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Voir la version complète : Célébrités marocaines


Redalinho
08/12/2005, 00h37
Rachida Khalil

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« Le village de Rchida ? Là-haut ! toutlà-haut ! » Le jardin secret de RachidaKhalil se mérite. Niché au nord du plateaudu Rekkam, il n’est indiqué sur aucune carte.Mais les policiers sont là pour renseigner les égarés.Encore quelques kilomètres d’un chemin sinueux etescarpé et bientôt, à perte de vue, « tout là-haut », se dresse enfin, après trois heures de jeu de piste, le repaire de la famille Khalil. Des gueules d’ange de 10-12 ans, vêtues de maillots de foot aux couleurs de l’Inter de Milan ou de l’O.m., montent la garde à l’entrée du village. Le soleil se couche. Les hommes sortent de la mosquée. La prière de Maghrib, l’avant-dernière de la journée, vient de se finir. Les enfants ont déjà prévenu les villageois de notre arrivée. Rachida entre en scène. « Vous avez trouvé facilement ? » Sourire ironique, yeux rieurs, la jolie brune au teint mat est drapée dans une djellaba rouge. Les enfants, agglutinés autour d’elle, la questionnent du regard. Pourtant ils savent déjà. Tous connaissent son succès en France, peu savent pourquoi. Personne ici n’a vu « La vie rêvée de Fatna » son « one-woman-show » qui a fait salle comble au théâtre du Splendid à Paris, à l’affiche pendant plusieurs mois (lire l’encadré page suivante). Son humour corrosif, ses prises de position sur la place de la femme au Maroc ne sont pas arrivés jusqu’aux oreilles des villageois. « C’est peut-être mieux ainsi. De toute façon, ils ne comprendraient pas. »

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Celle qui aime se promener dans les beaux quartiers de la capitale, boire un thé dans un palace, déjeuner avec son ami le ministre Jean-Louis Borloo ou se faire prêter des bijoux par les grands joailliers, redevient petite fille une fois rentrée au bercail. Au milieu des chèvres, des ânes et des enfants qui crient, elle est chez elle. « Je sais d’où je viens. Comment l’oublier ? Mes racines sont ici. J’ai un besoin vital de me retrouver auprès de ma famille pour être d’attaque de retour à Paris. » Quand elle parle de sa famille, le terme « smala » est approprié. Dans une pièce d’à peine 10 mètres carrés, autour d’un tajine de poulet aux olives préparé avec amour par sa tante, personne ne manque. Son père, sa grand-mère, ses deux tantes, son oncle, ses deux cousines et ses deux cousins partagent le repas, assis sur d’épais tapis traditionnels. L’heure est aux premières confidences. « Je ne sais pas quand je suis née. Ni le mois ni le jour. Tout juste l’année... 1973 ? 1974 ? Ici, ce n’est pas important. Ma mère s’est mariée à 13 ou 14 ans. C’est aussi l’âge qu’elle avait quand elle m’a eue. Elle était si jeune lors de l’accouchement qu’elle a été entre la vie et la mort. Donc la date exacte, on s’en fout un peu... » Emmenée d’urgence à l’hôpital de Taza, sa maman met au monde dans la douleur une petite « Rachida », en hommage au village. « J’ai longtemps eu des points de suspension à côté de “née le”. Et puis, comme beaucoup d’étrangers qui ne connaissent pas leur date de naissance et qui obtiennent la nationalité française, le 1er janvier est devenu officiellement ma date d’anniversaire. »

