.wikipedia.org/wiki/Vizir) watasside (http://fr.wikipedia.org/wiki/Wattassides) du sultan mérinide (http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9rinides) Abû Muhammad `Abd al-Haqq (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_Muhammad_Abd_al-Haqq) en 1458 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1458).
Yahyâ tenta de pousuivre la politique de son père, mais Abû Muhammad `Abd al-Haqq n'était plus un enfant.
Après la prise de Constantinople (http://fr.wikipedia.org/wiki/Constantinople) par les turcs Ottomans (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ottomans) en 1453 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1453), le roi du Portugal Alphonse V (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Alphonse_V&action=edit) avait préparé une armée pour le départ en croisade à l'appel du pape. Il préféra finalement retourner ses force contre un petit port situé entre Tanger (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tanger) et Ceuta (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ceuta). Il parvint à prendre la place (1458 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1458)).
`Abd al-Haqq se retourna contre la famille des Banû Wattas 1459 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1459). Il les fit massacrer. Seuls deux frères survécurent, dont Abû `Abd Allah ach-Chaykh Muhammad ben Yahyâ (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_Abd_Allah_ach-Chaykh_Muhammad_ben_Yahya) qui en 1472 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1472) devint le premier sultan wattasside (http://fr.wikipedia.org/wiki/Wattassides).

Redalinho
08/12/2005, 13h00
Période d'anarchie (1565-1572)

C'est un période qui dure de 1565 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1565) à 1572 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1572) avec une complète vacuité du pouvoir à Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s).
En 1559 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1559) les vizirs Wattassides ont été massacrés par le dernier sultan Mérinides|mérinide Abû Muhammad `Abd al-Haqq (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_Muhammad_Abd_al-Haqq) qui exerça sont pouvoir seul jusqu’à la révolte de 1565 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1565) où il fut égorgé par la foule.
C’est un survivant du massacre de 1559 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1559), Abû `Abd Allah ach-Chaykh Muhammad ben Yahyâ (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_Abd_Allah_ach-Chaykh_Muhammad_ben_Yahya) qui restaura une autorité à Fès au nom de la famille des Banû Wattas en 1572 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1572).

Redalinho
08/12/2005, 13h01
Abû `Abd Allah ach-Chaykh Muhammad ben Yahyâ

De 1459 à 1465 le sultan mérinide est encore au pouvoir et Muhammad ach-Chaykh en fuite. À la mort de Abû Muhammad `Abd al-Haqq en 1465, Muhammad ach-Chaykh commence une reconquête du territoire du sultanat mérinide. Le sud du Maroc lui échappe complètement contrôlé par les Saadiens (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Saadiens&action=edit). Il ne règne que sur la région de Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s) où il est le premier à prendre le titre de sultan Wattasside en 1472 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1472).
Il signe un traité avec les Castillans leur reconnaissant des droits exclusifs sur la côte Africaine. Avec la fin de la Reconquête (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Reconqu%C3%AAte&action=edit), les Espagnols sont de plus en plus tentés par la côte sud de la Méditerranée. Il prennent et occupent Melilla (http://fr.wikipedia.org/wiki/Melilla) (1497 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1497)).

Redalinho
08/12/2005, 13h02
1504: Al-Burtuqâlî ne règne que sur Fès et ses environs, le reste du pays est dirigé par les autorités tribales locales et les zaouïas (http://fr.wikipedia.org/wiki/Zaou%C3%AFa).

Redalinho
08/12/2005, 13h02
Abû al-Hassan Abû Hassûn `Alî ben Muhammad (arabe (http://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_arabe) : أبو الحسن أبو حسون علي بن محمد [abū al-ḥassan abū ḥassūn `alī ben muḥammad]) ne régna pas mais il intervint à deux reprises en 1526 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1526) et en 1554 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1554).

Frère de Abû `Abd Allah al-Burtuqâlî Muhammad ben Muhammad (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_Abd_Allah_al-Burtuqali_Muhammad_ben_Muhammad) il essaya vainement d'appeler de résister aux Saadiens (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Saadiens&action=edit) en faisant même appel à l'aide des européens (1526 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1526)).
En 1550 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1550), les Saadiens prennent Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s). Appuyé par les Turcs d’Alger, Abû al-Hasan Abû Hasûn `Alî ben Muhammad, reprend Fès mais cette restauration est éphémère car Abû Hassûn est finalement tué par traîtrise par le Saadien Muhammad ach-Chaykh. Les derniers Wattassides sont massacrés par des pirates alors qu’ils fuyaient le Maroc. Il décéda en 1554 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1554) après la chute de la dynastie et une dernière tentative pour la restaurer.

Redalinho
08/12/2005, 13h03
Abû al-`Abbâs Ahmad ben Muhammad (arabe (http://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_arabe) : أبو العباس أحمد بن محمد [abū al-`abbās aḥmad ben muḥammad]) succéda à Abû al-Hasan Abû Hasûn `Alî ben Muhammad (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abu_al-Hasan_Abu_Hasun_Ali_ben_Muhammad) en 1526 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1526) commme sultan watasside (http://fr.wikipedia.org/wiki/Wattassides). Il est mort en 1545 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1545).

Plutôt que de livrer bataille aux Portugais et aux Espagnols qui se contentent de comptoirs sur les côtes, les Wattassides s'inquiètent de l'expansionnisme des Saadiens (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Saadiens&action=edit) de Marrakech (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marrakech). Abû al-`Abbâs Ahmad est contraint de reconnaître la souveraineté des Saadiens sur le territoire de Marrakech. Il marcha contre eux mais sous la pression des religieux il dut reculer (1437 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1437)). De leur côté les Saadiens remportaient quelques victoires sur les Hispaniques : reprise d'Agadir (http://fr.wikipedia.org/wiki/Agadir), de Safi (http://fr.wikipedia.org/wiki/Safi) et d'Azemmour (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Azemmour&action=edit) (1541), ce qui renforça leur prestige aux yeux des musulmans.

Redalinho
08/12/2005, 13h05
Dynastie Saadienne

Dynastie chérifienne (de "Chorfa descendants du prophète Mohamed) originaire de la vallée du Draa. Marrakech sera leur capitale. En 1578, viendra le tour d'Ahmed Al Mansour Eddahbi qui sera l'auteur de plusieurs bels exploits, dont la victoire laborieuse de "la Bataille des trois rois" à Oued El-Makhazine; "la conquête de Tombouctou" d'ou il ramènera or et esclaves; ensuite "la construction du palais El Badiî", le développement de l'industrie du sucre et des armes... Le règne d'Ahmed Al Mansour Eddahbi prendra fin en 1602

Redalinho
08/12/2005, 13h07
Dynastie Alaouite

La dynastie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Dynastie) alaouite (al alaouiyoune) est au pouvoir au Maroc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc) depuis le XVIIe siècle.
Les Alaouites ont eu pour plus célèbre membre Ismail (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ismail_du_Maroc), qui gouverna le pays pendant 55 ans (1672-1727). Il réorganisa le Maroc et en assura la pacification, après avoir mené une série d'expéditions militaires contre des tribus insoumises, les Turcs ottomans (http://fr.wikipedia.org/wiki/Turquie) et les chrétiens. Il affermit ainsi la domination du pouvoir central, le makhzen (http://fr.wikipedia.org/wiki/Makhzen) (mot arabe signfiant trésor, grenier, étant à l'origine du mot français magasin), dominant les pouvoirs locaux des tribus, jalouses de leur indépendance. Roi bâtisseur, il fonda Meknès (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mekn%C3%A8s) et y installa sa capitale. Sa mort marque l'entrée dans une période troublée : les révoltes montagnardes, l'opposition religieuse des confréries, les années de sécheresse et de famine (http://fr.wikipedia.org/wiki/Famine), les épidémies (notamment la peste (http://fr.wikipedia.org/wiki/Peste) en 1797-1800), qui provoquérent un effondrement démographique, la montée des caids (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Caid&action=edit) et le repli du Maroc sur lui-même.
Le règne de Mohammed III (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammed_III_du_Maroc) (1757-1790) vit les débuts du commerce avec l'Europe. Au XIXe siècle, l'économie entra en crise et le désordre régna. Les Français pénétrèrent au Maroc, en 1844, et gagnèrent la bataille d'Isly (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Bataille_d%27Isly&action=edit) alors que les Espagnols s'emparaient de Tétouan (http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9touan) en 1860. Hassan Ier (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassan_Ier_du_Maroc) (1873-1894) réussit cependant à maintenir l'indépendance politique du pays, mais l'affaiblissement du pouvoir central, l'entrée en dissidence de nombreuses tribus et les effets de la crise financière obligèrent l'État marocain à contracter des emprunts de plus en plus coûteux ; celui de 1904 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1904) entraîna l'installation dans les ports marocain de controleurs français.