Pensive, Rachida souffle doucement sur le brûlant thé à la menthe que son oncle vient de lui servir dans un petit verre gravé. Des bribes de souvenirs, ses premières années au village refont surface. « Je me souviens surtout de l’école coranique obligatoire. Le reste du temps, on s’amusait comme tous les gosses. Aujourd’hui encore, il n’y a toujours pas d’école publique ici. C’est pour cela que j’ai créé en 2000 l’association Les enfants de Rchida. Je veux financer ce qui est pour moi la base de toute éducation. » A la fin des années 70, la chance choisit son père, tiré au sort pour bénéficier du regroupement familial. La famille peut le rejoindre en France. « C’est comme si on avait gagné au Loto ! » Accompagnée de sa mère et de sa petite sœur, elle découvre, à 5 ans, Mantes-la-Ville, dans la banlieue parisienne. Du douar aux tours de béton, le changement est brutal. « On n’était jamais sortis du village. Habitués à vivre dehors, au soleil, avec toute la famille, on se retrouvait tout d’un coup enfermés dans un bâtiment, et il pleuvait tout le temps. » Les Khalil se replient sur eux-mêmes. Rachida, elle, fait le clown. « J’étais un cancre à l’école. Je passais mon temps à faire rire mes camarades. Mais c’était aussi un besoin de dire : “Regardez-moi, j’existe. Aimez-moi !” C’est à cette époque que j’ai compris que je pouvais faire rire. »

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Redalinho
08/12/2005, 00h42
Touria Hawid

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Touria Hawoud (01-10-‘77) débute sa carrière dans un concours de mannequin. Sa victoire lui ouvre immédiatement les portes du métier et obtient un contrat à Milan. Tandis qu’elle travaille énormément, elle suit des workshops chez ‘De Trap’. C’est par-là qu’elle fait son entrée à la télévision et sur grand écran. Elle joue dans des séries télévisées telles que Costa!, Hertenkamp, Hartslag, Goede Tijden, Slechte Tijden et dans les films tel que De Oesters Van Nam Kee. Cette année Touriya interprète Leila dans SHOUF SHOUF HABIBI et sera également au petit écran dans le téléfilm Drijfzand aux côtés de Johnny de Mol.

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Redalinho
08/12/2005, 00h46
Rachid El Ouali

http://www.rachidelouali.com/

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1er prix d'interprétation du second rôle au festival de Tanger en Décembre 1995.
Elu meilleur acteur et meilleur artiste dans le magazine arabe "SAYYIDATI" en 1997 et en 1998.
A contribué à la réussite de la semaine contre la pauvreté en novembre 1998 sous la présidence effective de son Atesse Royale le prince héritier Sidi Mohammed
A participé à la marche TERRY FOX contre le cancer à Rabat le 7 mai 1999
A participé à la réussite de la chaîne de solidarité en novembre 2000 sous la présidence effective de Sa Majesté le Roi Mohamed VI
Maître de Céremonie du 1ér Festival International du Cinéma à Marrakech en septembre 2001
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Redalinho
08/12/2005, 00h48
Said Taghmaoui

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Fils d'émigrés marocains, Saïd Taghmaoui abandonne assez tôt les études pour pratiquer la boxe à un niveau national. Souhaitant devenir acteur, il s'illustre dès 1994 dans Frères : la roulette rouge d'Olivier Dahan (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=20836.html), un film TV diffusé sur Arte.

La même année, Saïd Taghmaoui fait la rencontre de Mathieu Kassovitz (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=13471.html) avec qui il coécrit le scénario de La Haine (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=12551.html), un long métrage qui reçoit le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1995. Il joue d'ailleurs l'un des rôles principaux, celui de Saïd, un jeune beur banlieusard. Après ce film à grand retentissement qui le révèle au public français, il prend des cours de théâtre pour améliorer son jeu d'acteur et étudie les langues pour devenir un comédien de renommée internationale. Hormis Héroïnes (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=10536.html) (1997) de Gérard Krawczyk (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=6427.html), il tourne en Italie I Giardini dell'Eden (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=41486.html) (1998) d'Alessandro D'Alatri (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=18533.html), en Allemagne le téléfilm Urlaub im Orient - Und niemand hört dein Schreien, et au Maroc Marrakech Express (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=15677.html), un drame sentimental de Gillies MacKinnon (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=23734.html) avec Kate Winslet (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=12973.html).

Saïd Taghmaoui fait par ailleurs partie des rares acteurs français qui ont réussi à percer à Hollywood. On le voit interpréter en 1999, aux côtés de George Clooney (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=18069.html) et Mark Wahlberg (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=25907.html), un soldat irakien dans le corrosif Les Rois du désert (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=22765.html) de David O. Russell (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=31942.html). En diversifiant ainsi les rôles, il cherche tant bien que mal à faire oublier son personnage de La Haine, qui lui colle un peu trop à la peau.

Dès l'année 2000, il s'impose en enchaînant pas moins de huit films en deux ans, parmi lesquels La Taule (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=20045.html) (2000) d'Alain Robak (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=12325.html), Nationale 7 (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=24808.html) (id.) de Jean-Pierre Sinapi (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=17825.html), Ali Zaoua (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=27930.html) (2001) de Nabil Ayouch (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=27699.html) ou encore Room to rent (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=27531.html) (id.) de Khalid Al-Haggar (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=69926.html). Saïd Taghmaoui est également en tête d'affiche de Gamer (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=26882.html) (id.) de Zak Fishman (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=35052.html) et Confession d'un dragueur (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=28821.html) (id.) d'Alain Soral (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=24235.html), et apparaît comme second rôle dans des grosses productions françaises comme Absolument Fabuleux (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=28423.html) (id.) de Gabriel Aghion (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=21349.html) et Le Petit Poucet (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=28884.html) (id.) d'Olivier Dahan (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=20836.html).

En 2002, Saïd Taghmaoui incarne, aux côtés de Richard Berry (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=3098.html), un sniper suicidaire dans Entre chiens et loups (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=29002.html), un thriller d'action signé Alexandre Arcady (http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=6413.html).



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Redalinho
08/12/2005, 00h53
Bachir Skiredj

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Bachir Skiredj est né à Tanger. A l'époque, la ville blanche était une cité internationale. Il y avait probablement plus d'Espagnols que dans plusieurs cités ibériques. Fils d'un érudit, connu pour son savoir en sciences religieuses, il s'est familiarisé avec la langue de Cervantès en lisant des bandes dessinées.
Skiredj a débuté son apprentissage à la maison. Ses premiers professeurs étaient ses parents. Il intègre ensuite une école coranique, puis une école espagnole de soir appelée "Alfonso XIII" où il a appris le dessin avec l'artiste peintre Vertuche.

Ensuite, le jeune Tangérois continuera sa formation dans un lycée français et au Collège Moulay Youssef. L'établissement qui a formé des politiciens et des penseurs tel Mehdi Ben Barka, Abderahmane Youssoufi, Abdellah Elaroui, Mohammed Allal Sinaceur... Contrairement à beaucoup de ses compagnons de classe, Bachir Skiredj a choisi de continuer ses études en Europe et aux Etats-Unis, dans le domaine de l'art dramatique et du cinéma. Passion quand tu nous tiens.

Aujourd'hui, grand comédien connu et reconnu, Skiredj considère le divertissement plus important que les calories. Né comédien, il a développé le don de faire rire, d'interpréter des rôles, de faire le clown dès l'enfance... Il adore le contact avec le public.
C'est ce qui l'a aidé à "exploser" dans "A la recherche du mari de ma femme", long métrage de Mohamed Abderrahman Tazi en 1993. Aux côtés de Mouna Fettou, Naïma Lemcherki et Amina Rachid, il a excellé dans le rôle Haj Ben Moussa, riche bijoutier de Fès aux trois épouses. Son interprétation lui a valu plusieurs récompenses, notamment le prix du meilleur acteur au Festival de Carthage, au Festival de Montréal et au 4ème Festival National du Film à Tanger.

Dans la vie, Bachir Skiredj s'est marié avec une Américaine (Linda), puis avec une belle Equatorienne. C'est que l'artiste aime beaucoup voyager. Il a habité aux Etats-Unis depuis les années 60. Là-bas, il a produit plusieurs programmes, principalement pour deux stations de télévision à Miami et à Orlando. Il a également travaillé pour les studios Universal, Twentieth Century Fox et enfin Disney Studios (comme "Poppy the Clown").

S'il devait choisir entre le cinéma, le théâtre et la télévision, Skiredj affiche sa préférence pour le théâtre. "La télévision est trop petite et le cinéma trop grand", dit-il. Passionné par tous les domaines de l'art, il prépare un livre sur Tanger, l'adaptation d'une nouvelle de Ahmed Yakoubi et... la réalisation d'un film. Après avoir tourné dans "Une brèche dans le mur" (1978), "Bab Sama Maftouh" (1988), "Badis" (1989), "A la recherche du mari de ma femme" (1993), "Les amours de Hadj Mokhtar Soldi" (1999), il a décidé de mettre en scène son premier long métrage, "Au-delà de Joha"...