Redalinho
08/12/2005, 13h08
Rachid sultan du Maroc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc) (1666-1672)
Frère de Mohammed Ier (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Mohammed_Ier_du_Maroc&action=edit), il est maître du Rif et s'empare de Fès, il se proclame sultan en 1666 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1666). Il met deux ans pour mater les rebelles de Marrakech (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marrakech) qui contestent son autorité, et pénètre dans la ville en 1669. Jusqu'à sa mort en avril 1672, Moulay Rachid se partage entre Marrakech et Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s) et reconstruit un pouvoir central.

Redalinho
08/12/2005, 13h09
Ismail sultan du Maroc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc) (1672-1727) Le règne d'Ismaïl correspond à une période d’apogée de la puissance marocaine. Demi-frère des deux précédents sultans et gouverneur de Meknès, il y est proclamé à l’annonce de la mort de Rachid. Il lui faudra une vingtaine d’années pour consolider, contre les divers particularismes locaux ou religieux, l’unité du royaume. Le sultan dote le Maroc d’une puissante armée, composée pour une bonne part d’esclaves noirs qui lui sont totalement dévoués, ce qui permet au pouvoir central d’être moins dépendant des tribus trop souvent rebelles.
En 1682, un traité d’amitié entre le Maroc et la France est signé à Saint-Germain-en-Laye. Mais l’accès au trône d’Espagne du petit fils de Louis XIV en 1700 condamne cette alliance.
Il choisit Meknès (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mekn%C3%A8s) comme capitale de son empire en 1672. De part la frénésie de construction qu'il déploya dans cette ville, il est souvent comparé à son contemporain Louis XIV (http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_XIV).

Redalinho
08/12/2005, 13h09
Mohammed III sultan du Maroc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc) (1757-1790)
Même s'il ne devint officiellement sultan qu'en 1757 à la mort de son père, il prend en mains le pays à compter de 1746 pendant 44 ans.
Roi itinérant, il ne choisit pas de capitale particulière, bien qu'il se fit construire un grand palais à Rabat, conférant à cette petite cité le rang de capitale impériale. Il fonda Essaouira, entretint de bons rapports avec toutes les puissances d'Orient ou d'Occident.

Redalinho
08/12/2005, 13h10
Sulayman sultan du Maroc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc) (1792-1822)
Il sort victorieux de la guerre civile qui l'oppose à ses frères en 1795.
Son règne est difficile et chaotique en raison des antagonismes entre tribu qu'il ne parvient pas à apaiser. A Marrakech (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marrakech), il refait construire la mosquée Ali Ben Youssef, sans laisser la moindre trace ou vestige de l'ancienne moquée almoravide du même nom qui datait du début du XIIème siècle.

Redalinho
08/12/2005, 13h11
Abd ar-Rahman

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Abd ar-Rahman (1789 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1789) - 24 août (http://fr.wikipedia.org/wiki/24_ao%C3%BBt) 1859 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1859)) aussi appelé 'abd Ar-rahman Ibn Hisham fut sultan du Maroc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc) de 1822 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1822) à 1859 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1859).
24 éme descendant de la dynastie des Alaouites (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alaouites), son règne fut marqué par une période de paix et par des conflits surtout avec la France.
Il dut réprimer plusieurs révoltes internes mais fut un bon administrateur de son royaume en signant de nombreux traités commerciaux avec l'Europe et à préserver l'indépendance de son pays.
Le politique traditionnel du Maroc d'encourager la piraterie afin d'enrichir les caisses du royaume se heurta à la réaction européenne. Les anglais bloquèrent Tanger (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tanger) et les autrichiens bombardèrent Arzila (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Arzila&action=edit), al-'Ara'ish (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Al-%27Ara%27ish&action=edit) et Tétouan (http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9touan).
Il supporta le chef algérien (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alg%C3%A9rie) Abdelkader (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Abdelkader&action=edit) contre la présence française. Un conflit éclata et aboutit à la défaite des troupes marocaines à Isly (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Bataille_d%27Isly&action=edit) (14 août (http://fr.wikipedia.org/wiki/14_ao%C3%BBt) 1844 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1844)) et par le traité de Tanger (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Trait%C3%A9_de_Tanger&action=edit), le sultan reconnut la présence française en Algérie et promit d'aider la France à capturer le chef algérien.

Redalinho
08/12/2005, 13h12
Conquête d'Algérie

Les faits : le 29 avril 1827, Pierre Deval consul de France a été quelque peu rudoyé, malmené lors d'une réception officielle à l'occasion de l'Aïd Kebir, par Houcein, Dey d'Alger, lequel offusqué par des propos incorrects du consul, le prend en grippe puis en haine et finalement, le chasse sans ménagement de la Cour. Le différend portait sur l'épineux problème de réglement par la France d'une vieille créance sur la vente à ce pays de céréales par le truchement de deux juifs livournais résidant à Alger, Jacob Bacri et Busnach. A la suite de quoi la France saisissant le prétexte d'humiliation de son représentant, réclama maintes fois réparation à cet affront diplomatique ne serait-ce que par de simples excuses que le Dey estima ne pas devoir. Au contraire il situa l'affaire dans son cadre purement commercial dans lequel il se sentait floué par la France, et il l'était effectivement. Aussi et à défaut d'un heureux arrangement , la France dépêcha sur les côtes Algériennes au mois de juin 1830, une escadre de 100 navires de guerre sous les ordres de l'Amiral Duperré qui débarquent dans la baie de Sidi Fraj, une imposante armée de 38.000 soldats qui après de longues et terribles batailles, occupent Alger la Blanche, le 5 juillet 1830. Cinq jours plus tard, le Dey d'Alger quitte définitivement le pays avec sa famille à bord d'un navire français à destination d'un port italien. Le 11 juillet, ce fut au tour de 2500 janissaires embarqués pour l'Asie. Ainsi, et après 313 années, les Ottomans abandonnèrent la Régence et donc l'administration du pays qu'ils ont gouverné depuis 1517.
Désormais, ce rôle est tenu par le corps expéditionnaire du général le Comte de Bourmont au nom de la France de Charles X.
En fait le Maghreb central (Al Awsat) qui prit le nom d'Algérie, terme consacré par le ministère de la Guerre le 14 Octobre 1839, (elle remplacera "possession française dans le nord de l'Afrique"), était convoité depuis fort longtemps par l'Espagne, l'Angleterre et la Hollande .
La France en particulier dont la rivale dangereuse était toujours l'Angleterre, qui l'a adroitement évincée de l'Egypte après la bataille navale d'Aboukir en 1798 et dans celle du Cap de Trafalgar par l'Amiral Nelson en 1805. L'Empereur Napoléon désireux de prendre sa revanche, songea alors à une nouvelle expédition en Egypte et en Syrie. Entre Gibraltar et Malte, l'escadre française n'a aucun port de relâche, en dehors de la côte européenne, écrit-il le 18 avril 1808 à Decrès, son ministre de la marine, Alger, à quatre jours de Marseille, pourrait devenir un Gibraltar français....", c'est-à-dire un point d'appui pour ses flottes dans sa lutte contre l'Angleterre.
Un officier des renseignements, fut envoyé sur les lieux, il s'agit de l'ingénieur, et chef de bataillon de génie, Yves Boutin qui s'embarque pour Alger en mai 1808 et après trois mois d'habiles et discrètes investigations, dresse un compte rendu rigoureux, remarquable de précisions où il désigne notamment Sidi Ferrouch comme étant un emplacement approprié pour un éventuel débarquement devant servir d'attaque contre Alger. Ce qui fut fait, 22 ans plus tard.