Redalinho
08/12/2005, 00h54
Abderrahim Tounsi

Dans cette nouvelle édition, Abderrahim Tounsi, alias "Abderraouf", sera l'invité de Rachid Nini. Le voyage dans les souvenirs du fameux comique de nos jeunes années est invitation à un retour vers l'enfance, le temps de l'innocence perdue. Qui se cache derrière ce "clown" ? Réponse vendredi à 23h45.

De son vrai nom Abderrahim Tounsi, "Abderraouf" a fait plier de rire des générations de Marocains. Cet orphelin casablancais, qui avait été emprisonné par les autorités coloniales, a découvert sa passion pour le théâtre en détention. Grâce à la télévision, il a réussi là où beaucoup d'autres ont échoué, avec son personnage à la fois burlesque et idiot.

Abderraouf est devenu synonyme de "ridicule" dans le langage populaire marocain. Ce personnage, inspiré d'un camarade de classe, véritable incarnation de la sottise, a traversé les années. Même si beaucoup de jeunes ne le connaissent pas, depuis qu'il a disparu des écrans et des planches, ce nom revient souvent dans les conversations, à chaque fois qu'on parle des grands artistes comiques de ce pays.

"Nostalgia" nous propose un retour nécessaire sur la carrière de notré "Charlot" national, et nous dévoile quelques aspects de la personnalité de Abderrahim Tounsi, l'homme dont l'existence ne fait pas toujours rire.

Redalinho
08/12/2005, 00h55
Touria Hassan

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Rehimou Naciri n’est pas tombée accidentellement dans la potion magique du théâtre. Elle avait choisi d’être actrice à une époque où un certain Bouchaïb Al Bidaoui était parfois obligé de jouer des rôles de femmes, faute de… femmes sur les planches.

Rehimou s’est infiltré dans l’univers "machiste" du théâtre avec un pseudonyme : Touria Hassan. Un surnom qui l’a fait rêver et qui mériteraient la tête d’affiche d’une pièce de Youssef Wahbi, grand maître de la dramaturgie arabe des années 50 jusqu’aux années 70. Quand on a découvert son manège, on l’a chassée de l’école. Ce jour triste où elle a du abandonner les études est resté gravé dans la mémoire de la star connue et reconnue par ceux qui l’ont vu sur les planches, ceux qui l’ont adoré comme on vénérait à la même époque Leila Morad ou Amina Rizk au Caire.

Dans la nouvelle édition de Nostalgia, cette native de Tétouan en 1937 nous raconte cet épisode douloureux de sa vie, ses œuvres, ses tournées, ses réussites, ses regrets, sa passion pour l’art et sa détermination à réaliser ses rêves d’enfant. Sa carrière d'actrice a commencé très tôt, puisque dès l'âge de 12 ans, elle a commencé à apparaître dans les grandes salles de l’époque coloniale.

Aucune mésaventure, aucune "ordre moral ou social" n’a pas pu modérer sa passion pour la comédie et l’univers du spectacle. C’est pour cela qu’elle a tenu à mettre une "condition" dans l’acte de son mariage : continuer à jouer. Son amour du théâtre n’avait d’égal que sa volonté de faire rêver et marquer les mémoires.

Aujourd’hui, Rehimou ne regrette presque rien, quoique la célébrité ne lui a pas apporté grand chose. Une telle actrice ne peut être oubliée, même si sa dernière expérience sur les planches remonte à bien longtemps. Rachid Nini a choisi de ressusciter les souvenirs de cette femme de caractère, à travers un voyage nostalgique dans Tétouan du milieu du XXème siècle.

Redalinho
08/12/2005, 00h56
Ahmed Lio

De la grotte de Zegzel à Bruxelles, en passant par Alger, Paris..., Ahmed Lio a beaucoup voyagé pour croquer la vie à pleines dents. Ce natif de Berkane, âgé de presque 70 ans, est devenu une vraie légende vivante, le plus célèbre chanteur traditionnel de l'Est marocain.
En Europe, il a enregistré ses disques, dont le plus connu est certainement "Al Ghaddar", mais c'est au milieu des conteurs à Berkane qu'il a commencé sa "carrière". Aveugle depuis l'adolescence, Ahmed Lio a su surmonter son handicap grâce à sa passion pour la chanson. "Une poule aveugle peut quelquefois trouver son grain", dit un proverbe français.