Redalinho
08/12/2005, 13h13
Emir Abdelkader d'Algérie

A l'Ouest de l'Algérie, le Royaume du Maroc, fier d'une indépendance jalousement gardée, considérait d'un œil méfiant ces déploiements militaires de la France. Commandeur des croyants, le Sultan du Maroc, Moulay Abderrahmane ne pouvait rester longtemps insensible aux exactions chrétiennes le long de sa frontière et aux appels à la guerre sainte des marabouts. Une période funeste commença dans l’histoire du Royaume, lui même objet d'intenses intrigues coloniales, prélude à ses malheurs.
La rupture des relations entre le Maroc et les deux Siciles en 1830 et la guerre en mer contre la puissante Autriche dont la flotte bombarde sans cesse nos villes côtières et avec l'Espagne des conflis qui s'éternisent. Cela ne l'empêcha nullement d'être mobilisé pour apporter son aide à l'Algérie. Outre la solidarité spontanée de la population, des instructions royales recommendaient aux autorités de la ville de Tétouan d’accueillir comme il se doit les refugiés algériens en nombre, qui affluaient au Royaume et de leur procurer des emplois dans l'administration ou dans l'armée. Les Tlemcéniens, voisins des frontières marocaines, avaient demandé au Sultan de se placer sous son autorité pour échapper aux envahisseurs. Le Sultan accéda promptement à leur demande, affecta à Tlemcen son neveu, le prince Moulay Ali, en qualité de Khalifa. Une troupe légère d'un millier d'hommes cavaliers et fantassins sous commandement du caïd Bel Amri, prend la place de Tlemcen. La France, en représailles, exécuta deux Marocains pour le motif fallacieux d'espionnage; il s'agit de Mohamed Beliano et Benkirane ainsi que la saisie de tous leurs biens par le général Boyer, gouverneur militaire de la province d'Oran. Le fossé s'élargit encore.
Cette intense mobilisation du Maroc n'arrange guère les projets de Louis-Philippe nouveau roi de France qui souhaite avoir toute la liberté d'action en Algérie, mais ne tient nullement à voir le conflit s'étendre au Maroc. Pour calmer les appréhensions du Souverain marocain, il dépêcha auprès de S.M. le Sultan une mission extraordinaire, sans négliger pour autant des démonstrations de force telles que faire croiser, bien en vue, des navires de guerre dans la rade de Tanger.
En février 1832, une ambassade française est dépêchée auprès de Moulay Abderrahmane. Elle fut conduite par le Comte de Mornay (le peintre Delacroix en faisant partie).
Le Comte Horace Sébastiani, ministre des Affaires étrangères, souhaitait que le Comte de Mornay présente "avec modération mais fermeté" au Souverain marocain "les justes exigences de la France et le souhait de n'opposer aucune raison à la réclamation de restitution des navires saisis par les corsaires à Tétouan et Larache ainsi que l'évacuation de Tlemcen par les troupes marocaines".
Escortée de Tanger à Meknès par l'Amine des Douanes, Si Taïb Biaz, l'ambassade fut reçue dans la capitale d'abord, par le chef du protocole, Si Mokhtar Jamaï et conduite devant S.M. My Abderrahmane qui accorda l'audience le 22 mars 1832.
Il était impossible au sultan de donner suite à ces doléances.

Redalinho
08/12/2005, 13h14
Guerre Maroc-France en Algérie

Après le retour de My Ali à Mèknes, l'Emir Abdelkader Ben Mohiedine de Biscra, membre de la puissante Zaouia Kadiria, confrérie très respectée et particulièrement influante au Maroc, sollicita et obtint du Souverain chérifien sa nomination de Khalifa à Tlemcen et lui apporta un soutien constant. Sitôt installé l'Emir affirma son autorité et son jihad contre l'occupant avec lequel il signera une trève en février 1834 (le traité Desmichels). En Janvier 1836 le général Clauzel reconquit Tlemcen pour couper les secours du Maroc à l'Emir. En vain, car nous l'avons dit, l'insurrection de l'Emir Abdelkader contre les Français représentait pour les Marocains une guerre sainte à laquelle le Sultan adhéra avec toutes les forces du Royaume.
Jacques Denis Delaporte, vice-consul de France à Tanger "constatait l'empressement des Marocains à remplir le devoir que leur religion impose de contribuer au succès de la guerre sainte en envoyant gratuitement des chevaux, des bêtes de somme, des bestiaux, des provisions de toutes sortes, cependant que les riches y joignaient des présents en numéraires".

Les Oulémas de Fès reconnurent par une "Fetoua" la vocation de l'Emir, et le Sultan constitua à Fès des stocks que des caravanes acheminaient vers les places algériennes par Taza et Oujda. "Quelle que fût leur situation sociale, écrit Ch. A. Julien, les marocains se sentirent solidaires de la résistance algérienne".
Après une série d'attaques et de victoires de l'Emir contre l'armée française, il fut néanmoins tenu de signer le traité de Tafana le 30 mai 1837 qui reconnaissait la souveraineté de la France sur une partie de l'Algérie. Cela n'empêcha pas l'Emir de mener la guerre jusqu'à 1843 date à laquelle fut prise, par surprise, sa Smala par le Duc d'Aumale. L'Emir sérieusement malmené, sans ressources, se réfugia à Oujda, au Maroc en novembre 1843. Le général Bugeaud commandant en chef des troupes françaises en Algérie demanda l'explusion de l'Emir, ce que le Sultan refusa catégoriquement. Ce fut alors la guerre.
Une harka marocaine dont la cavalerie attaqua les troupes du général Lamoricière près de Sidi-Aziz, le 30 mai 1844 lui faisant subir de sévères pertes, la France réagit violemment d'abord par l'occupation du poste militaire marocain de Lalla Maghnia et une brève intrusion à Oujda et deux mois plus tard par une attaque navale contre les ports marocains, de Tanger et de Mogador avait coûté au Maroc la perte d'une centaine d'hommes, de deux ports d'importance économique hors d'usage et trois vaisseaux des gardes côtes.
En pilonnant ces deux principales places de commerce du Royaume, la France voulait priver ces ports de leurs activités courantes et ruiner ainsi le trésor du Sultan.
Concomitamment à ses agressions navales, l'armée française intervint contre les troupes du makhzen près de l'Oued Isly le 14 août 1844. Dans cette grande bataille le Maroc aligna sous la conduite du Prince Héritier My M'hamed sa fameuse cavalerie et ses fantassins de l'armée chérifienne régulière; laquelle a été considérablement gênée dans ses manœuvres de combats par un nombre impressionnant de volontaires indiscilplinés, accourus de toutes les régions du Maroc pour le jihad.
La valeur militaire et l'extrême bravoure des Marocains au combat, étaient par ailleurs fortement handicapées par leurs armements archaiques d'une infériorité pitoyable ne pouvaient grand chose face aux nouvelles armes, fusils-mitrailleurs à cadence rapide nouvellement inventés et à la puissance de feu des canons modernes qui équipaient l'armée française. Ce fut réellement l'artillerie dévastatrice contre des armes blanches.
L'armée marocaine se replia en direction de Taza, elle venait de perdre la 1ère guerre de son histoire, ainsi que son prestige d'invincibilité militaire et marine, sacrifiant dans cette bataille, 800 morts (chouhadas) tombés au champ d'honneur et autant de blessés.
Malgré cette retentissante défaite militaire aussi sanglante que ruineuse, qui marquera le déclin du Maroc, cependant que les Marocains ne lâchaient pas prise et continueront sans trève de harceler l'ennemi. Et pendant que l'Emir avec l'aide du Maroc, réorganise ses troupes à Oujda, les volontaires marocains de Beni Snassen maintiendraient le harcèlement des attaques meurtrières sous la conduite de l'un d'eux, Si Mohamed Ben Abdellah dit Boumaaza, qui fomentera par ailleurs avec succès le soulèvement généralisé de Dahra d'Oran en 1845.
La même année, le Maréchal Bugeaud écrit "un an après la signature des préréliminaires de paix avec le Maroc, aucune des clauses n'a été respectée, les incursions des cavaliers marocains mêlés à ceux de l'Emir, sur nos "territoires" continuent. La reconstitution de l'armée d'Abdelkader se poursuit, bien à l'abri derrière la frontière, il prépare un retour, c'est évident, et le Maroc le laisse faire".
En 1847, après 17 années de guerre, le Maroc est sérieusement essoufflé, situation aggravée par de longues périodes de sécheresse et les ravages du choléra, cumuls d'aléas de désolation et de détresse, dont voulurent se prévaloir certains agitateurs à la solde des coloniaux pour pousser, en vain, le Rif à la sédition.
Cette félonie surprend tragiquement le makhzen dès lors acculé à prendre des dispositions d'urgence dont le bouclage des frontières pour adopter une nouvelle stratégie du jihad. A cette date, l'Emir Abdelkader, très affaibli par les multiples défections de ses partisans, ne pouvait plus rien contre l'envahisseur.
Le Maroc, par ce bloquage a évité ainsi aux moujahidine musulmans des deux côtés de la frontière, une effusion de sang inutile. En décembre de la même année, l'Emir fait négocier secrétement par deux de ses proches l'Aman avec le général Lamoricière et le jour suivant, 24 décembre avec le peu de monde de ses fidèles qui lui restait, quitta le Maroc pour se rendre à Al Ghazaouat où l'attendait le duc d'Aumale et mettre fin à son jihad.
Placé en résidence surveillée pendant quatre ans en France, l'Emir fut libéré par Napoleon III, visita plusieurs villes de la métropole avant de rejoindre Damas et résidera le restant de sa vie en Syrie. Le Maroc quant à lui, continuera à subir sur son propre sol et tout au long du XIXème siècle, les affres d'une guerre interminable souvent sanglante et toujours inhumaine.

Redalinho
08/12/2005, 13h15
Conquête du Maroc par l'Espagne et la France

L'Espagne, ulcérée par les succès des colonisations accomplies par la France, s'est jetée sur les Jaâfarine, îlots marocains en Méditerranée qu'elle occupa en mai 1848. Et pour noyer sa déconfiture politique interne, provoque la guerre de Tétouan en 1859-1860 ce qui imposa au Maroc de nouvelles et lourdes pertes humaines en sus de l'indemnité de guerre qui aggrava encore plus sa désastreuse économie.
L'Espagne aux aguets note avec intérêt les crises du Makhzen, provoquées par les intrigues des Anglais, des Allemands, des Français, et des Italiens, en profite encore une fois, après la conférence de Madrid de 1880, sur les capitulations,qui préoccupent gravement le Maroc, pour occuper une partie du littoral du Sahara marocain (dit occidental) par une troupe conduite par le Colonel Emilio Bonnelie qui débarque à Dakhla en 1884.
Son hégémonisme ne fut stoppé que par le grand sultan Moulay Hassan 1er, mais à son décès en 1890, et la mort du Régent, Ben Moussa dit Ba Ahmad en 1900, les manœuvres coloniales reprennent de plus belle sur le Maroc, la France en premier, occupa et intégra d'immenses terres marocaines dans son département de "l'Algérie française" entre 1902 et 1904.
Il s'agit outre Lalla Maghnia et le Sahara central touchant la frontière du Mali, le Touat, Tidikelt, la Saoura, Béchar, Jorf Torba, Abbadia, Métarfa, Hassi Regel, N'khaila, El Hamira, Kenadsa, Sahela, Merkala, Timimoun etc, et chaque fois après de sanglantes batailles qui décimèrent des tribus marocaines entières.
L'Espagne, toujours elle, humiliée par ses déboires dans le continent américain, aux Caraïbes, à Cuba et ses revers militaires aux Phillipines, encouragée par les Anglais, s'est surpassée en intrigues à travers ses "Maroquistas" lors de la Conférence Internationale tenue à Algésiras en 1906 sur le Maroc, devant aboutir au traité de Fès, instituant le régime du protectorat français le 30 mars 1912, et le sous protectorat espagnol sur le nord du Maroc (Tanger exclue) en octobre de la même année.
S'en est vuivi une féroce résistance des tribus marocaines jusqu'à 1936 et au cours de laquelle le Maroc a perdu plus de 200.000 de ses nationaux sur une population ne dépassant pas les 5.000.000 d'habitants. Chiffres qui donnent le vertige et imposent un profond respect à la mémoire de tous ces martyrs et leurs chefs de jihad, qui se sont sacrifiés pour préserver la dignité du Royaume, du Maghreb.

Redalinho
08/12/2005, 13h17
Hassan Ier (v. 1836-1894), sultan du Maroc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc) (1873-1894)
Il parvient à préserver l'intégrité territoriale du pays et à résister aux pressions étrangères, tout en n'hésitant pas à faire appel à des occidentaux pour moderniser le pays et l'armée.
Le pays devient un état sous influence qui s'endette.



Abd al-Aziz (1878 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1878)-1943 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1943)), sultan du Maroc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc) (1894 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1894)-1908 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1908))
Fils d'Hassan Ier (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassan_Ier_du_Maroc), il lui succède en 1894 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1894).
Bien qu'intelligent et sympathique, mais trop jeune pour gouverner, le jeune sultan préfère s'adonner aux plaisirs du sport et aux fêtes galantes dans les jardins de l'Agdal. Le pays croulant sous les dettes, le sultan signe en 1906 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1906) le traité d'Algégiras qui partage le Maroc entre la France et l'Espagne.
La France reçoit au Maroc des pouvoirs de police. C'est à ce titre que Lyautey (http://fr.wikipedia.org/wiki/Lyautey) occupe Oujda en 1907 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1907). En 1908 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1908), 6000 soldats français aux ordres du Général Drude débarquent à Casablanca (http://fr.wikipedia.org/wiki/Casablanca).
Il est détroné par son frère et le Glaoui inquiets de la montée de l'influence étrangère.