Chanteur ambulant de la "halqa", il a développé l'art du conte (aventures de Antar, mille et une nuits...) avant de devenir une figure marquante de la chanson populaire dans la région de l'Oriental. Lio s'est contenté certes d'un enseignement basique au "mssid" (l'école coranique), mais il a beaucoup appris de l'école de la vie.

Cet artiste doit sa popularité aux thèmes sociaux traités dans ses chansons légères et pleines d'humour. Il a chanté pour les immigrés en dialectal, un zajal affectionné par les gens du peuple. Ses disques représentent pour beaucoup de mélomanes une collection de grande valeur.

Ahmed Lio a chanté en duo avec Cheikha Rmitti, la grande dame du Raï, qui est un véritable mythe en Oranie dont elle est originaire. À près de 80 ans, elle chante depuis 50 ans l'amour, l'amitié le deuil, la guerre, l'alcool, l'émigration, la révolte... Dans Nostalgia, Lio sera le témoin d’une époque mouvementée et d’une génération qui avait connu les affres du colonialisme, et ce qui va avec.

Signalons que dans l'Oriental, les Chiouks (maîtres) sont les dépositaires de la tradition. Ils animent les festivités dans les villages (mariages, baptêmes et autres fêtes.) et se font accompagner d'instrument de musique comme le Bendir. Ils chantent des poèmes antiques, des textes religieux et le vécu quotidien sur des airs joyeux ou mélancoliques de la flûte.

Redalinho
08/12/2005, 00h58
Mohamed Marouazi

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Mohammed Marouazi est un jeune comédien de 31 ans vivant de son métier au Maroc (Casablanca-Rabat) Il a participé à plusieurs co-productions théâtrales et cinématographiques franco-marocaines, dont Mala’îne Verona, mise en scène par Dominique Touzé dans laquelle il jouait le rôle de Roméo. Il est aujourd’hui l’un des jeunes acteurs les plus sollicités par les cinéastes marocains. Il faut, à l’invitation du roi Mohammed VI, membre du jury du dernier Festival International de Cinéma de Marrakech, aux côtés de Martin Scorcese et David Lynch.