Abd al-Hafid du Maroc

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Abd al-Hafid (1873 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1873)-1937 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1937)), sultan du Maroc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc) (1908 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1908)-1912 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1912))
Opposé aux accords d'Algégiras et à la passivité du sultan face à l'influence française, il destitue son frère Abd al-Aziz (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abd_al-Aziz_du_Maroc) avec la complicité du Glaoui de Marrakech. En 1911 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1911), Abd al-Hafid, qui contrôle de plus en plus mal l'intérieur du pays se retrouve assiégé à Fèz par les tribus berbères et se retrouve forcé solliciter l'aide française. Le général Moinier, à la tête d'une armée de 23 000 hommes, libère le sultan le 21 mai (http://fr.wikipedia.org/wiki/21_mai) 1911 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1911). La situation est irréversible et aboutit à la convention de Fès du 30 mars (http://fr.wikipedia.org/wiki/30_mars) 1912 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1912) qui fit du Maroc un protectorat français.
Moulay Hafid abdique en faveur de Youssef (http://fr.wikipedia.org/wiki/Youssef_du_Maroc).
Sultan Youssef ben Hassan (1882 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1882) – 17 novembre (http://fr.wikipedia.org/wiki/17_novembre) 1927 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1927)) sultan du Maroc (1912 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1912)-1927 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1927)).
Né à Meknès (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mekn%C3%A8s), fils du sultan Hassan Ier (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassan_Ier_du_Maroc), il succèda à son frère Abd al-Hafid (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Abd_al-Hafid&action=edit), qui abdiqua après le traité de Fès, qui fit du Maroc un protectorat français.
Son règne fut agité et marqué par de fréquentes révoltes contre l'occupation française. La plus importante fut conduite par Abd el-Krim (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abd_el-Krim) dans le Rif.
Afin d'assurer sa propre sécurité, il transféra la cour de Fès (http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A8s) vers Rabat (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rabat).
Son fils Mohammed V (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammed_du_Maroc) lui succèda.

Redalinho
08/12/2005, 13h17
Mohammed V 1927-1961

Le Général Lyautey partira en 1925, et la France diminuera les prérogatives du pouvoir fondamental chérifien en procédant de plus en plus par la gestion directe. La résistance s'accommodera, à partir de jeunes élites urbaines ; la seconde guerre mondiale marquera une trêve entre l'opposition nationaliste et la France. Pendant la guerre, S.M le Roi Mohamed Ben Youssef (Mohamed V) devenu alors Sultan du Royaume Chérifien en 1927, entreprendra de protéger tous les Juifs Marocains face au régime de Vichy. En 1944, sera proclamé le manifeste de l'indépendance ; trois ans après, S.M le Roi Mohamed V se prononcera à Tanger (ville internationale) en sa faveur. Durant les cinq années qui suivent, les négociations se suivront mais sans aucun succès et, en 1952, la crise entre les autorités du protectorat et les nationalistes entraînera des mouvements insurrectionnels tandis que le Sultan sera déposé, puis envoyé en exil en 1953. Cependant, les revers en Indochine, la naissance de la guerre d'Algérie en 1954 inciteront le gouvernement Français à rechercher une solution politique. Le retour d'exil du Souverain se fera en Novembre 1955, ouvrira le chemin de l'indépendance, reconnue en 1956 par la France, puis par l'Espagne. Dés les premières années S.M le Roi Mohamed V tentera de doter le pays d'institutions démocratiques et rédigera une constitution peu de temps avant sa mort, en 1961.

Redalinho
08/12/2005, 13h18
Hassan II 1961-1999

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/3/35/Roi_Hassan2-maroc.jpg

Le Roi Hassan II, est né à Rabat (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rabat) le 9 juillet (http://fr.wikipedia.org/wiki/9_juillet) 1929 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1929) et décédé le 23 juillet (http://fr.wikipedia.org/wiki/23_juillet) 1999 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1999). Son règne a duré 38 ans (1961 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1961)-1999 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1999)).
Il a reçu au Palais Royal les premiers enseignements de la science coranique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Coran). Après des études universitaires à Rabat (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rabat) et à Bordeaux (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bordeaux) (France), le roi obtint, en 1951 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1951), le Diplôme d'Études Supérieures en droit public (http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_public).
Le jeune Moulay Hassan fut très tôt initié aux arcanes du pouvoir et de la diplomatie. En 1952 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1952), il participe au discours du Trône, considéré comme la charte du nationalisme marocain contre le protectorat. L'année suivante, il est exilé avec le sultan en Corse (http://fr.wikipedia.org/wiki/Corse), puis à Madagascar (http://fr.wikipedia.org/wiki/Madagascar), avant de partager, en novembre 1955 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1955), son triomphal retour dans le royaume. L'indépendance acquise en 1956 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1956), son père le nomme chef d'état-major des Forces armées royales - il réprime, à ce titre, le soulèvement du Rif (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rif) - avant de le proclamer officiellement prince héritier le 9 juillet (http://fr.wikipedia.org/wiki/9_juillet) 1957 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1957).
Le 3 mars (http://fr.wikipedia.org/wiki/3_mars) 1961 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1961), après le décès de Mohammed V, Moulay Hassan fut proclamé roi du Maroc.



La transformation est immédiate, la prise du pouvoir absolu aussi. En décembre 1962, Hassan II fait adopter une Constitution sur mesure, mal acceptée par les partis politiques - le roi, commandeur des croyants, est une personnalité « inviolable et sacrée ». Une vague de répression s'abat alors sur l'opposition de gauche, suivie, après les émeutes de Casablanca (http://fr.wikipedia.org/wiki/Casablanca) en 1965 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1965), par cinq ans d'état d'exception. Au mois d'octobre de cette année-là, le chef charismatique de la gauche, Mehdi Ben Barka (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mehdi_Ben_Barka), est enlevé en plein Paris (http://fr.wikipedia.org/wiki/Paris) et secrètement assassiné.
Le danger pour Hassan II vient ensuite de l'armée. Le 10 juillet (http://fr.wikipedia.org/wiki/10_juillet) 1971 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1971), une première tentative de coup d'État fait plus de cent morts au palais royal de Skhirat (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Skhirat&action=edit). Le 16 août (http://fr.wikipedia.org/wiki/16_ao%C3%BBt) 1972 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1972), c'est le général Mohamed Oufkir (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Oufkir) qui monte une attaque aérienne contre l'avion du souverain alors que celui-ci rentrait d'un voyage en France. Oufkir, selon la thèse officielle, se suicide. À chaque fois, Hassan en réchappe par miracle. Il faudra attendre encore trois ans pour que le roi trouve enfin un terrain d'entente avec son opposition, son armée et, sans doute, son peuple.
En novembre 1975 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1975), la « Marche verte (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marche_verte) » organisée en direction de l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental (http://fr.wikipedia.org/wiki/Sahara_occidental) lui fournit l'occasion de refaire l'unité autour de sa personne. Mais ce ne sera qu'à la fin des années quatre-vingt, après une nouvelle série d'émeutes et la montée en force de l'islamisme, que son régime commencera lentement à se libéraliser. Les réformes constitutionnelles de 1992 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1992) et 1996 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1996) atténuent ainsi le caractère absolutiste de la monarchie. En février 1998, enfin, Hassan II nomme un opposant de toujours, le socialiste Abderrahman El Yousoufi (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abderrahman_El_Yousoufi), au poste de Premier ministre chargé d'assurer « l'alternance ».

Redoutable manoeuvrier, jamais aussi à l'aise que dans le jeu complexe de la diplomatie régionale et internationale, ce roi brillant auquel rien n'était interdit - surtout pas les plaisirs d'une vie terriblement dispendieuse - décidait de tout derrière les murailles de ses palais, véritables cités interdites. Moderniste et traditionnel, féodal et politicien madré, fin stratège conciliant Occident et Orient, mais aussi capable d'arbitraire et d'extrême dureté, Hassan II a laissé à son fils Mohammed VI (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammed_VI) un Maroc structuré et uni. Mais aussi un royaume où les disparités sociales et les inégalités demeurent criantes. Contrasté et contesté, son héritage est lourd. Si l'avenir de la dynastie alaouite ne semble pas remis en cause, le système makhzenien, sur lequel reposait une bonne partie de son pouvoir, est, lui, à bout de souffle. Si l'on en juge par ses premiers actes, son successeur l'a compris.