Redalinho
08/12/2005, 01h00
Asmaa Khamlichi

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La Rose, la Rose ! C'est ainsi que plusieurs personnes m'ont gentiment interpellée cet été à Paris, à la suite de la rediffusion à la télévision marocaine de L'Histoire d'une Rose, d'Abdelmajid R'Chich ». Asmaâ Khamlichi, les yeux en amande et la trentaine épanouie, nous a raconté cette anecdote à son retour des États-Unis, l'un des trois pays, avec la France et bien sûr le Maroc, entre lesquels elle partage sa vie.
Compterait-elle s’y installer ? Tout juste avoue-t-elle souhaiter perfectionner son anglais... “ On ne sait jamais “, lâche-t-elle d’un ton sybillin. “ En Amérique, enchaîne-t-elle, on me prend fréquemment pour une hispanique, mais rarement pour une Arabe ”. Et il est vrai qu’avec son allure sportive, sa taille élancée et ses cheveux noirs et lisses, cette Marocaine pur jus ne cadre pas - contrairement par exemple à une Nozha Khouadra - avec le stéréotype de la Maghrébine que les productions franco-françaises s’acharnent à nous présenter. Mieux encore : Berbère issue du Rif rebelle, Asmaâ incarne au plus haut degré l’image de la Nord-Africaine dans ce qu’elle peut apporter de nouveau au cinéma en termes de dynamisme, d’élégance et de féminité.
Habituée des festivals de cinéma, Asmaâ connaît bien celui de Marrakech. On l'y avait surtout remarquée lors de la première édition, alors qu'elle co-présentait Mona Saber. Bien qu'elle n’y ait pas eu le rôle-titre, la presse marocaine l’avait mise en avant toute… Il faut dire que, dans ce film d'Abdelhaï Laraki, elle interprétait le rôle d’une jeune Marocaine émancipée au point de vivre en concubinage et d'entretenir son saheb (compagnon). Deux tabous, encore puissants dans le monde maghrébin, étaient ainsi transgressés : celui de l’union libre et celui, non moins puissant, de l’image de l'homme comme pourvoyeur de revenus. Aussi Asmaâ sera-t-elle apostrophée à la suite de la Biennale de Cinéma de l'Institut du Monde Arabe, à Paris en 2002. « Êtes-vous sûre que votre personnage corresponde à une tendance au Maghreb ? », lui lance, dérangée par tant d'audace, une Algérienne. Mais qu'aurait pensé cette spectatrice si elle avait également vu Elle est hypertendue, diabétique... mais elle refuse de crever ? Dans ce film réalisé par Hakim Nouri en 1999 et qui a battu Titanic en chiffre d'entrées dans le Royaume, Asmaâ incarne une Marocaine séductrice et, de surcroît, maîtresse d’un homme ! Certains, au pays, n'ont pas manqué de s'étonner en voyant sur grand écran une femme arabe découvrir certaines parties de son corps et se caresser les jambes en parlant au téléphone... « J'ai une formation de danseuse », réplique Asmaâ. « Les gestes qui peuvent être perçus comme sensuels sont pour moi inhérents au personnage. »
C’est en effet par la danse qu’Asmaâ est venue au métier de comédienne. Dix ans durant, elle a fait partie de la compagnie de ballet-théâtre - au succès international - de Lahcen Zinoun. Auprès de cet exigeant chorégraphe, elle s'est notamment exercée à l'art de la danse orientale, laissant un souvenir impérissable avec sa Danse de Salomon. Et en 1990, c’est grâce à une pièce chorégraphique qu’elle est remarquée. Elle recevra très vite des propositions pour la télévision et le cinéma, ce qui est parfaitement mérité, car Asmaâ, outre son intelligence et sa généreuse présence à l'écran, a des dons multiples qui expliquent sa prestance physique. N'a-t-elle pas en effet été membre de l'équipe du Maroc de gymnastique de six à quinze ans et de celle de plongeon de quinze à dix-huit ans ? Pour être complet, il faudrait ajouter qu’elle est bonne cavalière et que la conduite à moto n'a plus de secrets pour elle.
Dès le début de sa nouvelle vie professionnelle, Asmaâ se fait remarquer en chorégraphiant pour Paula Abdul le clip de “ My Love is for Real ”. En 1993, elle se lance dans le Septième Art en enchaînant La Règle de l'homme, avec Virginie Ledoyen, et la grande série La Bible de Roger Young.
Depuis 2001, notre Casablancaise cosmopolite et farouchement indépendante a pris un certain recul.
Non qu’elle souhaite s’éloigner du cinéma. Elle continue d’ailleurs d’examiner des propositions de cinéastes dont elle nous a demandé de ne pas publier les noms.
Dommage, mais modestie oblige...

Redalinho
08/12/2005, 01h05
Sapho

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Née à Marrakech, arrivée à Paris en 68, Sapho mêle dans son apparence l’enfant marocaine qu’elle fut et la Parisienne qu’elle est...
Vêtue de noir, assise sur le canapé de sa maison de Paris, près d’un gros chat qui regarde par la fenêtre, elle parle au téléphone. Il n’arrête pas de sonner, car la tournée pour la sortie du disque « Orients » est toute proche. De ses mains fines et légères, de ses yeux tragiques et rieurs, elle souligne les mots et les fait danser.
« La seule terre que je connaisse est une poignée de paroles /et je n’en veux pas d’autres/passante/ si le sang est le signe de la terre/ ne m’en promettez aucune/ permettez que j’habite/ le carré de ce patio à Marrakech/ maison andalouse où le ciel est un mouchoir de temps/ à soi/ que j’en sois locataire/ et rien que locataire. »
« Si je n’avais pas été Marocaine, je n’aurais pas fait tout ce que j’ai fait, je n’aurais pas été… moi. À Marrakech, on vivait ensemble dans l’altérité. C’était possible, il n’y avait pas la radicalisation stupide que l’on subit partout aujourd’hui. Je suis Juive, Marocaine et femme, et en tant que femme je m’autorise à dire des choses que les hommes ne peuvent et ne veulent pas dire. Les femmes ne sont pas les héritières du clan, elles peuvent se permettre de le trahir… un tout petit peu… Par amour de la liberté et de la justice… »
Sapho croit dans le Mot, la Parole… Pour elle, le Verbe peut sauver la vie. Même les matins où elle n’y croit plus, les petits matins blêmes de mauvaises nouvelles à la radio, elle y croit encore. Telle Shéhérazade, l’héroïne de l’une des chansons qu’elle aime le plus dans son dernier disque, elle pense que c’est avec le courage de raconter que l’on arrête les massacres.
Alors, elle suscite un livre – « ce qui était encore en mon pouvoir, - dit-elle - un livre à cent voix écrit par des Israéliens, des Palestiniens, des Européens, des Américains - plutôt du Sud, - des Africains – plutôt du Nord, - des philosophes, des poètes, des historiens, des écrivains, des psychanalystes. Un feuillet chacun sur un mode subjectif, sensible, pas idéologique, pas politique ; il fallait traverser la surdité en parlant de soi plutôt que de se fourvoyer en professions de foi ». Et ce fut la naissance de « Un très Proche-Orient », paru chez Joëlle Losfeld/Mango, avec les voix de Darwich, Derrida, Jean-Pierre Faye, Marc Petit, Israël Eliraz, Elias Sanbar et
quatre-vingt quinze autres, connues et moins connues ; le livre est envoyé à Jérusalem Est et Ouest, Ramallah, Nazareth, Tel-Aviv, Amman, Bagdad...
C’est à Bagdad et à Nazareth que les responsables des Instituts Français lui demandent de faire ce pour quoi elle est connue et aimée, chanter : « … avec les orchestres orientaux locaux, du Oum Kalsoum, peut-être ? » - lui proposent-ils.
« Ah, non, pas encore du Oum Kalsoum ! »
Malgré la passion que Sapho porte à la dame et à sa musique, elle a envie d'une création avec des nouvelles chansons ; elle a envie, pour l’accompagner, d’un orchestre oriental.
« … L’orchestre oriental est humain, fragile et passionné, lyrique à pleurer, il trille et vrille et bat. La foule d’un orchestre oriental frémit avec chaque phrase, et salue, approuve, s’emporte, réclame. »
« Ah ! L’orchestre oriental ! Quand il est bon, c’est une expérience de musique qui est le suc du Tarab, une âme qui passe et meurt, il ondule comme la plus sensuelle des sirènes, il bat son cœur comme un homme au travail et nous ne sommes que sueur, larmes, écoulements au plus secret… Il embarrasse les distants… »
L’orchestre de Nazareth qui l’accompagne sera composé de musulmans, de chrétiens et de juifs, « en fait, dit-elle, d'Arabes, d’Israéliens, de chrétiens autrefois palestiniens et de juifs russes, pourquoi pas… Cette aventure musicale est aussi une déclaration muette : nous vivons ensemble. Nous faisons la paix avant qu'on nous l'accorde. Et tant pis si les gens qui nous gouvernent ne sont pas capables de la négocier. Nous ne négocions pas, nous faisons, ensemble, de la musique. »
Musiciens : Orchestre de Nazareth, Vicente Almaraz-Montero (guitare flamenca), Elie Askhar (qanoune), Richard Mortier (synthétiseur), Simon Bendahan (synthétiseur)
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djellou
08/12/2005, 08h32
Rachida Khalil