Redalinho
08/12/2005, 13h19
Mehdi Ben Barka

Mehdi Ben Barka janvier 1920 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1920) à Rabat (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rabat) - disparu le 29 octobre (http://fr.wikipedia.org/wiki/29_octobre) 1965 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1965) à Fontenay-le-Vicomte (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fontenay-le-Vicomte) était un homme politique marocain (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc).
D'une famille de petits fonctionnaires, il devient professeur de mathématiques. Il fonde, en 1950 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1950), l'Union nationale des forces populaires (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Union_nationale_des_forces_populaires&action=edit) (UNFP), principal parti de gauche opposé au régime royal. Exilé, il est condamné à mort par contumace en 1963 pour avoir pris position en faveur de l'Algérie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alg%C3%A9rie) contre le Maroc (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc).
Chargé d'organiser la participation des mouvements révolutionnaires du tiers monde à la conférence tricontinentale (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Conf%C3%A9rence_tricontinentale&action=edit) qui devait se réunir à La Havane (http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Havane) en 1966 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1966), il est enlevé à Paris (http://fr.wikipedia.org/wiki/Paris) devant le 151 boulevard Saint-Germain, le 29 octobre (http://fr.wikipedia.org/wiki/29_octobre) 1965 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1965), par le policier français (http://fr.wikipedia.org/wiki/France) Louis Souchon, accompagné de plusieurs collègues pour le compte du général Oufkir (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Oufkir), chef de la police marocaine. Il a sans doute été assassiné dans les jours qui suivirent son enlèvement. Cette affaire, symbolique de la répression des opposants au régime de Hassan II (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassan_II), a longtemps gelé les relations franco-marocaines.
Selon l'ancien agent marocain Ahmed Boukhary, Ben Barka aurait été exfiltré vers le Maroc, torturé, puis son corps dissout dans une cuve d'acide. Toutefois, il n'a pas été encore entendu par la Justice sur ce dossier. Le dossier reste mystérieux et le gouvernement français détient certainement des pièces intéressantes sur le sujet.
En 1976 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1976), le gouvernement des États-Unis (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats-Unis_d%E2%80%99Am%C3%A9rique) a reconnu suite à des requêtes formulées dans le cadre du Freedom of Information Act (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Freedom_of_Information_Act&action=edit) que la CIA (http://fr.wikipedia.org/wiki/Central_Intelligence_Agency) était en possession de 1800 documents sur Ben Barka, mais ils restent non publiques. Seule une petite partie des documents en possession de la France est publique. Certains l'ont été rendus en 2001 (http://fr.wikipedia.org/wiki/2001) et la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mich%C3%A8le_Alliot-Marie) a accepté d'en déclassifier 73 autres sur cette affaire qui reste trouble.
L'enlèvement a inspiré le film d'Yves Boisset (http://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Boisset) : L'Attentat (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=L%27Attentat&action=edit) (1972 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1972)) ainsi que J'ai vu tuer Ben Barka (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=J%27ai_vu_tuer_Ben_Barka&action=edit) en 2005 (http://fr.wikipedia.org/wiki/2005).

Redalinho
08/12/2005, 13h20
Mohamed Oufkir

Mohamed Oufkir (1920 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1920) - 1972 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1972)) est un général (http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9ral) et homme politique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Homme_politique) marocain (http://fr.wikipedia.org/wiki/Maroc).
D'origine berbère (http://fr.wikipedia.org/wiki/Berb%C3%A8re), natif d'Ain-Chair dans le sud-est du Maroc où son père avait été nommé caïd par Lyautey (http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Hubert_Gonzalve_Lyautey) en 1910, Oufkir devient capitaine de l'armée française, decoré par le ministère des armées et celui des affaires indigènes pour avoir combattu aux côtés des armées coloniales d'Indochine française (http://fr.wikipedia.org/wiki/Indochine_fran%C3%A7aise).
La France l'impose comme aide de camp du roi Mohammed V (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammed_V) dès son intronisation au lendemain de l'indépendance. Son rôle est de réduire l'influence de l'armée de libération nationale marocaine, d'atténuer le plébiscite autour de la légitimité des partis nationalistes, notamment l'Istiqlal (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Istiqlal&action=edit) et l'UNFP (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=UNFP&action=edit), et de construire les structures policières et de surveillance officielles et paralleles.
Promu colonel puis général de division, il se distingue par une fermeté anti-populaire durant son parcours, précisément lors du soulèvement du Rif (http://fr.wikipedia.org/wiki/Rif) en 1958 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1958) et les événements de Casablanca (http://fr.wikipedia.org/wiki/Casablanca) du 23 mars (http://fr.wikipedia.org/wiki/23_mars) 1965 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1965). Cette répression exécutée avec zèle lui vaut le surnom de « Boucher ».
Son nom deviendra de portée internationale lorsqu'il se mêlera à l'assassinat de Mehdi Ben Barka (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mehdi_Ben_Barka), principal opposant au roi Hassan II (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassan_II) et secrétaire général de la Tricontinentale qui se déroulait la même année de sa disparition. Bien que son rôle ne soit pas établi formellement - aveuglé par son ambition, il a pu être manipulé -, il est condamné par contumace en France aux travaux forcés à perpétuité.
Il est ministre de l'intérieur de 1967 à 1971. Une tentative de putsch menée par les cadets échoue le 10 juillet (http://fr.wikipedia.org/wiki/10_juillet) 1971 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1971). À l'occasion, Oufkir tente d'infléchir la politique du roi dont il critique l'entourage.
Conservant apparemment la confiance du roi, Oufkir est nommé commandant en chef de l'armée et ministre de la défense en 1971. Obtenant l'appui de plusieurs militaires, il organise un putsch militaire qui échoue, le 16 août (http://fr.wikipedia.org/wiki/16_ao%C3%BBt) 1972 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1972), contre Hassan II. L'avion royal mitraillé réussit à se poser. Le ministre de l'intérieur Benhima (http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Mohamed_Benhima&action=edit) annonce le 23 août la thèse du suicide du général félon pour expliquer sa disparition. Son exécution sommaire ne fait cependant aucun doute.
Mohamed Oufkir était marié et père de six enfants. Après l'attentat, sa famille restera emprisonnée pendant près de vingt ans. Sa fille Malika en témoigne dans La prisonnière, paru en 2000. La même année, sa veuve Fatéma publie Les jardins du roi. Son fils Raouf est l'auteur d'une analyse plus politique, Les invités, parue en 2003.

Redalinho
08/12/2005, 13h20
Guerre du Rif (1921-1926)

Entre 1921 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1921), les tribus berbères (http://fr.wikipedia.org/wiki/Berb%C3%A8res), sous la conduite d'Abd el-Krim (http://fr.wikipedia.org/wiki/Abd_el-Krim) el-Khattabi se soulèvent contre l'occupation espagnole (http://fr.wikipedia.org/wiki/Espagne). Les insurgés infligent une défaite au général Sylvestre à Anoual le 21 juillet (http://fr.wikipedia.org/wiki/21_juillet).
En 1922 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1922), Abd El-Krim proclame la République confédérée des Tribus du Rif. Tenue en échec, l'Espagne se retire vers la côte en 1924 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1924). Les Rifains espèrent se tourner vers le Sud vers le Maroc sous protectorat français (http://fr.wikipedia.org/wiki/France).
En 1925 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1925), Abd el-Krim lance une offensive contre les forces françaises. Paris envoie Philippe Pétain (http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_P%C3%A9tain) à la tête de ses troupes. Le conflit est extrémement dur : les Rifains passent pour avoir inventé les techniques de ce qui deviendra la guérilla. Face à eux, les deux puissances coloniales font usage de gaz de combats.
Abd el-Krim est battu en mai 1926 (http://fr.wikipedia.org/wiki/1926) par une armée franco-espagnole passée sous le commandement unifié de Pétain.