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« Le village de Rchida ? Là-haut ! toutlà-haut ! » Le jardin secret de RachidaKhalil se mérite. Niché au nord du plateaudu Rekkam, il n’est indiqué sur aucune carte.Mais les policiers sont là pour renseigner les égarés.Encore quelques kilomètres d’un chemin sinueux etescarpé et bientôt, à perte de vue, « tout là-haut », se dresse enfin, après trois heures de jeu de piste, le repaire de la famille Khalil. Des gueules d’ange de 10-12 ans, vêtues de maillots de foot aux couleurs de l’Inter de Milan ou de l’O.m., montent la garde à l’entrée du village. Le soleil se couche. Les hommes sortent de la mosquée. La prière de Maghrib, l’avant-dernière de la journée, vient de se finir. Les enfants ont déjà prévenu les villageois de notre arrivée. Rachida entre en scène. « Vous avez trouvé facilement ? » Sourire ironique, yeux rieurs, la jolie brune au teint mat est drapée dans une djellaba rouge. Les enfants, agglutinés autour d’elle, la questionnent du regard. Pourtant ils savent déjà. Tous connaissent son succès en France, peu savent pourquoi. Personne ici n’a vu « La vie rêvée de Fatna » son « one-woman-show » qui a fait salle comble au théâtre du Splendid à Paris, à l’affiche pendant plusieurs mois (lire l’encadré page suivante). Son humour corrosif, ses prises de position sur la place de la femme au Maroc ne sont pas arrivés jusqu’aux oreilles des villageois. « C’est peut-être mieux ainsi. De toute façon, ils ne comprendraient pas. »

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Celle qui aime se promener dans les beaux quartiers de la capitale, boire un thé dans un palace, déjeuner avec son ami le ministre Jean-Louis Borloo ou se faire prêter des bijoux par les grands joailliers, redevient petite fille une fois rentrée au bercail. Au milieu des chèvres, des ânes et des enfants qui crient, elle est chez elle. « Je sais d’où je viens. Comment l’oublier ? Mes racines sont ici. J’ai un besoin vital de me retrouver auprès de ma famille pour être d’attaque de retour à Paris. » Quand elle parle de sa famille, le terme « smala » est approprié. Dans une pièce d’à peine 10 mètres carrés, autour d’un tajine de poulet aux olives préparé avec amour par sa tante, personne ne manque. Son père, sa grand-mère, ses deux tantes, son oncle, ses deux cousines et ses deux cousins partagent le repas, assis sur d’épais tapis traditionnels. L’heure est aux premières confidences. « Je ne sais pas quand je suis née. Ni le mois ni le jour. Tout juste l’année... 1973 ? 1974 ? Ici, ce n’est pas important. Ma mère s’est mariée à 13 ou 14 ans. C’est aussi l’âge qu’elle avait quand elle m’a eue. Elle était si jeune lors de l’accouchement qu’elle a été entre la vie et la mort. Donc la date exacte, on s’en fout un peu... » Emmenée d’urgence à l’hôpital de Taza, sa maman met au monde dans la douleur une petite « Rachida », en hommage au village. « J’ai longtemps eu des points de suspension à côté de “née le”. Et puis, comme beaucoup d’étrangers qui ne connaissent pas leur date de naissance et qui obtiennent la nationalité française, le 1er janvier est devenu officiellement ma date d’anniversaire. »

Pensive, Rachida souffle doucement sur le brûlant thé à la menthe que son oncle vient de lui servir dans un petit verre gravé. Des bribes de souvenirs, ses premières années au village refont surface. « Je me souviens surtout de l’école coranique obligatoire. Le reste du temps, on s’amusait comme tous les gosses. Aujourd’hui encore, il n’y a toujours pas d’école publique ici. C’est pour cela que j’ai créé en 2000 l’association Les enfants de Rchida. Je veux financer ce qui est pour moi la base de toute éducation. » A la fin des années 70, la chance choisit son père, tiré au sort pour bénéficier du regroupement familial. La famille peut le rejoindre en France. « C’est comme si on avait gagné au Loto ! » Accompagnée de sa mère et de sa petite sœur, elle découvre, à 5 ans, Mantes-la-Ville, dans la banlieue parisienne. Du douar aux tours de béton, le changement est brutal. « On n’était jamais sortis du village. Habitués à vivre dehors, au soleil, avec toute la famille, on se retrouvait tout d’un coup enfermés dans un bâtiment, et il pleuvait tout le temps. » Les Khalil se replient sur eux-mêmes. Rachida, elle, fait le clown. « J’étais un cancre à l’école. Je passais mon temps à faire rire mes camarades. Mais c’était aussi un besoin de dire : “Regardez-moi, j’existe. Aimez-moi !” C’est à cette époque que j’ai compris que je pouvais faire rire. »

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elle est trop belle, je la connaissais pas !