Redalinho
08/12/2005, 13h23
Putch de 1972

http://www.telquel-online.com/129/images/image1_couv_129.jpg

http://www.telquel-online.com/129/images/image2_couv_129.jpg

http://www.telquel-online.com/129/couverture_129_1.shtml

Hassan II est à Paris depuis le 26 juillet. Un Boeing 727 britannique, fraîchement acquis par la RAM, le conduira au royaume, dans l’après-midi du mardi 16 août 1972. Le roi est attendu, tout particulièrement par trois hommes : le général Mohamed Oufkir (ministre de l’Intérieur et ministre de la http://www.telquel-online.com/129/images/image2_couv_129.jpg
Défense), le lieutenant-colonel Mohamed Amekrane et le commandant Louafi Kouéra. Depuis une semaine déjà, le trio a mis au point un scénario de coup d’État, dont l’amorce serait l’attaque de l’avion royal. "Je l’attends avec tous les moyens. Faites le nécessaire pour détruire le Boeing", dit Oufkir, alors homme fort du régime, à ses deux complices dans une soirée privée qui a eu lieu le 9 août. L’idée d’une attaque aérienne avait déjà été envisagée à l’aller. Un plan avait même été arrêté. Quatre avions d’escorte, armés de bombes et de roquettes devaient être stationnés à Tanger pour "intercepter" le roi au vol. Mais à la dernière minute, et contre toute attente, Hassan II décide d’abandonner l’avion pour emprunter un itinéraire surprenant : le train jusqu’à Tanger, le bateau jusqu’en Espagne, puis l’avion pour atterrir à Paris. L’étrange prémonition de Hassan II n’a fait que retarder l’échéance. Le projet de l’éliminer, en faisant appel à l’aviation militaire, était solidement ancré dans la tête d’Oufkir, depuis le 11 juillet 1971. Ce jour là, Amekrane, pris à part par Oufkir au lendemain du putsh raté de Skhirat, lui souffle (involontairement ?) l’idée : "Vous le savez, mon général : je dispose d’avions supersoniques de combat, d’un armement sophistiqué et d’un personnel qualifié. Sachez-le, si j’avais voulu fomenter un coup d’État, je l’aurais organisé moi-même". Le déclic se produit, alors. Oufkir, caressant le dessein d’éliminer Hassan II, venait d’en trouver le moyen : couvrir Amekrane et obtenir en échange sa collaboration à un coup d’État à partir de la base aérienne de Kénitra, fleuron des Forces Royales Air (FRA), dont il est le commandant. Avec un Amekrane, connu pour sa probité morale, le général s’offre une nouvelle virginité auprès d’officiers et de sous officiers qui ne le portaient pas dans leur cœur. Multipliant ses visites et ses largesses vis-à-vis du personnel de la base, Oufkir tente de redorer son blason, sans perdre de vue son objectif. Il va jusqu’à visionner sur place un film sur les nouvelles acquisitions qui font la fierté de l’armée de l’air, les avions de combat américains F5. Anecdote symbolique rapportée par le capitaine Ahmed El Ouafi, chef des moyens techniques : "Un jour, Oufkir est venu à mon bureau, accompagné du colonel Hosni Benslimane (à l’époque gouverneur de Kénitra) et d’autres hauts gradés de l’armée. Ils voulaient en savoir plus sur ces F5 qui devaient remplacer les MIG russes. Au moment où j’allais en parler, le portrait encadré de Hassan II s’est décroché du mur pour tomber par terre. Étrange coïncidence". Oufkir n’a pas de mal à convaincre Amekrane de détourner les F5 pour les besoins du coup d’État. Amekrane, aux intentions régicides bien établies, met au parfum son acolyte et adjoint, Kouéra. Malgré la confidentialité de rigueur, le coup d’État est un secret de polichinelle. Plusieurs cercles politiques, UNFP notamment, et militaires, se doutaient bien que "le duo Oufkir-Amekrane manigance quelque chose" (voir p 34-35). Un coup d’État pendait au nez de Hassan II. Restait les questions : où, quand et comment ?

Le matin des préparatifs (8h-14h)
Une réunion impromptue a lieu à l’état-major des FRA à Rabat le 16 août à 8h. Conduite par le colonel Hassan Lyoussi, elle a pour ordre du jour d’entériner des affectations tactiques adoptées précipitamment à la veille du coup d’État. Après que Amekrane ait été promu officiellement numéro deux des FRA, que Kouéra l’ait remplacé à la tête de la base de Kénitra, c’est au tour des subalternes de procéder au jeu des chaises musicales. Les permutations décidées au pied levé n’ont qu’un but, écrira plus tard El Ouafi, celui de "neutraliser (les officiers) et d'empêcher les autres bases aériennes de pouvoir réagir à temps aux évènements". Dans l’intervalle de la réunion, Amekrane, visiblement excité, est accroché à son téléphone avec à l’autre bout du fil le général Oufkir. Les deux hommes s’inquiètent de l’heure d’arrivée de l’avion royal et mettent au point les dernières retouches à leur plan d’action. L’attaque du Boeing se fera par une vraie-fausse escorte menée par six chasseurs F5 devant décoller de Kénitra. À l’aller, déjà, Lyoussi, patron de l’aviation militaire, leur avait suggéré d’organiser "une escorte armée qui survolerait le bateau royal", nous apprendra Amekrane lors de son procès. Mais le plan n’a finalement pas été retenu. Au retour, le trio l’attend de pied ferme. Première surprise déjà, le roi a décidé la veille (autre prémonition ?) de faire escale à Barcelone. Kouéra, absent de la réunion de Rabat, cherche par tous les moyens à déterminer le programme de vol du 727 royal. Amekrane surprend son petit monde et se pointe à la base, alors qu’il n’en est pourtant plus le commandant direct. "Vous croyez que vous vous étiez débarrassés de moi à jamais, dit-il en s’adressant à ses subordonnés. Eh bien, détrompez-vous ! Je prends le commandement de la base aujourd’hui et c’est moi qui dirige les opérations". Amekrane va jusqu’à refuser de piloter l’un des F5, comme l’avait souhaité initialement Oufkir, pour rester maître au sol via la tour de contrôle de Kénitra. Autour de lui, les officiers s’affairent. Ils ne sont pas tous dans les secrets des dieux. Le capitaine Salah Hachad dirige, en sa qualité de chef des opérations, le briefing relatif au plan de vol de l’escorte (cinq F5A monoplace et un biplace F5B). Il ne se doute pas de la suite des événements et il n’est pas le seul. Il assiste, impuissant, aux aménagements inattendus opérés par ses supérieurs. Le capitaine Larabi Hadj, initialement prévu dans l’escorte, est remplacé, sur ordre d’Amekrane, par le lieutenant Abdelkader Ziad. Une anecdote historique explique pourquoi ses chefs ont décidé de le mettre dans la confidence : en 1958, Ziad avait refusé de participer à l’opération menée par Hassan II et Oufkir contre les Rifains. Le deuxième changement est plus surprenant. Trois des F5A devant assurer la mission d’envol de l’escorte royale sont armés. Pourquoi ? Amekrane explique à ses officiers interloqués que "dorénavant, toutes les escortes seront armées. C’est la règle". Connaissant le côté droit, rigoureux, voire rigide de l’homme, son explication paraît plausible et ne suscite aucun atermoiement. Mais pourquoi trois seulement sur les six F5 affrétés pour la mission ? "C’est pour ne pas éveiller la suspicion des Américains (présents en force à la base de Kénitra)" (lire p 34-35).

Redalinho
08/12/2005, 13h23
L’opération Boraq (14h-17h)
Oufkir est en contact avec les deux tours de contrôle, de Kénitra et Rabat Salé, également tenue par des militaires (aujourd’hui encore, d’ailleurs). Amekrane attend plus de précisions sur l’heure de décollage du Boeing, en provenance de Barcelone. Le lieutenant M’barek Touil, tenu à l’écart de la conspiration, avait désarmé les avions stationnés sur la piste la veille. Pris de court, ses chefs lui ordonnent d’en superviser le réarmement par des canons 20 mm. Amekrane racontera plus tard au tribunal qu’Oufkir n’avait donné son feu vert pour l’armement que la veille du putsch (le lundi 15 août). Le chargement des canons se fait alors dans la précipitation. L’heure exacte du décollage du Boeing étant restée en suspens, Kouéra entre en contact avec la tour de contrôle de Barcelone pour en avoir le cœur net, avant de prendre place dans son F5. Prennent part à l’escadrille baptisée "Boraq", outre Kouéra, les lieutenants Ziad et Boukhalef dans les F5 armés, Hachad, flanqué par Doukkali, s’installe dans le F5B, tandis que Dahhou et Benboubker ont droit à des F5A non armés. À 15h40, les F5 reçoivent l’ordre de décoller. Amekrane demande un transistor pour "vérifier si, comme prévu par Oufkir, la musique de la marche militaire signifiant l’avènement de la république allait être diffusée sur les ondes", confiera-t-il plus tard en prison. Circonspect, il reste en attente. L’adjudant-chef Magouti réceptionne quelques minutes plus tard le message télégraphique confirmant que le Boeing a bel et bien décollé. À 16h, l’escorte, arrivée à hauteur de la région de Tanger, n’a toujours pas repéré l’avion royal. "Nous allons opérer une reconnaissance plus large, peut-être a-t-il (le roi) changé de cap", s’impatiente alors Kouéra par radio. Le commandant ne croit pas si bien dire. Hassan II venait, en effet, d’ordonner à son pilote, Mohamed Kabbaj, de "survoler le plus longtemps possible le territoire espagnol", comme il le dira plus tard dans ses mémoires. À 16h20, Dahhou s’écrie "Taleho", expression américaine voulant dire que "la cible est repérée". Le Boeing est enfin visible. Les F5 font leurs manoeuvres pour se mettre à son niveau puis l’encercler. Les six chasseurs se scindent en deux groupes. Les 3 armés entament une "noria" (passes de tir air-air), qui fait croire à une "acrobatie visant à épater le roi". Kabbaj, pour sa part, est surpris. "Éloignez-vous. Sa Majesté n’a pas demandé d’escorte", lance-t-il à la radio. L’appel est vain et le roi se rend à l’évidence. Ce n’est pas une escorte mais un traquenard. Kouéra ouvre le bal. Mais, surprise, son canon est bloqué. On l’entend à la radio pester contre sa machine, vraisemblablement mal armée au sol. Ziad enchaîne sans grande réussite. Boukhalef prend le relais et réussit d’emblée à toucher l’un des trois réacteurs du Boeing. Hassan II tente la ruse : "Dis-leur d’arrêter de tirer. Dis-leur que le roi est touché et que tu es blessé", ordonne-t-il à Kabbaj. Ce dernier réplique : "Pas de bluff. Attention, ils sont en train de nous écouter". Kouéra, dans l’incapacité d’activer son canon, s’affole et décide de faire le kamikaze. "Adieu mes amis, je fonce pour la patrie", entend-on à la radio. Il pique vers le Boeing, mais le rate de près. Comment cela a-t-il pu être possible ? Kouéra hésite-t-il au moment où Ziad lui apprend, in extremis, qu’il a encore des munitions ? L’explication est plus technique. Instinct de survie oblige, il actionne le siège éjectable avant le crash souhaité. Conséquence, "devenu plus léger, son F5 change de profil aérodynamique et bascule sous l’avion", se rappelle l’un de ses compagnons au vol. Kouéra atterrit ainsi en parachute, près de Souk El Arbaâ où il sera immédiatement intercepté par la gendarmerie. Dans le ciel, Boukhalef revient à la charge et endommage un deuxième réacteur, d’où sort une fumée épaisse qui lui permet de sursauter, "ça y est, je l’ai eu". L’avion perd quelque peu d’altitude. Kabbaj fait une entorse à la règle. Il tente de rallumer un réacteur qui a pris feu. Dernière tentative, avant d’entamer l’atterrissage à Kénitra, Boukhalef largue son réservoir central de kéroséne sur le Boeing. Peine perdue. Le Boeing en fumée survole la piste de Kénitra à très basse altitude. Kabbaj, encore une fois, enfreint le code de l’aviation. "Il a laissé croire qu’il allait atterrir à Kénitra avant de reprendre son envol pour pousser jusqu’à Rabat-Salé. Par cette manœuvre, qui a fini par payer, il aurait pu provoquer un affaissement et un crash de l’appareil", commente un connaisseur du dossier. L’opération Boraq s’achève sur un échec. Certes, la radio n’a pas diffusé la musique militaire attendue. Et l’avion royal a survécu aux assauts de son escorte. Mais, Amekrane n’a pas encore désespéré. De toutes les façons, dira-t-il aux siens, "si on l’a raté au ciel, Oufkir finira le travail au sol, à Rabat". Et pour en avoir le cœur net, il ordonne au sergent chef Mouhaj d’aller s’enquérir de l’état du Boeing et du sort réservé à ses passagers.

Redalinho
08/12/2005, 13h24
Sauve qui peut (17h – minuit)
À l’aéroport de Rabat-Salé, le roi, absent depuis 20 jours, est attendu par une brochette de ministres, hauts gradés de l’armée, dont Driss Benhima (il remplacera, dès le lendemain, Oufkir, en qualité de chef d'état-major), et autres commis d’État, ignorant presque tous ce qui s’est tramé. Quand l’avion, en fumée, apparaît dans le ciel, Oufkir, alors à la tour de contrôle, a juste le temps de prendre une décision capitale. Il a à sa disposition sur place tout un bataillon de l’armée de terre, dirigé par le colonel Oubejja, et prêt à intervenir pour faire abdiquer le roi. Mais le général, comme un esclave devant son maître, se fait petit. Il donne congé à son bataillon et file à l’anglaise. Réflexe d’homme de sérail, il décide de jouer à l’innocent, appelle à la tour de contrôle de Kénitra pour avoir les noms des officiers sur place et donne déjà consigne au général Benabdeslam d’aller "égorger ces mutins qui ont osé s’attaquer à Sa Majesté". À quelques kilomètres de là, les pilotes des F5 viennent d’atterrir. À la tour de contrôle, l’ambiance est mitigée. Dans l’incertitude quant à l’issue finale du coup d’Etat, des officiers crient : "Vive la république". Au sol, les pilotes se renvoient pourtant les accusations. Déjà les raisons d’un échec de plus en plus probable commencent à être énumérés : des pilotes pas suffisamment entraînés sur les opérations de tir air-air ; des techniciens, pas du tout mis dans le secret et qui ont mal armé les canons ; des viseurs fixes compliquant la tâche des tireurs (cet argument avait pourtant été avancé par Amekrane pour signaler les limites des F5, mais Oufkir n’en avait pas tenu compte) ; des armuriers qui auraient même, rapporte El Ouafi, "mis des canons d’instruction à la place de canons de guerre"., etc. Tout le monde se renvoie les accusations, parce que, après coup, la plupart des militaires de la base regrettent de ne pas avoir été mis au courant. "J’aurais été partant avec Amekrane, parce qu’on partageait les mêmes idéaux, mais pas avec Oufkir", confie Hachad, des années plus tard. Vers 16h50, Ziad et Boukhalef ont juste le temps de toucher le sol et de se ravitailler en munitions, pour repartir en mission à l’aéroport de Rabat-Salé. Amekrane, en colère, tenant à cette révolution et n’ayant plus confiance en son général, les somme d’aller s’occuper eux-mêmes de "la fin de partie".
Sur place, Hassan II, conduit de force ou presque par Kabbaj à l’intérieur de l’aérogare, est toujours dans l’expectative. Dans le ciel, les tirs ont recommencé. La télévision, qui avait filmé le débarquement royal, a d’ailleurs choisi ce moment-là pour interrompre la diffusion du reportage. Hassan II